Fernand HALPHEN (1872-1917)
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Grand Prix de Rome 1896 (après Jules Mouquet et Richard d'Ivry), auteur notamment de l'opéra Le Cor Fleuri, monté en mai 1904 à l'Opéra-Comique par Albert Carré. ( Photo Cl. Otto, 1904 ) |
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Charles Joly, dans la revue Musica de juin 1905 soulignait la parfaite tenue, la discrétion dans les moyens d’expression et l’indiscutable musicalité contenant plus que des promesses de l’opéra en un acte Le Cor Fleuri de Fernand Halphen, joué pour la première fois au théâtre national de l’Opéra-Comique le 10 mai 1904 (féerie lyrique, sur un livret de E. Mikhael et H. Ferdinand Hérold). C’est Albert Carré, alors directeur de cet établissement, qui avait eu l’excellente idée de monter au cours de ce mois de mai et Le Jongleur de Notre-Dame de Massenet, et Iphigénie en Tauride de Gluck, et cette œuvre d’Halphen.
Né à Paris, le 18 février 1872, Fernand Halphen, fils de Georges, négociant en diamants et d’Henriette Antonia Stern1, a tout d’abord travaillé sous la direction de Gabriel Fauré dès l’âge de 10 ans, avant de rentrer quelques années plus tard au Conservatoire national supérieur de musique des Paris. Là, il recueillit le précieux enseignement que prodiguait alors Ernest Guiraud dans sa classe de composition. Ancien Premier Grand Prix de Rome en 1859, celui-ci avait succédé à Victor Massé au Conservatoire et était entré à l’Institut en 1891, c’était un maître de grande valeur qui forma également Dukas, Debussy, Gedalge et Satie. Après le décès de son professeur, survenu en mai 1892, Halphen fréquenta alors la classe de Massenet, lui aussi ancien Premier Grand Prix de Rome en 1863 et membre de l’Institut. Dans cette même classe se côtoyaient à cette époque de futurs grands musiciens : Henri Rabaud (Prix de Rome 1894), Florent Schmitt (Prix de Rome en 1900), Charles Koechlin et Reynaldo Hahn ! Premier prix de fugue en 1895, il obtenait l’année suivante le deuxième second Grand Prix de Rome avec sa cantate Mélusine, derrière Jules Mouquet et Richard d’Ivry.
Fernand Halphen en 1896, lors de son Prix de Rome
( photo Benque, Paris, coll. Georges Halphen )Fernand Halphen est connu principalement comme compositeur, même si ses œuvres n’ont pas toujours obtenu le succès auquel elles pouvaient légitimement prétendre, du moins dans la durée. Parmi son catalogue, on relève une Symphonie en 4 parties, qui fut exécutée à Paris et à Monte-Carlo, une Suite d’orchestre, une pantomime : Hagoseida, un ballet : Le Réveil du faune, ainsi que plusieurs autres pièces symphoniques et de nombreuses mélodies. Il s’est également intéressé à la musique de chambre avec notamment une Sonate pour violon et piano et a aussi composé quelques pages pour l’orgue.
Fernand Halphen
( Stern, d'aprés une photographie, BNF Richelieu )Marié à Alice Koenigswarter (1873-1963), celle-ci, après la mort de son mari, s’est attachée à perpétuer son souvenir en créant la Fondation Halphen destinée à aider les élèves de composition musicale du Conservatoire de musique en faisant exécuter leurs œuvres. Elle constitua également une magnifique collection de peintures avec des toiles de Monet, Pissaro et du Douanier Rousseau. C’est elle qui réussit à récupérer le portrait de Fernand Halphen que Renoir avait peint en 1880. Son fils, Georges, l’a offert en 1995 au Musée d’Orsay.
Portrait de Fernand Halphen enfant peint par Auguste Renoir, 1880. Huile sur toile 46cm x 38 cm. Paris, Musée d'Orsay.
( Avec l'aimable autorisation de M. Georges Halphen, fils du compositeur et donateur du tableau au Musée d'Orsay. )
Fernand Halphen dirigeant une musique militaire pendant la guerre de 1914-1918.
( BNF Richelieu )
Le château de la Chapelle-en-Serval (Oise), construit en 1909 par Fernand Halphen
( coll. Georges Halphen )
Capitaine au 13e régiment d’Infanterie territoriale durant la première guerre mondiale, " mort pour la France " le 16 mai 1917, Fernand Halphen a également fait construire en 1909 par l’architecte Guillaume Tronchet2 un magnifique pavillon de chasse, dans le style du XVIII° siècle, situé en pleine forêt de Chantilly à la Chapelle-en-Serval. Ce château, récemment rebaptisé " de Mont Royal ", est actuellement la propriété d’une chaîne d’hôtels de luxe.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
1) Elle était sœur des frères Stern, banquiers. Morte en 1905, son testament nous apprend qu'elle détenait notamment, parmi de nombreux objets d'art dont elle aimait s'entourer, des toiles d'Oudry, Bonnat et Carolus-Duran, ainsi qu'un buste de Pigalle.
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2) Fernand Halphen avait tout d'abord consulté Sargent (responsable du Trianon Palace à Versailles) mais ses plans n'avaient pas été retenus. C'est par l'intermédiaire de la danseuse de l'Opéra, Melle Zambelli, qu'il fit la connaissance de Tronchet.
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