Albert-Auguste Androt

1781 - 1804
Premier et unique lauréat du Prix de Rome de musique en 1803


Peu de musicologues et autres musicographes se sont intéressés à Albert Androt depuis deux siècles. Seuls les Choron et Fayolle dans leur Dictionnaire historique des musiciens (Paris, 1810-1811) et autre Fétis dans sa Biographie universelle des musiciens (Bruxelles, 1833-1844) lui consacrent quelques lignes. Il est vrai que disparu prématurément à l'âge de 24 ans, il n'a pas eu le temps de marquer de son empreinte l'histoire de la musique.

Signature autographe de
François Androt (1815)

Bien que né le 1er mai 1781 à Paris, Albert-Auguste-Joseph Androt est d'origine bourguignonne de par ses parents : François Androt (c. 1754-1834), marchand de profession, et Marguerite Guenot (c. 1757-1839). Fils d'un boucher d'Apremont (Haute-Saône), son père, s était amené à voyager quelque peu pour ses activités commerciales. On le rencontre ainsi et notamment en Bourgogne, à Morey-Saint-Denis en 1785, puis à Chambolle-Musigny en 1789, avant de se fixer définitivement peu après à Nuits-Saint-Georges, où, le 1er septembre 1804 dans une lettre adressée à son fils à la Villa Médicis, il précise « je viens d'avoir une place dans les droits réunis à Nuits ». Au moins deux soeurs d'Albert nous sont connues : Christine Androt qui épouse en 1801 à Nuits-Saint-Georges Etienne Simonin, drapier à Nuits, puis cafetier à Auxonne, et Elisabeth, morte célibataire à l'âge de 88 ans. De même, l'on sait qu'il avait au moins trois oncles : Louis Androt (marié à Dijon en 1787)1, qui, après avoir été dans la capitale bourguignonne «  cocher chez Mde Seguin maîtresse des Comptes », puis marchand de vin, s'installe comme cocher à Paris au début du XIXe siècle où il décède en 1815 ; Nicolas Androt, manouvrier à Dijon, où il se marie en 1784 et qui fut auparavant « cocher chez Monsieur le Comte de Bevy, Colonel des Grenadiers royaux, Brigadier des armées du Roy », et N... Androt, établi à Paris. C'est en raison de ses origines communes avec Androt que Berlioz le considérait comme son compatriote ; plus tard, il apprécia d'ailleurs particulièrement son De Profundis dont il eut connaissance en 1830, lors de son séjour à la Villa Médicis où était conservée cette partition.

C'est son oncle de Paris, semble-t-il secrétaire de la Section de Guillaume-Tell2 en 1793, qui accueille Albert Androt durant ses études musicales. On raconte qu'il s'en occupa « avec bonté » et même qu'il se comporta comme un père envers lui. Mme Saint-Aubin (1764-1850), « une des gloires de l'ancienne Comédie-Italienne et de l'Opéra-Comique », dans une lettre adressée au cours de la seconde quinzaine de 1809 à un destinataire non identifié, nous fournit quelques détails sur la personnalité de cet oncle parisien :

« Vous m'avez témoigné trop de bienveillance, Monsieur, pour ne pas m'obliger dans cette circonstance. Je porte le plus vif intérêt à M. Androt, oncle, ou, pour mieux dire, père, par sa conduite, de ce jeune Androt mort à Rome et regreté (sic) par toutes les personnes de mérite. Je n'ai cessé d'être la consolation de ce brave homme ; lorsque j'ai eu l'honneur de vous recevoir chez moi, vous aviez la bonté de vous occuper de mon petit neveu, et je n'osai vous demander votre protection pour M. Androt. J'ai eu bien tort, car il serait sûrement en place. Votre bonté pour moi m'encourage à vous prier de lever, s'il est possible, les difficultés qui se présentent. J'ai des obligations très grandes à M. Androt, comme connaissant parfaitement les affaires ; il m'a fait rentrer une somme d'argent que je croyais perdue ; je me trouverais bien heureuse de pouvoir à mon tour lui être agréable. Le comte Renaud [Regnault] de St-Jean d'Angely s'intéresse à lui, et plusieurs autres personnes que vous connaissez parfaitement vous sauraient un gré infini de ce que vous voudrez bien faire pour M. Androt. Pardon, Monsieur, mais je retourne demain à Paris et vous fatiguerai par mes instances.

Ma jeune Alexandrine3 débute bientôt ; j'espère que vous voudrez bien disposer d'une loge qui vous est réservée; j'attache un grand prix aux encouragements qu'une personne aussi distinguée par son mérite voudra bien lui donner.

Je suis, Monsieur, avec la plus parfaite considération, votre très humble servante. »4

Albert Androt entre à l’âge de 15 ans en 1796 au Conservatoire national de musique et de déclamation tout juste fondé l’année précédente (le 3 août) par la Convention Nationale, sous l’impulsion de Bernard Sarrette, pour être « la plus vaste école de ce genre créée en Europe ». Cinq inspecteurs de l’enseignement (Gossec, Gréty, Méhul, Lesueur et Chérubini) viennent d’être nommés afin notamment de surveiller l’enseignement des 110 professeurs recrutés dès l’ouverture de cet établissement. Il est l’un des premiers élèves, puisque les portes du Conservatoire s’ouvrent en réalité la première fois le 22 octobre 1796 à l’Hôtel des Menus-Plaisirs, rue Bergère. Il reçoit là l’enseignement de Jacques Pagniez (solfège), Pierre Baillot (violon), Henri Berton puis Charles Catel (harmonie, 1er prix en 1799) et à partir de 1800 de François-Joseph Gossec pour la composition (1er prix de contrepoint et de fugue en 1803). C'est cette même année, par arrêté du 23 janvier 1803, que les élèves compositeurs sont autorisés pour la première fois à se présenter au Concours de Rome de l’Académie de France. Celle-ci venait d'être rétablie en 1795, après avoir été supprimée par la Convention en août 1793. Pour ce premier essai deux candidats seulement sont jugés aptes à concourir : Victor Dourlen et Albert Androt, mais, le premier tombant malade au moment d'entrer en loge, Androt, resté seul, eut ainsi l’honneur d’ouvrir la longue liste des compositeurs qui seront couronnés par l’Institut en remportant l'unique Grand Prix décerné ; le sujet imposé était la scène à une voix Alcyone, sur des vers du poète Arnault.


Alcyone, scène dramatique de Antoine Arnault, mise en musique par Albert Androt pour le prix de Rome 1803
( in Les Quatre saisons du Parnasse ou choix de poésies légères..., Paris, Printemps 1805  )

Au cours de ses études au Conservatoire, Albert Androt est un temps répétiteur de la classe de violon de son professeur Baillot (mai 1801 à octobre 1802), puis de celle d'harmonie de Catel (octobre 1802 à août 1803). C'est l'époque aussi où ses premières œuvres sont publiées par Naderman, « éditeur et marchand de musique, rue de la Loi, et rue du Roule, à la clef d'or » : Trois Quatuors pour deux violons, alto et basse, dédiés à M. Catel, et composées par A. A. Androt, élève du conservatoire de musique. Oeuvre 1re, 2me livraison. Prix : 9 fr. Cette seconde livraison comporte les pièces 4 à 6.

A l'obtention de son Prix, on peut lire dans le « Magasin encyclopédique ou Journal des sciences, des lettres et des arts rédigé par A. L. Million » (t. III, p. 265) ce compte-rendu de la séance publique du 8 vendémiaire an XII (30 septembre 1803) de l'Institut National, Classe des Beaux-Arts :

Grand prix de composition musicale – Après un examen préliminaire sur l'harmonie, il a été donné pour sujet de concours : 1°. un contre-point à l'octave et à quatre parties ; 2°. une fugue à trois sujets ; 3°. à mettre en musique une scène dramatique, que le C.[Citoyen] Arnaud, membre de l'Institut, a composé à cet effet, à la prière de la Classe des beaux-arts.

Le C. Joseph Androt, de Paris, âgé de vingt ans, élève du Conservatoire, classe du C. Gossec, ayant pleinement satisfait sous tous ces rapports, le grand prix de composition lui a été décerné à l’unanimité. La scène a été exécutée dans la séance.

Conformément à l'article XIII de l'arrêté du Gouvernement, du 3 pluviôse an XI [23 janvier 1803], relatif à l'organisation de l'Institut national, le compositeur qui remporte ce grand prix doit être envoyé et entretenu en Italie aux frais de la République.

Arrivé à Rome, à la Villa Médicis, en janvier 1804, passant par Lyon et Milan, il s’adonne avec zèle à la composition et envoie rapidement à la section musique de l'Académie des Beaux-Arts, comme imposé par le règlement, une scène italienne pour soprano et orchestre intitulée Salomé, et un Duo, qui sont exécutés par les élèves du Conservatoire de musique « avec une rare perfection » à la séance publique du 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804) de l'Institut National, classe des Beaux-Arts. Puis ce sera un Kyrie eleison. Peu après son arrivée dans la capitale italienne, son oncle de Paris lui adresse une lettre datée du 18 février 1804 :

Je suis très satisfait des détails que tu me donnes pour la manière dont vous êtes à Rome. Je vois que l'on honore en vous les talents. Puis, une des lettres du jeune Albert ayant été lue à l'Assemblée des Inspecteurs de l'Enseignement qui ont été frappés de la justesse de ses observations et de ses remarques sur la musique, son oncle ajoute : Ils attendent beaucoup de toi j'espère que tu ne tromperas pas leur attente, mais je crois que tu auras bien de la peine à la remplir complètement. Tu sais quelle a été toujours ma manière de voir sur ton instruction. Elle n'a pas changé et ne changera pas. Tu ne dois voir que ce seul but. J'ai fait donner de tes nouvelles à tes camarades au Conservatoire par le bon Habeneck. Je lui ai écrit. «  M. Habeneck apprendra sûrement avec plaisir que son bon ami Androt est arrivé à sa destination à bon port ; qu'il pense sans cesse à ses camarades et qu'il a éprouvé beaucoup de privation depuis qu'il est éloigné d'eux ; il les prie de lui conserver un peu de souvenir et aussi d'amitié et leur promet en échange une forte dose de l'un et de l'autre. M. Habeneck m'obligera particulièrement s'il veut bien se charger d'être l'organe des sentiments de mon neveu près de leurs camarades communs. » Habeneck a donné communication de ce billet à ses camarades qui étaient rassemblés pour une répétition du Conservatoire. Ils ont été fort sensibles à ton souvenir. Marcel Duret est venu de suite à la maison pour me remercier de leur avoir donné de tes nouvelles. Tu as bien fait d'adresser ta lettre première au père Gossec ; tu écriras ensuite à Metrat. Je suis aussi bien content des réflexions que tu fais sur le silence qu'il faut garder sur tes remarques parce qu'il faut en effet que ce voyage te profite et aussi que l'on n'aime pas qu'un jeune homme détruise ce que l'on a cru depuis si longtemps beau et bon. J'ai également à te féliciter d'avoir écrit à M. Le Breton. Il paraît qu'il protège en général les artistes ; mais M. Vinit m'a dit qu'il t'affectionnait ; aussi ne le néglige pas. J'ai remis tes quatuors à madame Naderman, mais elle m'a dit très affirmativement qu'il lui était impossible de les faire graver pour le moment. Au reste je ne perdrai pas cet objet de vue. Ma nouvelle administration paraît devoir bien prendre, mais il faudra bien encore six mois pour qu'on puisse dire assurément qu'elle sera fructueuse. Il va y avoir des concerts au Conservatoire. Ils commenceront le premier dimanche de ventôse, mais c'est le directeur du Conservatoire qui les ordonne sous le titre d'exercice et cependant en payant. Je ne vois rien de nouveau. au théâtre Mademoiselle Peter débute à l'Opéra dans Antigone. Les nouvelles politiques sont les préparatifs de la guerre contre l'Angleterre. Elle vient de faire encore une nouvelle conspiration contre les jours du Premier Consul ; mais les principaux conspirateurs paraissent être arrêtés. L'on dit que Moreau (le général) en est, mais personne ne le croit parce que tout le monde désire que cela ne soit pas.5

C’est au cours de son séjour à la Villa qu’Albert Androt se lie avec le compositeur italien Pietro Guglielmi (1728-1804). Maître de chapelle du Vatican et de l'église Saint Lorenzo in Lucina de Rome, auteur d’opéras qui obtenaient alors un succès populaire à Naples, Florence et Rome, celui-ci lui prodigue d’utiles conseils et l’introduit dans le milieu artistique de la ville éternelle. Très apprécié par les autorités locales, elles lui passent plusieurs commandes qu’il honore, avec, entre autres œuvres, une pièce religieuse exécutée à Rome lors de la Semaine Sainte de 1804 et un opéra pour un directeur de théâtre. Au bout de quelque mois son intense activité va altérer irrémédiablement sa santé précaire et Androt rend l’âme le 19 août 1804 à Rome, tout juste âgé de 24 ans, des suites d’une violente hémorragie ; c'était seulement quelques mois après son arrivée à la Villa. Le lendemain, on l'inhumait dans la paroisse de Saint-Laurent in Lucina. La disparition prématurée d’un si jeune artiste fut longtemps regrettée et en son honneur, dans le courant du mois d’octobre de la même année, une cérémonie religieuse fut organisée dans cette église Saint-Laurent. On put entendre à cette occasion un émouvant De Profundis que le premier lauréat du Prix de Rome avait tout juste eu le temps d’achever peu avant. Le journal « Affiches, annonces et avis divers ou Journal général de France » publia cette brève dans son édition du dimanche 6 brumaire an XIII (28 octobre 1804).

« On a célébré à Rome, dans l'église de Santo-Lorengo, une cérémonie funèbre en l'honneur du jeune musicien Androt, mort à 25 ans, et du jeune peintre Alphonse Gandor (sic)6, mort à 22 ans. Une particularité touchante de cette cérémonie, c'est qu'on y a exécuté un De Profundis que l'infortuné Androt avait, comme Mozart, composé quelques jours avant sa mort. »

Le 14 septembre 1804, le peintre Joseph Suvée, directeur de la Villa Médicis procédait à la levée des scellés dans la chambre d'Androt et dressait l'inventaire de ses effets « savoir : deux habits, dont un de drap noir, une redingote de drap, une houppelande et le gilet, une culotte et un gilet de soie noire, deux pantalons de drap, une culotte de velours de coton rayé, 12 chemises dont six fines, 12 mouchoirs blancs, 8 cravates blanches et une de couleur, 3 caleçons de toile blanche, 8 paires de bas dont 3 de soie, 1 paire de demi-bas en laine, 3 bonnets de nuit en coton, 4.gilets de bazin, un pantalon et une culotte de nankin, 1 chapeau, 2 paires de bottes, 1 portefeuille de maroquin rouge renfermant des papiers, 1 petit nécessaire de maroquin rouge en forme de portefeuille garni d'une paire de ciseaux, canif, cure-dents et autres petits objets de peu de valeur, 1 rasoir, 1 couteau, 1 paire de ciseaux, 1 flacon empaillé, 1 violon avec sa boite, 1 montre d'argent, 8 doppie (pièces d'or, monnaie papale), 2 piastres, 2 médailles de prix, une en or et l'autre en argent, une quantité de musique de sa composition et autres écrites, plusieurs autres ouvrages de musique imprimés, une quantité de brouillons ou essais de ses ouvrages, une tabatière de bois de racine, 1 malle, 1 sac de nuit »7. On remarque plus particulièrement dans cette liste la présence de deux violons, de manuscrits musicaux et d'ouvrages de musique imprimés.

Peu après, lors de la séance publique du 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804) de la classe des Beaux-Arts de l'Institut de France, son secrétaire perpétuel Joachim Lebreton tenait ces propos :

[…] le concours pour le grand prix de composition musicale, présente cette particularité, qu'il a obtenu deux seconds prix, et n'a point atteint le premier [Ferdinand Gasse et Victor Dourlen]. Voici les motifs de ce jugement :

Quoique les compositions des deux concurrents soient d'un mérite distingué, on a cru, qu'à leur âge il serait plus utile de les laisser continuer pendant une année encore, les études classiques qui fondent les grands succès. Mais il a paru extrêmement difficile d'assigner un degré de supériorité assez marqué, pour ravir la couronne à l'un en faveur de l'autre. L'avantage que le premier aurait pu mériter, sous un rapport essentiel, serait réclamé par un mérite d'un autre genre, non moins essentiel, dans le second.

La classe n'ayant point donné de second prix l'an dernier, l'a affecté à cette année, et a laissé par ce moyen subsister l'équilibre entre les deux concurrents. Il sera rompu l'an prochain, et la victoire sera brillante, car elle sera très-disputée.

L'école française des beaux-arts à Rome attendra avec impatience ce concours qui doit la consoler de la perte cruelle qu'elle vient de faire. Elle est veuve de ce jeune musicien que nous couronnâmes, il y a un an, dans cette auguste enceinte, et qui avait déjà dépassé les hautes espérances que nous en avions conçues. Vous applaudîtes alors à sa première composition, fruit d'un concours de quelques jours ; vous allez entendre ses derniers accents, dans le morceau d'étude qu'il nous a envoyé, pour satisfaire à un de ses devoirs, et qu'il composa peu de jours avant sa mort. Mais quelle différence, messieurs, dans vos sensations et les nôtres ! Le laurier d'Apollon dont nous ceignîmes sa tête, l'espoir qui réalise d’avance les succès de l'avenir, la tendre bienveillance, tous les sentiments généreux qui s'attachent aux jeunes talents, et qui leur composent une seconde couronne plus belle que toutes les autres, sont changés en une branche de cyprès et en un sentiment de deuil ! Vous le ressentez, surtout vous maîtres qui le formâtes en peu d'années, condisciples qui l'estimiez pour la douceur de ses mœurs et l'honnêteté de son âme, plus encore que pour son talent. Mais quelle que soit votre douleur, elle ne surpassa point celle du vénérable Guglielmi, l'honneur de votre art à Rome, et qui l'avait comme adopté pour fils, celle du directeur et des pensionnaires, S. E. le cardinal Fesch, qui ne l'a pas quitté dans ses derniers moments, et qui lui a donné les plus touchants témoignages d'intérêt et de bonté.

La correspondance de Rome, à cette époque, représente cette perte comme un sujet de regret général. C'est ainsi qu'en a écrit au précédent ambassadeur le sénateur Cacault ; c'est ainsi que s'exprimant les autres pensionnaires, ses signes émules de gloire, dans l'épanchement de l'intimité.

Albert-Auguste Androt, était né à Paris en 1781. Il fut admis, en l'an 5, au conservatoire de musique, à l'étude du solfège.

En l'an 7, il entra dans la classe d'harmonie, dont M. Catel est professeur, et il remporta le premier prix de ce concours.

L'an 8, il passa dans la classe de composition de M. Gossec.

Pendant l'an 11, il fut répétiteur d'une classe d'harmonie, sous la surveillance de M. Catel. Dans cette même année, il remporta le prix de composition que donne le conservatoire, et concourut pour le grand prix de composition musicale proposé par la classe des beaux-arts de l’institut national, qui lui fut décerné dans notre séance publique de Vendémiaire an 12.

Arrivé à Rome, au commencement de l'hiver, il se livra avec ardeur à l'étude ; avec trop d'ardeur peut-être ! Le célèbre Guglielmi lui promit ses conseils. Ce grand maître fut étonné de la force des études qu'avait faites son nouvel élève, et il prit plaisir à rendre justice à l'école qui donnait des bases aussi solides à l’enseignement de la musique. Il adopta tout-à-fait son premier Lauréat. L'intérêt qui avait commencé par l'estime de l'élève et de ses maîtres, devint bientôt un sentiment de tendresse paternelle.

Guglielmi l'encouragea à composer un morceau de musique religieuse qui fut exécuté dans une église, pendant la semaine sainte, et qui obtint un tel succès, que la direction du principal théâtre de Rome sollicita le jeune compositeur de faire la musique du grand opéra d’automne. Androt, modeste jusqu'à la timidité, et à qui ses premiers maîtres avaient recommandé de ne pas se presser de travailler pour le public, refusait cette honorable demande ; son mentor voulut qu'il l'acceptât. Il obéit à Guglielmi. Il laisse cet ouvrage presque terminé. L'on a mandé au sénateur Cacault qu'il avait composé encore une messe funèbre qu'on doit exécuter dans l'église Saint-Louis. Tel est le produit déjà riche d'une vie moissonnée avant sa fleur, avant 23 ans ! C'est ainsi surtout que ce regrettable jeune homme a employé les neuf mois qu'il a vécu à Rome. Il travaillait, m'écrit-on, depuis cinq heures du matin jusqu'au soir. Le 1er. Fructidor , il mourut à la suite d'une hémorragie, comme Pergolèse.

Mais suspendez un instant vos regrets, amis de l'art, pour payer au dernier maître d'A. Androt le tribut d'estime et de reconnaissance qui lui est dû. La noble protection qu'il lui accorda, les services qu'il lui rendit, appartiennent plus à l'élévation de l’âme qu'à la supériorité des talents ; car ceux-ci ne s'honorent pas toujours par tant de générosité !

Il y a dans le champ où croît le laurier des plantes vénéneuses qu'on a quelquefois le malheur de cueillir avec lui. Ceux qui s'en repaissent deviennent ennemis des succès qui ne sont pas les leurs. Ce n'est plus de la gloire seulement qu'ils désirent ; ils veulent surtout de la domination, une réputation exclusive. Il leur faut des rivaux humiliés, des victimes. Leur haine s'attache aux éléments qui sont féconds, aux talents, aux établissements qui peuvent produire. C'est le breuvage de Circé : il enlève à l'homme tout ce qu'il avait de généreux et ne lui laisse que des passions qui ne sont plus humaines. Telles sont dans la carrière des arts, l'envie, l'ambition démesurée.

Je vous les signale, jeunes artistes, pour que vous les fouliez aux pieds. Vous voulez de la gloire ! mais vous voulez aussi être heureux ! L'envie et l'excessive ambition sont incompatibles avec le bonheur et souillent la gloire.

Bien différent de ceux que nous avons caractérisés, Guglielmi accueille la jeunesse déjà savante et veut 1ui apprendre le secret de plaire. Guglielmi honore une école étrangère et nouvelle, sans en avoir reçu ni hommages, ni prévenances, mais parce qu'il en a jugé les succès, c'est-à-dire l'utilité. Il rend justice au conservatoire le France, que d'autres aiment mieux calomnier dans l'ombre, ou persécuter dans ses élèves. Il se réjouit d'en voir sortir de bonnes méthodes d'enseignement, justifiées par les artistes qu'elles ont formés. Honorons donc Guglielmi illustre par son génie : mais honorons-le encore, parce qu'il aime l'art pour ses progrès, pour l'art lui-même.

Jeunes artistes, que la même couronne nous rend également chers, je finis par une réflexion consolante pour vous et que je tirerai de l'événement même qui nous afflige en commun : quand on a une fois obtenu la couronne que vous allez recevoir, on ne meurt plus sans quelque gloire. Les grands prix la commencent pour l'artiste, et l'éloge public décerné à la mémoire d'un de vos émules, est un droit que vous pouvez tous acquérir, en l'imitant.

Le jour de leur couronnement, les vainqueurs dans les jeux de l'Elide, étaient inscrits dans les registres publics des Eléens et traités splendidement dans une des salles du Prytanée. Dans sa solennité annuelle, la classe des beaux-arts de l'institut national, inscrit dans ses annales ceux auxquels elle décerne les grands prix : après les avoir couronnés, elle les admet à une sorte d'adoption , et ses voeux les suivent jusqu'à ce qu'ils aient fourni toute la carrière.

Et, de son côté l'Annuaire de l'Instruction publique pour l'an XII (Paris, chez Courcier, an XII – 1804) publiait ces lignes :

Le Gouvernement a ajouté aux encouragements donnés aux arts, un grand prix de composition musicale, qui procure au compositeur couronné, l'avantage d'être envoyé et entretenu, pendant cinq ans, en Italie, aux frais de la République. C'est la classe des beaux-arts de l'Institut national qui est chargée de décerner ce-grand prix et d'ouvrir les concours.

Pour concourir, il faut être Français ou naturalisé, et n'avoir pas plus de trente ans.

Les concurrents sont d'abord examinés sur la marche et la théorie des accords, pour savoir s'ils sont admissibles au concours.

Ils concourent ensuite sur le contre-point, la fugue et une scène dramatique, composée d'un récitatif obligé, d'un cantabile, suivi d'un récitatif simple, et terminé par un air de mouvement d'un caractère prononcé.

Quand le prix est décerné, la composition qui l'a remporté est exécutée dans la première séance publique de la classe des beaux-arts de l'Institut national.

Le cit. Androt, de Paris, âgé de vingt ans, élève du Conservatoire, classe du cit. Gossec, est le premier qui ait remporté ce grand prix, dont l'exécution a eu lieu dans la séance publique du 8 vendémiaire an 12.

Premier compositeur à recevoir le Grand Prix de Rome, Albert Androt n’a néanmoins laissé que peu de traces dans l’histoire de la musique ; sa mort si jeune en est assurément la raison. En dehors des quelques ouvrages déjà cités, on ne lui connaît en effet que deux Symphonies à grand orchestre, dont les manuscrits sont conservés à la Bibliothèque de l'Ecole française de Rome (Centre Jean Bérard de Naples, Académie de France). Son nom a totalement disparu des dictionnaires de musique, en dehors de Choron puis de Fétis, encore que ce dernier souligne son style lourd et son manque d’imagination. Est-ce la réalité ? Il n’est pas de notre propos de porter une quelconque appréciation sur la qualité des compositions de ce musicien, d’autant que nous nous gardons bien d’attacher de l’importance à ce genre d’opinion. Notre expérience nous permet en effet de dire que les effets de mode troublent considérablement tout jugement porté sur la valeur d’une œuvre détachée de son contexte historique. Quelle que soit la réalité, il est incontestable qu’Albert Androt a été en son temps un artiste attachant et apprécié par ses contemporains.

Une certaine Clarice Androt, née le 24 septembre 1800, qui avait entrepris également des études musicales au Conservatoire de Paris (solfège et piano) à compter de 1810, nous est connue. Mais, à ce jour on ignore encore s'il existe un éventuel lien de parenté avec Albert Androt.


Denis Havard de la Montagne
(2002, mise à jour : février 2017)

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1  Louis Androt et son épouse Elisabeth Paillet ont fait souche et leur descendance bourguignonne est toujours représentée de nos jours. Parmi celle-ci, mentionnons plus particulièrement Gustave Androt, né en 1862, qui fut employé à la Préfecture de Dijon, après avoir été « soldat-musicien au 103e Régiment d'infanterie stationné à Paris » en 1884, ainsi que son gendre, le sculpteur issu de l'Ecole des Beaux-Arts Antoine Orlandini (1886-1956) qui travailla un temps pour la célèbre Manufacture de Sèvres. N'omettons pas aussi le fils de ce dernier et petit-fils de Gustave Androt : François Orlandini (1920-2015). Artiste peintre, il emporta le 1er Grand Prix de Rome en 1948 avant de séjourner à la Villa Médicis de 1949 à 1952, quelques 145 ans après son lointain cousin Albert Androt.

2  Sous la Révolution, nom du quartier Notre-Dame-de-la-Victoire.

3  Alexandrine Saint-Aubin (1793-1867), fille de la rédactrice. Egalement cantatrice (soprano), elle débute le 2 novembre 1809 à l'Opéra-Comique dans Ambroise de Nicolas Dalayrac. Sa sœur, Anne-Cécile Saint-Aubin-Duret (1785-1862) fit aussi une carrière de cantatrice.

4  Rapporté par Arthur Pougin dans son article une « Une famille d'artistes, les Saint-Aubin », in Le Ménestrel, 22 mars 1891, p. 93.

5  Archives Villa Médicis, lettre rapportée par Gustave Guiches, dans son article « Histoire de l'Académie de France à Rome » in La Nouvelle revue, tome VII, janvier-février 1909, pp. 23-24.

6  Alphonse Gaudar de Laverdine, né le 8 août 1780 à Bourges, grand prix de Rome de peinture en 1799, tout comme Androt, mourra prématurément le 16 septembre 1804 à Sienne à l'âge de 24 ans, au cours de son séjour à la Villa Médicis où il était arrivé en décembre 1802. L'année suivante, on déplorait la disparition d'un troisième pensionnaire de la Villa, également dans la fleur de l'âge : le peintre Fulchran-Jean Harriet, élève de David et grand prix de Rome en 1798, mort à Rome le 22 septembre 1805 à 26 ans.

7  Rapporté par Gustave Guiches, id., p. 24, qui ajoute : « sur la mort d'Androt, voir lettre de Suvée aux membres de la Classe des Beaux-Arts (1er fructidor an XII - 19 août 1804. Archives de l'Académie des Beaux-Arts. »




Manuscrit autographe d'Albert Androt écrit vers 1802 dans la classe d'écriture musicale de Gossec au Conservatoire de Paris.
(BNF, Richelieu musique, mss 1469 p. 137/ Gallica)

COMMENTAIRES ET FICHIERS AUDIO PAR MAX MÉREAUX (DR.) :

Cette page comporte deux devoirs d'harmonie énoncés par Gossec,
dont l'élégance de leur réalisation témoigne d'une habileté certaine et d'une parfaite maîtrise de l'écriture
qui n'ont pu être acquises que par une longue pratique du contrepoint.


Le premier devoir est un CHANT DONNÉ constitué de 7 mesures de marche d'harmonie et 2 mesures de conclusion. La formule mélodique qui se reproduit dans la marche d'harmonie se compose d'une valeur brève (noire) suivie d'une valeur longue (équivalant à 5 noires). Les durées sont donc décalées par rapport à la mesure à 2 blanches.

Pour résoudre ce "problème" Androt a réalisé 2 versions :
l'une à 4 voix [Audio lecteur Windows Media fichier audio],
l'autre à 5 voix [Audio lecteur Windows Media fichier audio] (si l'on ajoute la 5e portée).

Il procède par imitation en canon à la tierce inférieure puis à la quinte inférieure dans les voix intermédiaires, en décalant les entrées de 2 noires, et, à partir de la 3e mesure, il reproduit sur six temps la suite des accords dont la basse est chiffrée (à la 4e portée). Dans la réalisation à 5 voix Androt place à la basse la gamme ascendante de Fa Majeur. Cette disposition occasionne quelques dissonances (atténuées si l'on transpose la 4e portée à l'octave supérieure).

Mais, il est aussi possible que la cinquième portée (qui n'est pas attachée aux autres) ne soit que la proposition d'une autre basse pour l'harmonisation du devoir à quatre voix. D'ailleurs la réalisation à cinq parties débutant par les deux voix graves à l'octave n'est pas correcte. Cette cinquième portée ne serait que la présentation des divers accords utilisés sur les degrés de la gamme ascendante de Fa Majeur pour l'harmonisation du chant donné qui, par mouvement contraire, est une ornementation de la même gamme descendante. Il n'en reste pas moins que la première réalisation (avec la 4e portée à la basse) est la meilleure.
Ecouter cette version à 4 voix en utilisant la 5e portée à la place de la 4e. [Audio lecteur Windows Media fichier audio].


Le deuxième devoir ("morceau en consonance") est vraisemblablement une BASSE DONNÉE réalisée à 3 voix. Dans ce devoir il a été nécessaire d'ajouter un bécarre (de toute évidence oublié) devant le "mi" sur le 2e temps à la voix supérieure de la 5e mesure du dernier système.

Ecouter une version pour trio à cordes (violon, alto, violoncelle).
[Audio lecteur Windows Media fichier audio]





Traité d'harmonie de Dourlen
Devoirs d'harmonie, par Androt
Couverture du Traité d'harmonie de Victor Dourlen (1838 - Prix de Rome en 1805) et devoir (n°100) réalisé par Albert Androt
( BNF/Gallica ) DR.
Audio lecteur Windows Media Fichier audio par Max Méreaux (DR.)



Albert-Auguste Androt

À l'instigation du peintre Charles Le Brun (1619-1690), ornementiste du Château de Versailles (1661), Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), contrôleur des finances du roi Louis XIV (1638-1715) depuis son intronisation en 1661, fonda l'Académie de France de Rome en 1666. Peu enclin à la musique, Colbert voua la nouvelle Académie aux architectes, sculpteurs, peintres et graveurs, ignorant complètement les compositeurs. Cette injustice fut réparée par le Consulat (1799-1804) qui instaura le premier Prix de Rome de musique (par voie de concours) en 1803. Le premier et unique lauréat en fut le jeune Bourguignon de la Côte-d'Or, Albert-Auguste Androt, encore élève du Conservatoire de musique et de déclamation, fondé par la Convention nationale en 1795, mais qui ouvrit ses portes pendant le Directoire (1795-1799).1

Frais émoulu de l'enseignement académique de Charles Simon Catel (1773-1830), Albert Auguste Androt dédicaça son "morceau de concours", sa Cantate intitulée Alcyone 2, basée sur les vers du dramaturge Antoine Vincent Arnault (1776-1834) 3, à son jeune maître. L'heureux lauréat de ce prix tant convoité réussit à vendre le manuscrit de sa Cantate, qualifiée de "requiem" par Hugo Riemann (1849-1919) par inadvertance, à un "éditeur, marchand de musique et facteur de harpes à la clef d'or" Naderman qui avait pignon sur Rue de la Loi à Paris.

D'après le texte qui précède la partition, Alcyone est écrite pour (sic) : Flauti, Oboi, Clarinetti, Corni in Ut, Corni in Ré, Fagotti (bassons), Violini 1 et 2, Viola (alto), Canto, Bassi.

Après une introduction (Lento), peu convaincante et sans contenu : violons et contrebasses commencent en unisson, ensuite les violons imitent les contrebasses avant de s'émanciper rythmiquement et dynamiquement, vient le récitatif:

"Ombre en pleurs, gémissante voix, quel sort annoncez-vous à la triste Alcyone
Est-ce un avis que le destin me donne
T'ai-je embrassé pour la dernière fois

Jamais songe plus horrible, jamais présage plus terrible n'avait en son absence effrayé mes Esprits
... des compagnons de son naufrage n'ai-je pas entendu les cris, d'un vaisseau les vastes débris n'ont-ils couvert ce rivage

... c'est le flot qui gémit, c'est le vent qui frémit

Astre propice, astre du jour, hâte-toi d'éclairer le monde, viens rétablir par ton retour la paix dans mon coeur sur l'onde

Dieux sans pitié, destin perfide, ce corps glacé, ce front livide, c'est mon amant, c'est mon époux."

Ni le sujet d'Antoine Vincent Arnault, ni les vers harmonieux, bien cadencés et rythmés d'inspiration racinienne de sa musique verbale, n'émurent point le compositeur d'Alcyone qui se contenta d'illustrations sonores, souvent très dépouillées ou peu compatibles avec le texte. L'action dramatique d'Arnault ne provoqua aucune réaction psychologique d'Androt qui fait évoluer son oeuvre dans une ambiance terne et pesante.

L'éditeur parisien Naderman publia aussi Trois Quatuors pour 2 violons, alto et basse (sic) d'Albert-Auguste Androt, dédiés à Catel 4, et en devint propriétaire. Il s'agit des Quatuor IV, opus H, en ré majeur, en trois mouvements : Allegro englobant un "tempo de Siciliana" en la mineur, Minuetto vivace et Finale en ré majeur ; Quatuor V, opus J : Allegro non troppo en fa majeur avec un Trio en la bémol majeur, Fantasia en ut majeur (peu fantaisiste) et Finale en fa majeur ; et Quatuor VI, opus K : Maestoso en ut mineur contenant quelques timides éléments chromatiques, Andante en mi bémol majeur avec certains points d'exclamation, Allegro assai ma non presto en ut mineur assez simpliste et peu concluant.

Comme dans sa cantate, les anadiploses, les épiphores et les anaphores du langage sonore très impersonnel d'Androt mettent en évidence la pauvreté de son vocabulaire, la monotonie de ses développements et l'absence permanente d'imagination, d'élan et de sensibilité.

Nos commentaires sont basés sur les oeuvres d'Androt composées à Paris avant son départ à la Villa Médicis à Rome qu'on trouve à la Bibliothèque nationale en microfilm.

Il paraît qu'Albert-Auguste Androt travailla avec acharnement à Rome, qu'il reçut des conseils utiles d'un certain Pietro Guglielmi (1763-1817) qui l'introduisit dans les salons aristocratiques de la capitale italienne et lui trouva des commandes. Malheureusement, le jeune lauréat du premier Prix de Rome ne resta que sept mois à la Villa Médicis, où il succomba à une fièvre quarte hémorragique le 19 août 1804 sans avoir eu le temps de dévoiler la face cachée de son talent, reconnu par ses professeurs et le jury du Concours de Prix de Rome. 5

La bibliothèque de la Villa Médicis possède la partition de son oeuvre maîtresse De Profundis, jouée à Rome, à l'église San Lorenzo, pendant l'office religieux de ses obsèques. Il paraît que Hector Berlioz (1803-1869), pensionnaire de la Villa Médicis en 1830, apprécia cette oeuvre d'Albert-Auguste Androt.

Voya Toncitch
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1) Créé à l'initiative du capitaine Bernard Sarrette (1765-1858), fondateur de l'École de musique de la Garde nationale parisienne le 16 thermidor an III, avec François-Joseph Gossec (1734-1829), le Conservatoire de Paris fut la première école supérieure de musique d'état dans le monde. (Les conservatoires de Naples et de Milan furent fondés en 1808, suivis de ceux de Vienne et de Prague.) [ Retour ]

2) Alcyone, déité grecque, fille d'Éole, épouse de Céyx, se jeta à la mer, désespérée après sa mort dans un naufrage. D'après la mythologie, le couple fut changé en alcyons, oiseaux maritimes qui pondent sur les flots. [ Retour ]

3) Arnault, membre de l'Académie française, élu en 1799, exclu par l'Ordonnance en 1816, réélu en 1829. [ Retour ]

4) Catel, élève de Gossec, fut co-fondateur et professeur du Conservatoire de Paris et membre de l'Institut. Il publia en 1802 un Traité d'harmonie très prisé à l'époque et connut certains succès avec ses opéras inspirés par les oeuvres de Voltaire: Semiramis en 1802 (livret de Philippe Desriaux) et Les Bayadères en 1810 (livret de Jalabert). Les historiens de la musique lui reprochèrent le manque d'originalité, mais reconnurent ses aptitudes pédagogiques. [ Retour ]

5) Les peintres Augustin Gaudar de la Verdine (1780-1804) et Fulchran-Jean Harriet (1776-1805) moururent du même mal en 1804 et en 1805 respectivement, le peintre franco-belge Joseph-Benoît Suvée (1743-1807), directeur de la Maison de France pendant 11 ans, mourut d'une "crise de colère" en 1807. Le grand architecte Jean-Baptiste Dédeban (1781-1850) sombra dans la démence et fut rapatrié en France accompagné d'un gendarme. Ils séjournèrent tous à Rome en même temps que Albert-Auguste Androt et leurs oeuvres demeurent présentes au XXI siècle, dans les musées, les galeries et les collections privées, ainsi que celles du peintre Bousselier qui se noya par dépit amoureux un peu plus tard. [ Retour ]

On peut constater également que les noms des camarades d'Albert-Auguste Androt au Conservatoire, François Joseph Fétis (1784-1871) et François Antoine Habeneck (1781-1849) demeurent présents dans les histoires de la musique, les dictionnaires ainsi que dans les documents afférents à la vie musicale à Paris au XIX siècle.

 


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