THERESE BRENET

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Thérèse Brenet
( photo Odile Haïm, 2002 )
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Thérèse Brenet à six ans
Thérèse Brenet au piano, à l'âge de 6 ans
( coll. Thérèse Brenet )

Musicienne de son temps, Thérèse Brenet estime qu’un compositeur se doit de connaître les nouvelles techniques mises à sa disposition, tout en restant ouvert à celles plus traditionnelles. C’est pourquoi, il lui arrive d’employer un matériau atonal, mais en se gardant bien de sombrer dans le sérialisme. Sa formation, sa nature, sa recherche constante de la beauté et sa quête de l’absolu font d’elle une musicienne un peu à part, dont l’œuvre, riche et variée, écrite dans un style clair, atteste une parfaite maîtrise du langage. Humble dans son œuvre, elle déclare elle-même : " Le compositeur est un ouvrier, oui, mais non pas un tâcheron : il travaille ordinairement dans la solitude et le secret, sans fard et sans journaliste. Ce qu’il doit, par dessus tout, éviter, ce sont les discours inutiles, abscons et prétentieux sur son oeuvre. "

Née le 22 octobre 1935 à Paris, Thérèse Brenet est issue par sa mère d’une famille où la pratique de la musique est une tradition héréditaire depuis au moins la fin du XVIIIe siècle. Sa trisaïeule, Eugénie Sauvinet, fréquentait assidûment le salon de Mme Récamier à l’Abbaye aux Bois. Sa grand-mère, Louise Warnier, bonne musicienne, lui fit découvrir tout le répertoire lyrique, et sa mère, Marguerite Warnier, chanteuse amateur agréable, était passionnée de musique sacrée. Il n’est pas étonnant dans ses conditions que la future lauréate du Prix de Rome découvrit très tôt les charmes de la musique et ait voulu faire une carrière musicale. C’est ainsi qu’elle est mise enfant au piano et à l’âge de sept ans est déjà capable d’accompagner sa mère lorsqu’elle chante. Tout d’abord élève de piano de Mlle Davenet, puis de Marguerite Long dans son Ecole, elle est également initiée au solfège par un excellent professeur, Germaine Hugueniot, femme " foncièrement musicienne et cultivée ", qui lui fait découvrir sa vocation de compositeur. Elle entre ensuite au Conservatoire de Reims, dans la classe de piano de Simone Glotz et dès la première année remporte le Premier Prix avec l’admirable Prélude et Variations de Fauré. En octobre 1954, Thérèse Brenet rejoint le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris pour un cycle de classes d’écriture (harmonie, contrepoint, fugue, composition) qui va durer plus d’une décennie.

Thérèse Brenet conserve une grande reconnaissance et une profonde affection envers certains des professeurs qu’elle a croisés au cours de ses onze années passées au CNSM : Maurice Duruflé, " très loin d’occuper la place que son génie mériterait ", qui lui a enseigné l’harmonie, Noël Gallon (contrepoint et fugue), " remarquable pédagogue ", Darius Milhaud, toujours plein d’humour, puis Jean Rivier, " homme charmant et chaleureux ", qui la perfectionnèrent dans la composition, et surtout l’aidèrent à développer sa personnalité musicale, sans chercher à l’étouffer ou à l’influencer outre mesure… [voir annexe I : " De quelques maîtres "]. Elle décroche plusieurs premiers prix : harmonie, contrepoint, fugue, et en 1965 ceux d’orchestration et de composition. Cette même année, Thérèse Brenet et Lucie Robert-Diessel se partagent le Grand Prix de Rome avec la cantate Les Visions prophétiques de Cassandre pour soprano, basse et orchestre, sur un texte de Robert Brasillach, d’après l’œuvre d’Eschyle (Billaudot, 1965). Elle avait d’ailleurs déjà obtenu en 1963 un deuxième Second Grand Prix avec la cantate Les Hommes sur la terre (Robert Desnos), qui lui avait valu les éloges de René Dumesnil dans " Le Monde ". Ses Visions prophétiques furent exécutées, le 10 novembre 1965 à l’Institut, lors de la séance solennelle de remise des Prix par l’Orchestre de l’Opéra, placé sous la direction de Pierre Dervaux, avec Hélène Gouvrit (soprano) et Georges Jollis (baryton).

Thérèse Brenet
Thérèse Brenet, jeune élève au CNSM, vers 1960
( coll. Thérèse Brenet )

Les mises en loge de 35 jours, dans l’aile Louis XV du Palais de Fontainebleau pour l’épreuve finale, étaient à l’époque particulièrement pénibles. Thérèse Brenet se souvient :

" [...] le règlement de la mise en loge était draconien. Chacun de nous était installé dans une immense chambre, somptueuse, mais délabrée et à peine meublée, où nous eussions pu faire très facilement du patin à roulettes. Mais l’isolement était quelque peu ascétique, formant un amusant contraste avec toutes les splendeurs, royales et impériales, qui nous entouraient.

Un hasard a conservé dans mes archives la liste que j’avais établie, lors d’une quelconque de mes mises en loges, pour préparer mes bagages. C’est instructif et bien évocateur de notre vie quotidienne. Il me fallait apporter ma lampe de bureau, une lampe de poche pour affronter la nuit les immenses couloirs, et, en prévision d’une des nombreuses pannes d’électricité qui pouvaient survenir, une provision de bougies, d’allumettes, des plombs pour changer ceux qui risquaient de sauter, mon duvet, mes draps, une couverture, une bouilloire et des tasses, et jusqu’à du papier hygiénique !… sans compter tout ce qui pouvait être utile à la composition elle-même et se trouvait autorisé, partitions, traités d’orchestration et autres, dictionnaire et métronome, et encore, bien entendu, tout le matériel nécessaire à l’écriture - et pour les temps morts, une provision de romans policiers.

Thérèse Brenet
Esquisse de Thérèse Brenet (1966) par Janine Boyer, Premier Grand Prix de Rome de gravure sur médaille en 1963
( coll. Thérèse Brenet )

Le régime était quasiment carcéral. Notre courrier était lu par des garde-chiourmes qui ne furent pas toujours intelligents et dont la fonction était essentiellement de faire des rapports : on me remit un jour la photocopie d’une lettre, rédigée avec quelque malignité par une amie facétieuse, où il était question d’une crème solaire du nom d’actisol : la dernière syllabe, que ma correspondante avait rendue par une portée une clef de sol et un sol, à la façon des rébus d’antan, avait été couverte d’un cache ; et la préposée à la censure m’avisait, avec une solennelle sévérité, que la partie cachée avant photocopie, contenait des informations musicales essentielles que le règlement interdisait de me fournir !

Thérèse Brenet et Michel Decoust
Thérèse Brenet et Michel Decoust sur les toits du Palais de Fontainebleau, 1964
( coll. Thérèse Brenet )

Nous ne pouvions voir notre famille ou nos amis que par la fenêtre d’un rez-de-chaussée fortement surhaussé, et avec un gardien, ordinairement assez discret, à proximité. Nous n’avions le droit de profiter du jardin anglais que le matin, ou après 18 heures, au moment où tous les touristes du château étaient partis. Il me fallut l’accord de mes cinq camarades et rivaux pour que l’on me permît de faire venir un médecin dans un cas d’urgence.

En revanche, les six logistes pouvaient se voir entre eux à volonté, puisqu’ils se trouvaient en rivalité et qu’aucune entraide n’était à craindre. Et la rivalité pouvait être terrible, puisqu’on chuchotait même - à tort ou à raison ? - que bien des années auparavant, quelqu’un avait mis un peu de magnésie dans la nourriture d’un concurrent dont la compétence paraissait aux autres particulièrement redoutable.

Au bout d’un mois de ce régime, la sortie vers le monde extérieur faisait l’effet d’une levée d’écrou. C’était sans doute la raison profonde de la détestable tenue des logistes, qui ressentaient sans doute assez cruellement la privation de liberté et faisaient parfois assaut d’idées saugrenues pour manifester le malaise qu’ils éprouvaient.

Lorsque les architectes qui briguaient le Grand Prix d’architecture, lequel leur ouvrait les carrières des monuments historiques, arrivaient, c’était pire; et la réunion des logistes, particulièrement à l’heure des repas, pouvait présenter quelques analogies avec le pandémonium de la Damnation de Faust. Même les gardiens n’étaient pas très à l’aise à ce moment-là, et les responsables du Palais commençaient à se demander à quelle extravagance ils allaient se livrer et surtout quelles dégradations ils allaient faire subir à la vieille et respectable bâtisse.

Les musiciens étaient facilement hâbleurs, grossiers, vulgaires, mais du moins, il fallait leur rendre cette justice, ils ne dégradaient rien. J’étais fort sportive à l’époque et je m’offris, à titre de défoulement, les seules excentricités de prendre un bain dans l’étang aux carpes - au cours duquel je faillis d’ailleurs me faire manger par les cygnes - et de faire quelques promenades, mais bien au dessus du sol, dans les gouttières de notre aile Louis XV, en compagnie de mon camarade Michel Decoust. La vue que nous eûmes sur le palais lui-même et surtout sur le parc était splendide et, à une époque où les promenades en hélicoptère n’étaient pas encore monnaie courante, c’était une manière originale de visiter à notre façon ce haut lieu historique et d’en apprécier l’architecture. "

Thérèse Brenet
Thérèse Brenet, vers 1968
( coll. Thérèse Brenet )
C’est de cette période que date une œuvre majeure de Thérèse Brenet, qu’elle affectionne particulièrement : son oratorio Clamavit, pour récitant, soprano solo, chœur mixte et orchestre (1965, Billaudot), dans lequel elle emprunte à la Bible le passage où le patriarche Job pousse un cri de douleur sur la souffrance du monde. A l’écoute de cette œuvre, on peut dire qu’elle a su traduire admirablement à la fois la souffrance et l’espoir de Job, utilisant une musique atonale, parfois violente et même révoltée, mais toujours sensible et expressive. Cette partition, une commande de l’O.R.T.F, a été sélectionnée en 1966 pour représenter la France à la Tribune des compositeurs de l’U.N.E.S.C.O. et interprétée par l’Orchestre lyrique de l’O.R.T.F., placé sous la direction d’André Girard, avec le concours de la soprano Marie-Bernadette Val et du comédien Michel Bouquet. En 1968, une exécution publique eut lieu à Rome, dans une version italienne, par l’Orchestre symphonique de la R.A.I., sous la direction de Fulvio Vernizzi, avec Guido de Salvi pour récitant. Malgré le succès obtenu, tant lors de l’enregistrement par l’O.R.T..F., provoquant des commandes de nombreux pays, notamment l’Argentine, le Mexique, le Brésil et l’Espagne…, qu’au moment du concert dans la Ville éternelle, Clamavit est tombé dans l’oubli. Il est vrai qu’à l’époque le fait de ne pas vouloir écrire de la musique avant-gardiste, ou d’adhérer au système sériel, qui s’est révélé par la suite totalement inadapté et stérile, était fort mal vu. La misogynie de quelques musiciens bien placés a fait le reste !…

Le Prix de Rome obtenu par Thérèse Brenet l’envoya comme pensionnaire du gouvernement pour un long séjour à la Villa Médicis, à partir de janvier 1966. Ces quarante mois passés à Rome lui ont laissé un sentiment ambigu, dans lequel se trouvent intimement mêlés à la fois la splendeur des lieux chargés d’histoire et une situation de concurrence entre tous les pensionnaires engendrant un climat malsain (Vanitas vanitatum, et omnia vanitas) !… C’est à cette époque qu’elle écrit, entre autres œuvres pour ses envois de Rome, ses Six Pièces brèves pour orchestre (Rideau Rouge, 1968), mais dès le début des années soixante, encore étudiante au CNSM , elle avait déjà publié ses premières pièces chez Philippo & Combre : Le Faune pour flûte et piano (1963), Flânerie autour d’un ré pour trois saxophones altos (1964) et Mélancolie, soir d’été pour trois clarinettes en si bémol.

Ces années passées en Italie lui ont permis de découvrir trois hauts-lieux inoubliables qui ont enchanté son séjour et marqué sa vie : le piton de Spolète (ville d’Ombrie, dans la province de Pérousse), Paestum (fraction de la commune de Capaccio, sur la côte tyrrhénienne,) et les fresques de Signorelli dans la chapelle Saint-Brice de la cathédrale d’Orvieto (province de Terni), dont elle s’est inspirée pour composer son Hommage à Signorelli, pour soprano, piano, ondes Martenot et deux percussions (Durand/Rideau Rouge), sur la Résurrection des Morts de Pierre-Jean Jouve (commande de l’O.R.T.F. pour la Biennale de Paris, 1967). [voir annexe II :" Poésie, peinture et musique "].

A son retour de Rome, Thérèse Brenet s’est consacrée à l’enseignement et a longtemps professé au CNSM de Paris de 1971 à 2000. Elle avait succédé à Pierre Lantier dans sa classe de solfège, rebaptisée plus tard classe de " formation musicale ". Nombre de ses élèves lui sont reconnaissants d’avoir toujours su prendre grand soin d’axer ses cours, non sur la seule technique, mais principalement sur la musique et sa beauté. Parmi ceux-ci, dont plusieurs firent par la suite une belle carrière, citons, un peu au hasard mais le choix est difficile, la place nous étant comptée : la pianiste Marie-Laure Gallier, l’altiste Alain Tressallet, les violonistes Luc Héry et Denis Clavier, le compositeur et percussionniste, Dominique Probst, le saxophoniste Jacques Charles, le guitariste Nicolas Courtin, le saxophoniste américain, Paul Wehage, la harpiste japonaise Serika Nakano, le pianiste et compositeur américain Mark Robson…

Prix Halphen de fugue et de composition, lauréate de la Fondation Coplay de Chicago, membre d’honneur de l’Académie nationale d’histoire de Reims, Prix Stéphane Chapelier-Clergue-Gabriel Marie de la Sacem (1971), Médaille d’argent de la Ville de Paris (1973), récompensée en 1986 pour son œuvre Vision flamboyante pour violon et piano (Lemoine, 1988), par le jury musical du Ministère des droits de la Femme, Thérèse Brenet a été en outre maintes fois membre de jurys d’écriture, de composition et d’électroacoustique.

Thérèse Brenet, tout en consacrant une grande partie de son temps à enseigner, n’a jamais cessé de composer. Si elle s’est essayée dans plusieurs genres, on remarque cependant à travers toute son œuvre une certaine prédilection pour la musique de chambre, sachant habilement utiliser la palette sonore infinie des divers instruments. Dans ce domaine, on lui doit notamment l’association inédite de trois instruments à cordes : mandoline, harpe celtique et guitare, pour lesquels elle a écrit quelques pièces originales. Elle affectionne particulièrement ce genre musical, qu’elle mentionne avec attachement dans ses " Mémoires " :

Je voudrais encore parler avec émotion et tendresse de la période centrale de ma vie, où je me suis penchée avec délices sur des œuvres plus intimes et comme scintillantes. Je pense tout d'abord à mon trio à cordes Lyre d'étoiles, mais je voudrais m'attarder plus encore sur les trios comprenant mandoline, harpe celtique et guitare. Ces œuvres furent provoquées d'abord par des amitiés charmantes avec les instrumentistes et d'abord, je l'ai raconté plus haut, avec Denise Mégevand.

J'ai été tentée de les associer, les uns après les autres, tout comme elles l'avaient été jadis, à de petits orchestres à cordes : ce fut ainsi que naquirent Chimères, pour mandoline, créé à Lausanne, par Christian Schneider, Des grains de sable d'or aux mains, pour guitare, créé à Saint-Julien-le-Pauvre à Paris, par Nicolas Courtin, et Vibration pour harpe celtique, créé à Toulouse par Denise Mégevand.

Mais j'ai parallèlement ressenti une réelle attirance, immédiate et passionnée, pour l'association de ces trois instruments à cordes pincées. Je voudrais rester comme le compositeur du XXe siècle qui, le premier, les aura réunis, avec une tenace conviction, dans de multiples œuvres : Cristaux, Le Tambour des Dunes, Tout l'Azur pour émail, I et II, Ophiucus II, Née du rire de l'éclair II, Caprice d'une chatte anglaise II, et Des grains de sable d'or aux mains II. Je crois avoir été le premier compositeur à m'intéresser, assidûment et sous une forme moderne, au charme de cette association d'instruments et je suis fière de laisser ces œuvres après moi.

Cette période de création heureuse aura été le calme dans la tempête de ma vie tourmentée; chacune de ces miniatures ciselées m'aura donné d'une manière inattendue, un curieux temps de sérénité. Alors je veux rappeler ici les noms des interprètes qui ont su provoquer ces travaux du bonheur, que je n'aurais jamais écrits sans leur affectueuse amitié, leur conviction à servir leur instrument et leurs dons merveilleux ; je veux parler des mandolinistes Christian Schneider et Florentine Calvo, des harpistes, Denise Mégevand et Isabelle Daups, et des guitaristes, Marie- Thérèse Ghirardi et Jean-Marc Zvellenreuther.

Peut-être — je le souhaite — ces œuvres donneront-elles aux compositeurs du XXIe siècle des idées pour écrire à l'intention de cette formation séduisante et délicate. Peut-être, au contraire, ces travaux resteront-ils un fait isolé dans l'histoire de la musique. Mais j'ai le sentiment d'en avoir assez écrit pour que se recomposent dans un avenir proche, au hasard des affinités, de nombreuses formations de ce type qui susciteront à leur tour d'autres œuvres. "

Son catalogue comporte près de 80 numéros d’opus. Parmi ceux-ci signalons plus particulièrement : Six Pièces pour trompette et orgue (Choudens, 1972), jouées le 13 août 1973 par Jean-François Dion et Emmanuel de Villèle dans le cadre magnifique de la chapelle du Mont-Saint-Michel, écrites dans un esprit proche de Clamavit, qui suscitèrent d’ailleurs cette remarque d’une auditrice au compositeur : " Il y a du désespoir et de l’espérance à la fois [dans votre œuvre]", Océanides pour piano, étude pour la main gauche (Lemoine, 1988), écrit pour le pianiste et compositeur américain Mark Robson qu’il a créé à Jacksonville (Floride) et inscrit ensuite par le pianiste canadien Raoul Sosa à son répertoire, Inter silentia pour cornet si bémol ou trompette ut ou si bémol et piano (Leduc, 1970), Pantomine pour flûte (Choudens, 1974), Moires pour sextuor d’ondes Martenot et orchestre, écrit en 1983 à la demande de Jeanne Loriod (Choudens) et créé l’année suivante, en l’église Saint-Merry à Paris, par le sextuor Jeanne Loriod, sous la direction de Dominique Fanal, en présence d’Olivier Messiaen, Suite fantasque pour harpe celtique (Billaudot, 1983), Boustrophédon pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano (1985), créé le 11 janvier 1996 à la Salle Cortot par l’ensemble " Prokonta ", Tétrapyle, quatre mouvements pour quatuor de saxophones et piano (Choudens, 1979) créé en juillet 1979 au Congrès Mondial du saxophone à Evanston (Chigaco) par « Le Quatuor de saxophones Deffayet » et Odile Ledieu, Lyre d’étoiles, trio à cordes avec récitant facultatif (Choudens, 1984), Gémeaux, deux quatuors de saxophone ou double quatuor (Lemoine, 1988), Incandescence pour saxophone alto ou baryton et piano (Lemoine, 1990), Madrépores pour harpe celtique (Billaudot, 1990), Calligramme pour saxophone alto et soprano successifs (Billaudot, 1981), Petite suite pour M. Ré Dièze et Mlle Mi Bémol pour douze saxophones (1989)... ; Aréthuse pour flûte en sol et harpe celtique ou grande harpe (1994), créé le 28 septembre 2002 au Musée des Avelines à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), par Ivan Bellocq (flûte en sol) et Isabelle Daups (harpe celtique)... ; deux cantates éditées chez Billaudot en 1963 et 1964 : Les hommes sur la terre pour ténor, basse et orchestre (texte de R. Desnos), Les Rois mages pour baryton, basse et orchestre (texte de A. Frenaud), et : Aube morte, pour baryton et orchestre, sur un texte extrait des chants de Maldoror de Lautréamont...

N’omettons pas également de mentionner Sidérales, pour orchestre et récitant (Choudens). Ecrite en 1970 pour les Musigrains, cette œuvre est bien représentative de la conception que son auteur se fait sur la place que doit occuper la musique dans le temps : donner le sentiment de l’infini. Thérèse Brenet parvient à rendre cette perception de l’intemporalité en achevant sa partition sur un thème répété dans un " perdendosi " particulièrement long, faisant croire ainsi à l’auditeur que l’œuvre se poursuit sans fin dans l’immensité du cosmos. [voir annexe III : " Musique cosmique "]. L’immensité de l’univers et ses mystères est une source d’inspiration inépuisable pour Thérèse Brenet. L’une de ses dernières œuvres intitulée : 5523 Luminet PH 8, porte en fait l’intitulé complet de l’astéroïde découvert récemment, que la communauté astronomique internationale a baptisé du nom de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet. Ecrite en 1999 pour orchestre d’harmonie, à la demande de Claude Pichaureau, chef de la Musique des Gardiens de la Paix de Paris, elle a été créée par ce dernier à la tête de la Musique de l’armée de l’Air, dirigée par le Colonel Thierry Rose, le 27 avril 2003 en l’église St-Roch à Paris.

Thérèse Brenet :  Odi et amo
Pochette du CD Odi et armo, suite concertante en trois mouvements pour violon et orchestre. Premier enregistrement mondial en 1998.
( FA9501 )

Ses pièces concertantes pour violon, alto et violoncelle : Aeterno certamine (1991, inspirée par Lucrèce), Odi et amo (d’après l’épigramme de Catulle, 1992), Poème (1994) et Le retour de Quetzalcoatl (1995) – œuvres que le compositeur place au rang de celles qui ont le plus compté pour elle - ont été enregistrées en 1998 par Jérôme Akoka (violon), Aurelia Penalver-Smorawinska (alto), Jérôme Pinget (violoncelle) et l’Orchestre Philharmonique polonais des Sudètes de Walbrzych sous la direction de Dominique Fanal (CD " Odi et amo ", DPV FA 9501), ainsi d’ailleurs que ses Océanides interprétées par le pianiste Raoul Sosa, en même temps que d’autres œuvres de Ravel, Chopin et Saint-Saëns (CD " Une anthologie pour la main gauche " FL 2 3080-1). Benoît Faucher, dans la revue " Diapason " de février 2002 a parfaitement résumé la personnalité musicale de Thérèse Brenet, qui a su se forger au fil du temps un langage unique, personnel et original : " Dans telle séquence, on se délecte de quelque inclination fauréenne, dans telle autre on goûte l’âpreté des dissonances, la modernité du langage instrumental. Bref, on guette partout le changement de décors, le joli contre-pied, ce talent de l’esquive qui fait tout l’art de Thérèse Brenet. "

La plus grande majorité des pages de Thérèse Brenet ont été composées sans qu’elle ait voulu réellement les " penser " auparavant, afin de ne pas procéder à une construction figée de l’œuvre dans son ensemble. Elle préfère plutôt se laisser guider par l’inspiration du moment, même si la gestation est parfois longue et difficile, autrement dit elle ne veut s’enchaîner à aucun système et laisse la porte ouverte à l’imaginaire, à la création. Elle s’en explique elle-même en ces termes : " Je refuse de me construire à l’avance un schéma où je devrais me réfugier ou plutôt m’enfermer dans un système quelconque ; ce serait me dérober devant l’aventure de la création musicale, à la manière des petits bourgeois de la musique, tout frileux et désemparés dès qu’ils sont surpris; ce serait me condamner à un académisme qui ne laisserait plus aucune place au plaisir de la découverte. "

Thérèse Brenet est parfois sollicitée pour des manifestations officielles : on se souvient notamment de l’Exposition de M. Degeorges sur Palmyre, à l’Institut du Monde Arabe, au cours de laquelle plusieurs de ses œuvres (Chant des Mondes, Tambour des dunes, Cristaux et Pièces brèves pour orchestre) furent diffusées en continu durant tout le temps de la manifestation du 27 mars au 5 mai 1991, et plus récemment, le 24 octobre 1999 sur France-Culture, l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet illustrait l’émission consacrée à son roman " Le Rendez-vous de Vénus " par un fragment d’Aeterno certamine. Il n’est pas rare d’ailleurs d’entendre des pages de Thérèse Brenet un peu partout en Europe, mais également en Libye, au Canada et aux U.S.A. et même en Uruguay. Cependant, nul n’étant prophète dans son pays, on ne peut que regretter la relative discrétion des médias et autres diffuseurs de musique sur l’œuvre de cette artiste, amoureuse de la beauté, qu’elle poursuit jusque dans ses loisirs et même dans la pratique du sport ! [voir annexe IV : " Sports "]. N’ayant " jamais recherché les honneurs, ni les médailles, ni même un strapontin à l’Académie des Beaux-Arts ", préférant garder son indépendance, et ainsi ne " subir aucune pression, aucun terrorisme culturel, et aucun académisme, qu’il soit du présent ou du passé ", Thérèse Brenet construit une œuvre libre qui restera assurément dans l’histoire de la musique.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE 1

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1) Nous remercions vivement Thérèse Brenet d'avoir mis obligeamment à notre disposition le manuscrit de ses Mémoires, desquelles nous nous sommes largement inspiré. [ Retour ]


Georges Auric remet à Thérèse Brenet la Médaille de Sociétaire définitif honoris causa.
Remise de la Médaille de Sociétaire définitif honoris causa à Thérèse Brenet par Georges Auric, président de la SACEM, jeudi 28 avril 1966
( coll. Thérèse Brenet )


Quelques extraits sonores choisis dans le catalogue des œuvres de Thérèse Brenet

1994 Aréthuse, pour flûte en sol et harpe celtique ou grande harpe 10'20''
  Ecrit à la demande de Denise Mégevand  
  I - Alphée  
  II - Artémis - Lecteur audio Windows Media Extrait  
  III - Métamorphose  
  IV - Ortygie - Lecteur audio Windows Media Extrait  
  V - Syracuse  
  (Editions Delatour France)
Enregistré en 2004 par Ivan Bellocq (flûte) et Isabelle Daups (harpe celtique), CD "Cosmogonies", Galun records, SMG-3010004/1
 
     
1997 Caprice d'une chatte anglaise II, trio pour mandoline, harpe celtique et guitare
I - Prélude Lecteur audio Windows Media Extrait
II - Entrechats, sérénade et pattes de velours Lecteur audio Windows Media Extrait
III - Valse lente
IV - Peines de cœur Lecteur audio Windows Media Extrait
7'30''
  (L'auteur)
Enregistré en 2005 par Christian Schneider (mandoline), Sabine Chefson (harpe) et Matthias Collet (guitare). CD Pavane ADW7516 sorti en 2007
 
     
     
2000 Au Vent d'Ouest, suite pour piano
conçue en référence à l'Ode to the West Wind du poète romantique anglais
Percy Bysshe Shelley (1792-1822) et écrite à la demande de Raj Bhimani


I - O sauvage Vent d'Ouest, souffle de l'automne - Lecteur audio Windows Media Extrait
II - Comme une vague, une feuille, un nuage - Lecteur audio Windows Media Extrait
III - Le tumulte de tes puissantes harmonies - Lecteur audio Windows Media Extrait
(Editions Delatour France, DLT0348, partition avec CD inclus, interprétée par Raj Bhimani)
Lecteur audio Windows Media Vidéo d'une interprétation par le pianiste Raj Bhimani
15'00"
     
2003 Ciels, pour chœur mixte, orchestre et orgue
Poème de Germain Nouveau
dédié à Denis Havard de la Montagne
(L'Auteur)
Lecteur audio Windows Media [écouter un fragment, Chœurs et orchestres d'Arbois, Pontarlier et Champagnole sous la direction de Christian Bacheley et Pierre Trefeil, Vadans (Jura), 26 juin 2005, prise de son et montage : Mike Williams]
4'10''
   
2003 Rondel pour chœur mixte, orchestre et orgue
Poème de Tristan Corbière
dédié à Pierre Tréfeil, Christian Bacheley et François Jacquot
(L'Auteur)
Lecteur audio Windows Media [écouter un fragment, Chœurs et orchestres d'Arbois, Pontarlier et Champagnole sous la direction de Christian Bacheley et Pierre Trefeil, Vadans (Jura), 26 juin 2005, prise de son et montage : Mike Williams]
4'30''
     


Derniers concerts, créations, enregistrements :

- Never more, Raj Bhimani (piano)
2 février 2005, 14h30 : Donnell Library, 20 West 53rd Street, Manhattan
13 mars 2005, 16h : West Center Church, 101 Pondfield Road West, Bronxville, New York
15 mars 2005, 20h, Saint Peter's Church, Lexington Avenue at 53rd Street, Manhattan
10 avril 2005, 17h, Eglise américaine de Paris, 65 quai d'Orsay, 75007 Paris


Brenet - CD Chimères

Thérèse Brenet – Chimères

Sabine Chefson (harpe) – Christian Schneider (mandoline) – Matthias Collet (guitare)
Ensemble Orchestral STRINGENDO
Direction : Jean Thorel
Chimères, concerto pour mandoline et orchestre à cordes
Cristaux, pour harpe celtique et mandoline
Vibration, pour harpe celtique et orchestre à cordes
Suite fantasque, pour harpe celtique
Le tambour des dunes, pour harpe celtique, guitare et mandoline
Des grains de sable d'or aux mains II, pour mandoline, harpe celtique et guitare
Caprices d'une chatte anglaise, trio pour mandoline, harpe celtique et guitare
Née du rire de l'éclair..., pour mandoline, harpe celtique et guitare

CD audio Pavane records ADW 7516 (parution : 2007)
www.pavane.com



Récital de piano Raj Bhimani
Avec des éclats dorés d'espérance
Raj Bhimani
30 mars 2008, Église américaine de Paris


CD To the West Wind

Raj Bhimani
To the West Wind, a recital of French piano music

To the West Wind, Thérèse Brenet
Océanides (Etude pour la main gauche), Thérèse Brenet
Never, never more, Thérèse Brenet
Etude pour les arpèges composés, Claude Debussy
Gaspard de la nuit, Maurice Ravel

Production : Joseph Patrych
Enregistré en juin 2005 à New York, au Patrych Sound Studios
Piano Steinway CD 147
CD Delatour France CDT0020 (parution en 2008)




      Thérèse Brenet
      Le Livre de l'Harmonie du Monde

      Orchestre symphonique national de la Radio polonaise
      Paul Wehage, chef d'orchestre, saxophone
      Eric Zorgniotti, chef d'orchestre, violoncelle
      Aurélie Deschamps, alto
      Isaure Equilbey, mezzo-soprano
      Kurt Ollmann, baryton
      Christel Rayneau, flûte

      * Le Livre de l'Harmonie du Monde (poème symphonique)
      1 - Le cantique de l'Univers
      2 - Vents solaires
      3 - Expansion
      * A thing of beauty is a joy forever 
      (quatre pièces pour saxophone alto et orchestre à cordes)
      1 - A thing of beauty...
      2 - ...is a joy forever...
      3 - ...Its lovelyness increases...
      4 - ...it will never fail into nothingness
      * Poème de Jade  (pour baryton, flûte et orchestre)
      1 - Je me promenais
      2 - La danseuse
      3 - Les deux flûtes
      4 - L'ombre d'une feuille d'oranger
      5 - La chanson des nénuphars
      6 - L'insensé
      7 - La danse des dieux
      * Perles d'ambre (vocalise pour voix de femme et orchestre)
      * Ces hautes mélodies dans le Paradis que nous avons perdu
      (double concerto pour violon-alto violoncelle et orchestre)
      1 - La première union avec Dieu
      2 - Glissés de comètes
      3 - Le Livre de l'Eternité
      * La Nuit du Fossoyeur (poème lyrique pour baryton et orchestre)

      coffret 2 CD, JTBProd (parution : 2015)
      enregistrement : juin 2014, Studios de l'OSNRP à Katovice (Pologne)
      disponible : JTBProd (Lagny-sur-Marne), tel/fax 00.33.1.73.58.50.59
      http://www.jtbprod.com





Extraits des Mémoires de Thérèse Brenet    -    Photos de la villa Médicis
Fugues du concours de Rome    -   Catalogue des œuvres    -   Site Internet de Thérèse Brenet


 


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