H E N R I    C A R O L
Maître de la musique sacrée, musicien hors du commun
(1910 – 1984)

Henri Carol
Henri Carol
( coll. Guy Miaille ) DR

Il fut un « honnête homme » du XX ème siècle.
Indifférent à toute forme de notoriété,
il n’avait pas le goût de l’arrivisme.
Ainsi était sa nature.

 

Le prêtre
musicien de haut lignage et novateur de la musique sacrée

En matière de musique sacrée, notre XXème siècle foisonne de personnalités riches et intéressantes, parmi celles-ci, Henri Carol paraît être un élément à part, tant sa création très personnelle est marquée du sceau religieux.

Sa musique favorise la ferveur car elle s’inspire des textes sacrés de la liturgie et parmi les plus beaux, sa science musicale irréprochable met en lumière une subtile simplicité empreinte de clarté. Dans la tradition de Monseigneur PERRUCHOT il développe le style de la « musique alternée » qui incite à la prière et au recueillement.

Toutes ces qualités en font un exceptionnel « musicien clerc » qui a la particularité d’être accessible à de nombreuses formations chorales de base dont le souci est de servir le culte plutôt que de se produire en concert.

Ainsi, il fournit au culte, une « matière première » idéale pour des esprits éclairés.

Il n’est pas utopique de parier sur la valeur de cet artiste éminent, par ailleurs, humble et discret. L’important c’est que nous le sauvions de l’oubli, conformément à la déontologie que nous impose naturellement le respect des grandes valeurs car le temps efface rapidement le souvenir.

 

Homo ordinarius

Le chanoine Henri Carol est un prêtre, qui a mis au service de sa foi son grand art de musicien. Né en 1910 à Montpellier, il mourut victime d’un accident de la route en 1984. [ndlr : né le 18 janvier 1910 à Montpellier, décédé d'un tragique accident de la route à Montélimar, au soir du dimanche 23 septembre 1984]

Je ne veux pas faire ici un hommage convenu et béat envers l'homme et le musicien que j'ai connu et beaucoup admiré. Je souhaiterais simplement le faire découvrir à travers sa musique tout en ayant la bonne fortune de convaincre qu’il est un musicien hors du commun.

Son aura musicale s'étendait largement au-delà des limites de ses familiers. De nombreuses personnalités musicales de différents pays le connaissaient et l'appréciaient, notamment dans le monde des organistes et des compositeurs. C’était un « honnête homme » du XXème siècle doublé d’un musicien si extraordinaire qu’il est difficile de dire si son art relève simplement du talent ou confine au génie.

Prêtre, convaincu de sa foi et musicien passionné, il a tout naturellement trouvé la source de son inspiration religieuse dans les textes officiels de l’Eglise Catholique Romaine : le chant grégorien.

Mais cet artiste aux multiples facettes s'est intéressé à toutes les musiques. Il avait un attachement particulier pour les musiques du terroir dont la poésie le ravissait. Il a harmonisé de très nombreuses chansons populaires. La simplicité et l'élégance de l'habillage soulignaient magnifiquement la beauté du thème populaire.

Dans son œuvre d'orgue, il a souvent pris prétexte de chansons de Noël de pays pour écrire des séries de variations destinées à embellir cette fête.

Outre ses préoccupations religieuses et folkloriques, Henri Carol s'était parfaitement intégré aux courants musicaux de son temps. Il était très attaché à toutes les bonnes musiques qu'il pouvait entendre. Rien n'étant exclu, il portait de l'intérêt à la musique de jazz, à la musique de variétés. Il appréciait et jouait tous les grands musiciens classiques, il avait une prédilection toute particulière pour les musiciens du beau Midi ensoleillé. Il jouait à plaisir Albeniz, Chabrier et avait une vénération pour Déodat de Sévérac auquel il a rendu hommage dans une de ses pièces pour piano.

Cet état d’esprit est parfaitement traduit dans la préface des recueils intitulés Drôleries :

« Si pour être "un" il est fatal d'être ennuyeux, je préfère être deux, trois, dix ou vingt… avoir cent couleurs sur ma palette et broyer tous les tons... ! » écrivait Emmanuel Chabrier.

« C'est à sa mémoire que je dédie ces cahiers ». Signé : Henri Carol.

A cela, nous ajouterons qu’il était d’une curiosité musicale sans bornes. A l’instar d’Henri Expert dont il appréciait les travaux, il a noté ou restitué de nombreuses œuvres vocales de la Renaissance qui furent publiés dans les éditions « Pueri cantores » qui appartenaient alors à l’Association des « Petits chanteurs à la Croix de Bois ». Dans son même élan de soif de recherche, il parcourait les maisons d’édition afin de dénicher de nouvelles musiques d’orgue présentant un intérêt. À sa tribune, on pouvait entendre en primeur de nouvelles belles musiques que de nombreux organistes n’osaient pas jouer.

 

Cursus vitae

Henri Carol, vers 1947
À l'orgue, vers 1947
( coll. Guy Miaille ) DR

Henri Carol fait ses études générales et musicales à Montpellier (à l'Enclos Saint-François) où il a comme professeur d’orgue et d’harmonie Emmanuel Berle décédé en 1923, puis Edmond Salery, organiste à Notre-Dame-des-Tables à Montpellier et ancien élève de Louis Vierne. Quelques années après, il obtient un premier prix de piano au Conservatoire de Bordeaux en interprétant la deuxième Rhapsodie Hongroise de Franz Liszt.

Vient ensuite le temps de la prêtrise. Il est ordonné à la cathédrale de Montpellier en 1933. En 1936, il est nommé professeur de lettres au Petit séminaire Saint Roch de Montpellier, en même temps que maître de chapelle de la Cathédrale de Montpellier.

C’est là que je fais sa connaissance en 1944.

Il assure personnellement la formation musicale des jeunes choristes à raison d'une heure par semaine. Sa méthode est organisée et rigoureuse et les résultats sont rapidement au rendez-vous. Arrivés au deuxième trimestre de leur scolarité, les élèves de sixième sont en mesure de déchiffrer correctement une partition simple comportant une ou deux altérations à la clé. Cet apprentissage est renforcé par une répétition chorale quotidienne de 45 minutes environ, durant laquelle il fait travailler les différentes polyphonies nécessaires à l'accomplissement des offices courants.

Pendant le temps scolaire et suivant l'année liturgique, la chorale chante chaque dimanche une messe à quatre voix différente et il faut également assurer les chants de l'Office des Vêpres et de Complies. Les redites sont assez rares. En définitive, le chœur se doit de préparer environ 200 polyphonies par trimestre. À côté de cette activité, il y a également la préparation de concerts donnés à l'extérieur dont le programme comporte des pièces étudiées pendant le trimestre auxquelles s'ajoutent des chansons populaires harmonisées. Parfois aussi, la chorale sert d'appoint dans des grands concerts, comme c’est le cas au Théâtre de Montpellier pour une exécution du Roi David d'Arthur Honneger en 1945.

Cette extrême efficacité pédagogique est surprenante, même et surtout, pour les grands de la profession. Le Maître Marcel Dupré, lors d'un concert qu'il doit donner à Montpellier, est venu rendre visite à la chorale. Renseignements pris sur les performances, le grand musicien paraît sceptique. Cela se passe dans la salle de répétition et aussitôt les bibliothécaires ont ordre de déballer séance tenante un paquet arrivé par la poste le matin même. Il s'agit d'une messe modale à quatre voix de Marcel Péhu. Sitôt distribuées aux élèves, les partitions sont déchiffrées à vue immédiatement. Après 40 minutes de travail environ, l'exécution intégrale devient très présentable.

Cathédrale de Monaco (photo Michel Baron, 2002)
Monaco, cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée Conception, en 2002
( photo Michel Baron ) DR

Le Maître Marcel Dupré commentant cet événement, dit qu'il n'a jamais vu cela.

En 1946 le Père Carol est appelé à la fonction de maître de chapelle à la Cathédrale de Monaco où pendant 25 ans, il va élargir considérablement le répertoire et intensifier l’activité de ce chœur.

Pendant cette période, son activité personnelle s’est beaucoup accrue ; il a un poste d’organiste à Monaco et à Nice. Très souvent, notamment pendant les périodes de vacances, il donne de nombreux concerts d’orgue en France et en Europe. Sa réputation de virtuose et d’improvisateur s’agrandit rapidement. Il est connu et respecté de tous, même des plus grands.

Mais l’homme est discret et modeste, il ne recherche ni l’honneur ni la gloire et il ne se servira jamais de ses relations et de l’amitié qu’on peut lui porter pour obtenir quelque avantage que ce soit. Il ne s’est jamais pris au sérieux et c’est peut-être pour cette raison qu’il reste méconnu et que l’avenir pourrait bien vite l’oublier.

 

 

Le compositeur de musique sacrée

Il n’est point dans mes vues de me livrer ici à un exercice d’analyse musicale, à la mode, qui ne serait que stérilité et prétention. J’aimerais donner simplement quelques informations sur ces précieux petits objets d’art sonore, choisis ça et là, hors de toute considération magistrale.

- Salve Regina   Audio lecteur Windows Media [Écoute : "Trésors oubliés de la musique sacrée"]

Dans de la liturgie, le Salve Regina est chanté à l'Office de Complies.

Le Salve Regina d'Henri Carol à 4 voix mixtes, (le premier en date qu’il fit sur ce texte) est écrit sur l'antienne grégorienne traditionnelle du 5ème mode. Sa composition se situe vers 1940. La mélodie grégorienne est ici habillée en majesté dans une polyphonie contrapuntique où l'on rencontre d'ingénieuses harmonies. Le style d'écriture évoque bien la polyphonie Renaissance mais les couleurs du langage sont celles d'un musicien d'aujourd'hui. Cette alliance est un aspect important de l'esthétique du compositeur. Cette œuvre, très souvent chantée, provoque le ravissement des choristes et des auditeurs grâce à sa beauté et à sa poésie qui conduisent irrésistiblement à la prière dans la paix du soir.

 

- Justorum animae    Audio lecteur Windows Media [Écoute : "Trésors oubliés de la musique sacrée"]

La musique de ce motet pour deux voix de femmes ou enfants est écrite sur les paroles de l'Offertoire de la Messe des Martyrs.

Le rapport avec une mélodie grégorienne n'est pas ici très intime, l'auteur s'est plu à inventer lui même la musique qui porte ce texte. Toutefois, les mélismes utilisés s'apparentent très souvent aux chants traditionnels de l’Eglise grâce à la douceur de leurs contours. En revanche, dans la partie centrale, le compositeur s'est affranchi de sa sobriété modale pour s'engager dans des modulations et des chromatismes hardis et très particuliers qui sont des commentaires forts du texte littéraire

 

L'organiste - le professeur d'orgue

Pourvu d’une excellente technique d'exécution, Henri Carol pouvait faire les choix les plus variés dans tous les répertoires du piano ou de l'orgue. Chez lui, la technique ne tuait pas la musicalité. Au piano notamment, et quel que soit l'instrument, il offrait une sonorité de charme. La magie de son art était également omniprésente quand il jouait de l'orgue : il registrait avec adresse et ingéniosité.

Son évident talent lui a valu d'attirer de nombreuses candidatures d'élèves qui voulaient faire l'apprentissage de l'instrument. Dans ce domaine, il a initié de très nombreux jeunes gens qui se destinaient à la prêtrise. Cette activité professorale fut notoire à Montpellier et par la suite à Nice où il fut nommé professeur au Grand Séminaire en 1948. Dans cette fonction, il enseigna, entre autres, le chant grégorien qui était sa matière de prédilection. En 1967, sa carrière fut couronnée par sa nomination comme professeur d'orgue à l'Académie Rainier III de Monaco. En 1968 il succède à Emile Bourdon, décédé, au poste d’organiste de la cathédrale de Monaco.

Henri Carol, vers 1980
Vers 1980, au grand-orgue de la cathédrale de Monaco
( coll. Guy Miaille ) DR

 

Un maître de la registration à l'orgue

L'orgue, très présent dans l'église ou le temple est l'instrument incontournable du culte. Naturellement il a hautement intéressé le compositeur et le professeur d'orgue que fut Henri Carol, prêtre.

Si l'organiste doit posséder une technique de jeu impeccable afin de maîtriser les pages les plus ardues, il est également indispensable qu'il choisisse finement les sonorités que lui offre l'instrument pour mettre en valeur, au mieux, les musiques qu'il décidera d'interpréter. En la matière il n'y a pas de recette miracle car les instruments sont tous différents les uns des autres.

À l'usage de ses élèves et pour les « guider », Henri Carol a écrit très pragmatiquement un ouvrage intitulé La registration à l'orgue. Dans ce vade-mecum, très recherché par les organistes, il explique, d'une manière simple, la nature des différentes familles de sonorités et suggère comment les bien marier. Afin d'orienter utilement les choix à faire selon le contexte historique, il donne la composition de certains instruments particulièrement typiques que l'on trouve en Europe à différentes époques.

 

Quelques pensées de l'auteur qui traduisent sa philosophie en la matière :

« La registration à l'orgue est une science et un art. »

« Le goût ― qui suppose un choix ― ne s'impose pas. Il se forme. »

et, plus humoristiquement, parlant de l’organiste ...

« Maître des possibilités que lui offre la console et ― bien entendu ― maître de la technique et des styles d’interprétation indispensables à telle ou telle page (« faire des pieds et des mains » ne suffit plus, il faut aujourd'hui « jouer des coudes ! »), ainsi l’organiste peut redonner une « vie sonore » aux notes de la partition. Sa science de la registration devient alors un art. »

Jean-Paul Combet, élève d’Henri Carol, témoigne : « Homme de culture et d’ouverture il avait souhaité de faire de Monaco un centre musical où se rencontreraient tous les styles d’orgues. C’est ainsi que, grâce à la générosité des autorités de la Principauté auxquelles il faut rendre hommage, il fit construire à la cathédrale un grand orgue de style classique français et un orgue de chœur de style nordique, à Sainte-Dévote un orgue de style espagnol et à Saint-Charles (de Monte- Carlo) un orgue italien. »

Sur cet orgue italien, Henri Carol a enregistré un CD produit par la maison REM, référencé 311 117 et intitulé Anthologie de musique italienne. Cet enregistrement date du mois de novembre 1983.

Autre enregistrement, mais plus ancien, Henri Carol aux grandes orgues de la Cathédrale de Monaco jouant de la musique française sur un disque microsillon de 30 cm, produit par ERIMA et référencé 9112-17.

 

L’organiste compositeur

Henri Carol éprouvait toujours une grande joie de se retrouver devant les claviers d’un orgue. Là, il pouvait sans contrainte, éprouver des sonorités nouvelles et se livrer à un exercice qui lui plaisait beaucoup : l’improvisation. Dans cet art, il était excellent et suscitait l’admiration des plus grands spécialistes tels que Marcel Dupré ou Pierre Cochereau.

A titre de compositeur, il nous a laissé de nombreuses œuvres destinées à son instrument favori. Dans cette catégorie, nous découvrons plusieurs séries de « Noëls variés » destinés à embellir les veillées ou les offices de cette fête populaire. Dans tous les cas, le thème générateur est la mélodie d’un noël de pays.

C’est le cas des :

- Variations sur un vieux noël Montpelliérain.

- Cette suite de pièces possède le charme rare de la simplicité. Le thème est presque naïf, et il reste bien transparent dans les cinq variations qui se succèdent. Une fugue à quatre voix conclut ce délicieux moment où on peut imaginer que les anges du ciel sont venus nous parler de ces bergers du « clapas » (terre natale méditerranéenne) d’un autre âge, qui, eux aussi chantaient Noël avec autant d’allégresse. Ces délicieuses pages n’ont pas encore été enregistrées.

 

Le pianiste et compositeur

Le piano est un instrument qui était toujours à sa portée de main. C'est à lui qu'il faisait ses premières confidences quand il s'agissait d'élaborer une composition nouvelle. Il touchait admirablement cet instrument et, quelle que soit sa qualité, il arrivait à en obtenir des sons musicaux. Très curieusement, il savait faire de la bonne musique sur un mauvais piano. Bien qu'il n'eût jamais été tenté par les grandes formes, hors celle de la musique religieuse, il écrivit pour le piano des pièces brèves de grande qualité en principe destinées aux apprentis pianistes. En vérité, ces pièces, toujours d’actualité, font la joie de pianiste de 7 à 77 ans, apprentis ou non.

Publiés en quatre cahiers aux Éditions Delrieu sous les titres de Pastels (2 cahiers) et Drôleries (2 cahiers), ces recueils sont dédiés à la mémoire d'Emmanuel Chabrier. Ces légères « feuilles d'album » sont des badinages évocateurs et très souvent humoristiques. On y trouve des remarquables pastiches dans tous les genres : Chopin, Schumann, Scarlatti, le blues, la mélodie hollywoodienne,le menuet du XVIIIème siècle, etc ...

Dans ces pages on découvre quelques petits chefs - d’œuvre dont la simplicité n’a d’égale que la saveur tel : Au mas de Déodat de Séverac qui évoque une visite imaginaire à ce "petit" maître de province qu'il jouait et dont il savourait particulièrement la musique empreinte d'émotion et de poésie rustique.

Aussi bien Broadway Parade, pochade endiablée en hommage à la musique américaine des années 60 avec en exergue : Amicalement dédié à tous les membres de la « Galaxy Music Corporation » à l'adresse : 2121 Broadway -- New York.

 

Le compositeur de musique chorale religieuse

Nous souhaiterions revenir maintenant sur l’aspect essentiel de sa personnalité, c’est-à-dire le compositeur de musique chorale religieuse. Dans ce domaine, sa production est importante ; outre les 17 messes, il a écrit de très nombreux chœurs en latin ou en français pour l’usage des différents offices.

La liturgie utilise souvent des formes musicales assez développées que le compositeur a abordé avec bonheur. On peut citer en exemple de cas typique :

- Stabat Mater    Audio lecteur Windows Media [Écoute : "Trésors oubliés de la musique sacrée"]

Le texte du Stabat Mater a intéressé les compositeurs les plus illustres. Cette hymne de la « Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie » fut prétexte à des œuvres musicales davantage appréciées au concert qu’à l'église.

La forme adoptée par Henri Carol pour traiter ce texte n'est pas celle des concerts religieux classiques.

S'inspirant de Monseigneur Perruchot, maître de chapelle à la cathédrale de Monaco, disparu en 1930, Henri Carol reprend à son compte le style « alterné », c'est-à-dire que les différentes strophes se succèdent alternativement, la première étant chantée en simple mélodie grégorienne alors que la suivante reprend le même thème qui est traité en polyphonie. Cette alternance en binôme dure jusqu’à l'accomplissement entier de l'œuvre.

Le style « alterné » a été maintes fois utilisé par Henri Carol, notamment dans six messes structurées sur les thèmes grégoriens de l'Édition Vaticane de 1937. Cette architecture musicale présentait l'avantage de garder en son sein et en permanence l'objet musical grégorien générateur de prière par excellence et non entaché de considération profane.

Par piété et pragmatisme religieux, Henri Carol restitue à l'office cette hymne du Stabat Mater  qu'il replace dans le cadre originel de l'office du carême. L'oeuvre est simplement inspirée par la mélodie grégorienne qui est omniprésente jusqu’à l’obsession.

Le Stabat Mater d'Henri Carol est un chef-d'œuvre du genre.

Les 20 strophes de l'œuvre alternent inlassablement par paires : une polyphonie suivie du simple chant grégorien. La mélodie, qui est d’une très grande beauté, s'insère discrètement et en permanence dans les passages polyphoniques. Au bout du compte, la magie opère et la musique nous conduit inévitablement à partager la douleur infinie de la mère qui pleure son fils. Et là, la compassion devient prière.

 

- Messe de la Résurrection

Henri Carol est l'auteur de 17 messes dont 6 en français composées après le concile de Vatican II.

La Messe de la Résurrection  est en latin et ne comporte pas de Credo. Dans cette œuvre, cuivres et timbales s'ajoutent à l'orgue et au choeur pour mettre en relief la solennité de la fête de Pâques. D'une facture savante et raffinée, cette messe illustre bien la manière d'Henri Carol. L'inspiration mélodique est puisée à la source même du fonds grégorien de la liturgie de Pâques.

Trois thèmes : O Filii, Victimae Paschali laudes et Haec dies, énoncés plus ou moins fragmentairement, constituent la trame fondamentale de cette Messe de Pâques. L'équilibre structurel, le contrepoint subtil, jalonné çà et là d'harmonies apaisantes, installent une ambiance quasi mystique permettant aux fidèles de s'associer spirituellement à cette prière grandiose.

 

En conclusion

Arrivés à ce point, il est intéressant de se faire une idée de la dimension de cet artiste et de se poser la question de savoir s’il ne serait pas opportun de réserver à son œuvre une place dans l’histoire de l’art musical.

De 1930 à 1984, ils sont nombreux les musiciens qui se sont attachés à fournir un répertoire à la musique d’église. En majeure partie leur production est de bonne et même souvent de très bonne qualité.

Parmi eux, Henri Carol occupe cependant une place à part. Pourquoi ?

C’est, pour ainsi dire, un « professionnel » de la religion parce que « prêtre ». A ce titre là il est au cœur de l’action. Musicien de qualité, il a parfaitement assimilé toutes les finesses et tous les soubresauts spirituels du grand trésor musical de l’église qu’est le « fonds grégorien ». Il connaît la puissance de ces mélodies magiques qui portent à la prière, presque malgré soi, et il les utilise sans hésiter pour en faire le souffle premier de ses compositions. C’est un « secret de fabrication ».

Mais il n’y a pas que cela ; ce prêtre musicien a une foi profonde chevillée au corps et c’est certainement aussi pour cette raison que sa musique possède cet important pouvoir mystique.

Ses contemporains possédaient pour la majeure partie d’entre eux une solide technique d’écriture, mais, malheureusement très souvent marquée par le stéréotype du « conservatoire ». En ce qui concerne la forme ils s’en sont tenus à suivre les modèles traditionnels sans grand souci d’invention.

Henri Carol va beaucoup plus loin. Il a une grande virtuosité contrapuntique et jalonne le parcours de sa musique d’harmonies inattendues, colorées, parfois surprenantes, qui confèrent à sa musique une marque personnelle qui flatte l’oreille et satisfait l’esprit ou élève l’âme. La technique de l’« alterné » qu’il emploie souvent, notamment dans ses messes, est tout à fait originale et paraît avoir été inventée « sur mesure » pour donner une « vigueur ajoutée » à l’émotion de la prière.

En toutes circonstances, sa musique reste proche de nous parce qu’elle est simple et qu’elle fait appel à des sources dont la valeur est éprouvée et incontestable. Tout le monde se retrouve quand il s’agit de prier autour d’une mélodie grégorienne ou de savourer le naturel et la poésie d’une ancienne chanson populaire.

Sa musique, c’est le naturel sans fard, sa technique, c’est du « cousu main », la structure qu’il élabore est un modèle d’équilibre qui satisfait pleinement notre sens musical. Grâce à toutes ces qualités, de nombreuses pièces du compositeur apparaissent comme autant de petits « chefs-d’œuvre ».

En cela Henri Carol est unique.

Mon vœu le plus cher serait que l’on puisse sauver son œuvre de l’oubli. Elle appartient à tous et devrait naturellement s’intégrer à ce bien commun que nous appelons aujourd’hui, très civilement : le patrimoine. Je gage, qu’à l’avenir, beaucoup parmi nos enfants, seront heureux d’aimer cette musique bienfaitrice.

Enfin, je vous confierai qu’il m’a été très agréable d’évoquer ces souvenirs.

Guy MIAILLE
(2009)

A savoir :

Mademoiselle Olga Bluteau, docteur en musicologie, a réalisé la première étude importante sur Henri Carol. Sa remarquable et talentueuse analyse a été publiée dans « ITINERAIRES DU CANTUS FIRMUS » volume 8 (Etudes réunies et présentées par Edith Weber, Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne) aux éditions Presses de l’Université Paris Sorbonne. Elle a également dressé , le 25/02/1999, un catalogue non exhaustif des œuvres d’Henri CAROL.


CD Trésors oubliés - Henri Carol, Edmond Dierickx, Déodat de Sé.verac Trésors oubliés de la musique sacrée
Les Escholiers de Sainte Geneviève et l'Ensemble vocal de Beauce
Direction : Guy Miaille
Pascale Gillardeau et Guy Miaille : orgue d'accompagnement

Anonyme anglais du XIVe s. : Mater Christi nobilis, Mutato modo geniture, Salve Virgo singularis
G.P. de Palestrina : Jesu rex admirabilis
Gregor Aichinger : Regina coeli
Lodivico da Viadana : Exultate justi
Déodat de Séverac : O Sacrum convivium
Guy Miaille : Domine non sum dignus, O Salutaris hostia
Henri Carol : Audio lecteur Windows Media Salve regina, Juravit dominus, Audio lecteur Windows Media Justorum animae, Languentibus, O Salutaris, Tota pulchra est, Tantum ergo, Laudate dominum, Audio lecteur Windows Media Stabat Mater
Edmond Dierickx : Kyrie, Gloria, Sanctus, Benedictus, Agnus dei

Enregistrement réalisé en l'église de Gommerville (Essonne) en 2002
CD ESG 0303
Renseignement et commande : gmiv.esg@wanadoo.fr


HENRI CAROL au fil des jours :
Un chef de chœur pas comme les autres

 

En 1944 il fut décidé que j’irai étudier à Saint Roch, petit séminaire situé à Celleneuve près de Montpellier. Le jour de la rentrée, accompagné par ma mère, je fus présenté aux différents professeurs dont Henri Carol. La perspective de cette rencontre nous impressionnait un peu car, déjà, il avait une aura de musicien d’excellence dans les milieux montpelliérains.

Le moment venu, nos craintes furent vite dissipées car il nous accueillit avec un sourire sympathique et en grande simplicité. Les propos échangés allèrent tout de suite à l’essentiel, son regard bleu et vif témoignait de l’attention qu’il portait à ce qui se disait. Ce fut un moment exceptionnellement agréable tant les échanges avaient été naturels et courtois.

En ce qui me concernait, cela était de bon augure. Je savais désormais que ma passion musicale allait pouvoir s’épanouir au contact de ce prêtre que je pressentais être un artiste de haut rang. Effectivement, plus tard, au cours de mes études, je devais rencontrer de nombreux musiciens, dont des maîtres confirmés, honorés de brillants ou même très brillants diplômes.

Aucun parmi eux, loin s’en faut, ne possédait la passion, l’énergie, ni l’infaillible faculté de discernement que le père Carol avait pour la musique. Il était incomparable.

Henri Carol, maîtrise de Monaco, années 1950
Dirigeant un groupe d'enfants de la Maîtrise de la cathédrale de Monaco, années 1950
( coll. Guy Miaille ) DR

A Saint Roch, l’activité musicale, bien que n’interférant pas sur les autres disciplines, était prise au sérieux. Grâce à l’abbé Carol, le Séminaire avait été sensibilisé à cette idée de bon sens que  la musique était un élément incontournable à la valorisation de la prière ; on disait alors :  « Chanter c’est prier deux fois ». Preuve en était, qu’aux grandes fêtes de l’année liturgique, l’immense cathédrale Saint Pierre de Montpellier débordait de monde, tant les chrétiens de l’époque savaient par expérience que les belles musiques chantées par les chœurs du Petit Séminaire et du Grand séminaire réunis, dirigés par l’abbé Carol, était un grand moment de prière fervente en même temps qu’une grande joie inhérente à la majesté du cadre et à la splendeurs des sons.

Le quotidien du travail choral à Saint Roch nous paraissait tout à fait naturel. Les répétitions semblaient toujours trop courtes ; c’était un moment de plaisir, savouré par une grande majorité des participants. Certains élèves pouvaient exceptionnellement être « privés de répétition » ; cette sanction, qui était grandement frustrante était très mal ressentie.

La conduite d’une répétition par l’abbé Carol était en soi un parcours où l’attention était sollicitée en permanence.

Sitôt rentré dans le local, le silence s’installait spontanément, les bibliothécaires distribuaient les partitions pendant que l’harmonium invitait déjà aux premières vocalises. En l’espèce, le « grand Rossini », un peu arrangé : à 2 voix, avec une légère modification de la mélodie qui, ainsi aménagée, rendait plus efficace l’apprentissage difficile du demi-ton. D’emblée nous étions dans l’action et la machine ne s’arrêtait qu’à la fin de l’exercice. Notre maître était du genre pragmatique, pas d’explication superflue : « res, non verba ».

Après les quelques minutes de mise en condition vocale, nous abordions l’étude du répertoire.

Pour ce faire, nous devions nous efforcer de déchiffrer d’emblée, polyphoniquement en l’état, les textes musicaux des nouvelles œuvres du programme. Après quelques redites, la musique nous devenait familière et le résultat prenait rapidement une tournure relativement satisfaisante. Alors commençait le peaufinage de l’œuvre.

Cette remarquable pédagogie du chant choral, unique en son genre, était nécessaire à la mise en place des nombreux services religieux auquel l’institution du Séminaire s’était engagée.

Outre les grandes prestations solennelles qui avaient lieu à la cathédrale de Montpellier aux grandes fêtes de l’année, la chorale assurait sur place, au Séminaire Saint Roch de Celleneuve, les chants de la liturgie courante soit, en période scolaire, une messe à 4 voix (différente) tous les dimanches à laquelle s’ajoutait les offices de Vêpres et de Complies. Ces obligations religieuses représentaient à elles seules la mise en place d’environ 120 polyphonies chaque trimestre. Il faut ajouter à ce fonds un répertoire de nombreuses polyphonies de la Renaissance ainsi que des savoureuses harmonisations de chants populaires que la chorale chantait dans des concerts « hors office »

L’ingéniosité musicale d’Henri Carol se manifestait dans tous les domaines. En tant que chef de chœur, sa réussite, particulièrement étonnante, s’appuyait sur des observations de bon sens :

  • L’intellect, tout neuf, des jeunes gens, est capable de performances insoupçonnées en matière de mémoire, de réflexion, de sensibilité et d’énergie créatrice.

  • Dans un groupe choral il y a des meilleurs et des moins bons. Naturellement les meilleurs dominent et, inévitablement, par un mimétisme naturel, les moins bons progressent très vite en virtuosité et en qualité vocale. Grâce à ce phénomène et surtout quand les « locomotives » ont de jolies voix, le groupe peut rapidement s’homogénéiser et progresser vers l’excellence.

  • La musique se passe volontiers de mots et de commentaire inutiles, elle a en elle-même les vertus qui inspirent ceux qui la pratiquent.

 

Ce faisant, au fil des jours, la belle musique devenait familière, naturelle et même indispensable. Comme il se doit, l’exercice choral comportait des moments ingrats. Pour surmonter les difficultés il était nécessaire de faire preuve de patience et d’efforts ;  la justesse notamment, était parfois délicate à régler, et, dans les cas les plus rebelles, s’il s’agissait d’une œuvre « a capella », la pièce était haussée d’un demi-ton.

Henri Carol, Maîtrise de Monaco, 1959
Henri Carol et la Maîtrise de la cathédrale de Monaco, 1959
( coll. Guy Miaille ) DR

En fin de compte, nous étions tous, fiers et heureux de ce travail constructif.

Point de volontariat, une très grande majorité d’élèves du Séminaire étaient désignés pour participer à l’activité chorale. Selon le cas, l’enthousiasme des nouveaux venus était mitigé, mais comme les décisions étaient sans appel il fallait bien s’adapter. Et, miracle, à la fin de l’année scolaire, tous, même ceux qui étaient hostiles ou indifférents au départ étaient gagnés à la cause. Par la suite, quand il m’a été donné de revoir mes condisciples, nous parlions avec émotion de l’expérience musicale de notre jeunesse sous la houlette du père Carol.

Jadis et encore plus aujourd’hui, cette singulière histoire de la chorale de Saint Roch laisse sceptique. Sans moyens extraordinaires, cette merveilleuse machine à musique fonctionnait correctement dans le cadre de la vie quotidienne d’un collège ordinaire. Difficile à croire ?

Le secret de cette réussite comportait deux éléments, la personnalité du père Carol, qui était une véritable « force de la nature », et la perspicacité de sa hiérarchie qui avait immédiatement pris conscience des avantages qu’un tel « outil » pouvait apporter pour faire connaître l’institution des Séminaires en général et, surtout, pour rehausser la ferveur et l’éclat des grands offices liturgiques.

Henri Carol avait fait d’excellentes études musicales au Conservatoire mais, il savait que la consécration des diplômes était simplement une étape et que le perfectionnement dans l’art de la musique était l’affaire de toute une vie. Perpétuellement et avec frénésie, il était à la recherche de nouveaux savoirs. Il dénichait toujours de nouvelles musiques qu’il déchiffrait sans grand effort et qu’il analysait instantanément. A ce rythme, il acquit très vite une culture et une science musicale phénoménale. Dans le sillage de Charles Bordes et d’Henri Expert, il a exhumé et annoté des polyphonies de la Renaissance qu’il a mises à la disposition du public et notamment des chefs de chœur, par la voie des éditions « Pueri cantores ».

Prêtre et maître de chœur, il était tout naturellement enclin à écrire pour le culte. En la matière sa production a été très importante et, invariablement de grande qualité.

Pour éclairer l’Histoire, il faut savoir que les compositeurs de musique religieuse se classent en deux catégories :

- ceux qui, en dehors de quelques exceptions, sont notoirement connus et reconnus comme « grands » : Mozart, Liszt ou Fauré, par exemple, et dont la création sacrée, surtout destinée aux salles de concert, demeure une exception de parcours.

- dans un autre sillage, on peut classer des compositeurs, et parmi eux, de nombreux ecclésiastiques, qui très spécifiquement, ont pour objectif premier de créer pour le culte, une musique que l’on pourrait presque qualifier de fonctionnelle tant son but paraît être de faire prier «in situ».

Cela ne veut pas dire qu’il y a, d’un coté les génies et de l’autre les simples talentueux car dans tous les camps il y a le meilleur et le pire.

Le chant grégorien tout aussi bien que le Requiem de Gabriel Fauré, la messe Pour chanter Notre Dame de Dierickx ou le Salve Regina d’Henri Carol donnent, à valeur égale, une formidable intensité à la profondeur de la prière.

Ces compositeurs dits « d’église » travaillent dans la discrétion, en dehors du circuit des grands médias ; pour cette raison, on les connaît peu. Et pourtant, leur importance est grande, car ils se sont entièrement consacrés au service de la spiritualité, élément fondamental de nos communautés religieuses.

Dans cette lignée, on peut citer beaucoup de musiciens de valeur qui, bien qu’oubliés, eurent beaucoup d’importance, par exemple : Henri Nibelle, Joseph Noyon, Marcel Péhu, Edmond Dierickx ou Monseigneur Perruchot, prédécesseur d’Henri Carol à la maîtrise de Monaco. Tous, sont en marche vers l’oubli sans avoir mérité ce sort ; leurs œuvres, entièrement vouées à l’intériorité et exemptes de clinquant inutile sont profondément adaptées à la prière, leur écriture est quasiment parfaite et leur facture est du niveau d’un Gounod ou d’un Saint-Saëns.

Mais voilà ! ces artistes d’une authenticité évidente ne sont plus à la mode. La foi et la piété doivent-elles être subordonnées aux aberrantes variations des goûts qui changent ?

Si l’on veut établir le panorama de la musique d’église au XXème siècle européen, on voit que le courant italien domine jusqu’en 1956, au moment de la disparition de Monseigneur Lorenzo Perosi, ami du cardinal Sarto (qui, par la suite deviendra Saint Pie X). Ce maître, qui termina sa carrière comme chef des chœurs à la chapelle Sixtine, écrivit de nombreuses et belles compositions religieuses, où la tradition palestrinienne apparaît en sous-jacence.

En France, c’est surtout dans la deuxième moitié du siècle que la musique religieuse connut une floraison tout à fait extraordinaire, grâce à des musiciens valeureux mais obscurs, tels que ceux cités précédemment.

Parmi eux, le chanoine Henri Carol apparaît comme une figure de proue en raison de sa fécondité, tant dans le domaine vocal que dans ses compositions organistiques, mais aussi et surtout, grâce à la qualité de son style d’un ton nouveau qui magnifie le genre.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde très différent et cette belle histoire que le père Carol a écrite dans le temps nous paraît surréaliste. En ce début de XXIème siècle, nous nous sentons sur une pente descendante de mauvais augure qui affecte bien des domaines et qui crée de légitimes inquiétudes. Abandonner la pratique ancestrale du latin a eu la funeste conséquence d’anéantir l’incomparable patrimoine musical de l’Eglise, ce bien précieux et vital que le génie chrétien avait pieusement et patiemment édifié depuis plus d’un millénaire.

Triste histoire !

Le chanoine Henri Carol, qui était : « doux et humble de cœur » ne s’est jamais prononcé. Toutefois, il est permis d’imaginer que dans ses prières il ait pu dire : « Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Mais ces paroles là, il ne les a jamais mises en musique : charité oblige.

Trouverons-nous une solution pour revenir à la sagesse?

Peut être pourrions-nous réfléchir intensément sur notre passé et nous persuader que nos prédécesseurs étaient de beaux et bons modèles, plutôt que d’affreux « ringards ».

Guy MIAILLE

 

La Maîtrise de la cathédrale de Monaco au complet, 1959
La Maîtrise de la cathédrale de Monaco au complet, 1959
( coll. Guy Miaille ) DR



Inauguration d'une sculpture

Le dimanche 26 septembre 2010, en la cathédrale de Monaco, a été inauguré par Monseigneur Bernard Barsi, archevêque de Monaco, un buste en bronze d'Henri Carol, dû au sculpteur Hollandais installé en principauté de Monaco Kees Verkade (photos Guy Miaille) DR.

Henri Carol, buste par Kees VerkadeHenri Carol, buste par Kees VerkadeHenri Carol, buste par Kees Verkade




Dimanche 21 Novembre 2010
CANNES : EGLISE NOTRE-DAME DE BON VOYAGE
Face Palais des Festivals

CLOTURE DE L’ANNEE INAUGURALE DES GRANDES ORGUES

10 heures : GRAND-MESSE

Union Chorale de Cannes
et choristes issus des chorales liturgiques du département.
Direction : Stéphan Nicolay
Orgue de choeur : Catherine Hyvert, organiste de la cathédrale de Nice
Grand-orgue : Gabriel Marghieri,
organiste de la Basilique du Sacré-Cœur, à Paris

Programme : MUSIQUE LITURGIQUE D’HENRI CAROL

Chant d’Entrée : En chœur, célébrez l’Eternel, chantez sa gloire avec les Anges ! Exaltez-le dans vos louanges !
Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus : Messe de tous les Saints
Psaume : Terre entière, acclame Dieu, Alleluia
Alleluia : Mawby
Credo grégorien III
Prière Universelle : Seigneur, nous te prions !
Offertoire: Psaume 116
Notre Père : Duruflé
Action de Grâces : Nous chanterons pour toi Seigneur ! Tu nous a fait revivre
Fin : Jerusalem, acclame (Noyon)
Postlude : Orgue

16 heures : CONCERT

EVOCATION HENRI CAROL (1910-1984)
Compositeur, Maître de Chapelle et organiste de la Cathédrale de Monaco
« Ensemble Vocal La Sestina »
Direction : Stéphan Nicolay
Orgue : Gabriel Marghieri, Henri Pourtau
Piano : Catherine Hyvert
PROGRAMME

Henri Carol
Marche Solennelle
écrite en 1960, à l’occasion du Centenaire du rattachement de Nice à la France
*
Maurice Duruflé (1902-1986)
Introït et Kyrie du Requiem
*
Nicolas de Grigny (1672-1703)
Ave Maris Stella
Ouverture - Fugue à 4 – Duo - Dialogue sur les grands jeux
versets grégoriens en alternance
*
Edouard Grieg (1843-1907)
Ave Maris stella
*
Charles Hubert Parry (1848-1918)
Hymn O Love Of God, How Strong And True
*
Henri Carol : extraits de « Drôleries » et « Pastels »
Piano : Catherine Hyvert
Ronde paysanne - Fleurs fanées - Maman chéries - Au mas de Deodat de Severac - Broadway parade - Boîte a musique – Mélancolie - Rigaudon
*
Henri Carol
3 pièces d’orgue
Introduction et Rondo (dédié à l’interprète)
Cloîtres
Variation sur un Noël Provençal
*
Jacques Ibert
(1890-1962)
Choral « Justorum animae in manu Dei sunt »

*
Petite Suite sur des Noëls populaires
Orgue :
Thibaud Van Gorp (Cortège des Bergers)
Magdalène Duvillard (Berceuse de l’Enfant Jésus)
Alban Bettachioli, (L’Adoration des Mages)
Stéphane Domergue (Carillons)

*
TE LUCIS ANTE TERMINUM
Hymne grégorienne

Jehan Alain (1911-1940)
Postlude pour l’Office des complies (GM)

Henry Balfour Gardiner (1877-1950)
Evening Hymn

Gabriel Marghieri (né en 1964)
Improvisation sur le nom de C.A.R.O.L




Livre: Hommage à Henri Carol
Hommage au chanoine Henri Carol

ouvrage publié à l'occasion du centenaire de sa naissance
par l'Association des Amis d'Henri Carol
2010, 148 pages de témoignages et souvenirs


Association des Amis d'Henri Carol,
M. Édouard Doria
21 rue Princesse Caroline, 98000 Monaco
ou
Sonothèque municipale José Notari
19 boulevard Princesse Charlotte, 98000 Monaco
00 377 93 30 64 48

 


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