Albert ANDROT - Victor DOURLEN - Ferdinand GASSE - Guillaume BOUTEILLER - Gustave DUGAZON - François FÉTIS - Auguste BLONDEAU - Joseph DAUSSOIGNE-MÉHUL - Jean VIDAL
1803
Albert ANDROT (1781-1804)
Albert-Auguste ANDROT n'est connu que grâce aux travaux musicographiques auxquels se sont livrés sous l'Empire Alexandre Choron et François Fayolle, auteurs d'un Dictionnaire historique des musiciens (Paris, 2 vol., 1810-1811) qui est un des tout premiers du genre.
Né en 1781 à Paris, Androt rentre à l’âge de 15 ans en 1796 au Conservatoire national de musique et de déclamation tout juste fondé l’année précédente (le 3 août) par la Convention nationale, sous l’impulsion de Bernard Sarrette, pour être " la plus vaste école de ce genre créée en Europe ". Cinq inspecteurs de l’enseignement (Gossec, Gréty, Méhul, Lesueur et Chérubini) venaient d’être nommés afin notamment de surveiller l’enseignement des 110 professeurs recrutés dès l’ouverture de cet établissement. Il est l’un des premiers élèves, puisque les portes du Conservatoire s’ouvrent en réalité la première fois le 22 octobre 1796 à l’Hôtel des Menus-Plaisirs, rue Bergère. Il reçoit là l’enseignement de François-Joseph Gossec et décroche un prix de contrepoint et de fugue en 1802. Ce n’est que l’année suivante que les élèves compositeurs sont autorisés pour la première fois à se présenter au Concours de Rome de l’Académie de France, rétablie en 1795, après avoir été supprimée par la Convention en août 1793. Notre jeune musicien eut ainsi l’honneur d’ouvrir la longue liste des compositeurs couronnés par l’Institut en remportant le Grand Prix avec sa cantate l’Alcyone, sur des vers du poète Arnault. Il s’installait alors à Rome, dans la villa Médicis pour une durée de 4 ans et s’adonnait avec zèle à l’étude de la musique. C’est là qu’il se lia avec le compositeur italien Pietro Gulielmi (1763-1817), auteur d’opéras qui obtenaient alors un succès populaire à Naples, Florence et Rome et qui lui prodigua d’utiles conseils. C’est également lui qui l’introduisit dans le milieu artistique de la ville éternelle. Il recevait ainsi plusieurs commandes des autorités locales qu’il honora en composant, entre autres œuvres, une pièce religieuse, exécutée à Rome lors de la Semaine Sainte de 1804 et un opéra pour un directeur de théâtre. Au bout d’une année passée à Rome, son intense activité de compositeur altéra irrémédiablement sa santé précaire et il rendit l’âme le 19 août 1804, tout juste âgé de 22 ans, à la suite d’une violente hémorragie ! La disparition prématurée d’un si jeune artiste fut longtemps regrettée et c’est ainsi qu’en son honneur, dans le courant du mois d’octobre de la même année, une cérémonie religieuse fut organisée dans l’église de Saint-Laurent à Rome. On put entendre à cette occasion un émouvant De Profundis que le premier lauréat du Prix de Rome avait tout juste eu le temps d’achever quelques jours avant sa mort.
Premier compositeur à recevoir le Grand Prix de Rome, Albert Androt n’a laissé que peu de traces dans l’histoire de la musique. En dehors des ouvrages déjà cités, on lui connaît également deux Symphonies inédites et un opéra laissé inachevé. Sa mort si jeune en est peut-être la raison. Son nom a totalement disparu des dictionnaires de musique, seul Fétis dans sa Biographie universelle des musiciens, écrite voilà près d’un siècle et demi, lui consacre quelques lignes, encore qu’il souligne (à juste titre ?) son style lourd et son manque d’imagination. Est-ce la réalité ? Ce n’est pas notre propos de porter une quelconque appréciation sur la qualité des compositions de ce musicien, d’autant plus que nous nous gardons toujours d’attacher de l’importance à ce genre d’opinion. Notre expérience nous permet en effet de dire que les effets de mode troublent considérablement tout jugement porté sur la valeur d’une œuvre d’un compositeur. Quelle que soit la réalité, il est incontestable qu’Albert Androt a été en son temps un artiste attachant que ces quelques lignes vont aider à mieux faire connaître !
D.H.M.
Autre article: Albert-Auguste Androt, premier et unique lauréat du Prix de Rome de musique en 1803
1804
Pas de premier prix.
1805
Victor DOURLEN (1780-1864)
Né le 3 novembre 1780 à Dunkerque, Victor-Charles-Paul DOURLEN se rend se rend en 1799 à Paris pour être admis au Conservatoire dans la classe de piano de Boïledieu, tout juste nommé dans cet établissement après avoir après avoir quitté sa Normandie natale, et dans celle de composition de Gossec. Celui-ci vient à peine de terminer son œuvre de circonstance, Le cri de vengeance, écrite pour célébrer les fêtes révolutionnaires et de publier le premier volume de ses Principes élémentaires de musique arrêtés par les membres du Conservatoire, suivis de solfège par les citoyens Agus, Catel, Cherubini et Gossec. Nommé membre de la nouvelle Académie des Beaux-Arts à l’Institut de France dès sa fondation en 1795, Gossec est bien placé pour présenter au concours de Rome son élève Dourlen. C’est ainsi que celui-ci remporte le Grand Prix en 1805 avec sa cantate Cupidon pleurant Psyché. Déjà répétiteur d’une classe de chant élémentaire au Conservatoire national supérieur de musique de Paris depuis 1800, il est nommé en 1812 professeur d’harmonie. Catel et Berton y ont déjà leur propre classe, et quelques années plus tard en 1830, il partage ses élèves avec Halévy. En 1842 il prend sa retraite et le 8 janvier 1864, aux Batignolles (Paris) il disparaît. Durant ses 30 ans d’enseignement il connaîtra trois directions successives : Bernard Sarrette, François-Louis Perne (en 1816) et enfin Luigi Cherubini (1822 à 1842). C’est ce dernier qui réunit en 1823 à la classe d’harmonie de Dourlen, celle d’accompagnement pratique afin de former de meilleurs élèves qui soient à la fois bons harmonistes et accompagnateurs. La vie dans cet établissement n’était pas à l’époque de tout repos car, si l’on croit ce que dit Berlioz, la direction de Cherubini était un tantinet tracassière ! Parmi les nombreux élèves qui défilèrent dans sa classe, Dourlen forma notamment Ambroise Thomas, Boïeldieu fils, Marmontel et Besozzi.
Dourlen est surtout connu en tant que théoricien et ses traités d’harmonie basés sur les méthodes de Catel ont longtemps servi de référence, notamment son Traité d’harmonie (1838), son Traité d’accompagnement pratique (1834) ainsi que sa Méthode élémentaire pour le piano-forte.
Comme compositeur on lui doit plusieurs cantates parmi lesquelles on relève Alcyone (1804) et neuf opéras, dont huit ont été créés au Théâtre Feydeau : Philoclès (1806), Linée ou la Mine de Suède (1808), La Dupe de son art (1809), Cagliostro ou les Illuminés (1810), Plus heureux que sage (1816), Le Frère Philippe (1818), Marini ou le Muet de Venise (1819), La Vente après décès (1821) et Le Petit Souper (1822). Il a également composé un Premier Concerto, un Trio pour piano, violon et basse, un ensemble de Sonates faciles, un Pot-pourri sur les airs de Jean de Paris, des chansons et des romances ainsi que des fantaisies.
Lors de son séjour à la Villa Médicis, effectué entre juillet 1805 et juillet 1810, Victor Dourlen rencontra parmi les autres pensionnaires le peintre Ingres. Celui-ci peignait en 1808 Oedipe explique l'énigme du Sphinx (Musée du Louvre) et la même année réalisa un portrait de Dourlen.
D.H.M.
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Ferdinand Gasse en 1806, de la Chapelle de S.M. l'Empereur, de l'Académie Impériale de Musique. Ex-pensionnaire de l'Académie de Rome Arts et Lettres et membre de la Réunion des Arts et de l'Amitié ( eau-forte, A. A. Bourgeois de la Richardière, d'après A. P. Vincent, BNF )
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Ferdinand GASSE (1780 - ap. 1840)
" Il n’a de cesse qu’il n’ait enflammé tous ses musiciens : c’est un vrai plaisir que de voir ce jeune homme avec son violon et son archet si efficace. Il marche sur les traces de son ancien professeur, Rode. " Ainsi s’exprimait en mai 1805 le journaliste de l’Allgemeine musikalische Zeitung1, parlant de Gasse en tant que chef pour la direction du répertoire symphonique lors des concerts du Conservatoire de Paris.
Ferdinand Gasse, qui fit une carrière de compositeur et de violoniste, est né en 1780 à Naples2. Il est probable qu’il soit de la même famille que l’architecte Louis-Silvestre Gasse, né à Naples le 8 août 1778, Grand Prix de Rome en 18033. En mai 1798 il intégrait la classe de violon de Pierre Rode au Conservatoire de Paris. Considéré comme le meilleur représentant de l’école française de violon, celui-ci avait été nommé professeur de violon dans cet établissement dès son ouverture en 1795. Ferdinand Gasse suivra également les cours de violon de Rodolphe Kreutzer, autre grand représentant de l’école française de violon, qui faisait même l’admiration de Beethoven : il lui dédiera sa Sonate pour violon et piano (op. 47) appelée plus communément la Sonate à Kreutzer. Il reçut aussi les conseils de Pierre Baillot, auteur, avec Rode et Kreutzer, d’une Méthode de violon (1803), adoptée par le Conservatoire, qui sera à maintes reprises rééditée et traduite dans plusieurs langues. Parallèlement il suit les cours d’harmonie de Catel et ceux de composition de Gossec. En 1804, il se présente au Concours de composition de l’Institut, mais cette année-là l’Institut n’accorde que deux seconds Prix : l’un lui est décerné et le second donné à Victor Dourlen. Bien loin d’être découragé, il se représente l’année suivante et obtient cette fois un deuxième Premier Grand Prix avec sa cantate Cupidon pleurant Psyché, une scène d’Arnault. Du 1er janvier 1807 au 31 janvier 1810, Ferdinand Gasse effectue le traditionnel séjour à la Villa Médicis et envoie à la classe des Beaux-Arts de l’Institut plusieurs morceaux de son crû qu’il compose dans la ville éternelle ; notamment un Te Deum à 2 chœurs et un Christe eleison en fugue à 6 voix, sans accompagnement pour lesquels Méhul fit des éloges. Prolongeant son séjour italien à Naples, il regagne Paris en 1812, après avoir réussi à faire jouer en janvier de cette année son opéra bouffe en deux actes, La finta Zingara. Dans la capitale, il retrouve son poste de violoniste à l’orchestre de l’Opéra, où il avait été embauché dès 1801 mais qu’il avait dû abandonner le temps de son séjour à Rome. Violon solo, il y restera jusque 1834, année où il se retirait avec une pension ; Habeneck était alors 1er chef d’orchestre et parmi les quelque 28 pupitres de premier et second violons, on trouvait nombre de prestigieux artistes : Baillot, Urhan, Tilmant, Tolbèque et Nargeot.
Si Gasse fut un violoniste réputé, il était également un compositeur apprécié par ses contemporains. C’est ainsi qu’on lui doit des pièces pour son instrument (Duos, Sonates...), de la musique religieuse et plusieurs opéras : Le voyage incognito (Opéra-Comique, 1er juillet 1819), L’Idiote (Opéra-Comique, 25 novembre 1820), Une nuit de Gustave Wasa (Opéra-Comique, 29 septembre 1825), L’Ange gardien ou Sœur Marie, comédie mêlée de chants sur des paroles d’Achille d’Artois et Henri Dupin (Théâtre des Variétés, 29 janvier 1831)... Il a également écrit une Méthode de violon et un Cours de musique (1830, Bressler).
On ignore la date de sa mort arrivée après 1840. Sans doute est-il le père de Edme-Hippolyte Gasse, élève de Fétis (contrepoint) et de Berton (composition) au CNSM ? Répétiteur de solfège dans cet établissement, il mourut jeune le 11 janvier 1831. C’est Louis-Désirée Besozzi, futur Grand Prix de Rome (1837) qu’il avait eu quelque temps comme élève, qui lui succéda dans cette classe.
D.H.M.
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1) 15 mai 1805, rapporté in Le Conservatoire de Paris, 1795-1995. Des Menus-Plaisirs à la Cité de la musique, ouvrage collectif sous la direction de Anne Bongrain et Yves Gérard, assistés de Marie-Hélène Coudroy-Saghai, Paris, Buchet-Chastel, 1996, 355 pages. [ Retour ]
2) Fétis dans sa Biographie universelle des musiciens prétend qu'il était né en mars 1788. Sans doute fait-il erreur, car Gasse aurait été bien jeune (10 ans) pour entrer en 1798 dans la classe de violon de Rode ! [ Retour ]
3) Louis-Silvestre Gasse vint jeune à Paris et entra à l'école des Beaux-Arts, où il obtint un grand prix d'architecture en 1799. Grand Prix de Rome en 1803, il fit un séjour à la Villa Médicis jusque 1807. Il retourna ensuite à Naples, où sa famille était installée, et avec la collaboration de son frère Etienne il construisit notamment la Bourse et le Palais du Ministère. Il mourut le 11 novembre 1833. [ Retour ]
1806
Guillaume BOUTEILLER ( 1788 - ? )
Lauréat du Prix de Rome en 1806, Pierre-Guillaume Bouteiller renonçait au séjour à la Villa Médicis et à une carrière musicale pour rentrer dans l’Administration. C’était le premier Grand Prix à ne pas vouloir bénéficier de la possibilité de passer cinq années en Italie comme pensionnaire du gouvernement !
Né à Paris en 1788, Guillaume Bouteiller eut tout d’abord comme maître Angélo Tarchi (1755-1814), un ancien du Conservatoire de Naples qui s’était installé à Paris en 1797 et qui est l’auteur d’une quarantaine d’opéras. Elève également du Conservatoire de Paris, il se présenta en 1806 au Concours du Prix de Rome et obtint le Premier Grand Prix avec sa cantate Héro et Léandre, écrite sur un texte de Saint-Victor. Donnée à grand orchestre le 4 octobre de la même année lors de la séance publique des Beaux-Arts, son succès ne fut pas négligeable, mais Bouteiller préféra se désister pour le séjour à Rome. Il entra ainsi dans l’Administration des droits réunis et ne pratiqua plus qu’occasionnellement la musique en tant qu’amateur. Néanmoins cela ne l’empêcha pas de composer un opéra-comique, Le Trompeur sans le vouloir, sur un livret de MM. Jean-François Roger et Auguste Creuzé de Lesser, ceux-là même qui avaient écrit en 1811 la pièce intitulée Le Magicien sans magie, mise en musique (opéra-comique en 2 actes) par Nicolas Isouard. Creuzé de Lesser était également l’auteur des paroles de l’opéra-comique en un acte de Boïeldieu, Le Nouveau seigneur du village (1813). Hélas l’ouvrage de Bouteiller, représenté le 26 mai 1817 au Théâtre Feydeau, fut très loin de recueillir cette fois-ci un franc succès, bien au contraire ! Découragé, Guillaume Bouteiller semble ne plus avoir produit de compositions et s’être entièrement consacré à ses divers emplois administratifs.
D.H.M.
Gustave DUGAZON
Voir cet article détaillé sur les Dugazon.
1807
Pas de premier prix.
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François-Joseph Fétis ( Lithographie par Jean-Baptiste Madou, Agence générale de musique, 1831 )
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Revue musicale, publiée par Fétis, 1er numéro de février 1827
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François FÉTIS (1784-1871)
Né à Mons (Belgique), le 25 mars 1784, Fétis est plus connu comme musicologue que comme compositeur. Son nom est resté dans la mémoire collective comme l'auteur de l'indispensable Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique (8 volumes), parue en 1837-44 à Bruxelles et en 1860-65 à Paris (Firmin-Didot), suivie de Suppléments et compléments par Pougin (2 vol., Paris, 1878-81). Ce travail remarquable est bien antérieur à celui de Grove, la première publication de son célèbre Dictionary of Music and Musicians (4 vol., Londres) étant datée de 1879-89. Fils d'Antoine-Joseph Fétis, organiste de l'église Sainte-Waudru de Mons, Fétis apprend à jouer très tôt du clavecin et du violon auprès de son père, et l'art vocal lui est enseigné à la collégiale de sa ville natale. Il est admis ensuite, le 31 août 1801, au Conservatoire de Paris, dans les classes d'harmonie de Rey et de piano de Boieldieu. Il obtient en 1807 un deuxième Second Grand Prix de Rome, derrière Joseph Daussoigne-Méhul, avec la cantate Ariane à Naxos pour voix et orchestre, écrite sur un texte de Saint-Victor. Il voyage ensuite jusqu'en 1818 dans le nord de la France, notamment à Douai où il enseigne le chant et l'harmonie à l'Ecole de musique (1813) et tient l'orgue de la Collégiale de cette ville. Nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris (1821), puis bibliothécaire (1826), il prend en 1833 la direction du Conservatoire de Bruxelles, tout en étant nommé maître de chapelle du Roi. Il meurt dans cette ville le 26 mars 1871. On doit à Fétis tout un tas d'écrits théoriques (solfèges, méthodes, traités...), d'importants travaux de musicographie, et de nombreuses compositions : une Symphonie pour orgue (1865), des opéras-comiques L'Amant et le mari, Les Soeurs jumelles, Le Manequin de Bergame... , plusieurs pages de musique religieuse dont un Requiem pour le Roi des Belges (1853), des quatuors, des quintettes, des ouvertures... Il convient également de rappeler ici qu'il est le fondateur de la première publication à Paris d'un journal musical, sous le titre de Revue musicale, dont le premier numéro paru en février 1827.
D.H.M. (décembre 2001)
- notice provisoire -
1808
Auguste BLONDEAU
1809
Joseph DAUSSOIGNE-MÉHUL
Jean VIDAL (1789-1867)
Lorsque le 15 février 1828 à Paris le vicomte Sosthène de la Rochefoucauld, directeur des Beaux-Arts et des Lettres, sur demande du directeur de l’Ecole royale des musique et de déclamation lyrique signe l’arrêté de constitution des Concerts du Conservatoire, Jean Vidal figure parmi les premiers membres fondateurs. Cette institution, qui produisait à l’origine 6 concerts annuels était l’une des meilleures du monde. Habeneck la dirigea en premier, avant de laisser la place en 1849 à Girard. C’est comme violoniste que Vidal en devint sociétaire dès le 8 mars, mais le 6 décembre de la même année il démissionnait de ses fonctions, pour rejoindre le Théâtre Italien !
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La Salle Favart où est installé depuis 1825 le Théâtre-Italien, dirigé en 1831 par Jean Vidal. Ce n'est qu'en 1841 qu'il regagnera la Salle Ventadour.
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Né le 7 mars 1789 à Soréze, dans le Tarn, là même où Louis XVI avait érigé quelques années auparavant en Ecole royale militaire (1776) l’école installée depuis un siècle dans l’ancienne abbaye bénédictine Notre-Dame de la Sagne, fondée en 754, Jean-Joseph Vidal regagna en 1805 la capitale pour entrer dans la classe de violon de Rodolphe Kreutzer, ancien élève lui-même de Baillot. Premier prix de violon en 1808, il obtenait l’année suivante un second prix de contrepoint et de fugue, ainsi qu’un deuxième Second Grand Prix de Rome pour sa cantate Agar dans le désert. C’est Gossec qui lui avait enseigné la composition.
Violoniste distingué, il intégra en 1816 l’Orchestre de l’Opéra de Paris, assura la direction de celui du Théâtre Italien à partir de 1831 et surtout fut un partenaire habituel des célèbres séances que Baillot organisa entre 1814 et 1840 . On sait que celui-ci donna quelque cent cinquante-quatre auditions publiques de musique d’ensemble, au cours desquelles il jouait principalement des quintettes, quatuors, trios, sérénades, romances et autres concertos de Boccherini, Mozart, Beethoven, Onslow, Viotti et de sa propre composition. Vidal fut l’un de ses partenaires comme l’ont été, à diverses époques, Baudiot, Montbeillard, Guynemer, Urhan, Sauzay, Noblin, Franchomme et Vaslin pour ne citer que les principaux. Egalement chef d’orchestre de l’Athénée musical à partir de 1836 et premier violon de la Chambre du roi Louis-Philippe, Jean Vidal est connu comme un violoniste distingué, mais ne semble avoir laissé aucune composition. Il est le mort le 14 juin 1867.
D.H.M.

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