Raymond Lartisien
organiste de la cathédrale d'Arras
Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast à Arras (Pas-de-Calais)
(DR.)
Né le 19 janvier 1913 à Ham-en-Artois (Pas-de-Calais), d’un père maréchal ferrant, Raymond Lartisien entre au Grand Séminaire d’Arras où il est ordonné diacre par Mgr Dutoit le 21 décembre 1935, puis prêtre le 5 juillet 1936. Nommé en octobre de cette même année professeur à l’Institution Saint-Joseph d’Arras, il suit en septembre 1937 et 1938 les « Semaines Grégoriennes de Bondues » qui se déroulent au pensionnat de la Croix-Blanche à Bondues, près de Lille, durant lesquelles enseigne notamment le chanoine Beilliard, directeur du Grand Séminaire d’Arras et maître de chapelle de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast de cette ville. C’est ainsi qu’il supplée parfois ce dernier dans cette église, tout en prenant des leçons d’orgue auprès d‘Emile Billeton titulaire de l’orgue. A cette époque, un orgue de chœur Merklin (2 claviers et pédalier, 16 registres) est installé depuis 1934 par Victor Gonzalez, en attendant la construction d’un grand orgue de tribune, détruit en 1915 lors des bombardements allemands. La construction d’un nouvel instrument par le facteur Roethinger débutera en 1937, mais des erreurs de conception au départ, puis l’arrivée de la Seconde guerre mondiale retarderons son achèvement qui ne verra le jour qu’en 1962. La guerre survenue, l’abbé Lartisien est incorporé soldat de 2ème classe dans le 6ème Régiment de Tirailleurs Coloniaux de Marche (RTCM) et fait prisonnier en Allemagne au stalag VII A de Moosburg, en Bavière. On le trouve là en 1941. Revenu ensuite en France,
Il entre à l’Institut grégorien de Paris, alors dirigé par Auguste Le Guennant, et suit les cours d’orgue d’Edouard Souberbielle. Durant ses études parisiennes, il touche l’instrument Cavaillé-Coll du Petit Séminaire de Paris à Charenton (Conflans) jusqu’en 1947. Là, il se partage les claviers, depuis au moins 1944, avec Paul Revert (frère du chanoine Jehan Revert, futur Maître de chapelle de la cathédrale de Paris), Jean Lemaire (futur chef d’orchestre, pianiste et professeur d’harmonie au CNSMP) et Joachim Havard de la Montagne (organiste, compositeur et futur Maître de chapelle de l’église de La Madeleine à Paris). C’est à cette époque qu’il reçoit aussi les conseils de Maurice Duruflé. Puis, regagnant Arras, il est nommé aumônier de l’Institut des Jeunes Aveugles de cette ville, où son professeur d’orgue Emile Billeton est alors le directeur des études musicales. En 1955, il lui succède à l’orgue de la cathédrale, poste qu’il occupe jusqu’à son décès arrivé à Arras, le 19 mai 1968. L’abbé Jean-Marie Mesmaque (1929-2022), un de ses élèves d’orgue et harmonie, et également ancien élève d’Edouard Souberbielle à l’Institut Grégorien de Paris, a été son suppléant durant plusieurs années. Après son décès, est créé un « Concours d’orgue Raymond Lartisien » (concours régional réservé aux organistes de moins de 20 ans). Parmi les lauréats, on peut citer en 1974 le 1er prix remporté par Jean Dekyndt (actuel directeur du Conservatoire de Toulouse et organiste de la cathédrale de Montpellier) et en 1977 ce prix est gagné par Olivier Latry (actuel cotitulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris depuis 1985). Comme compositeur, Olivier Geoffroy signale un Hymne à la Providence pour choeur et orgue.
Denis Havard de la Montagne
Petite revue de presse
« Le Saint-Sacrifice fut accompagné d'excellente musique, due à un prêtre prisonnier, l'abbé Lartisien, maître de chapelle de la cathédrale d'Arras. »
(La Croix, 2 avril 1941)
« Une belle cérémonie, organisée par M. l’abbé Chevalier et présidée par S. Exc. Mgr Evrard, s’est déroulée à Burbure (Pas-de-Calais), à l’occasion de la bénédiction des orgues, en présence du maire et d’une délégation du Conseil municipal.
M. l'abbé Lartisien, diplômé de l’Institut grégorien de Paris, exécuta un programme musical de choix sur le nouvel instrument. »
(La Croix, 29 octobre 1950, p. 2)
« A l'orgue électrostatique d'accompagnement, car le fond de la grande nef offre le navrant spectacle d'un buffet squelettique, M. l'abbé Lartisien, organiste de la cathédrale d'Arras, interprète aussi une fugue de Bach, et en sortie une pièce de Marcel Dupré. »
(La Croix du Nord, 7 août 1955, p. 12)
« Quinze ans après la première guerre mondiale, pour l’installation d’un orgue de chœur dans la cathédrale restaurée on fit appel à Victor Gonzalez. C’est sur cet instrument de 16 registres, un ancien Merklin transformé, que se firent entendre, en l’absence prolongée du grand orgue de tribune, Maître Emile Billeton et son successeur, M. l’abbé Raymond Lartisien. […] C’est seulement après 47 ans que la cathédrale d’Arras a retrouvé, en 1962, un grand orgue digne d’elle, le plus important qu’elle ait jamais eu. Il possède 74 registres (72 jeux réels, 2 jeux par extension à la pédale), 5.097 tuyaux. Sa console, rationnellement aménagée, ses 18 combinaisons ajustables (3 groupes de 6), ses tutti différents, facilitent son maniement. Il a été brillamment inauguré, le dimanche 24 juin 1962, avec le concours de Maître Maurice Duruflé, organiste à Saint-Etienne-du-Mont et professeur au Conservatoire National de Paris, de Madame Marie-Madeleine Duruflé, du titulaire, M. l’abbé Raymond Lartisien, d’un important groupe choral sous la direction de Monseigneur J. Beilliard. »
(Mémoires de l'Académie d'Arras, janvier 1964, p. 34-35)
Collecte : Olivier Geoffroy
(février 2026)