Désiré BEAULIEU

(1791 – 1863)

Désiré Beaulieu
Désiré Martin, dit Martin-Beaulieu
( avec l'aimable autorisation de la la Médiathèque d'agglomération de Niort )

 

Si le nom de Désiré Martin-Beaulieu est oublié de nos jours par la plupart des musicologues et a fortiori du grand public, il reste cependant étroitement lié à l’histoire des sociétés musicales au XIXe siècle, puisqu’il est le fondateur en 1835 de l’Association musicale de l’Ouest, l’une des toutes premières à avoir vu le jour en France. La "Fondation Beaulieu", qu’il créa en 1860, eut également beaucoup de succès jusqu’à la Première guerre mondiale. Compositeur, théoricien et musicographe on lui doit de la musique pour la scène (opéras, scènes lyriques), des pages pour l’orchestre, de la musique de chambre, des chants profanes et des oeuvres religieuses avec notamment un Requiem à 4 voix, solos et chœur (Richault), composé en 1819 "en mémoire de Méhul par son élève", qui sera exécuté plus tard en 1840 à La Sorbonne.

Né à Paris le 11 avril 1791, d’un père officier d’artillerie fixé dans la capitale depuis quelques années, Marie Désiré Martin est issu d'une importante famille de négociants niortais déjà bien enrichie à la veille de la Révolution (chamoiserie-draps) et dont certains membres avaient occupé des fonctions de notables depuis plusieurs décennies. Il adoptera plus tard le surnom de Beaulieu qui est le nom du domaine familial acheté en 1761 par son grand-père Marie Désiré Antoine Martin, négociant, juge consul et échevin de la ville de Niort. Situé sur la commune d'Echiré (Deux-Sèvres) cette propriété est encore visible de nos jours. Elle avait été construite vers 1840 par l'architecte Pierre-Théophile Segrétain, ami de Prosper Mérimé. Désiré Beaulieu, d’après Fétis qui lui consacre deux pages dans sa Biographie universelle des musiciens, reçoit dès l’âge de sept ans et demi ses premières leçons de musique d’un certain Damé, ancien maître de chapelle à Amiens, et peu après commence à étudier le violon sous la direction d’Alliaume, un ancien élève d’Isidore Bertheaume qui fut un temps alto à l’Orchestre du Théâtre-Italien. Devenu en 1803 élève de Rodolphe Kreutzer alors violon solo à l’Opéra de Paris, à l’âge de 14 ans il apprend la composition auprès d’Angelo Benincori, un compositeur italien installé à Paris, puis avec l’abbé Nicolas Roze. Ce dernier, ancien maître de chapelle de l’église des Saints-Innocents à Paris avant la Révolution, avait eu également pour élèves Jean-François Lesueur, Alexandre Choron et l’organiste François Lacodre dit Blin. A partir de 1809 Beaulieu achève ensuite ses études musicales dans la classe de Méhul au Conservatoire de Paris. Il conservera d'ailleurs toute sa vie durant une profonde admiration pour ce maître et sa classe sur lesquels il déclara un jour :

" C’est là que j’acquis, non seulement la plus grande partie de ce que je sais dans la science du contrepoint et de la fugue, mais encore ce que j’ai pu apprendre et mettre en pratique relativement à la philosophie de l’art musical. "

La même année, il se présente au Concours de composition de l’Institut et obtient un 1er Second Grand Prix, derrière Daussoigne, avec la cantate Agar dans le désert d’après de Jouy. L’année suivante, à nouveau candidat il décroche le 1er Grand Prix avec la cantate Héro et Léandre, sur des paroles de Saint-Victor. Mais, il renonce au séjour à la Villa Médicis par amour pour sa future femme, Françoise Caroline Rouget de Gourcez, dont la famille avait donné plusieurs maires à la ville de Niort sous l’Ancien régime, notamment son père, Matthieu Rouget de Gourcez, dernier Maire de Niort avant la Révolution. Il se fixe alors définitivement à Niort en 1812 et épouse sa bien-aimée peu après. Néanmoins, Martin-Beaulieu se plie aux obligations des envois de Rome auxquels les pensionnaires de la Villa Médicis sont astreints, et adresse à l’Académie des Beaux-Arts un Miserere à 4 voix (1812), un Laudate à 2 chœurs et une cantate Sapho (1813), un Dominum salvum à 5 voix (1814). A la mort de son maître Méhul, survenue le 18 octobre 1817, il compose un Requiem qu’il envoie également à l’Institut où il fait l’objet d’un rapport favorable. Ce n’est que plus tard que cette Messe sera exécutée à l’église de la Sorbonne, puis en 1851 à Saint-Roch (Paris) en mémoire de son professeur de violon Rodolphe Kreutzer et au profit de l’Association des artistes musiciens. Cette oeuvre sera à nouveau donnée en 1863 à ses propres obsèques.

A Niort, Désiré Beaulieu mène une intense activité musicale. Il organise chez lui des auditions de quatuor, puis en 1827 crée une Société Philharmonique qu’il transforme en 1835 en "Association musicale de l’Ouest" avec la collaboration du violoniste et chef d’orchestre Jules Norès. En dehors de Paris et de quelques autres grandes villes, il n’y avait alors que peu d’associations de ce type destinées à propager le goût de la grande musique classique. Ce fut ainsi la première du genre dans cette région. Elle regroupait 6 départements : les Deux-Sèvres, la Vienne, la Charente, la Charente-Maritime, la Vendée et la Haute-Vienne. Tour à tour les villes de Niort, La Rochelle, Angoulême, Rochefort, Poitiers et Limoges organiseront un Congrès annuel avec de grandes fêtes musicales. Entre 1835 et 1879, période au cours de laquelle cette société fut très active, on put entendre de grandes œuvres, parfois avant même qu’elles soient données à Paris : c’est le cas notamment des oratorios Paulus et Elie de Mendelssohn qui sont joués en entier à la Rochelle bien avant d’être entendus dans la capitale. Après s’être tenu à Poitiers, en juin 1843 le Congrès musical de l’Ouest a lieu à Niort. Beaulieu dirige les chants et Norès la partie instrumentale. On peut découvrir, entre autres œuvres, son oratorio pour grand orchestre avec solos et chœur Hymne au matin et le 3ème acte de La Juive d’Halévy. Cette manifestation se déroule ensuite à La Rochelle, puis en juin 1846 le congrès se tient à Limoges "avec une solennité, un éclat, de nature à satisfaire les exigences les plus délicates". Le journal La France musicale du 26 juin rapporte que "l’orchestre et les chœurs ont été au dessus de tout éloge dans l’ouverture de Sémiramis et dans la scène de la bénédiction des poignards, des Huguenots ". On entend également la cantatrice Mme Mainvielle Fodor, alors très en vogue à cette époque, dans la cavatine Passi per progetto de Donizetti, qui remporte un vif succès. En 1864, le festival se déroule à Niort et le public, toujours très nombreux à assister à ce genre de manifestation, découvre en avant-première en France la grande cantate La Fête d’Alexandre ou la puissance de la musique d’Haendel et les deux premières parties de l’oratorio La Création du même compositeur. Parmi les autres œuvres qui sont le plus applaudies cette année-là, citons encore la Symphonie en ut de Beethoven dirigée par Jules Norès, la Symphonie concertante de Maurer à quatre violons principaux, le duo de Sémiramide et l’air du 3e acte de Faust. Un Quintette de Reicha estt également interprété par MM. Dorus (professeur de flûte au Conservatoire de Paris), Triébert (professeur de hautbois au Conservatoire de Paris), Baneux (cor à l’Opéra de Paris), Jancourt (professeur de basson au Conservatoire de Paris) et Barbet (clarinettiste et chef de musique du 70ème Régiment). C'était la première fois que les membres de l’association se trouvaient réunis après la mort de leur fondateur, survenue quelques mois auparavant, et on exécuta en son hommage sa cantate Héro et Léandre qui lui avait valut le Grand Prix de Rome en 1810.

Mais le plus grand projet de Désiré Beaulieu qu’il conçoit en 1860 est la création à Paris d’une "Société des Concerts de chant classique", destinée à "organiser des concerts annuels dans lesquels on entendrait des compositions classiques puisées dans toutes les écoles, dans tous les genres, toujours considérées comme de grands et beaux modèles, dans le but de les offrir à l’attention publique comme on offre au regard dans les musées, les anciens chefs-d’œuvre de la peinture." Beaulieu consacre une grande partie de sa fortune à cette œuvre, ainsi qu’il s’en explique dans une lettre adressée la même année à son ami Halévy (mentionnée par Pougin) :

" Mes revenus ordinaires ne me permettant pas de donner suite à ma pensée, je me suis décidé, non sans quelque peine, à vendre ma portion du bien que m’a laissé mon père, et, au moyen du capital que j’ai retiré de cette vente, je puis, dès à présent, essayer, étudier, réaliser même, au moins en partie mon projet […] Je ferai tous les frais de ces séances, et le produit se partagera en deux parts égales, dont l’une entrera dans la caisse de l’Association des artistes musiciens, et l’autre viendra s’ajouter au capital que je destine dès aujourd’hui à continuer après moi mon entreprise. Ce capital est de 100,000 francs. De mon vivant, je dois nécessairement prélever sur les intérêts de cette somme l’équivalent de ce que j’ai de moins en revenu territorial, mais le surplus est, je crois, très suffisant pour commencer… "

Cette Fondation Beaulieu, créée officiellement le 28 mars 1863, dont le siège social est situé à Paris, va jouer un rôle important durant plusieurs décennies dans le développement du goût musical. Reconnue d’utilité publique en 1867, elle est active jusqu’en 1914 grâce au capital de 100,000 francs que lui a légué par testament Désiré Martin-Beaulieu. Cet "artiste distingué dont le cœur, comme l’esprit, était ouvert à tous les grands sentiments" voulut en outre que les bénéfices soient en partie reversés à l’ " Association des artistes musiciens ", société d’assistance mutuelle qui avait été fondée en 1843 par le baron Taylor. Beaulieu dirige lui-même sa fondation durant quelque temps et à sa mort arrivée peu après (décembre 1863), la présidence est assurée au fil des années par des notabilités du monde musicale : Ambroise Thomas durant 32 ans, puis Henri Colmet-Daage (1896), Théodore Dubois pendant 13 ans (1897 à 1910) et enfin Camille Saint-Saëns à partir de 1910. Les directeurs musicaux sont successivement : Adolphe Deloffre (1864 à 1873), Antonin Guillot de Sainbris (1874 à 1887), Jules Danbé (1888 à 1905), Georges Marty (1905 à 1908) et Gabriel Pierné. Près de 60 concerts, entre 1860 et 1912, sont donnés à Paris, Salle Herz jusqu’en 1887, puis Salle Albert-le-Grand. Le répertoire qu'on peut entendre est vaste : de Josquin des Près à Augusta Holmès, en passant par Rameau, Bach, Carissimi, Haendel, Gluck, Mozart, Berlioz, Schumann et César Franck…

Membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Beaux-Arts) en 1853, puis nommé trois années plus tard correspondant du Ministère de l’Instruction publique pour les travaux historiques, Martin-Beaulieu meurt à Niort le 21 décembre 1863. La Revue de l’Ouest relate sa disparition en ces termes :

" C’est avec une douloureuse émotion que nous annonçons la mort d’un homme qui jouissait au plus haut degré de la considération et de l’affliction de tous. M. Martin Beaulieu a été enlevé à sa famille, à ses amis, à ses concitoyens lundi soir. Il y a peu de jours, il réunissait autour de lui, dans un concert, des artistes, des amateurs ; il y exécutait un morceau sur le violon. C’était son dernier chant, le chant des cygnes. Le lendemain, il était atteint d’un mal terrible, et jusqu’à lundi soir il supportait, avec le courage que donna la foi religieuse, des douleurs qui ont fini par lui enlever la vie.

" Sa famille et ses amis perdent beaucoup ; mais notre ville, notre pays font une perte immense. M. Beaulieu aimait les arts, il leur avait consacré son existence entière ; pour lui, c’était un culte où il trouvait à développer les sentiments du beau, de l’idéal qui reproduisaient son âme. Il était parvenu à répandre et à faire pénétrer l’amour des beaux-arts.

" C’est avec foi, avec ardeur que M. Beaulieu a rempli la mission que la Providence lui avait confiée. Sa jeunesse a été sérieuse . Il avait déjà un but, à l’heure où tant d’hommes sont encore hésitants pour fixer leurs pensées.

" […] Les obsèques de cet homme illustre, en qui se manifestait le noble accord du talent et du caractère, ont été célébrées mercredi [23 décembre] à Niort, en présence de toutes les notabilités de la ville. Deux discours ont été prononcés sur sa tombe, l’un par M. Delavault, compositeur de musique, secrétaire du comité local de l’Association, membre du conseil général des Deux-Sèvres ; l’autre par M. Henri Giraud, président de la Société philanthropique. "

Désiré Beaulieu : Messe à 3 voix
Premières mesures du Kyrie de la Messe à trois voix (soprani), 1845
(  avec l'aimable autorisation de la la Médiathèque d'agglomération de Niort )

L’œuvre musicale de Désiré Beaulieu est principalement axée sur la voix, même si on lui connaît quelques pages de musique instrumentale dont 2 Quatuors à cordes et une Fantaisie pour violon solo sur des airs espagnols. En plus des œuvres déjà citées, son catalogue comporte des opéras : Anacréon, sur des paroles de Gentil Bernard (1828), Philadelphie en un acte (1855) ; des cantates ou scènes lyriques : Jeanne d’Arc, cantate pour voix seule (1817), Psyché et l’amour, sur des paroles de Corneille (1833), Fête bachique (1835), Jeanne d’Arc, grande scène lyrique en deux parties (1853) ; des odes : Sixième Ode sacrée de Jean-Baptiste Rousseau pour solos et chœur (1828), Quinzième Ode sacrée de Jean-Baptiste Rousseau pour voix seule, et d’autres œuvres profanes : Fantaisie pour violon solo et chœurs sur des airs des Pyrénées, La Prière des matelots pour solos et chœur (1831), L’Océan pour solos et chœur (1841), ainsi que des nocturnes, mélodies et romances… Mais comme le souligne le journal "La France musicale" au moment de sa disparition, c’est surtout ses compositions religieuses qui se distinguent "par les qualités les plus éminentes." En 1858, voulant démontrer le vrai caractère de la musique religieuse et son attachement pour ce genre musical, il écrivait dans un Mémoire sur le caractère que doit avoir la musique religieuse que " tout se coordonne, s’harmonise entre notre nature physique et notre organisation morale, et qu’elles réagissent l’une sur l’autre ; c’est ainsi que dans l’exaltation la voix s’élève ; qu’elle s’abaisse dans la tristesse profonde, et que le sentiment chrétien, qui évite toute extrémité, sa maintient dans de justes bornes." On lui doit ainsi des oratorios : L’Hymne du matin (1843), L’Immortalité de l’âme (1851), L’Hymne de la nuit (1851) ; un Hymne pour la première Communion pour solos et chœur (1840), une Ode à la charité, mélodie religieuse à une voix et accompagnement de piano, écrite sur des paroles de M. Dieudonné (Paris, A. Meissonnier-Heugel, 1845), une Messe solennelle à 4 voix, solos et chœur (1845) chantée à Saint-Eustache (Paris) et une autre Messe à 3 voix avec accompagnement d’orgue (1845) donnée à Saint-Roch (Paris).

Désiré Beaulieu est également l’auteur de plusieurs études, mémoires et autres écrits parmi lesquels : Du rythme, des effets qu’il produit et de leurs causes, communiqué à l’Académie des Beaux-Arts fin 1844 et lu à la Société de Statistiques des Deux-Sèvres en février 1852 (Paris, Dentu, 1853), Mémoire sur ce qui reste de la musique de l’ancienne Grèce dans les premiers chants de l’église, comprenant pour la partie musicale : 1) Chant de la préface, 2) Te Deum, 3) Ode de Pindare, 4) Air indien, 5) Air russe, 6) Air arabe, 7) Chanson arabe, 8) Ode d’Horace sur la mélodie de l’hymne "Ut queant laxis", 9) Odes de Boèce, lu à l’Académie des Beaux-Arts dans sa séance du 31 mai 1856 (Niort, Imprimerie de L. Favre, 1852), Mémoire sur le moyen d’améliorer l’exécution des chants religieux (1856), Mémoire sur le caractère que doit avoir la musique d’église et sur les éléments de l’art musical qui constitue ce caractère, lu à l’Académie des Beaux-Arts dans sa séance du 17 avril 1858 (Paris, Imprimerie N. Chaix, 1858), Mémoire sur quelques airs nationaux qui sont dans la tonalité grégorienne, lu à l’Académie des Beaux-Arts dans sa séance du 12 juin 1858 (Niort, Imprimerie L. Favre, 1860), Mémoire sur l’origine de la musique, lu à l’Académie des Beaux-Arts dans sa séance du 16 avril 1959 (Niort, Imprimerie L. Favre, 1863), ces trois derniers ayant également paru dans la Revue et Gazette musicale de Paris (XXV, 1858 et XXX, 1863).

Martin-Beaulieu, savant musicien, était en outre un homme curieux et parfait érudit, cherchant sans cesse a élargir ses connaissances dans quelques domaines que ce soit. Aussi, il fut longtemps membre de la Société française d’archéologie et président de la Société de Statistiques des Deux-Sèvres (1840 puis 1850). En 1841 c’est lui qui organise le Congrès archéologique à Niort et à partir de 1849 il est constamment délégué à Paris au Congrès des Sociétés savantes dirigé par l’Institut des provinces et y fait des communications chaque année. Quelques mois avant sa mort, il s’occupait encore de la découverte d’un tumulus à Availles-sur-Chizé (près de Melle, Deux-Sèvres) et de vases gallo-romains mis à jour à Courgé, et effectuait des communications au cours de séances de la Société de Statistiques des Deux-Sèvres portant sur l’aide des nobles du Poitou pour le rachat de la rançon de François Ier, ou sur des recherches des insectes utiles à l’homme, ou encore sur l’histoire de l’abbaye de Saint-Maixent…

Egalement préoccupé par les choses de la vie publique, notre artiste et savant chercheur se fit élire membre du conseil municipal de la ville de Niort (1840-1863) et premier magistrat de cette ville en 1844-1845.

L’ensemble de son œuvre et de sa correspondance, composé de 45 cartons dont bon nombre de manuscrits musicaux inédits, a été acquis en 1912 par la Bibliothèque municipale de Niort chez un brocanteur de la ville. Un premier inventaire fut dressé la même année par Paul Gateaux (érudit niortais) et Alphonse Farault (bibliothécaire de la ville de Niort), et un second en 1995 par Jean Laurent, conseiller pédagogique pour l'enseignement musical en poste à Niort, publié l'année suivante dans le bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, sous le titre de : L’œuvre de Désiré Martin-Beaulieu : classement et analyse du fonds conservé à la bibliothèque.

Denis Havard de la Montagne 1

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1) Nous tenons à remercier ici M. Eric Surget, conservateur territorial en chef de la Médiathèque de Niort qui nous a aimablement renseigné sur les origines niortaises du compositeur et autorisé à présenter les documents iconographiques illustrant cette page. [ Retour ]



CATALOGUE DES OEUVRES DE MARTIN-BEAULIEU

Essai de catalogue d'après les travaux de François-Joseph Fétis (1866, Biographie universelle des musiciens, deuxième édition, Paris, Librairie de Firmin Didot, pp. 284-286), d'Alphonse Farrault (1912, inventaire in le Bulletin de la SHSDS, tome I, 1912-1913, p. 106) et de Jean Laurent (1995, nouvel inventaire in Bulletin de la SHSDS, 1996, pp.14-23).

 

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OPERAS, CANTATES, SCENES LYRIQUES


Alcyone, scène dramatique, paroles de Amault (1808)
Céphale, cantate, paroles de J. B. Rousseau (1808)
Circé, cantate, paroles de J. B. Rousseau (1809)
Agar dans le désert, scène lyrique, paroles de Jouy (2e Grand Prix de Rome, 1809)
Cupidon pleurant Psyché, scène dramatique, paroles de Arnault (1809)

Désiré Beaulieu : Marie-Stuart
Marie-Stuart, monologue lyrique pour voix et orchestre, 1810
( avec l'aimable autorisation de la la Médiathèque d'agglomération de Niort )
Marie-Stuart, monologue lyrique, voix et orchestre, paroles de Jouy (1810)
Héro et Léandre, cantate de concours, paroles de J. de Saint-Victor, (1er Grand Prix de Rome, 1810), Paris, E. Chatot, (s. d.), in-4°, 91 pages.
Sapho à Leucade, scène lyrique, paroles de Vinaty (1813)
Jeanne d'Arc, cantate, paroles de Vinaty , (1817)
Anacréon, opéra, paroles de Gentil Bernard (1828)
Sixième ode sacrée de J. B. Rousseau pour chœur, soli et orchestre (1828), autographié
Anacréon, opéra, paroles de Gentil Bernard (1828), autographié
Vous qui parcourez cette plaine, air extrait de la cantate de Céphale, de J. B. Rousseau (1830)
Un feu séditieux brûle au fond de mon âme, air extrait de la 17e cantate de J. B. Rousseau (1830)
Chœur, extrait de la 3e scène du 4e acte d'Alceste, paroles de Quinault (1830)
Scène lyrique adressée à Mme la duchesse d'Angoulême à son passage à Niort (1831)
Fête bacchique, scène extraite d'une des cantates de J. B. Rousseau, pour ténor solo et chœur (1835)
Hymne du matin, oratorio pour grand orchestre avec solos et chœurs (1843), paroles de Lamartine (extrait de sa Troisième harmonie), Paris, E Chatot (s.d.), in-4°, 254 pages
Dithyrambe sur l'Immortalité de l'âme par Delille, oratorio (1850)
L'Hymne à la nuit, oratorio, paroles de Lamartine (1851), autographié
L'Immortalité de l'Ame, oratorio (1851), autographié
Jeanne d'Arc, grande scène lyrique en 2 parties, voix seule (1853), autographié
Philadelphie
, opéra en un acte (1855), autographié
Bacchus, extrait de la cantate de J. B. Rousseau
Plusieurs morceaux (8 numéros) de l'opéra Ninette à la Cour de Favart (1829), autographié.

 

CHOEURS PROFANES

La Prière des matelots, hymne à la Vierge, morceau d'ensemble, solos et chœurs (1831), autographié
Encore un hymne, chœur à cinq voix sur des paroles extraites de 1'Harmonie poétique de Lamartine (1833)
La Charité, hymne en chœur, sans accompagnement, paroles de Vinaty (1852)
O rives du Jourdain, chœur à quatre voix, avec accompagnement d'orchestre, paroles de Racine, Esther (1860), autographié
La Pensée, paroles de Vinaty, autre air sur les mêmes paroles que le précédent
Sombre Océan, morceau d'ensemble, solos et chœur (1841)
Jéhova, chœur à 5 voix, autographié
Fantaisie pour violon, solo et chœur, sur des airs des Pyrénées
Prière à l'Etoile du Soir
, suivie de l' Hymne à la nuit,. - Paris, A. Catelin et Cie (s.d.), in-4°, 3 pages
Marche pour l'Association normande composée à la demande de M. de Caumont (1855)

 

VOIX SEULE, AVEC OU SANS ACCOMPAGNEMENT

Le Ruisseau, romance, paroles de Panard, (s.l.n.d.), in-4°, 2 pages (publié en 1827)
Que nos prairies sont fleuries!, nocturne pour dessus et ténor, avec violon solo et accompagnement de piano, " A Caroline pour sa fête" (l831)
Au Rossignol, cantatille, paroles extraites de l'Harmonie poétique de Alphonse de Lamartine, désignée sous le même titre, pour une voix, avec flûte obligée et accompagnement de piano (1834)
Le Prisonnier, rondeau avec accompagnement de piano et guitare (1835)
Arthur Le Page, ballade, paroles de Vinaty, avec accompagnement de piano (1835)
Au bord d'une fontaine, félicité passée, romance, chant et piano
Conseils, romance de Madame Saurin
Notre-Dame de Lorette, ballade pour voix de dessus et de ténor, avec accompagnement de piano, paroles d'Alfred de Wailly
Quinzième Ode Sacrée de J. B. Rousseau, voix seule (1829), autographié
Beaux Lieux, Beaulieu, pour ténor, violon solo, dessus et piano (23 août1834)
La Maison blanche, romance, paroles de Lamartine, Paris, A. Catelin et Cie (s.d.), in 4°, 2 pages, publié en 1834
Question d'Amour, romance, paroles de M.J.A. de Ségur, Paris, H. Lemoine (s.d.), in-4°, 2 pages
Le Hameau, duettino, paroles de Bernard, Paris, A. Catelin et Cie (s.d.), in-4°, 2 pages (publié en 1840)
Pauvre Jeannette, romance, chant et piano
La Rose et le papillon, romance, chant et piano, paroles de Vinaty
Je vois du plus beau jour, romance, chant, flûte et piano
Boléro, romance, chant et piano
Le Troubadour, romance
Est-il où vous êtes?, autographié

Recueil contenant les deux chansons qu'entonna Jeanne d'Albret, à la naissance de Henri IV, une romance, paroles de Henri IV, des couplets faits par Mademoiselle S. de B. à l'occasion de la naissance de Monseigneur le duc de Bordeaux, et une ode de J. B. Rousseau faite pour la naissance de Louis XV et appliquée aux circonstances actuelles, mis en musique avec accompagnement de piano et harpe dédié à sa femme, Paris, Carli (s.d.), in-4°, 17 pages

 

MUSIQUE INSTRUMENTALE

Solo de cor avec accompagnement de piano (1837)
Quatuor n° 1 en ut mineur, pour deux violons, alto et basse
Désiré Beaulieu : Quatuor n°2
Quatuor n° 2 en ré majeur, premières mesures
( avec l'aimable autorisation de la la Médiathèque d'agglomération de Niort )
Quatuor n° 2 en ré majeur, pour deux violons, alto et basse
Fantaisie pour violon solo avec accompagnement d'orchestre, sur des airs espagnols
Quadrilles
n° 1 et 2 pour cor en fa et piano

 

MUSIQUE RELIGIEUSE

Que le Seigneur est bon, chœur de jeunes filles et orchestre (1810)
Présent de Dieux, voix et orchestre (1810)
Miserere, à quatre voix, solos et chœur (1812), autographié
Laudate Dominum in sanctis ejus, à deux chœurs (6 et 4 voix) et à deux orchestres (1813), autographié
Domine salvum fac regem, à cinq voix, solos et chœurs avec accompagnement (1814), autographié
Messe de Requiem, à quatre voix, solos et chœurs (1819), Paris, Richault
Hymne pour la première communion, morceau d'ensemble, solos et chœur de jeunes filles, paroles d'Emile Deschamps (1840), autographié
Cantique pour la fête de Sainte Anne (1845)
Messe solennelle à quatre voix, pour soli, chœurs et orchestre (1845), Paris, E Chatot (s.d.), in-4°, 176 pages
Messe à trois voix (soprani) avec solos et accompagnement d'orgue, composée en 1845, Paris, E. Chatot (s.d.), in-4°, 60 pages
Ode à la charité, mélodie religieuse à une voix et accompagnement de piano, paroles de M. Dieudonné, Paris, A. Meissonnier/Heugel, 1845
Salve Regina, pour voix et solo, avec accompagnement d'orgue (1859)
Messe à quatre voix et orchestre (terminée le 29 septembre 1862)
Où donc es-tu Seigneur ?, chœur à cinq voix, paroles de Lamartine, Paris, Janet et Cotelle, Niort, Robin (s.d.), in-4°, 9 pages
Dieu de lumière, chœur à cinq voix, autographié

 

OUVRAGES PEDAGOGIQUES

Cours de composition, contenant le contre-point simple, les contre-points double et triples, la fugue, les contrepoints à la 12e et à la 10e, deux contre-points quadruples, et 3 leçons d'harmonie, fait avec Méhul (1809)
Règles de contrepoint d'après les meilleurs auteurs


 


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