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Marcel Dupré aux claviers de l'orgue Wanamaker de Philadelphie, vers 1948 Photo W.H. Hoedt studios Inc., Philadelphie
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Fac-simile couverture Le chemin de la croix, op. 29, pour orgue, de Marcel Dupré (Durand et Cie, éditeurs), avec dédicace de l'auteur : A Madame [Elisabeth] Havard de la Montagne. En souvenir de sa première visite à Meudon. Très cordialement. 3 mai 1952. ( Coll. J.H.M. )
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Né le 3 mai 1886 à Rouen, décédé le 30 mai 1971 à Meudon, successeur de Widor à St-Sulpice (Paris en 1934), fils d'Albert Dupré et d'Alice Chauvière, Marcel Dupré était issu d'une famille de musiciens tant du côté paternel que maternel : Son père était en effet un ancien élève de Guilmant et durant une cinquantaine d'années tint les orgues de l'Immaculée-Conception à Elbeuf puis de St-Ouen à Rouen. Sa mère, ancienne élève de Fr. A. Klein et d'Engelmann (qui avait fait de la musique de chambre avec Mendelssohn) était une excellente pianiste et violoncelliste. Ses grands parents étaient également de fins musiciens : Aimable Dupré tint l'orgue durant une trentaine d'années de l'église St-Maclou de Rouen, et Etienne Chauvière fut maître de chapelle de l'église St-Patrice de Rouen... Il débuta ainsi l'étude de la musique sous la direction de son père avant de gagner le CNSM, où il suivit les cours de Guilmant, Diémer, Vierne et Widor. Ses études furent couronnées par un premier Grand Prix de Rome obtenu en 1914 avec la cantate Psyché. En 1926, il était nommé professeur d'orgue dans cet établissement succédant là à Eugène Gigout. Durant 28 ans il a ainsi formé toute une pléiade de grands organistes parmi lesquels nous citerons André Fleury, Olivier Messiaen, Gaston Litaize, Rolande Falcinelli, Jean Langlais, Jean-Jacques Grünenwald, Jeanne Demessieux, Pierre Cochereau, Marie-Claire Alain et bien d'autres encore. Technicien renommé, ses ouvrages font autorité, notamment son Traité d'improvisation à l'orgue (Leduc, 1924), sa Méthode d'orgue (Leduc, 1927) ou encore ses Cours de contrepoint et Cours de fugue parus en 1938 chez Leduc. On lui doit également l'édition de la totalité des oeuvres pour orgue de J.S. Bach (12 vol., Paris, 1938) ainsi que celles de Franck, Schumann et Mendelssohn, sans oublier les concertos pour orgue de Haendel (Bornemann). Concertiste de grande classe, Marcel Dupré a parcouru le monde (800 concerts en dix tournées!) notamment en Angleterre, aux USA et en Australie. Comme compositeur il laisse une oeuvre conséquente avec près de 70 numéros d'opus. La majeure partie est consacrée à son instrument, comme son admirable Symphonie-Passion, op. 21, ses Soixante-dix-neuf chorals, op.28 ou encore son Chemin de la Croix, op. 29, avec récitant, sur un texte de Paul Claudel. On lui doit également des oeuvres pour orgue et orchestre (Symphonie en sol mineur, op. 25, Concerto en mi mineur, op. 31, Poème héroïque, op. 33 ...), pour piano et orgue (Variations à deux thèmes, op. 35 ...), pour piano et orchestre (Fantaisie en si mineur, op. 8), pour violon et piano (Sonate, op. 5), ainsi que de la musique vocale (Mélodies, op. 6; Psyché, op. 4, cantate du Grand Prix de Rome; Quatre motets, op. 9; De Profundis, op. 17 ...) et également quelques pièces de musique de chambre dont un Quatuor pour violon, alto, violoncelle et orgue (édité chez Gray, New-York).
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Signature autographe de Marcel Dupré ( détail de l'illustration précédente )
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C'est son élève, Rolande FALCINELLI, 1er Prix d'orgue en 1942, Second Grand Prix de Rome la même année, organiste du Sacré-Coeur de Montmartre, qui succédait à Marcel Dupré dans sa classe d'orgue au CNSM en 1955. Elle s'est elle-même retirée en 1987 pour laisser la place à Michel CHAPUIS.
D.H.M.
La ville de Barentin, située non loin de Rouen d'où Marcel Dupré et sa famille sont originaires, a rendu hommage à ce grand musicien en donnant son nom à l'une de ses écoles.