VINCENT D'INDY
(1851 - 1931)

Vincent d'Indy
( Photo Ribaud )

Nous célébrons cette année le 150e anniversaire de la naissance de Vincent d’Indy, considéré comme l’un des compositeurs les plus importants de l’école française entre 1890 et 1930. Ancien élève de César Franck, auquel il vouait un véritable culte, il lui succéda en novembre 1890 à la direction de la Société Nationale, qui, rappelons-le, avait été fondée le 17 novembre 1871 par Romain Bussine et Camille Saint-Saëns afin de mieux diffuser la musique française. Si Vincent d’Indy est un compositeur fécond, c’est cependant par son enseignement exceptionnel qu’il eut une réelle influence sur les compositeurs du début du XXe siècle. Parmi ses nombreux élèves qui bénéficièrent de ses cours de composition à la Schola cantorum à partir de 1896, et de direction d’orchestre au Conservatoire national supérieur de musique, où il avait succédé à Paul Dukas en 1912, citons Joseph Canteloube, René de Castera, Albert Roussel, Marcel Labey, Guy de Lioncourt, Erik Satie, Déodat de Séverac, Isaac Albeniz, Joaquin Nin, Carlo Boller, Henri Gagnebin Arthur Honegger, Darius Milhaud, Arthur Hoérée... Plutôt que de présenter une nouvelle notice biographique, alors que d’excellents ouvrages en ce sens ont déjà été écrits notamment par O. Séré (1911), L. Vallas (1946), G. Samazeuilh (1947) et J. Canteloube (1951), nous préférons laisser la parole à Guy de Lioncourt. Successeur de d’Indy à son cours de composition de la Schola, il s’est attaché toute sa vie durant à défendre et à mieux faire connaître l’œuvre de son maître. Personne mieux que lui peut nous présenter en quelques lignes ce disciple de Franck, qui, comme le soulignait si justement Jules Combarieu1, avait " la foi, le désintéressement, la préoccupation de penser et de s’exprimer en musique, le dédain sincère de l’applaudissement et même - il convient de compléter le portrait - l’indifférence pour la critique... "

D.H.M.

 

Il y a cent ans naissait2 (27 mars 1851), il y a vingt ans mourait3 l'un des musiciens qui ont eu la plus forte influence sur l'art de leur époque, Vincent d'Indy. Le monde musical tout entier se dispose à commémorer dignement ce centenaire. L'Opéra, toutes les grandes Association symphoniques, la Radiodiffusion, la Société Nationale, l'École César Franck, les Sociétés de musique de chambre, sont prêts à de grands efforts. La province et l'étranger font de même. On peut s'attendre à ce que, dans le cours de cette année, les œuvres du maître soient vraiment entendues. Ce n'est que justice ; car, sauf la Cévenole et deux ou trois autres, on les laissait dormir dans un étrange silence, et on leur devait bien cette réparation. Il faut espérer qu'après avoir en 1951 repris leur place sur les programmes, elles ne se laisseront plus oublier !

Issu d'une vieille famille ardéchoise4, dans laquelle de père en fils tous embrassaient la carrière des armes5, élevé dans une discipline très stricte, d'Indy avait un caractère fortement trempé : volonté, énergie, persévérance, méthode, fierté, tels étaient les aspects qui frappaient tout d'abord en lui. Cet homme à l'apparence altière aurait pu sembler fort intimidant, si ses manières n'eussent été d'une parfaite simplicité, et si une bonté évidente n'eût rayonné de ses yeux pénétrants. Il donnait confiance ; il était une force. Et cette force provenait d'une foi. Car d'Indy était avant tout un croyant6. Foi religieuse indéfectible d'abord ; pour s'en convaincre, il n'est besoin que de lire la dernière phrase de son testament artistique : " Et je m'en irai tranquille, avec l'espérance que Dieu voudra bien accueillir en son saint Paradis un pauvre pécheur, qui toute sa vie a eu pleine foi en lui ". On conçoit qu'une telle foi ait pu transporter des montagnes : de fait, d'Indy a toute sa vie transporté des montagnes. C'est une foi égale qu'il montrait dans le domaine de l'art. La musique, en effet, faisait partie de sa religion ; au point que, dans la préface de son Cours de Composition7, il recommande aux élèves de pratiquer les trois vertus théologales. Et parmi celles-ci, conformément au précepte tiré d'une antienne du Jeudi Saint, il proclame la prééminence de la Charité. Pour lui, la musique n'est pas une opération quelconque de l'esprit : c'est une œuvre d'amour.

"Autour du piano", tableau de Henri Latour, 1885 : Emmanuel Chabrier au piano, et de gauche à droite : Adolphe Jullien, critique d'art ; Boisseau, violoniste à l'Opéra ; Camille Benoit, historien d'Art ; Edmond Maitre, érudit musicien ; Lascoux, magistrat mélomane ; Vincent d'Indy, et A. Bigeon, romancier critique d'Art.
( Coll. Musée d'Orsay )

Comme chez la plupart des compositeurs dont la carrière fut longue, et dont le génie a su s'élever à une hauteur suffisante, il est loisible de discerner chez Vincent d'Indy trois "manières" différentes. La première est celle de la jeunesse, avec toute sa verve, son ardeur, son enthousiasme. Son talent était déjà complet - Wallenstein et le Chant de la Cloche en témoignent - mais le style ne s'était pas encore dégagé entièrement des influences subies, des admirations ressenties, en particulier pour son maître César Franck et pour Richard Wagner.

La seconde manière, qui coïncide avec l'affirmation définitive de la personnalité, a été déterminée, dans le cas qui nous occupe, par un retour aux " sources " : le chant grégorien et la chanson populaire ; ainsi que par l'amour du terroir, générateur de poésie vraie. C'est une réaction dans le sens de l'esprit, de la tradition nationale. Et ce sont successivement la célèbre Symphonie Cévenole, le premier Trio, les deux premiers Quatuors, Fervaal, Istar, L'étranger, la Symphonie en si bémol, les Sonates en ut et en mi, le Jour d'été à la Montagne, les Souvenirs, magnifique série d'œuvres dramatiques, symphoniques, descriptives, aboutissant à ce monument capital : la Légende de Saint Christophe, qui tient de tous les genres à la fois, scellés en une formidable unité par une main sûre d'elle-même, un esprit qui savait ce qu'il voulait, et un cœur tout vibrant de foi agissante.


Vincent d'Indy : FervaalVincent d'Indy : Fervaal
Vincent d'Indy, Chant de Guilhen extrait de Fervaal (prologue), "morceau pour voix de mezzo-soprano
(créatrice : Mme Jeanne Raunay), extrait de l' "action musicale" de M. Vincent d'Indy, un des chefs-d'œuvre les plus hauts de la musique moderne ;
c'est le premier ouvrage que monta M. Albert Carré"
( Paris, A. Durand, puis Musica, supplément, avril 1907, coll. Max Méreaux ) DR
Audio lecteur Windows Media Numérisation et fichier mp3 par Max Méreaux (DR.)

La troisième manière est celle du dépouillement. Renonçant à ses prestigieuses ressources d'orchestrateur et de coloriste, le Maître se consacre à des compositions d'une nature plus intime, et avant tout à la musique de chambre. Sur ses 35 dernières œuvres, deux seulement, le Poème des Rivages et le Diptyque méditerranéen, utilisent le grand orchestre. En avançant dans la vie, il avait cessé de s'intéresser à l'extériorité, aux rutilances et aux chatoyances. Seule l’attirait la musique pure, amie des pensées et des sentiments profonds. Des chefs-d'œuvre comme le Sextuor et le 3e Quatuor nous restent comme de précieuses confidences, des témoignages d'une valeur inestimable.

On ne trouve guère dans la musique de d'Indy de ces effets, de ces tournures faciles qui font la joie des auditeurs peu délicats. Rien non plus des petites subtilités qui ravissent les dilettantes du " dernier bateau ". Il a toujours répugné et à la vulgarité et au snobisme. Il a simplement été sincère, et a cherché à créer de la beauté sans procédés factices.

Les trois fondateurs de la Schola Cantorum en 1894 : Charles Bordes, Alexandre Guilmant et Vincent d'Indy.
( in La Schola Cantorum en 1925, Lib. Bloud et Gay  )

En dehors de l'homme et du compositeur, il est un autre aspect tout à fait caractéristique de la personnalité de Vincent d'Indy, c'est l'éducateur ; et l'on ne connaîtrait pas le maître, si l'on ne tenait pas compte de l'apostolat incessant auquel il sacrifiait le meilleur de son temps. La foi qu'il avait en son art, il fallait qu'il la fit partager. Il fallait qu'il aidât les autres à comprendre ce qu'il avait compris, à savoir ce qu'il savait, à aimer ce qu'il aimait. Combien d'œuvres du passé n'a-t-il pas remises au jour par l'édition ! Dans combien de concerts n'a-t-il pas fait partager aux auditeurs - et d'abord aux exécutants eux-mêmes - ses admirations, ses enthousiasmes !

Mais c'est dans ses cours de composition où il a instruit des milliers d'élèves, répandus maintenant sur toute la surface du globe, qu'il a le plus donné de lui-même et exercé l'influence la plus profonde. Sa méthode était fondée sur l'étude progressive, faite dans l'ordre chronologique, des œuvres du passé, lointain et prochain. Il voulait amener les élèves à connaître tous les styles, tous les procédés déjà employés, et leur épargner ainsi la peine d'inventer au prix de mille efforts les moyens déjà trouvés depuis longtemps par d'autres. Eviter les tâtonnements inutiles, c'était pour l'apprenti gagner du temps, et pousser plus avant le point de départ de ses recherches personnelles ; il se trouvait ainsi à pied d'œuvre pour les conquêtes véritables. Une telle méthode, à l'inverse de l’apriorisme et de l'arbitraire, mais établie sur l'observation de ce qui a été, en fait, est évidemment expérimentale. Aussi on comprend mal le mot " dogmatique " qu'ont souvent appliqué à d'Indy des écrivains peu au courant de ce dont ils parlaient. Ce qu'on peut dire, c'est qu'il était affirmatif dans sa façon de s'exprimer, ainsi qu'il convient à un croyant ; mais, au demeurant, ce que les disciples viennent chercher auprès d'un maître, ce ne sont pas des éventualités, des hypothèses, mais une doctrine, quitte à ne pas l'adopter toute entière, si elle ne leur convient pas. De fait, c'est ce qui s'est produit : tous n'ont pas entendu le message de d'Indy avec les mêmes oreilles. Et c'est très bien ainsi. Mais tous ont été instruits de leur art, formés à l'amour du beau, au désir de l'apostolat et du dévouement. Les heures passées auprès de lui sont des souvenirs que nul d'entre eux ne peut évoquer sans une profonde émotion.

Vincent d'Indy a écrit peu de musique liturgique : un certain nombre de motets, quelques pièces d'orgue, un beau recueil de Cantiques, Pentecosten, tirés des communions de tous les dimanches du temps de la Pentecôte. En revanche, une grande quantité de ses œuvres est d'inspiration religieuse, au moins par moments, et on sent, à les lire ou à les entendre, combien sa foi faisait partie de lui-même ; combien elle servait à alimenter sa ferveur artistique. Signalons le rôle joué par l’In paradisum à la fin du Chant de la Cloche, par le Pange lingua dans Fervaal, par l'Ubi Cariuas dans l'Étranger, par l'antienne Virgo prudentissima, prière du soir de la nature dans le Jour d'été, par tous les thèmes provenant de l'office d'un Martyr dans Saint Christophe... emploi non pas épisodique, mais constitutif et correspondant chaque fois à un sentiment important et profond.

D'Indy a tenu une grande place dans le retour au chant grégorien, avant 1900 et depuis, dans la résurrection de la polyphonie palestrinienne et la constitution d'un répertoire moderne liturgique de haute tenue - buts de son ami et collaborateur Charles Bordes. Il était venu au chant grégorien à une époque où ce bel art était fort mal connu du public. Aussi y a-t-il trouvé maints sujets d'admiration étonnée. Son graduel (édition de 1883) témoigne de ses découvertes, et les marges sont remplies d'annotations du plus haut intérêt, écrites de sa main. Il y analyse notamment d'une manière très détaillée beaucoup de traits (Qui habitat, " l'un des plus mystérieusement fantastiques de la liturgie " ; Te Deum, " admirable exposé du mystère de la Trinité " ; Gaude Maria , " dans son chatoyant décor d'Annonciation ", etc.) ; de nombreux alleluias, où il indique presque toujours des dessins de chansons populaires, en les " rythmant " (Christus resurgens, avec ses "  leitmotive, dont le premier rappelle certain tour de chanson bretonne " et indirectement " un passage du Roi d'Ys " ; ceux de la Transfiguration et de Saint Michel, sur un même timbre, ce qu'il explique par " une pensée commune, celle de la splendeur traversant l'espace " ; celui de la Toussaint, avec sa " belle apologie du travail " ; celui de Saint Martin, " né sous l'influence directe de la vénération médiévale " ; celui de la Couronne d'Epines, où il découvre le thème de la Canzone de Bach ; l'antienne Cum audisset, avec " ses trois clameurs " ; la séquence Lauda Sion dans ses douze versets (" douze tribus, douze apôtres ")  ; le graduel Venite filii, " un appel à l'étude : on imagine ainsi les chants didactiques des bardes celtes " ; l'office du 2e Dimanche après Pâques, " d'une remarquable unité de style ", et qui lui rappelle " les instructions de Hans Sachs à Walther dans les Maîtres Chanteurs " ; celui d'un Martyr non pontife, qui lui a tant servi plus tard pour Saint Christophe, y compris la communion Qui vult venire, avec " sa sublime exhortation finale " ; le Kyrie III, qu'il rapproche, au point de vue symbolique, des trois Kyrie en choral de J.-S. Bach ; le Gloria V, qui se déroule d'un bout à l'autre sans un seul emploi de la quarte, et qui, pour lui évoque de ce fait " un chant très oriental, confinant à la Chine " ; enfin le Mandatum du Jeudi Saint : " Ici commence la gradation des admirables cantiques de la Charité et de l'Amour. Etudier le sens philosophique et documentaire de cette suite de neuf antiennes (nombre), dont la septième contient tout l'enseignement chrétien, et qui aboutit à cette sublime fleur d'expression émue : Ubi caritas et amor. "

Jury de la section Musique Sacrée réuni en novembre 1903.
Jury de la section Musique Sacrée réuni en novembre 1903 autour de Vincent d'Indy au piano, pour le tournoi de la revue Musica. De gauche à droite : Arthur Pougin, Alphonse Hasselmans, Alexandre Georges, Albert Périlhou (penché), Samuel Rousseau, Gustave Lefèvre (derrière d'Indy), Eugène Gigout, Alexandre Guilmant (assis), Pierre de Bréville, Camille Andrès.
Musica, coll. D.H.M. )

Cet enseignement chrétien, c'est celui que d'Indy a pratiqué et fait pratiquer toute sa vie. Il n'a jamais été lui-même ce qu'on appelle un " spécialiste " du chant grégorien ; il se reposait sur d'autres du soin d'examiner les manuscrits à la loupe. Mais il l'a aimé passionnément, en musicien et en chrétien. Il en a compris la beauté et la justesse d'expression. Il l'a activement pratiqué, et il a travaillé de tout son pouvoir à le répandre, au point qu'il a eu l'honneur d'être accueilli par ces mots de Pie X, venant à lui et lui tendant les bras : " Le voici, le rempart du chant grégorien ! " Il estimait que la connaissance de la Cantilène médiévale est nécessaire à tout musicien désirant être informé, parce qu'elle contient la clef du passé, et une possibilité certaine de renouvellement pour l’avenir, par la souplesse rythmique et la variété modale qu'elle apporte. Aussi en avait-il rendu l'étude obligatoire à tous ses élèves de composition.

Le chant polyphonique ne fut d'ailleurs pas moins mis en honneur par lui ; il en appréciait hautement l'esprit, les moyens, la splendeur, et invitait les musiciens qui l'écoutaient à en retrouver l'émotion et la pureté. Que de conférences, que d'offices, que d'auditions ! Toute sa vie a été une longue croisade pour la beauté du chant liturgique et sa convenance à l'église (l'Art en place et à sa place).

Au concert, c’est sans doute dans les œuvres de caractère religieux qu'il obtenait les exécutions les plus vivantes, les plus profondément expressives : la Messe en si, les Passions et les Cantates de Bach, la Messe en ré, les Béatitudes, autant de soirées inoubliables !

Ces quelques indications peuvent nous montrer comment Vincent d'Indy, de diverses manières, a exercé une influence capitale sur l'évolution de la musique en général, et très importante sur celle de la musique religieuse au début de ce siècle. Nous avons dit qu'il n'aimait ni l’incohérence, ni la déliquescence. Il ne cherchait pas les succès faciles, et ne s'attachait pas à créer des " sensations rares ". Il voyait plus haut. C'était un fort, beaucoup plus qu'un délicat. A cause de cela, c'est peut-être sur les raffinés que son influence a été le plus utile : il les a virilisés par ses conseils et ses exemples ; il les a conduits à élever leur idéal.

Un article célèbre paru dans le Mercure Musical il y a une quarantaine d'années, présentait le mouvement " d'Indyste " comme " l'un des derniers soubresauts du spiritualisme agonisant en face du matérialisme triomphant ". Cette appréciation était on ne peut plus exacte... à cela près que, malgré les apparences, l'esprit ne saurait mourir, et que, également, c'est lui qui l'emporte.

Guy de LIONCOURT, (1951) 8
Directeur de l'Ecole César Franck

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1) Histoire de la musique, des origines au début du XXe siècle (3 vol., Paris, Librairie Armand Colin, 1924-1928) - voir tome III, p. 471 - [ La présente note et toutes les suivantes sont de la rédaction de Musica et Memoria ]Retour ]

2) Paul-Marie-Théodore-Vincent d'Indy est né à Paris. [ Retour ]

3) Vincent d'Indy est mort le 2 décembre 1931 des suites d'une crise cardiaque, dans son appartement parisien, situé 7 avenue de Villars, non loin des Invalides. Il est inhumé au cimetière Montparnasse. La veille de son décès, il professait encore à la Schola Cantorum. [ Retour ]

4) Vincent d'Indy perdit sa mère, Mathilde de Chabrol-Crussol à sa naissance. Il fut élevé par sa grand-mère paternelle Rézia, pianiste talentueuse, qui lui inculqua les premiers éléments de musique. [ Retour ]

5) Le grand-père de d'Indy, le comte Théodore d'Indy, mort en 1853, fut chef d'escadron de la garde royale avant de devenir Préfet de l'Ardéche. L'un de ses oncles, Wilfrid d'Indy (1821-1888) eut une heureuse influence sur sa carrière de musicien. Musicien lui-même, ancien élève de composition de Carafa au Conservatoire de Paris, il se consacra à la composition d'œuvres de chambres et de théâtre, et encouragea son neveu Vincent dans ses premières compositions. [ Retour ]

6) Durant quelque temps en 1874 d'Indy fut organiste titulaire de l'église Saint-Leu Saint-Gilles de Saint-Leu-la-Forêt (Val-d'Oise). Il jouait là sur un orgue Cavaillé-Coll (2 claviers et pédalier, 18 jeux réels) offert à la paroisse en 1869 par Napoléon III. [ Retour ]

7) Les Cours de composition musicale de Vincent d'Indy ont été publiés en 3 volumes (Paris, Durand, 1900, 1909, 1933). Les deux premiers ont bénéficiés de la collaboration d'Auguste Sérieyx, d'après des notes prises aux classes de composition de la Schola cantorum ; le dernier volume quant à lui a été rédigé par Guy de Lioncourt. [ Retour ]

8) Cet article est paru dans Musique et Liturgie (Revue Internationale de musique religieuse, organe du Centre de pastorale Liturgique), n° 20, mars-avril 1951, pp. 1-3. [ Retour ]

Classe d'orchestre à la Schola cantorum, en 1901
Schola cantorum, Paris : la classe d'orchestre de Vincent d'Indy (debout, au centre) en 1901
( photo X..., in "La Schola en 1925", Paris, Bloud & Gay, 1927, coll. D.H.M. ) DR


Schola Cantorum, vers 1925, classe de composition
Schola cantorum, Paris, la classe de composition de Vincent d'Indy (debout, au centre) vers 1925.
( photo Ribaud, in "La Schola en 1925", Paris, Bloud & Gay, 1927, coll. D.H.M. ) DR



VINCENT D'INDY

par Paul Dukas (1930)

 

J'étais encore élève au Conservatoire quand Lamoureux donna la première audition du Chant de la Cloche, couronné au Concours de la Ville de Paris. Mon impression fut grande et dès lors je regardai d'Indy comme un maître.

Nous éprouvions en ce temps là des « emballements » et nourrissions des partis pris bien différents de ceux d'aujourd'hui. Du moins quelques-uns d'entre nous. Le jeu des années, s'il était réversible, opérerait sans doute l'échange de nos intransigeances : que mes plus jeunes confrères veuillent donc se persuader qu'en ces années lointaines, Wagner ne s'était pas encore entièrement discrédité dans l'esprit des musiciens, ni même Berlioz dont le « Coucher de Soleil romantique » empourprait l'horizon... d'un sang, à vrai dire, déjà un peu figé. Faute de mieux — que l'on me pardonne — c'étaient là les Dieux dont nous attendions le Prophète, sans qu'il pût encore nous venir a la pensée que ce dût être un jour celui de Meyerbeer. L'époque le voulait ainsi et nous rend excusables pour beaucoup de raisons, non toutes musicales. Pas un débutant de quelque ouverture d'esprit qui ne cédât à son entraînement. J'y puisais toutes mes convictions. Elles n'ont guère varié, j'en fais l'aveu contrit.

L'éclat de l'œuvre nouvelle, sa maîtrise, l'élévation de ses tendances, en plein accord avec nos impulsions les plus généreuses, plaçaient d'emblée d'Indy à la tête de la jeune musique. Son Wallenstein, Sauge fleurie, la Forêt enchantée déjà l'avaient montré épris de pittoresque expressif, de poésie légendaire et maître de plus d'un secret du mystère orchestral. Ses premières œuvres de musique de chambre avaient achevé de dessiner les traits de sa Muse juvénile, dont l'essor romantique prenait son point d'appui sur l'ordre classique le plus ferme. Et sans doute le temps allait préciser le caractère de cette physionomie première. A peu d'années de là, la Symphonie sur un thème montagnard, le premier Quatuor à cordes devaient l'éclairer d'un jour plus franc, la dégager, effacer les traits d'emprunts ici marqués par la ferveur d'admirations encore noblement soumises et toutes vibrantes de jeune fierté.

Mais ce Chant de la Cloche — où la critique ne voulut entendre que l'écho de voix souveraines — les éveillait avec tant d'aisance, les mêlait à son timbre propre avec une vigueur telle, qu'un témoin clairvoyant ne pouvait se méprendre sur la puissante personnalité qui s'annonçait de la sorte et dont le caractère le plus frappant, dans la mollesse et l'indécision du style alors en faveur, s'imposait ainsi, soudainement, par l'ardeur du parti pris contraire.

Une hardiesse si forte — et combien attendue — enflammait notre admiration avant même que celle-ci se portât sur l'étonnante sûreté du plan de l'ouvrage, sur la richesse et la variété de sa facture, sur le sentiment de grandeur qui tout entier l'animait.

Je sortis de ce concert avec la conviction que d'Indy serait un des plus grands musiciens que la France ait produits.

Aujourd'hui, chose étrange, rappelant mes souvenirs et confrontant le présent au passé, ce magnifique début m'apparaît plus significatif peut-être que je ne le croyais alors. J'y découvre non seulement une sorte de préfiguration de l'œuvre grandiose de d'Indy dans son ampleur et dans sa rectitude, mais, par sa donnée même, cette « légende dramatique » m'apparaît comme une des prophéties les mieux vérifiées qu'un artiste ait jamais prononcées lui-même, sur sa destinée « séculière ».

Car cette cloche, symbolique, animée par le génie du Fondeur, qui se met, seule, en mouvement après la mort du Maître/ et, seule, sonne pour sa gloire, au moment' où la Foule, entraînée par les « Connaisseurs » s'apprête à la détruire, j'y vois à présent l'image même de l'art de d'Indy qui, après les premières fulgurations et l'autorité" du plein éclat, a traversé la zone obscure d'une épaisse Négation...

Toutefois, par bonheur, le rapprochement s'arrête là. Dans la réalité, l'artiste, bien vivant, peut voir se dissiper les ombres, s'apprêter la justice, et, plus heureux que son héros, il entend déjà, avec nous, le son de sa Cloche emplir l'avenir — en dépit de Dietrich de Bâle, hélas immortel, lui aussi.

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*   *

« Un des plus grands musiciens que la France ait produits... » Ce jugement de jeunesse, glorieusement confirmé par celui-là même qu'il concernait, je puis non sans émotion, en saluer encore Vincent d'Indy, en lui rendant affectueusement hommage. Mon sentiment n'a pas changé. Il sera demain celui du grand nombre. Il est déjà partagé par tous ceux qui demandent à la musique cette force d'impulsion et cette hauteur de style qui font les œuvres durables. Mais je l'apporte ici que le témoignage d'une admiration dont le temps a multiplié les raisons. Et ces quelques lignes ne peuvent, on le conçoit, entrer dans le détail d'une production aussi vaste, aussi variée que celle-ci. Non plus qu'envisager toutes les faces de l'activité de son auteur comme didacticien, comme biographe, comme professeur, comme chef d'orchestre, comme réviseur d'œuvres anciennes, etc... Le jour où sera entreprise cette tâche considérable — et nécessaire — qui ne sera saisi de respect devant la continuité d'efforts et la prodigieuse dépense d'énergie qu'une telle action aura comportées ? Devant la qualité, aussi, de cette action ? Car elle n'a tendu, dans son élan, le plus généreux, qu'à servir la musique, à la faire aimer davantage en la faisant mieux comprendre, à éclairer son présent par son passé en en retraçant la genèse et l'histoire, à répandre les créations musicales de tous les temps, même les plus éloignées de telles préférences personnelles, pour peu que s'y reflétât quelque lueur d'un feu pur.

Même unité magnifique dans l'œuvre. A l'embrasser d'un seul regard, on la voit s'ouvrir le même espace à travers ses manifestations les plus diverses. Musique de théâtre, musique d'orchestre, musique de chambre gravitent autour de la plus noble tradition des plus grands maîtres. La même attraction les lie au centre de ce puissant foyer qui les féconde et les illumine. Toutes, en même temps, y puisent le principe de leur équilibre propre et se règlent sur cette grande loi de l'art classique qui ordonne le mouvement de la scène dramatique la plus heurtée comme il gouverne le développement d'une symphonie ou d'un quatuor. De sorte que toutes, aussi, se résolvent finalement dans l'expression musicale pure et forment un même grand chœur d'exaltation spirituelle.

Cette haute conception de l'Art, héritée par d'Indy de son maître César Franck et proclamée par son exemple et par sa doctrine, rend tout naturellement compte de la sorte de désaffection dont elle devait à un moment donné être l'objet. Elle invitait à la concentration de la pensée et du sentiment, aux élaborations mûries, à la conquête de la liberté par la règle, à tout ce qui, depuis le temps où d'Indy a commencé d'écrire, a été plus ou moins nié par les Ecoles qui se sont succédé dans la promulgation des théories définitives. Celles-ci devaient obligatoirement reléguer tour à tour au musée des antiques une tradition d'ailleurs laborieuse à suivre et sans écho dans la mode. Et avec elle l'œuvre magistrale qui la représentait et qu'il était pourtant difficile d'ignorer... On s'en tirait en la donnant comme la froide illustration d'une rhétorique périmée. Ou mieux encore, en la passant simplement sous silence. Méthode admirable, en un temps où la gloire se confond avec la publicité.

Il n'y a rien là que de naturel, répétons-le, rien dont on doive s'étonner ou s'irriter. Car cela aussi fait partie de la tradition ! A toute époque, les variations du goût ont fait paraître archaïques les œuvres contemporaines fondées sur un principe de stabilité et arriérés les maîtres travaillant en profondeur parmi les ouvriers de la surface. De tout temps, aussi, les artistes dont l'esprit procède du détail à l'ensemble, à la manière féminine, ont été rebutés par la conception virile qui va de l'ensemble au détail. Ce désaccord organique, joint à l'autre, éclaire bien des malentendus et rend compte de beaucoup d'injustices. Soit dit en passant, il fait aussi ressortir ce fait, peu remarqué, que les talents de la première sorte ne sympathisent jamais que d'une manière très réticente avec ceux de l'autre espèce, en qui, au contraire, ils trouvent souvent des admirateurs chaleureux et compréhensifs.

Cependant, il ne faut parfois que peu d'années pour rajeunir dans l'opinion ce qui, parmi tant d'innovations, dédaignait d'être « à la page ». Et pour recueillir d'un coup les bénéfices de ce dédain, il suffit que la page ait jauni, qu'elle se soit froissée sous les doigts de la mode, ou, simplement, qu'elle ait tourné. Combien, sous nos yeux, de nouveautés subtiles ou fracassantes auront ainsi en peu d'espace, las !, leurs beautés laissé choir, tandis qu'on revenait avec enthousiasme aux « vieilleries » que « la page » condamnait à la relégation, comme si l'Art Musical était une de ces grandes Epiceries dont chaque catalogue annule le précédent !

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L'heure est venue, pour d'Indy, des réparations nécessaires. Elles le replaceront à son rang, parmi les plus grands de son art en France, entre Berlioz et Rameau, tout près de son maître César Franck. En se répandant, son œuvre s'imposera toujours plus fortement au public musical à qui les sommets, déjà, s'en montrent sans nuages. Je n'en veux comme preuve que l'accueil triomphal, et d'une spontanéité si émouvante, qu'a reçu cette année, au Châtelet, cette seconde Symphonie dont Gabriel Pierné s'est fait l'ardent apôtre. Voilà, certes, une œuvre « difficile » et tournée toute vers l'expression transcendante ! Une forme admirable y serre de plus en plus près le sens de données thématiques complexes et déploie ses ressources à les transfigurer sans écarts ni détentes... Et c'est sans doute pourquoi, naguère encore, d'aucuns la déclaraient aride, abstraite, inabordable — inécoutable. (Nous avions là-dessus l'avis motivé de Dietrich de Bâle.) L'auditoire a pourtant acclamé sans fin l'exécution, vraiment inspirée, de cette Symphonie comme si elle eût été de Beethoven en personne. Que s'est-il passé ? Comment aux froideurs de jadis ont pu succéder ces transports ? Rien dans l'ouvrage n'a changé. Il est aujourd'hui ce qu'il fut dès son achèvement : un grand chef-d'œuvre de musique pure, le plus représentatif à coup sûr, dans son ordre, de la musique française depuis un quart de siècle, et la plus complète image du grand musicien qui l'a conçu. Mais il a fallu vingt-cinq ans pour que la grandeur en devînt sensible ! Vingt-cinq années de cheminements obscurs, d'auditions espacées de l'œuvre, depuis la première, mais qui, lentement, l'ont enfin pénétrée jusqu'au plein jaillissement des clartés qu'elle portait en elle. Les voici répandues pour ne plus s'éteindre. Liszt avait raison : il suffit d'endurer pour durer.

C'est, en effet, l'indice irrécusable et le grand signe. Ainsi la patience des uns juge la hâte des autres. Mais encore faut-il que l'endurance des œuvres réponde à celle des hommes. Et bien rares sont ceux qui peuvent ainsi laisser au temps le soin d'assurer leur renommée. Parmi ceux-là, d'Indy aura pu être un des mieux affermis dans l'attente. Son profond amour et sa profonde connaissance de l'Art n'ont pu lui inspirer sur l'avenir du sien que les plus calmes certitudes. Je les ai de tout temps partagées.

Paul Dukas


ŒUVRES DE VINCENT D’INDY


 
 
La source principale utilisée pour dresser ce catalogue est une liste publiée dans les bulletins mensuels n° 10 (15 décembre 1929) et 11 (15 janvier 1930) " Le Chant de la cloche ", organe de l’Association des Anciens Elèves de la Schola Cantorum (Présidents d’honneur : Vincent d’Indy et Marcel Labey, Président : Louis Morand, Vice-Président : Jean Canteloube). Un catalogue complet peut également être consulté dans le remarquable ouvrage de Léon Vallas " Vincent d’Indy ",2 vol., Paris, Albin Michel, 1946-50. Quelques œuvres figurant ici sont inédites, mais la plupart sont éditées chez Durand, Heugel, Hamelle, Leduc, Rouart-Lerolle, Colombier, Loret, Schola Cantorum, Michaelis, Art catholique, Le Pigeonnier, Billaudot, Bruneau, Sénart, Enoch, Sim, Baudout.

D.H.M.


 
 
1870
Trois romances sans paroles,
pour piano
La chanson des Aventuriers de la mer, baryton et chœur

1872
Attente,
chant et piano
Madrigal, chant et piano

1874-75
Jean Hunyade
(symphonie), orchestre

1876
Antoine et Cléopâtre
(ouverture), orchestre

1878-88
Quatuor en la mineur,
piano et cordes

1878
La forêt enchantée,
légende-symphonie d’après une ballade de Uhland

1880
Petite Sonate,
piano
Plainte de Thécla, chant et piano

1879
La Chevauchée du Cid,
baryton, chœur et orchestre

1873-81
Wallenstein trilogie,
orchestre, ouvertures d’après l’œuvre de Schiller : Le camp de Wallenstein,

Max et Thécla, La mort de Wallenstein

1872-81
Clair de Lune
(étude dramatique}, soprano et orchestre

1876-82
Attendez-moi sous l'orme
(opéra-comique), opéra-comique

1882
Poèmes des montagnes,
piano
Quatre pièces, piano
Helvetia (3 valses : Aarau, Schinznach, Laufenburg), piano

1879-83
Le chant de la Cloche,
(légende dramatique), soli, double chœur, orchestre. (Couronné au Concours
musical de la Ville de Paris en 1885)

1884
Lied,
violoncelle et orchestre
L'amour et le crâne, chant et piano

Sauge fleurie,
légende pour orchestre d’après un conte de Robert de Bonnières
Cantate Domino (cantique), 3 voix et orgue

Signature autographe de Vincent d'Indy, 19 septembre 1885
( Coll. J.H.M. )
1885
Sainte Marie - Madeleine
( cantate) , soprano, chœur de femmes, piano ou harmonium

1886
Suite en ré
dans le style ancien, trompettes, 2 flûtes et quatuor
Symphonie sur un chant montagnard français, piano et orchestre
Nocturne, pour piano

1887
Promenade,
pour piano

Sérénade et Valse,
pour petit orchestre, extraites des op. 16 et 17
Trio pour piano, clarinette et violoncelle
Schumanniana, trois pièces pour piano

1888
Fantaisie,
pour hautbois principal et orchestre, sur des thèmes populaires français
Sur la mer, chœur pour voix de femmes

1889
Tableaux de voyage,
13 pièces pour piano (Le lac vert, La poste, En marche...)

1890
Karadec,
musique de scène pour un drame d’André Alexandre, orchestre
1er Quatuor à cordes en ré

1891
Tableaux de voyage,
suite pour orchestre, en 6 parties, extraite de l'op. 33 de 1889

1893
Pour l'inauguration d'une statue,
cantate pour baryton, chœur et orchestre
Prélude et petit Canon, pour orgue

1894
L'Art et le Peuple,
chœur à 4 voix d'hommes sans accompagnement

1889-95 Fervaal,
action musicale en un prologue et 3 actes (créé le 12 mars 1897 au Théâtre de la Monnaie,
Bruxelles)
Vincent d'Indy en 1896
( Photo Blain frères, à Valence, in Le petit Poucet, n° 20 du 23 juin 1896 )

1896
Deus Israël,
motet à 4 voix mixtes
Istar, variations symphoniques pour orchestre
Lied maritime, pour chant et piano

1897
Ode à Valence,
couplets pour soprano et chœurs
2ème Quatuor à cordes en mi

1898
Les Noces d'or du Sacerdoce,
cantique.
Médée, musique de scène pour la tragédie de Catulle Mendès, interprétée par Sarah Bernhardt
La première dent, berceuse enfantine pour chant et piano
Sancta Maria, succure miseris, motet pour 2 voix égales
Chansons et Danses, divertissement pour instruments à vent

1899
Vêpres du Commun d'un martyr,
8 antiennes pour orgue

1900
Chansons populaires du Vivarais,
transcriptions et harmonisations pour chant et piano

1898-1901
L’Etranger,
action musicale en 2 actes (crée le 7 janvier 1903 au Théâtre de la Monnaie, Bruxelles)

1903
Marche du 76e Régiment d’Infanterie
Choral varié
,
pour saxophone et orchestre
Mirage, pour chant et piano

1902-03
2e Symphonie,
en si bémol

1904
Les Yeux de l'Aimée,
pour chant et piano

1903-04
Sonate
en ut, pour violon et piano

1904
Petite Chanson grégorienne,
pour piano à 4 mains

1905
Jour d'été à la montagne,
3 pièces pour orchestre

1906
Souvenirs,
poème pour orchestre (en souvenir de son épouse Isabelle, décédée le 29 décembre 1905)

1907
Sonate
en mi, pour piano
Vocalise pour chant et piano, collection Hettich

1909
Menuet sur le nom d'Haydn,
pour piano
O gai soleil, chœur et canon à 2 voix

1911
Pièce
en mi bémol mineur, pour orgue

1908-15
La Légende de Saint-Christophe,
drame sacré en 2 actes (créé le 9 juin 1920 à l’Opéra, Paris)
Treize Pièces brèves, pour piano (épreuves de lecture des examens de la Schola)
Douze petites Pièces faciles, pour piano (mêmes épreuves, cours élémentaires)

1916-18
Sinfonia brevis (de Bello Gallico),
symphonie guerrière

1907-18
100 thèmes d'harmonie : basses et chants donnés, réalisations des basses et chants
donnés
(épreuves d’examens des cours d’harmonie de la Schola cantorum, 1907-1918, composés et
ordonnés progressivement par Vincent d’Indy)
)

1918
Sarabande et Menuet,
pour flûte, hautbois, clarinette, cor, basson et piano, transcrits de la Suite op. 24
Sept Chants de terroir pour piano à 4 mains

1919
Pour les enfants de tout âge,
3 albums de pièces pour piano
Pentecosten, 24 cantiques populaires grégoriens

1920
Veronica,
musique de scène

1919-21 Poème des rivages,
suite symphonique en 4 parties

1921
2 Scholar's Songs,
for 2 voices

1922
Ave Regina coelorum,
motet à 4 voix mixtes

1922-23 Le Rêve de Cynras,
comédie lyrique en 3 actes et 5 tableaux

1924
Quintette,
pour piano, 2 violons, alto et violoncelle
Trois Chansons populaires françaises : Querelle d'amour, Histoire du jeune soldat, Lisette, pour chœur sans accompagnement 

1925
Deux Motets en l'honneur de la canonisation de saint Jean Eudes

1924-25 Sonate
en ré, pour violoncelle et piano

1925
Thème varié, fugue et chanson,
pour piano
Contes de fée, suite pour piano

1925-26 Diptyque méditerranéen,
pour orchestre

Cinq cents exercices de lecture pour violoncelle (4 fascicules)

1926
O Domina mea,
motet à 2 voix égales
Concert pour flûte, violoncelle et orchestre à cordes
Ronde des villageois pour piano

1927
Six chants populaires français,
pour chœur sans accompagnement
Suite pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe

1928
Sextuor
pour 2 violons, 2 altos et 2 violoncelles
Le bouquet de printemps, chanson à 3 voix égales, sans accompagnement
Madrigal à 2 voix, pour soprano et violoncelle
Six Paraphrases pour piano sur des chansons enfantines de France

1928-29
3e Quatuor à cordes
en ré bémol

1929
Les trois fileuses,
chœur pour 3 voix égales sans accompagnement
Trio en sol, pour piano, violon et violoncelle

1930
Fantaisie,
pour piano sur un vieil air de ronde française
Six chants populaires français
Chansons populaires du Vivarais
, 2e recueil
Chanson en forme de canon


1931
Chant de Nourrice
Le Forgeron
La vengeance du mari
Quatrième Quatuor
(inachevé)

 
 
 
 

RESTITUTION DE MUSIQUES ANCIENNES


 
* L’Orfeo, Monterverdi
(Paris, Schola, s.d.)
* Le couronnement de Poppée, Monteverdi (Paris, Schola, s.d.)
* Le retour d’Ulysse, Monteverdi (inédit)
* Eléments, Destouches
* Bayadères, Catel

Participation à l’édition des œuvres complètes de Rameau : Dardanus, Hippolyte et Aricie, Zaïs, etc...

 
 
 

ECRITS


* Cours de composition musicale
(3 vol., Paris, Durand, 1900, 1909, 1933)
* César Franck (Paris, F. Alcan, 1906)
* Beethoven, biographie critique (Paris, " Les Musiciens célèbres ", 1911)
* La Schola cantorum en 1925 (ouvrage collectif, Paris, Librairie Bloud et Gay, 1927)
* Richard Wagner et son influence sur l’art musical français
(Paris, Delagrave, 1930)
* Introduction à l’étude de Parsifal (Paris, 1937)

 
 

 


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