OLIVIER MESSIAEN ( 1908 - 1992 )


Olivier Messiaen, vers 1935
( BNF Richelieu, musique fonds estampes, Messiaen O. 003. )

Musica et Memoria dans son numéro 46 de juin 1992 s’associait à l’événement que représente dans le monde musical la mort d'Olivier Messiaen survenue le 28 avril 1992 à l’hôpital Beaujon (Clichy).

Il nous appartient aujourd’hui de consacrer quelques pages à sa carrière et surtout à quelques aspects de l'œuvre de ce grand musicien, l'un des plus importants de la seconde moitié de notre siècle. Lourde tâche en quelques lignes quand on réfléchit à la complexité de sa musique à sa richesse, à la place dominante qu'occupe son œuvre, à la personnalité originale de l'homme et du catholique convaincu.

J.H.M. (juillet 1992)

Classe d'Olivier Messiaen au CNSM en 1960
1960 : classe d’analyse musicale d’Olivier Messiaen (au piano). Premier à gauche : Jean-Louis Petit, puis François Bayle
[toutes précisions sur les 10 autres élèves non identifiés à ce jour seront les bienvenues]
( coll. Jean-Louis Petit ) DR
Olivier Messiaen en 1929
Olivier Messiaen en 1929.
Détail d'une photo de la classe de composition de Paul Dukas.
( photo X... )

Olivier Messiaen est né en Avignon le 10 décembre 1908 " Je suis un Français des montagnes, comme Berlioz " dira-t-il plus tard. Sa mère, la poétesse Cécile Sauvage, selon le propre aveu du musicien, l'influencera toute sa vie. Il évoquera lui-même une "éducation féerique". Avec son frère Alain, également poète, il déclame les œuvres de Shakespeare. Il découvre peu à peu diverses partitions, notamment celles qui demeureront ses préférées : Orphée de Gluck, Don Juan de Mozart, la Damnation de Faust de Berlioz, la Tétralogie de Wagner... C'est la lecture de Pelléas et Mélisande de Debussy qui décidera de sa vocation.

Eglise Sainte-Trinité, Paris, au début du XXe siècle.
( Coll. D.H.M. )

Après des premières études musicales menées sous la direction de Jehan Gibon à Nantes, il entre au Conservatoire de Paris à l'âge de 11 ans. Elève de Jean et Noël Gallon pour l’harmonie, le contrepoint et la fugue, de Maurice Emmanuel (histoire de la musique), de Marcel Dupré pour l'orgue et de Paul Dukas pour la composition, il en sortira en 1930, muni de cinq premiers prix. Mais c'est alors qu'il va acquérir sa véritable personnalité en poursuivant des recherches dans la rythmique hindoue, la métrique grecque, les chants d'oiseaux, le rythme chez Debussy ou Stravinsky, la musique en quarts de ton... A peine sorti de Conservatoire, Olivier Messiaen en 1931 est nommé organiste titulaire de l'église de la Trinité à Paris, succédant à Charles Quef (1873-1931) qui lui-même avait recueilli la succession d’Alexandre Guilmant. Il restera fidèle à sa tribune durant plus de soixante années et son œuvre pour l'instrument-roi sera abondante. Au cours d'une interview recueillie par Irène Meltzheim et le Père Pascal Ide (de la Trinité), en mars 1991, Messiaen s'écrie : " J’aime mon orgue ! Il est pour moi un frère, un fils, et je serais désespéré de m’en séparer ! "1. Dans les dernières années, le vieux maître ayant du mal à gravir l'étroit escalier menant à la tribune de l’orgue, la Ville de Paris fit aménager un ascenseur, mais à l'autre bout de l'église, en sorte qu'il fallait beaucoup de temps à notre organiste pour gagner son instrument.2

En 1936, il commence à enseigner à l'Ecole Normale de Musique de Paris et à la Schola Cantorum. C'est au cours de ces années que paraissent ses premières œuvres importantes d'inspiration religieuse: Le Banquet Céleste pour orgue, les Offrandes oubliées, L'Ascension, La Nativité du Seigneur. Au retour de sa captivité en Allemagne, en 1942, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris où il restera jusqu'en 1978, enseignant successivement l'harmonie, l'analyse musicale et la composition. " Ce fut une époque d'exploration, de libération " a écrit l'un de ses élèves, Pierre Boulez, " Ce fut aussi l'amitié et la solidarité d'un petit groupe réuni autour d'un maître sur lequel l'opinion générale butait, chancelait ou renâclait. "3 Parmi ses principaux élèves, citons encore Stockhausen et Xénakis.

Dès lors, la majeure partie de sa carrière sera consacrée à la composition liée à ses recherches de rythmes grecs et hindous, d'harmonie, de polytonalité, de chants d'oiseaux, de modalité. Bref, son langage va de plus en plus se personnaliser et même évoluer jusqu'à l'une de ses toutes dernières œuvres importantes Saint-François d'Assise, opéra commandé par Rolf Liebermann pour l’Opéra de Paris où il fut créé en 1983. Olivier Messiaen n'aura pas eu la joie terrestre d'assister à la nouvelle production de cette œuvre au Festival de Salzbourg, le 17 août 1993. Sa dernière œuvre créée de son vivant a été, précisément, Un Sourire, en hommage à W.A. Mozart. Une œuvre posthume doit être créée en septembre prochain à New-York, sous la direction de Zubin Mehta : il s'agit d'une vaste fresque orchestrale durant environ une heure vingt qu'avait commandée au compositeur le New-York Philharmonic: Eclair sur l'Au-delà...un titre prémonitoire!

Affiche concert "Centenaire d'Alexandre Guilmant", le 12 mars 1937 à l'église de la Sainte-Trinité (Paris), dans le cadre du Congrès international de musique sacrée tenu lors de l'Exposition Internationale de 1937.
( Coll. D.H.M. )

La production d'Olivier Messiaen est abondante. Nous ne saurions ici énumérer et encore moins analyser la totalité de ses œuvres. Evoquons donc plus particulièrement le compositeur religieux, l'organiste épris de liturgie.

A propos des transformations liturgiques qui ont suivi, dans le plus grand désordre, le Concile de Vatican II et qui sévissent encore, hélas, Olivier Messiaen disait, il y a un peu plus d'un an : " Très franchement, je pense qu’il n’y a qu’une seule musique liturgique valable : le plain-chant. On n’a jamais fait mieux et on ne fera jamais mieux ! D’une part, parce que c’est une musique monodique, composée à une époque où l’on ne connaissait pas l’embarras de l’harmonie et des accords. Le seconde raison, qui me remplit d’admiration : le plain-chant n’a pas d’auteur, il a été écrit par des moines anonymes. Cela paraît extraordinaire ! Je n’imagine pas un compositeur du XXe siècle se refusant à signer son œuvre. "4

Pour ma part j’ai le souvenir personnel de Messiaen préoccupé par la liturgie. Peu après la mise en place désordonnée des reformes liturgiques de Vatican II, une Commission de Musique Sacrée fut créée à Paris par l'Archevêché sous la présidence de Mgr Delarue, alors archidiacre du diocèse. Je fus convié à en faire partie avec Gaston Litaize, le Chanoine Revert, le Père Martin et d'autres personnalités. C’est ainsi que je me suis trouvé aux côtés de Messiaen convié également. Ce dernier, comme nous tous, devait bien vite abandonner cette Commission, aucun compte n'étant tenu de nos suggestions, de nos protestations... ni des textes officiels de la Constitution sur la Liturgie que nous tentions de rappeler. La Commission devait donc mourir rapidement faute de combattants!

N'oublions pas, non plus qu'Olivier Messiaen faisait partie du Comité d’honneur de l'Association Una Voce pour défendre et sauvegarder la place du chant grégorien!

Il semble qu'un certain malentendu existe quand on évoque la musique religieuse de Messiaen. A la différence de nombreux compositeurs qui, à toutes les époques, se sont illustrés dans la musique sacrée et ont servi par leur génie le répertoire liturgique, on ne trouve pas chez lui de musique liturgique ni même de "musique sacrée" au sens habituel et le plus courant, mis à part un Ave verum pour chœur a capella. De même, dans sa musique d'orgue qui porte si souvent des titres d'inspiration liturgique (La Nativité, L'Ascension, Messe de la Pentecôte, Le Mystère de la Sainte-Trinité, Le Livre du Saint-Sacrement) on ne trouve aucun thème grégorien, à la différence d'un Dupré, d'un Langlais, d'un Duruflé et autres compositeurs nombreux. Bien sûr, Messiaen, à l'office, improvisait sur des thèmes grégoriens. Dans son ouvrage Technique de mon langage musical5, il cite le plain-chant parmi les sources de son inspiration dans son Introduction; au chapitre II, parlant de sa musique "amesurée", il précise : " Maurice Emmanuel et Dom Mocquereau ont su mettre en lumière, l’un la variété des mètres de la Grèce antique, l’autre, celle des neumes du plain-chant (...) Ce qui nous conduira vers une musique plus ou moins " amesurée ", nécessitant des règles rythmiques précises. "

Gaston Litaize et Olivier Messiaen (1982) - © Claude Hilger, avec son aimable autorisation
Gaston Litaize et Olivier Messiaen. 1982, cérémonie remise de la Légion d'honneur au grade de commandeur
( © Claude Hilger, avec son aimable autorisation )

Messiaen est donc toujours présenté, disions-nous, comme un musicien religieux. Le Cardinal Lustiger, en mars 1989, remettant au compositeur le Prix international Paul VI, lui rendait hommage en ces termes: " Vous êtes un musicien d’église et vous êtes parmi les seuls musiciens contemporains dont l'œuvre est, de dimanche en dimanche jouée, livrée à l'oreille et au cœur des foules non triées de croyants. " Messiaen lui-même répondait en ces termes à une question de l’Association Ethiques et Politique6 : " Pour ma part, j'écris des œuvres musicales religieuses qui sont des actes de Foi mais qui contiennent aussi mon admiration de la nature par l’utilisation des chants d’oiseaux et de nombreuses allusions aux différentes étoiles de notre galaxie . " Ailleurs il précise : " Je suis croyant et presque toutes mes œuvres sont destinées à chanter les mystères du Christ. "7 Bien avant, dans les années 55, Messiaen se définissait déjà comme un " musicien religieux " : " Je suis né croyant et j'allais à l’église en croyant, sans penser qu'un jour je participerais de façon si active à l'office... Ce nouveau métier comblait évidemment mon idéal de musicien croyant. "8 Plus loin, au cours du même entretien, en réponse à certaines critiques lui reprochant de jouer à l'église ou de composer pour elle rythmes et couleurs qui ne conviennent pas, il ajoute : " Ces gens (...) attendaient de moi une musique douceâtre, vaguement mystique et surtout soporifique. En tant qu’organiste j'ai le devoir de commenter les textes propres à l’Office du jour. Ces textes exaltent des vérités très différentes expriment des sentiments très différents et suscitent des grâces très différentes, suivant la couleur spéciale du temps dont l’Office fait partie. Prenons simplement le Psautier : croyez-vous que le psaume dise des choses vagues et douceâtres? Le psaume hurle, gémit, rugit, supplie, exulte et jubile tour à tour. "9

Claude Samuel remarque fort justement que " Dans la foi sincère de Messiaen, il entre incontestablement une part de poésie et un goût inné pour le merveilleux, poésie et merveilleux qui ne sont d’ailleurs pas en contradiction avec l'esprit de la religion catholique. "10

Nous avons donc là toute l'explication de l'inspiration religieuse de Messiaen si nous sommes déroutés et si nous voulons comparer avec l'inspiration bien différente d'autres musiciens non moins religieux évoqués plus haut. Il s'inspire de textes dans toute leur profondeur plus que des thèmes, des mélodies les accompagnant dans la liturgie traditionnelle. D'où cette difficulté pour l'auditeur et le croyant de situer l'œuvre dans son contexte liturgique. La mémoire retient peut-être davantage la mélodie grégorienne - tel hymne, tel introït, telle antienne - illustrant l’Office et marquant d'une manière définitive nos grandes fêtes liturgiques comme des points de repère facile. Messiaen, il le dit lui-même, transpose en musique le sens le plus profond des textes sacrés dans son langage très personnel, quelle que soit la destination de l'œuvre : orgue, piano, orchestre, chœur. Ainsi, la plupart de ses œuvres sont précédées du texte ayant inspiré le compositeur. Par exemple dans L'Ascension n°4, intitulée Prière du Christ montant vers son Père, on trouve ces paroles  : " Père, j'ai manifesté ton nom aux hommes. Voilà que je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde et moi je vais à toi. (Prière sacerdotale du Christ, évangile selon Saint-Jean) ". Dans Les Corps Glorieux n°7, Le Mystère de la Sainte Trinité : " Ô Père tout puissant, qui, avec votre Fils unique et le Saint-Esprit, êtes en un seul Dieu! Non dans l'unité d'une seule personne, mais dans la Trinité d'une seule substance. " Enfin, dans la Messe de la Pentecôte, n°1, et dans l’Entrée intitulée Les Langues de Feu, c’est ce texte qui nous interpelle : " ... Des langues de feu se posèrent sur chacun d'eux. Actes des Apôtres. "

Messiaen agit de la même façon lorsqu'il s'inspire de l'Ecriture et lorsqu'il évoque la nature, le monde, la création, guettant, par exemple, patiemment les chants d'oiseaux avec son épouse et merveilleuse interprète Yvonne Loriod11 pour les noter et les utiliser dans plusieurs de ses œuvres Catalogue d'oiseaux, Livre d'orgue, n°4 : Chants d'oiseaux, ou recherchant de par le monde les rythmes de civilisations lointaines et de cultures extra-européennes... Ayant cité les maîtres auxquels il se rattache et rendu hommage à ses devanciers, il ajoute " J'oubliais mes plus grands maîtres, les oiseaux; leur virtuosité sans égale m'a imposé la recherche de doigtés extraordinaires que je n'aurais jamais pu trouver autrement. " Au cours du même entretien avec Antoine Goléa, il développe ses sources d'inspiration : " Pour moi, la vraie, seule musique a toujours existé dans les bruits de la nature. L’harmonie du vent dans les arbres, le rythme des vagues de la mer, le timbre des gouttes de pluie, des branches cassées, du choc des pierres, des différents cris d'animaux sont pour moi la véritable musique. Si j'ai choisi pour maîtres les oiseaux, c'est que la vie est courte et que noter des chants d’oiseaux est tout de même plus facile que la transcription des harmonies du vent ou du rythme des flots. "

Dans le quatrième morceau du Livre d'orgue intitulé Chants d'oiseaux, le compositeur nous donne même tous les détails : " Après-midi des oiseaux : merle noir, rouge-gorge, grive musicienne et rossignol quand vient la nuit. Pour le temps pascal. "

Olivier Messiaen résume en deux phrases les deux préoccupations qui ont marqué son œuvre. Lorsque, en 1991, on lui posa la question : Personnellement, à quelles formes de progrès vous attachez-vous ? il répondit : " A) A une connaissance plus complète du Christ. B) A une connaissance plus complète de l’Univers. "

Pour conclure cette approche rapide de la personnalité et de l'œuvre d'Olivier Messiaen, laissons la parole à Marcel Landowski rendant hommage au compositeur au lendemain de sa mort et soulignant l'importance, l'originalité, la complexité et la grandeur qui émanent de son œuvre : " ... Il a été grand parce qu’à la pointe des recherches de la musique de notre temps, il a toujours su que toute évolution, surtout révolutionnaire, n'a de chance et ne peut exister que si les racines de la tradition sont demeurées vivantes. ".12 Et c'est sur les paroles mêmes du compositeur disparu que nous achèverons : " J'ai écrit des musiques pures (pour la seule recherche technique) ou à caractère profane. Je les regrette presque. Les musiques créées pour chanter les mystères de la Foi me paraissent plus utiles pour mes contemporains. Peut-être, en serai-je remercié?... Je suis, en principe, un musicien de la joie et je me plais surtout à méditer les mystères glorieux... Je suis à un âge où il faut penser à l’au-delà : espérons qu'il sera glorieux. "13

Joachim HAVARD DE LA MONTAGNE

Audio lecteur Windows Media Messiaen : extrait de Dieu parmi nous par Jeanne Demessieux (CD FESTIVO, FECD 6961.862, www.festivo.nl ).

Lien : The Olivier Messiaen Page, site en anglais par Malcom Ball.
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1) «Le musicien de la joie», entretien avec Olivier Messiaen, in Du côté de la Trinité, journal de la paroisse de la Trinité, n° 2 de mars 1991, reprint in Musica et Memoria, n° 42 de juin 1991 (pp. 22-27). [ Retour ]

2) Le Figaro du 29 avril 1992, article de Jacques Doucelin. [ Retour ]

3) ibidem : hommage de P. Boulez à son maître. [ Retour ]

4) «Le musicien de la joie», op. cité. Je connais, toutefois, deux ou trois œuvres éditées sans nom d'auteur, il y a une soixantaine d'années. Notamment une Messe en mi mineur de Léon Saint-Réquier, compositeur très estimable qui n'avait pas voulu faire figurer son nom sur sa partition afin de pas obliger l'église à payer des droits d'auteur ! Belle et généreuse initiative ! (note de l'auteur). [ Retour ]

5) Editions A. Leduc, 175, rue Saint-Honoré, Paris, 1944. [ Retour ]

6) Le Figaro, 30 avril 1992. [ Retour ]

7) «Le Musicien de la joie», op. cité. [ Retour ]

8) Antoine Goléa, Rencontres avec Olivier Messiaen, Paris, Juliard, 1961. [ Retour ]

9) Ibidem.Retour ]

10) Panorama de l'art musical contemporain, Paris, NRF, 1962. [ Retour ]

11) Après le décès de sa première épouse, la violoniste Claire Delbos, fille du professeur à la Sorbonne Victor Delbos (auteur notamment des huit mélodies L'Ame en bourgeon données en première audition à la Schola Cantorum le 28 avril 1937), et ancienne élève de l'Ecole supérieure de musique César-Franck, Messiaen épousait en 1961 Yvonne Loriod. Née le 20 janvier 1924 à Houilles (Yvelines), élève du CSM où elle remporte sept premiers prix, excellent pianiste et pédagogue, Yvonne Loriod défend avec ardeur la musique de son mari. Elle enseigne au CNSM. C'est également une remarquable interprète des œuvres de Boulez, Schoenberg et Bartok. (NDLR) [ Retour ]

12) Le Figaro, 29 avril 1992. [ Retour ]

13) " Le Musicien de la joie ", op. cité. [ Retour ]

Fac similé d'affiche de concerts
Fac-similé affiche concerts des 30 novembre et 4 décembre 1972
avec notamment le concours d'Olivier Messiaen aux grandes orgues
et Élisabeth Havard de la Montagne au clavecin.
( collection DHM )

 


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