ALEXANDRE TANSMAN
( 1897 - 1986 )

Alexandre Tansman en 1926, à Vienne
( photo Herm C. Kosel, Wien )

Nous remercions Mmes Mireille Tansman Zanuttini et Marianne Tansman de nous avoir aimablement autorisé à publier
les photos de cette page.

* English version

La trajectoire biographique d'Alexandre Tansman est quasiment délimitée par le cadre des grands événements historiques qui ont jalonné notre siècle et comprend quatre périodes principales :

1897-1919 Enfance et adolescence en Pologne
1919-1941 Débuts et jeunes années dans le Paris de l'entre deux guerres
1941-1946 L'exil américain
1946-1986 Maturité et dernières années en France

Alexandre Tansman naît le 12 juin 1897 à Lodz dans la même ville que son célèbre compatriote, le pianiste Arthur Rubinstein. La Pologne était, depuis 1795, partagée entre l'Empire allemand, l'Empire austro-hongrois et l'Empire russe. Lodz se trouvait dans la partie dominée par la Russie. Ses parents, Mosze Tansman (1868-1908) et Anna Gurwicz (1866-1935), appartenaient à la grande bourgeoisie d'origine juive, très cultivée et très francophone. Ils prirent soin de son éducation, lui donnèrent les meilleurs professeurs de l'époque, et des gouvernantes étrangères. Il parla rapidement cinq langues (le polonais, le russe, l'allemand, le français et l'anglais).1

Très tôt, vers 4-5 ans, il apprend le piano. Toute sa famille était très musicienne : sa tante avait été l'élève d'Anton Rubinstein à Saint-Petersbourg, un cousin était l'élève d'Ysaÿe à Bruxelles et sa sœur étudiait avec Arthur Schnabel, à Berlin. On faisait beaucoup de musique de chambre dans la maison familiale et ses parents emmenèrent très tôt le jeune Alexandre au concert. C'est à l'âge de 6 ans, à la suite d'un concert d'Ysaÿe que Tansman décida de devenir musicien. Il commence à composer dès 8-9 ans. Ses maîtres de piano furent d'abord Wojciech Gawrónski (1868-1910)2, qui venait spécialement de Varsovie et habitait chez les Tansman, Karol K. Lüdschg, pédagogue d'origine tchèque et le pianiste hongrois, Sandor Vas. Tansman étudia le piano, l'harmonie et le contrepoint au Conservatoire de Lodz de 1902 à 1914.

Quant à l'orchestration, Tansman n'a jamais pris de leçons théoriques. Son apprentissage, il le fera au sein de l'Orchestre Symphonique de Lodz pendant la Première Guerre mondiale tandis qu'il jouait, faute de harpiste dans l'orchestre, les parties de harpe au piano. Il se familiarisera ainsi avec les couleurs de l'orchestre et les mélanges de timbres.

En 1915, il quitte Lodz pour faire ses études à Varsovie. Dans le but de se perfectionner, il travaille le contrepoint, la forme et la composition avec Piotr Rytel (1884-1970)3. Simultanément, il étudie à la Faculté de Droit et de Sciences Philosophiques de l'Université de Varsovie et obtient son doctorat en 1918. Dès les années 1917-18, Tansman, dans un isolement presque complet des courants musicaux occidentaux, compose des œuvres aux harmonies polytonales et emploie des résolutions d'accords en dehors des schémas de l'harmonie fonctionnelle.

En 1919, Tansman obtient les trois premiers prix (le Grand Prix et les deux suivants) du premier concours national de composition organisé en Pologne, de nouveau indépendante. Tansman avait envoyé trois œuvres sous des noms différents. Les morceaux destinés à concourir étaient une Romance pour violon et piano et deux pièces pour piano : Impression et le Prélude en si majeur. Ces trois partitions venaient juste d'être écrites en ce début de l'année 19194. Ce succès le décide à se rendre à Paris.

Tansman obtient son passeport du tout nouveau chef de l'État polonais alors Président du Conseil, Ignacy Jan Paderewski, lui-même pianiste célèbre et compositeur de talent. Plus tard, Paderewski se rendra en personne aux États-Unis, quand en 1927, Tansman y fera ses débuts en jouant son Deuxième Concerto pour piano et orchestre.

Arrivé à Paris à l'âge de vingt-deux ans fin 1919, Tansman travaille pendant peu de temps comme emballeur à La Villette puis, grâce à ses connaissances linguistiques, dans une banque. La situation du compositeur évolue assez vite. À peine six mois plus tard, il peut faire venir sa sœur puis, moins d'un an après son arrivée, sa mère. Après un an, ses activités musicales lui permettront de vivre. Au début, ses ressources financières reposent sur les leçons de piano qu'il donne. Très vite, il fera en tant que pianiste des tournées qui le conduiront en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Hollande et en Belgique.

Tansman avait un ami, un architecte polonais, Stanislaw Landau. Ce dernier le présenta à Georges Mouveaux, qui était scénographe à l'Opéra de Paris. Georges Mouveaux organisa un dîner chez lui afin de faire connaître le jeune compositeur à Maurice Ravel. Ravel introduisit à son tour Tansman chez ses éditeurs Demets et Max Eschig et auprès des interprètes.

C'est Ravel qui emmène Tansman chez Roland-Manuel, aux fameux lundis de Roland-Manuel. C'est là que Tansman fit la connaissance de Milhaud, Honegger, Roussel, Florent Schmitt, Ibert et de toute cette musique française dont la légèreté et le caractère spirituel marqueront très souvent ses propres compositions.5

Alexandre Tansman chez Vladimir Golschmann et son épouse à Saint-Louis (U.S.A.), en 1931, autour de Prokofiev déchiffrant au piano le deuxième Concerto de Tansman.
( Photo Ruth Cunliff Russel, St-Louis, U.S.A. )

Ravel donna aussi à Tansman une lettre d'introduction auprès du chef d'orchestre Vladimir Golschmann (1893-1972) qui dirigeait alors avec son orchestre des concerts d'avant-garde à Paris, les fameux Concerts Golschmann. Tansman vit là les premières auditions de ses toutes récentes partitions symphoniques écrites à Paris dès 1920. Ainsi furent jouées les Impressions pour orchestre à la Salle Gaveau le 3 Février 1921 et l'Intermezzo sinfonico à la Salle des Agriculteurs le 21 Décembre 1922. Plus tard, Golschmann dirigera à Bruxelles le 5 Mai 1924, la création mondiale de La Danse de la Sorcière6. Jusqu'à la fin de sa vie, Golschmann restera l'un des plus fidèles interprètes du compositeur aussi bien à la tête du Saint-Louis Symphony Orchestra qu'il dirigea de 1931 à 1958 que plus tard, en tant que directeur du Denver Symphony Orchestra entre 1964 et 1970.7

Ravel présenta également Tansman à la cantatrice Marya Freund8. Marya Freund créa les Huit mélodies japonaises d'Alexandre Tansman le 2 Février 1922 sous la direction d'André Caplet au Théâtre du Vieux-Colombier.

Tansman écrit en 1922 pour la Revue Musicale d'Henri Prunières le premier article français sur Szymanowski. C'est au cours des concerts organisés par la Revue Musicale que Tansman fit la connaissance de Bartók, Hindemith, Casella, Malipiero. Les concerts avaient lieu soit chez Prunières, soit à la Revue, rue de Grenelle soit au Théâtre du Vieux Colombier.

Tansman s'est souvent exprimé sur l'atmosphère qui régnait dans le Paris entre les deux guerres ; il n'y avait pas de différence hiérarchique, les compositeurs se montraient leurs œuvres. Les salons permettaient aux artistes de différentes disciplines (musiciens, écrivains, peintres) de se rencontrer. Tansman fréquentait le dimanche après-midi le salon de Madame Paul Clemenceau, la belle-sœur de Georges, qui était d'origine autrichienne. C'est là qu'il rencontre Albert Einstein, Hugo von Hofmannsthal et Stefan Zweig qui lui donnera une lettre d'introduction auprès de Richard Strauss. " Le dimanche soir, raconte Tansman, on allait chez les Godebski, les meilleurs amis de Ravel. Là, j'ai connu Gide, Manuel de Falla, Viñes. "9

Après avoir entendu une œuvre de Tansman dirigée par Golschmann (probablement l'Intermezzo sinfonico), Serge Koussevitzky (1874-1951) commence à s'intéresser au compositeur polonais qui lui dédie les deux partitions symphoniques qu'il écrit en 1923, un Scherzo sinfonico et une Légende. Koussevitzky créera ces deux œuvres à l'Opéra de Paris respectivement les 17 mai 1923 et 8 mai 1924, avec la formation d'élite qu'il avait fondé en réunissant les meilleurs musiciens de la capitale française : l'Orchestre des Concerts Koussevitzky.

Le 13 novembre 1925, on entendit pour la première fois une œuvre symphonique de Tansman aux Etats-Unis. Le Boston Symphony Orchestra dirigé par Serge Koussevitzky donnait la création américaine de la Sinfonietta n°1 pour orchestre de chambre (1924). Quelques jours après, le 22 novembre, Willem Mengelberg à la tête du New York Philharmonic Society Orchestra révélait au public new yorkais de Carnegie Hall La Danse de la sorcière.

Quelques mois plus tard, Tansman créa à l'Opéra de Paris le 12 juin 1926 avec l'Orchestre des Concerts Koussevitzky dirigé par Serge Koussevitzky son Premier Concerto pour piano et orchestre (1925) puis le 28 mai de l'année suivante le même Koussevitzky dirigea la première mondiale de la Symphonie (n°2) en la mineur dans le même lieu et avec la même formation.

En juin 1926, au cours d'un concert de la SIMC à Zürich pendant lequel Grzegorz Fitelberg dirigeait sa Danse de la Sorcière, Tansman rencontra l'imprésario Bernard Laberge qui s'occupait de Ravel et Bartók. De cette rencontre naîtra la première tournée que Tansman effectua aux États-Unis en compagnie de Ravel de novembre 1927 à Janvier 1928.

Tandis que Tansman naviguait en direction du Nouveau Monde, Koussevitzky comme cadeau de bienvenue donnait le 17 novembre à Boston la création américaine de la Symphonie (n°2) en la mineur avec l'orchestre symphonique de la ville. Le point fort de cette tournée devait être la création mondiale du Second Concerto pour piano et orchestre (1927) qui eut lieu également à Boston les 28 et 29 décembre 1927 avec les mêmes interprètes que la symphonie, et le compositeur au piano. Le même concert fut repris début janvier au Carnegie Hall de New York. L'œuvre était dédiée à Charlie Chaplin qui assista à la première. Tansman restera très lié à Chaplin, lui envoyant souvent par l'intermédiaire de son éditeur ses dernières partitions publiées.

À l'occasion de cette tournée, Tansman se lia d'amitié avec Gershwin et l'invita à Paris. Gershwin viendra quelques mois plus tard dans la capitale française alors qu'il composait son poème symphonique Un Américain à Paris. Il travailla avec Tansman à l'orchestration de cette œuvre et les deux amis allèrent ensemble chercher avenue de la Grande-Armée les klaxons utilisés par Gershwin pour représenter le vacarme urbain de la circulation automobile d'une grande cité.

Tansman n'a jamais cessé d'aider ses collègues ; c'est lui par exemple qui introduisit auprès de son éditeur Max Eschig Villa-Lobos, Varèse, Mihalovici, Szymanowski comme plus tard d'autres compositeurs beaucoup plus jeunes que lui.

Comme beaucoup de compositeurs dans les années vingt, Tansman subit l'influence du jazz que les européens venaient de découvrir après la guerre de 14-18. Ses tournées en Amérique puis son exil forcé pendant la Seconde Guerre mondiale lui ont permis d'approcher les plus grands musiciens comme Duke Ellington, Louis Armstrong et surtout Art Tatum qui l'impressionnait beaucoup par sa vélocité et ses changements de rythmes.10

L'année 1929 voit la publication des premiers articles musicologiques publiés sur la musique d'Alexandre Tansman. Raymond Petit publie dans le numéro de février de la Revue musicale une première étude tandis qu'Alejo Carpentier écrit pour la revue "Social" de septembre (volume 14 n°9) son article intitulé " Alexandre Tansman y su obra luminosa ". Le critique américain Irving Schwerke publie à Paris en 1931 la première monographie consacrée à Tansman.11

Au début des années trente, on commence à parler d' "École de Paris" à propos d'un groupe de compositeurs établis dans la capitale française, tous amis et originaires d'Europe centrale et orientale. Il y avait le roumain, Marcel Mihalovici, le russe Alexandre Tcherepnine, le hongrois Tibor Harsányi, le tchèque Bohuslav Martinu, le suisse Conrad Beck et le polonais, Alexandre Tansman. Chacun écrivait sa musique. Tous apportaient au courant musical français une plus grande fermeté formelle, une vigueur rythmique soutenue par un raffinement de l'accentuation, des inflexions modales à la mélodie en provenance des différentes traditions musicales représentées dans le groupe, une pensée plus linéaire réactivant parfois des processus d'écriture abandonnés depuis la période baroque.

Dans toute sa production, Tansman traitera très souvent le caractère polonais12 non seulement au travers de formes de danses telles que la mazurka, l'oberek, la kujawiak, la polka etc. mais aussi dans sa ligne mélodique (avec la gamme polonaise et son quatrième degré rehaussé) et surtout dans son écriture harmonique.13

En 1931, il dédie une œuvre "à sa Majesté la Reine Elisabeth de Belgique". Il s'agit de sa Troisième Symphonie "Symphonie Concertante" écrite pour une formation rarement utilisée : le quatuor avec piano et l'orchestre. L'œuvre fut créée le 6 Mars 1932, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sous la direction du compositeur avec le Quatuor belge à clavier.

Tansman eut l'honneur de jouer en duo avec la Reine Elisabeth qui était violoniste et avait été l'élève d'Eugène Ysaÿe. Il lui dédiera également plus tard sa Suite baroque de 1958.

Sergueï Prokofiev et Alexandre Tansman en 1932, à Saint-Louis (U.S.A.).
( Photo Ruth Cunliff Russell, St-Louis, U.S.A. )

En 1932, il effectue une première tournée en Pologne et obtient un grand succès, notamment à Varsovie où il donne en septembre la première mondiale de sa Troisième Sonate pour piano (1932) qu'il venait d'achever en juin.

Le 6 Octobre 1932, Arturo Toscanini, qui n'apprenait pas beaucoup d'œuvres contemporaines à cause de ses problèmes de cécité, dirigea par cœur ses Quatre Danses polonaises à la tête du New York Philharmonic Society Orchestra. Ce concert très important marqua le début d'un grand événement dans la vie de Tansman : le commencement de son voyage autour du monde qui devait le conduire, après une importante tournée aux Etats- Unis, à Hawaii, au Japon, en Chine, aux Philippines, à Singapour, dans les îles de l'Indonésie, Java, Bali et Sumatra, à Ceylan, en Inde, en Egypte, en Italie, aux Baléares. Pendant ce voyage, il sera reçu par l'Empereur du Japon, Hiro-Hito14. Lors de son escale en Inde, Tansman séjournera six jours chez Gandhi à l'invitation de ce dernier. Cette tournée a duré presque un an. Il y a eu un film qui a été montré à Paris à l'Institut polonais et à la télévision polonaise peu de temps avant le décès du compositeur. La traduction musicale de ses impressions de voyage fut consignée dans un charmant recueil de pièces pour piano intitulé Le Tour du monde en miniature (1933) qui sera créé en 1934 à Londres, à la B.B.C. par le compositeur lui-même au piano.

Si le monde entier l'acclame comme compositeur polonais, Tansman va harmoniser en cette année 1933 une série de douze Chants hébraïques, sa première œuvre d'inspiration véritablement judaïque. Tansman avait connu une jeune chanteuse yéménite qui lui chanta des mélodies juives très belles conservées dans le Yémen dans la plus pure tradition juive ; on dit qu'elles proviennent de la douzième tribu qui s'est perdue. Cette partition ouvrait une série d'œuvres dans lesquelles le compositeur souhaitait mettre en valeur les qualités spécifiques et néanmoins universelles du judaïsme sous l'aspect de son apport philosophique à l'humanité.15 Tansman utilisa en 1938 ces chants dans sa Rapsodie hébraïque pour petit orchestre ou piano. Cette œuvre sera créée en 1939 à Paris par l'Orchestre National de la Radiodiffusion française dirigé par Rhené-Baton.

C'est également vers cette époque que Tansman commence à écrire pour le cinéma. En 1932, une première collaboration avec Julien Duvivier pour le film Poil de Carotte inaugurera cette nouvelle activité dans la carrière du compositeur.

La seconde moitié des années trente voit l'espace de diffusion de la musique de Tansman se réduire en raison de la situation politique de l'Europe centrale. Son nom figure désormais sur une liste noire de musiciens polonais considérés comme appartenant à l' Entartete Kunst (l'Art dégénéré) aux côtés des noms d'Arthur Rubinstein, Bronislaw Huberman, Pawel Kochanski, Arthur Rodzinski, Leopold Godowski et de beaucoup d'autres.16

Cependant, Tansman effectue en 1936 une seconde tournée en Pologne. La radio polonaise organise et transmet un concert de ses œuvres incluant le Concertino pour piano et orchestre (1931) et les Deux Moments symphoniques (1932) qui rencontrent l'indifférence de la critique varsovienne. De même, les Deux Pièces (1934) jouées le 11 Décembre 1936 au cours d'un concert de la Philharmonie de Varsovie dirigée par le chef luxembourgeois Henri Pensis sont ignorées. De plus en plus indigné par le comportement du gouvernement polonais de l'époque qui collaborait avec l'Allemagne hitlérienne, Tansman décide de renoncer à sa nationalité polonaise. Le 1er juin 1938, un décret signé par le Président de la République française, Albert Lebrun, lui confère la nationalité française. Comme l'était devenu deux ans plus tôt Igor Stravinsky, comme le deviendra l'année suivante Bruno Walter, Alexandre Tansman devenait citoyen français.

Malgré la situation politique problématique, le catalogue des œuvres du compositeur s'enrichit de nombreuses partitions significatives comme le Quatuor à cordes n°4 (1935), les ballets La Grande Ville et Bric à Brac (1935), la Fantaisie pour violoncelle et orchestre (1936), le Concerto pour alto et orchestre (1936-37), les Variations sur un thème de Frescobaldi (1937), la Fantaisie pour piano et orchestre (1937), le Concerto pour violon et orchestre (1937), la Sérénade n°2 pour trio à cordes (1937), un second opéra intitulé La Toison d'Or (1938), sur un livret de Salvador de Madariaga, le Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano (1938), la Symphonie n°4 (1939), et les deux premiers recueils d'Intermezzi pour piano (1939).

Les difficultés engendrées par la restriction de l'espace démocratique européen et par les menaces de guerre ont des conséquences sur la destinée de plusieurs œuvres écrites par Tansman au cours de cette période. Certaines comme la Fantaisie pour violoncelle et orchestre ou le Concerto pour violon et orchestre ne seront créées dans leurs versions avec orchestre qu'après la Seconde Guerre mondiale. D'autres, comme la Fantaisie pour piano et orchestre ou la Symphonie n°4 (une des œuvres les plus personnelles de Tansman!)17 attendent toujours, près de soixante ans après leur composition, d'être données en création mondiale. Quant à l'opéra, La Toison d'Or, il ne sera donné qu'en 1947 à la Radio française dans une version à deux pianos et une mise en scène de Bronislaw Horowicz.

Le 7 décembre 1937, Alexandre Tansman avait épousé Colette Cras, la fille du compositeur et Amiral Jean Cras, une remarquable pianiste. Deux filles, Mireille et Marianne, étaient nées de cette union. En août 1940, Tansman se réfugie à Nice avec sa famille pour échapper aux dangers que faisait peser l'ennemi sur la communauté d'origine juive dans la France occupée. Tansman poursuit une activité soutenue dans le domaine de la composition surtout dans le domaine de la musique pour piano18. L'année 1940 voit naître la Rapsodie polonaise pour orchestre ou piano qui porte une dédicace en "Hommage aux défenseurs de Varsovie". En raison du caractère fortement symbolique que l’œuvre présentait dans le contexte historique de la guerre, il va s'agir avec la Symphonie n°5 en ré (1942) d'une des deux partitions de Tansman les plus fréquemment programmées par les grandes formations symphoniques américaines pendant la période d'exil du compositeur19. En cette période sombre et troublée, en composant son Cinquième quatuor à cordes, Tansman nous livre une de ses pages les plus intensément dramatiques. L'œuvre sera créée à San Francisco le 3 Août 1942 par le Quatuor de Budapest.

En 1941, grâce à l'appui d'un comité organisé par Charlie Chaplin, Arturo Toscanini, Serge Koussevitzky, Eugene Ormandy et Jascha Heifetz, Alexandre Tansman peut quitter la France. Dès son arrivée aux Etats-Unis, Tansman bénéficie du soutien de Mrs. Elisabeth Sprague Coolidge20 qui lui passe commande d'une sonate pour le prix de 5000 $ U.S. Le 30 Octobre 1941, à la Bibliothèque du Congrès de Washington, dans le Coolidge Auditorium, Alexandre Tansman faisait entendre sa Quatrième Sonate pour piano pour la première fois. Au cours de la même soirée, la Coolidge Medal lui était remise en même temps qu'aux compositeurs Benjamin Britten et Randall Thompson (1899-1984).

Igor Stravinsky et Alexandre Tansman en 1945, à Hollywood
( photo X... )

Peu après, Tansman s'installe à Los Angeles où il retrouve de nombreux artistes et intellectuels européens contraints à l'exil par la guerre comme Igor Stravinsky, Arnold Schoenberg, Darius Milhaud, Thomas Mann, Mario Castelnuovo-Tedesco. Il consolide son amitié pour Igor Stravinsky et sa femme Vera grâce à une fréquentation quasi quotidienne. Tansman a parlé d'Hollywood, de cette époque comme d'une sorte de "Weimar contemporain". Les années américaines sont dominées par la composition de trois symphonies : la Cinquième en ré, la Sixième "in memoriam" (1944) dédiée à la mémoire de ceux qui sont tombés pour la France qui comprend quatre mouvements, chacun de formation instrumentale différente21 et qui sera créée à Paris après la Libération par le Chœur et l'Orchestre National de la Radiodiffusion française dirigé par Roger Désormière, et enfin la Septième Symphonie "Lyrique", dédiée à Vera et Igor Stravinsky et qui sera dirigée par des chefs comme Vladimir Golschmann, Dimitri Mitropoulos, Franz André, Eduard Flipse, Eugene Ormandy ou André Cluytens.

La présence de l'industrie cinématographique à Hollywood permettait à Tansman d'assurer la sécurité matérielle de sa famille tout en continuant de travailler à des œuvres plus sérieuses. Tansman écrira plusieurs musiques de films à cette époque dont celles de Flesh and Fantasy de Julien Duvivier en 1942 et de Sister Kenny de Dudley Nichols en 1946. Un projet pour le film Scarlet Street de Fritz Lang avorta en 1945.

En 1944, le compositeur et chef d'orchestre Nathaniel Shilkret s'adresse à plusieurs compositeurs émigrés pour participer à une composition collective intitulée The Genesis, destinée à être incluse dans une édition discographique de la Bible. Shilkret demande à chaque compositeur d'écrire une courte pièce illustrant un chapitre de la Genèse. Les compositeurs choisis sont Arnold Schoenberg (pour le Prélude op. 44), Alexandre Tansman (Adam et Eve), Darius Milhaud (Caïn et Abel op. 241), Mario Castelnuovo-Tedesco (L'Arche de Noé), Ernst Toch (Le Déluge) et Igor Stravinsky (Babel). L'initiateur du projet, Nathaniel Shilkret se réserva l'épisode de La Création. Bartók, Hindemith et Prokofiev avaient été pressentis pour écrire d'autres parties qui ne verront pas le jour. L'œuvre fut créée à Los Angeles le 18 Novembre 1945 sous la direction de Werner Janssen et il serait peut-être souhaitable de la faire revivre un jour en tant qu'œuvre collective, soit au concert ou par le disque.

Tansman retrouve la France en Avril 1946. Peu à peu, il reprend sa place dans la vie musicale de notre pays. Symboliquement, une des toutes premières œuvres écrites à son retour s'intitule Ponctuation française, un cycle de mélodies sur des textes brefs et concis de Charles Oulmont écrits en clandestinité durant la Seconde Guerre mondiale. Mais c'est surtout à l'étranger, en Belgique, aux Pays Bas, en Italie, en Suisse, en Angleterre que l'œuvre de Tansman prend un nouveau départ. Le compositeur est alors dans sa pleine maturité. Il va avoir cinquante ans en 1947 et de nombreux concerts symphoniques de ses œuvres sont organisés dans le monde. Cet hommage est inauguré par une série de concerts en Hollande, donnés par les plus prestigieuses phalanges du pays, (Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, Orchestre Philharmonique d'Amsterdam, Orchestre Philharmonique de La Haye, Orchestre Symphonique d'Utrecht) sous la direction du compositeur avec le concours de Colette Cras22 au piano.

En 1948, Tansman écrit un important ouvrage sur Igor Stravinsky23, résultat d'une connaissance intime de l'œuvre et d'une fréquentation régulière du compositeur pendant les années d'exil. Il compose également sa Musique pour orchestre (Symphonie n°8) qui sera créée par Rafaël Kubelik en 1949 à la XIIe Biennale Internationale de Musique contemporaine de Venise, puis dirigée par ce même chef avec l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam en 1950 et au Chicago Symphony Orchestra l'année suivante.

L'oratorio Isaïe le Prophète voit le jour en 1950. Le compositeur a choisi plusieurs chapitres des Prophéties d'Isaïe de l'Ancien Testament. Le choix et l'ordre de la succession des différents fragments de chapitres sont ici organisés dans la perspective de la construction générale de l'oratorio et de son plan expressif. Le compositeur souhaitait effectuer le parcours de l'angoisse à la joie en passant par une prière et un chant d'espoir. Tansman a composé cette œuvre à la fois comme une stèle à la mémoire des six millions de juifs exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale et pour saluer la création de l'état d'Israël. L'œuvre comprend sept parties dont une fugue pour l'orchestre seul et un intermède pour instruments à vent. Il s'agit de la première des trois partitions24 que Tansman préférait dans toute sa production et qu'il considérait avec une certaine fierté. L'œuvre fut créée en 1952 à la Radiodiffusion française par le Chœur et l'Orchestre National sous la direction du compositeur et obtint trois ans plus tard sa première américaine à Los Angeles sous la direction de Franz Waxman, ainsi qu'un enregistrement phonographique sous la direction de Paul van Kempen.

En 1953, l'année tragique du décès de sa femme Colette, Tansman achève son opéra Le Serment dont le livret est adapté d'après La Grande Bretêche de Balzac. Cet ouvrage est son opéra le plus fréquemment représenté. Il s'agit d'un épisode lyrique en deux tableaux, d'environ cinquante-cinq minutes. André Cluytens en dirigea la création mondiale en concert en 1954 à la radio française et la première représentation théâtrale eût lieu le 11 mars 1955 au Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles. Bruno Maderna dirigea en 1970 la première italienne de l'œuvre à la R.A.I. de Milan.

Après avoir achevé son très stravinskyen Capriccio pour orchestre pour le Louisville Orchestra, une commande de la Ford Foundation qui fera immédiatement l'objet d'un enregistrement, Tansman compose le Concerto pour orchestre, une œuvre symphonique majeure qui sera dirigée par de très nombreux chefs d'orchestre.25

L'année où il achève son plus important opéra Sabbatai Zevi, une fresque lyrique en un prologue et quatre actes sur un livret de Nathan Bistritzky, Tansman effectue entre les 14 et 31 Juillet 1958 son premier voyage en Israël.

Alexandre Tansman à son piano, à Paris, dans les années 1960.
( Photo Richard de Grab, Paris - New York )

Les années 1959 et 1960 voient Tansman enseigner la composition à Santiago de Compostela et prononcer sa conférence intitulée " Quelques réflexions sur la matière et l'esprit dans la musique contemporaine ".

Dans la première moitié des années soixante, Tansman écrit des partitions importantes dans des genres aussi différents que le ballet (Résurrection (1962) sur un argument de Pierre Médecin d'après Tolstoï), la musique d'inspiration religieuse (Psaumes pour ténor , chœur mixte et orchestre (1961) ), l'opéra (L'usignolo de Boboli (1963) sur un argument de Mario Labroca), la musique symphonique (La Lutte de Jacob avec l'Ange, 1960, mouvement symphonique inspiré de Gauguin, Six études pour orchestre, 1962, Six Mouvements pour orchestre à cordes,1963, Concerto pour violoncelle et orchestre, 1963), la musique instrumentale (Suite in modo polonico pour guitare,1962, Fantaisie pour violon et piano, 1963).

En 1967, la S.A.C.E.M. lui décerne le prix Hector Berlioz et Tansman effectue son premier voyage de l'après-guerre en Pologne.

Alors commence la dernière période créatrice du compositeur, non moins fertile que les précédentes, dans laquelle Tansman conserve une parfaite maîtrise de tous ses moyens. Cette période est dominée par une série d'œuvres symphoniques majeures dans lesquelles le compositeur déploie ses qualités expressives, sachant parfaitement alterner vivacité et intériorité réflexive, usant d'un langage harmonique raffiné qui ménage les effets des tensions dissonantes et de leurs résolutions, employant une orchestration luxuriante et virtuose et une construction formelle claire et efficace. Citons les Quatre mouvements pour orchestre de 1968, le Diptyque pour orchestre de chambre et l'Hommage à Erasme de Rotterdam de 1969, la Stèle in memoriam Igor Stravinsky en 1972, l'Élégie à la mémoire de Darius Milhaud en 1975, la Sinfonietta n°2 pour orchestre de chambre en 1978 et les Dix Commandements en 1979.

Le 5 mai 1977, Tansman est élu membre de l'Académie royale de Belgique (classe des Beaux-Arts ) en remplacement de Dimitri Chostakovitch décédé deux ans auparavant.

Les années 1977 à 1980 marquent véritablement une renaissance de l'intérêt pour la musique de Tansman dans sa Pologne natale. Un festival Tansman est organisé à l'occasion de son 80e anniversaire26; un second festival a lieu à Poznan le 17 février 197827. L'année suivante, Tansman effectue une nouvelle visite en Pologne entre le 13 et le 20 juin. Enfin du 26 septembre au 10 Octobre 1980, un important Festival Tansman permet d'entendre de nombreuses œuvres parfois rarement jouées28. Dans les dernières années de sa vie, les autorités polonaises décernent à Tansman de nombreuses récompenses : médaille de l'Association des compositeurs polonais, Ordre du Mérite de la République Populaire de Pologne et Ordre du Mérite de la Culture Polonaise.

En 1982, Tansman écrit sa dernière œuvre pour le concert : son Hommage à Lech Walesa, une mazurka pour guitare. Jusqu'à la fin de sa vie, Tansman s'est senti très concerné par les problèmes du monde contemporain. Il lui semblait indispensable dans ces années difficiles de l'Histoire de la Pologne, d'exprimer son admiration pour le courage du syndicaliste qui deviendra quelques années plus tard, le chef de l'État polonais.

L'année même de son décès survenu à Paris le 15 Novembre 1986, Tansman est fait Docteur Honoris Causa de l'Académie Musicale de Lodz et la France l'honore en l'élevant au grade de Commandeur des Arts et des Lettres, en septembre 1986.

© 1998 by Gérald HUGON 29

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1) Plus tard, Tansman ajoutera à ses connaissances linguistiques de jeunesse, l'espagnol et l'italien. [ Retour ]

2) Wojciech Gawrónski (1868-1910) pianiste, compositeur et chef d'orchestre polonais avait étudié la composition à l'Institut de Musique de Varsovie avec Noskowski puis plus tard, à Berlin, avec Moritz Moszkowski. Il est possible aussi qu'il ait travaillé l'orchestration avec Brahms. Comme pianiste, il fit de nombreuses tournées en Pologne et en Russie et était surtout admiré pour ses interprétations de Bach et Chopin. À partir de 1902, il enseigna à Varsovie et devint aussi professeur à l'école de musique de Lodz. Son catalogue d'œuvres comporte deux opéras, de la musique symphonique, des œuvres chorales, quatre quatuors à cordes, des sonates et des pièces pour instruments à cordes et piano ainsi que des mélodies. [ Retour ]

3) Piotr Rytel (1884-1970) compositeur et professeur polonais a écrit principalement des opéras, des ballets et quatre symphonies. Outre Tansman, on relève parmi ses élèves les noms de Tadeusz Baird (1928-1981), Andrzej Panufnik (1914-1991 ) et Wlodzimierz Kotonski (1925). [ Retour ]

4) Cet exploit sera renouvelé quarante ans plus tard en 1959, lorsque le jeune Krzysztof Penderecki remportera dans les mêmes conditions les trois premiers prix du concours organisé par l'Association des compositeurs polonais en envoyant Strophes pour soprano, récitant et dix instruments, Émanations pour deux orchestres à cordes et Psaumes de David pour chœur mixte, deux pianos et percussion. [ Retour ]

5) Un exemple représentatif de cette inspiration française de Tansman peut être trouvé dans le premier mouvement « Pastorale » de la Troisième Sonatine pour piano (1933). [ Retour ]

6) Ce fut au cours de ce concert que Golschmann présenta Tansman à Pierre Monteux qui devait diriger quelques années plus tard la Suite symphonique de la Nuit Kurde (1926), la Toccata (1929) et les Deux Moments symphoniques (1932). [ Retour ]

7) Parmi le très grand nombre de partitions d'Alexandre Tansman dirigées par Vladimir Golschmann, il faut citer le Triptyque pour orchestre à cordes (1930), le Concertino pour piano et orchestre (1931), les Deux Moments symphoniques (1932) œuvre dédiée à Vladimir Golschmann, les Deux Pièces pour orchestre (1934) dédiées à Arturo Toscanini, l'Adagio pour orchestre à cordes (1936), les deux versions (pour orchestre symphonique et pour orchestre à cordes) des Variations sur un thème de Frescobaldi (1937), les orchestrations de la Toccata et Fugue en ré mineur B.W.V. 538 de Johann Sebastian Bach (1937) et des Deux Chorals B.W.V.705 et 599 (1939), la Rapsodie polonaise (1940), la Symphonie n°5 (1943), la Sérénade n°3 (1943), le Divertimento pour orchestre de chambre (1944), la Symphonie n°7 (1944), la Suite dans le goût espagnol (1949), les Ricercari (1949), la Sinfonia Piccola (1951-52), le Concerto pour orchestre (1954), la Suite baroque (1958), le Diptyque (1969). Les œuvres ci-dessus mentionnées données en création mondiale sous la direction de Golschmann sont imprimées en gras. [ Note du webmestre: sous certaines configurations, le gras n'est pas très apparent dans les petits caractères. Vous pouvez régler provisoirement votre navigateur sur une taille de police supérieure. ] [ Retour ]

8) Marya Freund (1876-1966) avait étudié le violon avec Pablo de Sarasate avant d'aborder le chant. Elle avait commencé une carrière de cantatrice à l'opéra de sa ville natale Breslau (aujourd'hui Wroclaw). Schoenberg admirait sa musicalité et lui avait demandé de chanter le rôle de Tove lors de la création de ses Gurrelieder. Plus tard, elle interpréta à Paris deux autres ouvrages de Schoenberg : les Quinze Lieder d'après le Livre des Jardins suspendus de Stefan George op. 15 et le Pierrot lunaire. [ Retour ]

9) Émission de Catherine Ravet et Alain Jomy diffusée par France Musique (Radio France) le 28 février 1985. [ Retour ]

10) Les principales compositions de Tansman dans lesquelles on peut relever l'influence du jazz sont la Sonatine pour violon ou flûte et piano (1925), le ballet Lumières (1927), la Sonatine transatlantique pour piano ou orchestre (1930), la Symphonie n°3 "Concertante" (1931), le n°1 du Tour du monde en miniature (1933), les ballets Bric à Brac et La Grande Ville (1935), le « Blues » n°6 des Huit Novelettes pour piano (1936), Trois Préludes en forme de blues pour piano (1937), Carnival Suite pour orchestre ou deux pianos (1942), Ricercari pour orchestre (1949), le ballet Résurrection (1962), le « Tempo di blues » n°2 de l'Album d'Amis (1980). [ Retour ]

11) Irving Schwerke, Alexandre Tansman Compositeur polonais, Paris, 1931, Éditions Max Eschig. [ Retour ]

12) « Je peux le dire spontanément. J'ai fait le même parcours à peu près que Bartók ou de Falla, par exemple, le folklore imaginé. Je ne me suis pas servi des thèmes populaires, mais enfin, j'ai utilisé ce genre de ligne mélodique. Parce que le folklore polonais est très riche au point de vue harmonique et au point de vue mélodique » in Alexandre Tansman : Œuvre et Témoignage, in les Chemins de la Connaissance, émission n° 1 : « La Pologne, Enfance et Vocation » de Marie-Hélène Pinel, diffusée le 8 mars 1980 sur France Culture (Radio France). [ Retour ]

13) Le nombre d'œuvres de Tansman témoignant d'une influence polonaise est si considérable qu'il serait disproportionné de les énoncer ici en totalité : mentionnons malgré tout les plus importantes : Sinfonietta n°1 (1924), Quatuor à cordes n°3 (1925), Symphonie n°2 en la mineur (1926), Suite pour deux pianos et orchestre (1928), Suite-Divertissement pour violon, alto, violoncelle et piano (1929), Quatre Danses polonaises pour orchestre ou piano (1931), Deux Pièces pour orchestre (1934), Fantaisie pour violoncelle et orchestre (1936), Sérénade n°2 pour violon, alto et violoncelle (1937), Rapsodie polonaise pour orchestre ou piano (1940), Tombeau de Chopin pour orchestre ou quintette à cordes (1949), Ricercari pour orchestre (1949), Suite légère pour orchestre (1955), Concerto pour clarinette et orchestre (1957), Musique à Six pour clarinette, quatuor à cordes et piano (1977), Sinfonietta n°2 (1978) ainsi que dans de très nombreuses œuvres pour piano dont la Sonate n°2 (1928) et les quatre recueils de Mazurkas (1918-1928, 1932, 1941) ainsi qu'une grande partie de son œuvre pour guitare, Mazurka (1925), Trois Pièces (1954), Suite in modo polonico (1962), jusqu'à l'ultime Hommage à Lech Walesa (1982). [ Retour ]

14) Interview du 10 août 1986 avec Christine de Obaldia, diffusée sur France Culture (Radio France) in « Mémoires du siècle » le 14 décembre1986. [ Retour ]

15) A cette série d'œuvres appartiennent les Chants hébraïques (1933), Deux Images de la Bible pour orchestre (1935), la Rapsodie hébraïque (1938), Adam et Eve n° 2 de la suite biblique pour récitant et orchestre (1944), la Suite hébraïque pour orchestre (1944), R'hitia Jewish Dance pour piano (1944), la Prière hébraïque pour ténor, chœur mixte, piano ou orgue (1945), Kol-Nidrei pour ténor, chœur mixte et orgue (1945), Ma Tovu-How fair are thy tents pour ténor ou baryton, chœur mixte et orgue (1946), Le Cantique des Cantiques pour orchestre de chambre (1946), La Sulamite pour orchestre de chambre (1946), l'oratorio Isaïe le Prophète (1950), les Quatre Prières pour chœur mixte sur des Psaumes de David (1951), Deux Pièces hébraïques pour orgue ou piano (1954-55), l'Album d'Israël pour orchestre de chambre (1958) ou Visit to Israël pour piano (1958), Prologue et Cantate pour chœur de femmes et orchestre de chambre (1957), la fresque lyrique en un prologue et 4 actes Sabbatai Zevi, le Faux Messie (1957-58), les Psaumes pour ténor, chœur mixte et orchestre (1960-1961), Eli, Eli, Lamma Sabatchani in memoriam d'Auschwitz pour chant et piano (1966), l'Apostrophe à Zion pour chœur et orchestre (1976-1977), Les Dix Commandements pour orchestre (1978-1979). [ Retour ]

16) Voir Janusz Cegiella, Dziecko Szczescia Aleksander Tansman I Jego Czasy, tome I, p. 348, Lodz, 1996, Wydawnictwo 86 Press. [ Retour ]

17) La première exécution mondiale de la Symphonie n° 4 ne sera programmée en fait qu'en Juin 1998 à l'occasion des séances d'enregistrement prévues par l'Orchestre Symphonique de Bamberg, dirigé par Israël Yinon pour la firme Koch-Schwann. [ Retour ]

18) L'année 1940 voit l'achèvement de Valse-Impromptu, des 3e et 4e recueils d'Intermezzi, des quatre recueils de pièces pour piano 4 mains intitulées Les Jeunes au piano. Avant de quitter Nice en 1941, Tansman avait terminé la Sonate pour deux pianos, les trois pièces Mazurka, Canzone orientale, Moment musical, les trois Ballades, les 3e et 4e recueils de Mazurkas, les Six Etudes de virtuosité, la Sonate n°4. [ Retour ]

19) La Rapsodie polonaise sera créée à St Louis les 11 et 12 novembre 1941 à l'Opera House, Kiel Auditorium par le St Louis Symphony Orchestra dirigé par Vladimir Golschmann. D'autres exécutions eurent lieu les 16 et 18 Avril 1942 avec le Cleveland Orchestra dirigé par Arthur Rodzinski, le 25 Octobre 1942 avec le Minneapolis Symphony Orchestra dirigé par Dimitri Mitropoulos, le 3 Janvier 1943 avec le New York Philharmonic Symphony Orchestra dirigé par Dimitri Mitropoulos, le 31 janvier à Washington et le 2 février 1943 avec le National Symphony Orchestra de Washington dirigé par le compositeur, les 14 et 15 Mars 1943 par le St Louis Symphony Orchestra dirigé par Vladimir Golschmann. [ Retour ]

20) Elisabeth Sprague Coolidge (1864-1953) créa en 1925 une fondation qui porte son nom à la Bibliothèque du Congrès de Washington pour permettre au département musique de la Bibliothèque d'organiser des festivals, de présenter des concerts, d'offrir des récompenses ou prix à toute(s) composition(s) originale(s) jouées en public au cours des festivals et des concerts produits sous les auspices de la Bibliothèque. En 1932, elle institua l'Elisabeth Sprague Coolidge Medal qui est distribuée chaque année à un ou plusieurs récipiendaires pour "des services éminents rendus à la musique de chambre". Outre la Quatrième Sonate pour piano, Elisabeth Sprague Coolidge avait commandé à Tansman en 1930 son Triptyque pour orchestre à cordes (ou quatuor à cordes). Par ailleurs, Madame Coolidge sera la dédicataire de la Sérénade n°3 pour orchestre (1943). [ Retour ]

21) Le premier mouvement, « Andante cantabile », est écrit pour instruments à vent, percussion et piano, le second pour orchestre à cordes et quatuor à cordes concertino, le troisième pour l'orchestre complet, tandis que le final est conçu pour chœur et orchestre. [ Retour ]

22) Les œuvres programmées sont les Symphonies n°5, 6, 7, Deux Moments symphoniques, la Sérénade n°3, la Rapsodie polonaise, le Triptyque, la Partita n°2 pour piano et orchestre de chambre (1944), et la Suite pour deux pianos et orchestre. [ Retour ]

23) Alexandre Tansman, Igor Stravinsky, Paris, Amiot-Dumont 1948. [ Retour ]

24) Les deux autres œuvres que Tansman pensait avoir le mieux réussi dans toute sa carrière de compositeur étaient son Concerto pour orchestre (1954) et la fresque lyrique Sabbatai Zevi (1958). [ Retour ]

25) Franz André, Manuel Rosenthal, Vladimir Golschmann, Charles Brück, Stanislaw Wislocki, Igor Blazhkov, Maurice Le Roux, Eduard Flipse, Jean Fournet, Renard Czajkowski, Tadeusz Strugala, Antonio de Almeida. [ Retour ]

26) Les principales œuvres jouées sont Stèle in memoriam Igor Stravinsky, Concerto n° 2 pour piano et orchestre, Suite Baroque, Concertino pour piano et orchestre. [ Retour ]

27) Le programme comprenait l'Hommage à Erasme de Rotterdam, le Concertino pour piano et orchestre, l'Élégie à la mémoire de Darius Milhaud et le Concerto pour orchestre. [ Retour ]

28) Quatre Danses polonaises, Concerto n°2 pour piano et orchestre, Quatre Mouvements pour orchestre, Rapsodie polonaise, Concerto pour violoncelle et orchestre, 8 Mélodies japonaises, Quatuor à cordes n°6, 11 Interludes pour piano et Suite in Modo Polonico pour guitare. [ Retour ]

29) La rédaction de Musica et Memoria remercie vivement Mme Mireille Tansman Zanuttini de nous avoir autorisé à publier ici ce travail de M. Gérald Hugon. Il peut être également consulté dans l'ouvrage collectif « Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986) », publié en 2000 par les Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, comportant 16 communications réunies par Pierre Guillot, professeur à l'Université de Paris IV - Sorbonne, classées en 4 parties : Biographie, Style, Analyse et esthétique, Diffusion et réception de l'œuvre. (254 pages, ISSN : 1275-2622, ISBN : 2-84050-175-9, prix : 169FF). Peut être commandé auprès de l'Association des Amis d'Alexandre Tansman. [ Retour ]

 


Exposition virtuelle présentée lors de la journée consacrée à Alexandre Tansman,
le 30 mars 2014 à la Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild
(avec l’aimable autorisation de Mme Mireille Tansman Zanuttini) DR.

CATALOGUE DES ŒUVRES

Le Catalogue complet de l'œuvre d'Alexandre Tansman a été établi en 1995 par M. Gérald Hugon (Éditions Max Eschig), avec la collaboration des filles du compositeur, Mmes Mireille Tansman Zanuttini et Marianne Tansman Martinozzi. Y figurent, outre toutes les œuvres par genres, les dates de composition, les effectifs, les premières auditions, les exécutions les plus importantes dont on a gardé mémoire, ainsi que les œuvres encore inédites qui ont pu être recensées et toutes les éditions disponibles.

Cet ouvrage de 124 pages, illustré de nombreuses photographies du compositeur et de fac-similés de ses partitions, peut être acquis auprès des Editions Max Eschig, 4-6 Place de la Bourse, 75002 Paris, ou auprès de l'Association des Amis d’Alexandre Tansman.

Catalogue pratique

La musique d'Alexandre Tansman sur CD


" LES AMIS D’ALEXANDRE TANSMAN "

L'Association " Les Amis d'Alexandre Tansman ", loi 1901, a été créée en 1987 dans le but de promouvoir la musique d'Alexandre Tansman : susciter des enregistrements, mettre à disposition la documentation des archives, faire circuler l'information sur les éditions, les concerts, les concours, la bibliographie, la mise à jour de la discographie et tout événement contribuant à honorer la mémoire du compositeur.

Andrés Segovia et Alexandre Tansman en 1955, à l'Academia Chigiana de Sienne
( photo Studio Grassi )

Le président en est le compositeur et pianiste Michaël Levinas, élu en remplacement de M. Henri Dutilleux décédé en mai 2013. Parmi les membres du comité d'honneur, l'Académie Royale de Belgique, Mmes Jankélévitch, Milhaud, Segovia, MM. Barenboim, Cziffra, Landowski, Lutoslawski, Ohana, Penderecki.

Le siège de l'Association est 3, rue Florence Blumenthal, 75016 Paris. Pour toute information, contacter Mmes Mireille Tansman Zanuttini et Marianne Tansman Martinozzi : tél. : 01 45 25 78 54 ou 06 70 10 01 11. Email : tansman.association@wanadoo.fr
Site Internet : www.alexandre-tansman.com

 


Un entretien avec Alexandre Tansman en 1949
par Yves Hucher

Alexandre Tansman est né le 12 juin 1897à Lodz. Il est devenu Français en 1920. La tourmente l'emporta en Amérique d'où il revint en 1946, après des concerts donnés à travers le monde. On le surnomme " le pèlerin d'Europe ".

Au seuil de la demeure de cet artiste infatigable, un piano me rappelle le nom de sa compagne : Colette Cras, la fille du compositeur Jean Cras. Presque tout de suite j'ai pu interroger le compositeur sur ses préférences esthétiques.

Je suis de plus en plus attiré par les formes de la musique pure : l'orchestre, la musique de chambre. La musique, je l'ai toujours pensé, doit être constructive et "se tenir" sans aucun soutien littéraire. Dans ma symphonie dédiée à la mémoire de ceux qui sont morts pour la France, comme dans ma Rapsodie polonaise écrite, en souvenir de la défense de Varsovie en 1940, j'ai évité toute influence littéraire.

 

Vous avez pourtant écrit pour le théâtre ?

Oui, mais même en ces circonstances j'ai cherché à éviter la servile représentation musicale d'un fait ou d'une idée pour ne conserver que le climat, l'atmosphère.

 

Cela a dû vous être encore plus difficile au cinéma ?

Vous posez la question des rapports esthétiques entre le musicien et le cinéaste. Actuellement, la musique de film, par la seule faute des producteurs qui ont dressé des catalogues de clichés, repose entièrement sur des procédés qu'il serait urgent d'éliminer. Lorsqu'on vous montre une table dans un documentaire, il n'est pas utile de dire : " Ceci est une table. " Lorsque des gens s'embrassent à l'écran, pourquoi nous oblige-t-on à utiliser les " cordes divisées " ? J'ai eu " l'audace ", un jour en Amérique, d'accompagner une scène d'amour de deux cors : gros scandale, violentes discussions avec le producteur et pour la première fois la presse a parlé de la musique d'un film. Je pense d'ailleurs que sauf les partitions de Milhaud et de Copland, la musique des films américains est une salade, sans intérêt.

 

J'ai l'impression que vous pourriez illustrer ces dires de quelques histoires vécues.

Si vous y tenez... C'était à Hollywood, durant un enregistrement. A la répétition, je demande qu'un trait de clarinette soit essayé une octave plus bas ; j'entends soudain derrière moi une voix, celle du producteur, qui, inquiet peut-être pour ses capitaux, me suggère : " Vous ne pensez pas qu'une demi-octave seulement pourrait faire l'affaire ? " Une autre fois, toujours au " Paradis du Cinéma ", on me demande la partition d'un film sur la Résistance française, mais vue d’Hollywood ; et l'éternel producteur de bien me préciser : " Surtout, écrivez-nous une musique très française, n'est-ce pas, par exemple " genre " Tchaïkowsky. " Enfin, une antre fois je dus même résilier un contrat pour m'être trouvé devant des conditions inacceptables : le producteur voulait entendre au fur et à mesure, au piano, tout ce que je composais et hochait parfois la tête en disant : " II faut quelque chose que le public puisse fredonner, faites-nous de la musique banale, que diable ! "

 

Et malgré cela, vous ne regrettez pas vos années américaines ?

En effet, malgré cela, malgré les tentatives malheureuses comme celle qui consista un jour à donner tout " Carmen " en jazz, je ne regrette rien, car un fait domine, à mon sens, l'activité musicale en Amérique : ce pays est plus ouvert que la vieille Europe à la musique contemporaine.

 

Les raisons ?

J'en vois deux : d'abord et toujours et malheureusement, l'argent, et, cause plus sympathique, le séjour de musiciens européens qui ont su ne pas se laisser américaniser et qui exercent, au contraire, une influence bienfaisante sur la vie musicale américaine, laquelle ne connaît pas d'étroit nationalisme.

 

Comment se manifeste cette tendance ?

A Paris, sauf à la Radio, il y a peu de premières auditions ; et en province, pour ne citer qu'un nom, en dehors de l'Oiseau de Feu, qu'a-t-on joué de Strawinsky ? Là-bas, les noms des compositeurs contemporains côtoient journellement ceux des grands classiques. Il n'est pas question de donner des festivals de musique contemporaine, mais de présenter une on deux premières auditions dans chaque programme. Bien plus, les œuvres ne sont pas exécutées une seule fois, mais restent au répertoire et sont souvent rejouées. Non seulement le public suit, mais depuis l5 ou 20 ans que cela dure, il trouve là une nourriture nécessaire. Il faut dire aussi que si les orchestres européens ne sont en rien inférieurs à ceux d'Amérique, les conditions de travail des musiciens sont toutes différentes : ils sont payés au mois et l'on n'a pas à compter le nombre des répétitions.

 

Vous étiez, m'a-t-on dit, le cinquième compositeur vivant le plus joué en Amérique.

II se peut. Malgré cela — encore — il y avait là-bas trop de tentations, trop de concessions à faire pour ne pas accepter la facilité. J'y ai beaucoup appris, nous y avons été accueillis avec la plus franche amitié et une générosité pleine de tact par tout le monde — et je ne citerai que le nom de l'admirable Mme Coolidge — ; mais malgré cela — toujours — j'ai préféré l'Europe et toutes ses misères à une vie plus large ; car ce qui manque, voyez-vous, à l'élément créateur américain, c'est la tradition artistique et... la souffrance.

Un lourd silence succède à ce propos lourd d'émotion. Je le romps pourtant.

 

Avez-vous senti là-bas quel pouvait être l'avenir de la musique moderne ?

Ne dites pas musique moderne, mais plutôt contemporaine. Il y a là une confusion esthétique qu'il faut éviter à tout prix. C'est d'ailleurs l'opinion d'Hindemith avec qui j'ai passé une semaine à Londres et de Strawinsky qui m'écrivait encore dernièrement à ce sujet. Je pense que nous devons nous garder de cette recherche de l'effet de choc et d'originalité voulue que la " musique moderne " contient plus que l'inspiration et le travail constructif. Elle a trop envie d'agressivité, envie d'être d'avant-garde avec des moyens extra-musicaux qu'on peut intégrer au travail de construction, sans en faire un but. C'est toute l'histoire du mouvement dodécaphonique qui a voulu faire une révolution sur un système et non sur une méthode. Ce système a été présenté comme une nouveauté, alors qu'il existe depuis 40 ans et que Schoenberg en a utilisé tout ce qu'il a de bon. Pour me résumer, je dirai que le créateur doit dominer sa matière, filtrer ce qu'il fait et se défier du " système ", le grand ennemi de l'art, le système qui confond anarchie et liberté.

 

Je pense que nous pouvons terminer sur cette déclaration. Voulez-vous revoir mon " papier " avant l'impression ?

Inutile. Nous ne sommes pas en Amérique.

 

Pourquoi cette boutade ?

C'est une dernière anecdote. Lors de ma première tournée en Amérique, un reporter qu'on aurait aussi bien adressé à Georges Carpentier ou à Suzanne Lenglen, me questionna sur Paderewski, le maître à qui je dois tant. " C'est un tel génie, répondis-je, que n'importe quoi qu'il fît, même autre chose que de jouer du piano, il le ferait avec du génie. " Et le journal titrait le lendemain au-dessus de ma photo : " Tansman déclare : Paderewski est un grand génie, mais un mauvais pianiste..." !

Yves HUCHER
Le Guide du Concert
(11 novembre 1949)


CONCOURS INTERNATIONAL ALEXANDRE TANSMAN

En 2006, le 6ème Concours international et Festival des Personnalités musicales Alexandre Tansman , organisé par M. Andrzej Wendland, qui a lieu tous les deux ans depuis 1996 dans la ville natale du compositeur, Lódz', a inspiré plus de 400 candidats de 51 pays. L’idée du concours consiste à rechercher et promouvoir des personnalités musicales. La formule est particulièrement intéressante, car contrairement aux autres concours, celui-ci est interdisciplinaire et ouvert à différents domaines musicaux. Les précédents concours concernaient plusieurs instruments (piano, violon, violoncelle, clarinette, flûte, guitare). Cette année, c’était un concours de composition, sans limite d’âge. La 1re session s’est déroulée du 6 au 8 octobre 2006. Le jury était constitué par des compositeurs de renommée internationale : Zygmunt Krauze (Pologne) président, Krzysztof Penderecki (Pologne), Michael Nyman (Grande Bretagne), Heinz Holliger (Suisse), Wing Wah Chan (Hong Kong), Joel Hoffman (USA), Menachem Zur (Israël). Il a sélectionné, parmi les 400 partitions, 4 finalistes, dont les œuvres ont été interprétées par l’Orchestre Philharmonique de Lódz' le 17 novembre sous la direction de Luca Pfaff : Krystof Maratka (Tchèque, résidant à Paris), qui a obtenu le 1er Grand Prix de 12000 USD pour son œuvre Luminarium, concerto pour clarinette et orchestre, avec pour soliste Julien Hervé ; John Marlow Rhys (Grande Bretagne), pour son œuvre Primavera and La Luna piena pour soprano et orchestre, 3e prix ex æquo avec Satoshi Ohmae (Japon) pour Spazio variato pour orchestre ; Geoffrey Alvarez (Grande Bretagne), 4e prix avec son Concertino pour orchestre de chambre. Des œuvres de musique de chambre des compositeurs, membres du jury, ont été interprétées en concert le 18 novembre. Le concours s’est déroulé dans le cadre du Festival avec de nombreux concerts du 13 au 19 novembre 2006 où plusieurs œuvres d’Alexandre Tansman ont été interprétées. Signalons notamment : ouverture le 13 novembre avec le Sinfonia Varsovia Orchestra, dirigé par W. Michniewski (Quatre Mouvements pour Orchestre, Concerto n° 2 pour piano et orchestre, soliste Marek Drewnowski, Fantaisie pour violoncelle et orchestre, soliste Andrzej Bauer, L’oiseau de Feu de Stravinsky, Un Américain à Paris de Gershwin) ; le concert avec l’orchestre à cordes Amadeus, dirigé par Agniescka Duczmal (Variations sur un thème de Frescobaldi, Triptyque, Partita, 8e Quatuor et une œuvre d’A. Piazzolla) ; la Sonate pour deux violons, avec Krzysztof Jakowicz et Jakub Jakowicz. Le Festival s’est terminé par un concert de gala avec l'Orchestre Symphonique Radio polonaise placé sous la direction de Jan Krenz. Au programme fut donnée une œuvre de Gorecki dédiée à Alexandre Tansman : le Concerto pour clavecin et orchestre (soliste Elzbieta Chojnacka).




Igor Stravinsky, par Alexandre TansmanIgor Stravinsky, par Alexandre Tansman


Igor Stravinsky
Alexandre Tansman

Avant-propos de David Sanson, journaliste, musicien, rédacteur en chef de la revue "Mouvement", auteur d'un essai biographique consacré à Maurice Ravel, paru aux éditions Actes Sud.
Parution : juin 2009, ISBN : 918-2-916347-22-6, 296 pages
Les Éditions du point d'exclamation (distribution : Harmonia Mundi)
6 rue Desargues, 75011 Paris
www.ieditions.fr


Récente parution sur Alexandre Tansman

 


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