Prix de Rome 1880-1889

Lucien HILLEMACHER - Alfred BRUNEAU - Edmond MISSA - Georges MARTY - Gabriel PIERNÉ - Paul VIDAL - Claude DEBUSSY - CHARLES-RENÉ - Xavier LEROUX - Augustin SAVARD - Henry KAISER - André GEDALGE - Gustave CHARPENTIER - Camille ERLANGER - Paul DUKAS

1880

Lucien HILLEMACHER


1881

Pas de premier prix

Alfred BRUNEAU (1857-1934)

Alfred Bruneau (1857-1934),
Grand Prix de Rome 1881,
chef d'orchestre à l'Opéra
( photo Mairet )
Signature d'Alfred Bruneau, 1902

Edmond MISSA (1861-1910)

Edmond Missa vers 1898
( Photo Marmand, Paris, in Le Petit Poucet, 4 octobre 1898 )

Dans Le Figaro du 2 juillet 1884 relatant le Concours de Rome, que Debussy venait d’emporter avec L’Enfant prodigue, on pouvait lire à propos d’Edmond Missa que " sa facture est simple et claire, sa mélodie est franche et ne manque pas d’heureux tours. " Mais quelques lignes plus loin le journaliste souligne que c’est " un concurrent qui s’attarde à des formes italiennes à peu près démodées. " Certes, si cet ancien élève de Massenet fit toujours preuve d’une facilité d’écriture en nous livrant une musique toujours pleine de vie et agréablement ornementée et que d’aucuns considéraient comme un handicap, tel Debussy1 lui-même qui écrira un jour " que le défaut que je lui trouve est de s’attarder dans des formes coupables ", tout en reconnaissant qu’il est " sincère et loyal ", d’autres virent au contraire dans cette production une clarté et une fraîcheur qui expliquaient son succès auprès du public. Il ne faut pas en effet oublier que son opéra-comique Muguette en 4 actes et 5 tableaux tableaux (Grus, 1902), écrit sur un poème de Michel Carré et Georges Hartmann d’après la nouvelle de Ouida : Deux petits sabots, représenté à 20 reprises à l’Opéra-Comique à partir du 18 mars 1903, arrivait à l’époque en tête des plus fortes recettes au même titre que Manon et Werther de Massenet. Il sera même donné en Angleterre et en Allemagne. Au même moment, en 1904, André Antoine le sollicitait en lieu et place de Debussy, afin d’écrire la musique de scène du Roi Lear de Shakespeare pour son Théâtre-Libre qu’il avait fondé en 1887. D’autres ouvrages de Missa furent également donnés à l’Opéra-Comique : Juge et partie en 2 actes, livret de J. Adenis d’après la pièce La femme juge et partie de Montfleury (1886) et Ninon de Lenclos, épisode lyrique en 5 actes, sur un texte de A. Leneka et A. Bernède (1895, direction : Carvalho).

Edmond Missa jouant sa partition Muguette à son éditeur Lucien Grus en 1903
( Photo in Musica, 1903, p. 110 )

Ce compositeur qui écrivait vite, parfois même trop vite !, capable de concevoir, écrire et orchestrer un opéra-ballet en 4 actes, Aubeline, en à peine 4 mois (été 1909), contenant pourtant plus de deux heures de musique, était à vrai dire issu d’une famille de musiciens. Cet atavisme artistique mêlé à une longue éducation musicale appropriée explique probablement la grande activité créatrice dont il fit preuve toute sa vie durant.

La cathédrale de Reims
( gravure in Histoire monumentale de la France par A. Saint-Paul, Hachette, 1883 )

Né à Reims le 12 juin 1861, au numéro 27 de la rue de Vesle, c’est auprès de sa mère, née Marie-Louise Duval, ancien prix de piano et de chant du Conservatoire de Paris, qu’il reçut ses premières leçons de musique. Celle-ci, cantatrice, soliste de la Société des Concerts du Conservatoire, fut plus tard professeur de chant à Paris. Chaque année, aidée de son fils, elle donnait à la salle Pleyel un concert au cours duquel ses élèves se produisaient. A cette époque son cousin l’abbé Louis Duval tenait les grandes-orgues de la cathédrale de Reims depuis 1850 et son oncle, Ernest Duval, pianiste et professeur de musique, était également titulaire de l’instrument de l’église Saint-Jacques. Edmond Missa entrait ensuite naturellement à la Maîtrise de Reims, où il devint l'élève de M. Robert, le maître de chapelle. En 1872, tout juste âgé de 10 ans, il succédait à l'orgue de chœur de la cathédrale à Henri Dallier, futur lauréat du Prix de Rome en 1878 et organiste de la Madeleine, à l’orgue de chœur de la cathédrale. Encore adolescent il fut envoyé à Paris, dans l’Ecole de musique classique et religieuse de Niedermeyer. Clément Loret, cet ancien élève de Lemmens au Conservatoire de Bruxelles, y enseignait l’orgue, Gigout l’harmonie, le contrepoint, le piano et le plain-chant, et Gustave Lefèvre la composition. En juin 1878, ses diplômes de plain-chant, piano et d’harmonie en poche, il quittait cette Institution pour aller parfaire ses études musicales au Conservatoire national supérieur de musique auprès de Marmontel (piano), Jules Duprato (harmonie) et surtout de Massenet (composition). Parallèlement Edmond Missa était nommé dès 1878 organiste de l’église St-Louis-en-l’Ile. Il ne cessera d’ailleurs toute sa vie de jouer de l’orgue et de composer de la musique religieuse, même si une bonne partie de sa musique est composée de musique parfois qualifiée de légère et s’il était considéré par certains comme " un musicien aimable, un joli compositeur d’opérettes " ! Dès l’âge de 16 ans il avait déjà écrit plusieurs pièces d’orgue qu’il fera plus tard publier sous le titre de la Petite paroisse. Après St-Louis-en-l’Ile, on le trouva en effet à St-Roch, à St-Honoré-d’Eylau, à St-Thomas-d’Aquin et surtout à Notre-Dame des Blancs-Manteaux (juin 1885), où il resta jusqu'à sa mort. On lui doit aussi une Méthode complète, théorique et pratique, pour harmonium ou orgue Estey (orgue américain), publiée chez Costallat en 1908.

Edmond Missa à son bureau
( Collection Edmond Missa )

Second prix de contrepoint et de fugue en 1883, il monta à cinq reprises en loge pour le Prix de Rome à partir de 1880, mais ne parvint qu’à obtenir une mention honorable l’année suivante avec la cantate Geneviève de Paris. Le journal L’Evénement écrivait à cette occasion dans ses colonnes : "  Une animation extraordinaire régnait hier dans la cour et aux abords de l’Institut. Les concurrents et leur famille avaient été admis, selon l’usage, à attendre l’issue des opérations dans le salon voisin de la Salle de l’Académie des Beaux Arts. Comme toujours, la plus vive émotion a éclaté dans cette assistance toute intime lorsqu’on a annoncé le résultat du concours. Il y a eu de chaudes embrassades et des sanglots déchirants. Une mère qui a bien pleuré, c’est Mme Missa et sa douleur était bien légitime. La cantate de son fils avait été classée la première du concours préparatoire (jugement des musiciens) et elle obtenait, au concours définitif une voix pour la mention. " Il persista les années suivantes dans son entreprise pour décrocher le premier Grand Prix, mais sa lutte fut vaine, d’autant plus qu’il eut pour concurrent en 1883 et 1884 un certain Claude Debussy. Heureusement pour lui, deux années plus tard, l’Académie des Beaux-Arts lui décernait le Prix Cressent, très prisé à cette époque par les jeunes compositeurs, pour son opéra comique Juge et partie. Lors de sa première représentation la même année à l’Opéra-Comique, la critique lui fut extrêmement favorable. On pouvait notamment lire ces lignes : " La musique de M. Missa est franche et sonore, pleine de gaieté et d’entrain, sans pour autant verser dans la vulgarité. Outre le petit entr’acte symphonique qui a été redemandé, couplets, quintette et ensemble alertes et admirablement scéniques, ont été bissés. Enfin voilà une œuvre couronnée au concours Cressent qui va demeurer au répertoire de la Salle Favart. " Cet ouvrage fut effectivement repris à dix reprises entre le 17 novembre et la fin de décembre 1886, mais l’auteur joua à nouveau de malchance avec l’incendie dramatique de l’Opéra-Comique dans lequel disparaissaient les décors, les costumes et les partitions ! Cela se passait le 25 mai 1887 pendant le premier acte de Mignon, causant la mort d’une quarantaine de personnes. Mais, travailleur acharné, Edmond Missa ne se découragea jamais. Officier d’Académie en 1888, officier de l’Instruction publique en 1896, organiste et compositeur prolifique, il trouvait également le temps de se livrer à l’enseignement, notamment à la Pension des Francs-Bourgeois, et écrivait une Méthode complète théorique et pratique pour harmonium ou orgue (1909, Costallat)

Edmond Missa n’a pas cessé de composer depuis l’âge de 16 ans. Il s’est essayé dans tous les genres, bien qu’il semble avoir eu une réelle prédilection pour la musique de scène et le piano. A ce sujet Denise Vautrin rapporte qu'un ami musicien lui racontait qu'un jour, pressé par une fin de mois difficile, Missa alla trouver l’éditeur Fromont, spécialisé dans les pièces faciles pour piano. Il lui proposa des suites d’orchestre, des mélodies et des chœurs accompagnés qu’il avait en portefeuille, mais l’éditeur les refusa. Prétextant alors se rendre chez lui pour récupérer quelques partitions pour piano, notre compositeur s’éclipsa durant à peine deux heures et revint soumettre à l’éditeur 5 pièces charmantes, qu’il s’empressa de publier. En réalité Edmond Missa venait de les écrire à la terrasse d’un café voisin !

Son catalogue est important et il n’est pas de notre propos ici d’en dresser une liste exhaustive. Néanmoins on peut le diviser en œuvres instrumentales, vocales et musiques de scène. Dans la première catégorie on trouve de nombreuses pièces pour piano (Brises d’automne, le Chant de l’Alliance, Montmartre, Mazurka des oiseaux..., éditées chez Costallat, Enoch, Rouart et Joubert), pour orgue ou harmonium (Entrées, Sorties, Communion, Jobert) et des suites d’orchestre : Les Bains de la mer (1897, Costallat), Scènes Hindoues (1904, Costil), Ballet des Quatre saisons, Valses alsaciennes (Heugel), Aquarelles musicales (Leduc)... ainsi que des partitions de piano écrites spécialement pour les enfants et éditées à Paris chez Jean Jobert, dans les " Célèbres collections des grosses notes " ou dans les séries " Choix de morceaux très faciles et faciles " : Le chien savant (mazurka), Les joues roses (polka), Je suis soldat (marche militaire), Sourire et baiser (valse), A petits pas (polka), Les Mirmidons (valse), Pour jouer à grand’mère, Noël de bébé, J’ai fini, maman (valse), Carillon flamand, Escadron mignon (marche militaire), 4 Promenades : La route ensoleillée, Le ruisselet, la vieille fontaine, Rêverie sous bois, Ma première valse....

Légende du Petit navire, mélodie d'Edmond Missa, poésie de Georges Fragerolle. Editions Costallat.
( Coll. D.H.M. )
La Voilette, chanson écrite pour le cabaret "Le Chat Noir", poésie de Gabriel Montoya, musique d'Edmond Missa, éditions Costallat.
( Coll. Edmond Missa )
Fragment de la Vierge Sainte!, musique d'Edmond Missa pour chant et violon, texte de l'Abbé Perreyve, dédiée « à l'Abbé Duval », son parent. E. Fromont, éditeur.
( Coll. D.H.M. )

Dans la seconde catégorie, musique vocale, on peut ranger ses nombreuses mélodies et ses chœurs. Citons dans cette importante production les chansons : Les Cerisiers, Entends-tu les ramiers ?, La Fête-Dieu, Galant pastel, Gigue des fruits-confits, Hannetons en goguette, Légende du dragon, La Mémoire des fleurs, Les Moineaux, Noël de bohème, Le Petit Poucet, La Revanche de la cigale, Légende du Petit navire..., toutes éditées chez Costallat, et Les Armes de la Femme, recueil de 10 poèmes de Gabriel Montoya mis spécialement en musique par Edmond Missa pour le célèbre cabaret «le Chat noir » : L'Eventail, La Voilette, La Bottine, La Coiffure, Le Divin Sourire, L'Ombrelle, La Robe, Parfum troublant, Les Yeux qui chantent, L'Amour impossible (Costallat). Parmi sa musique religieuse n’omettons pas de signaler sa Vierge sainte !, pour chant et violon ad libitum, écrite sur une prière de l’Abbé Perreyve et dédiée " A l’Abbé Louis Duval ", son parent (Paris, E. Fromont), un Noël (deux tonalités) édité chez Henry Lemoine, ainsi que toute une série d’autres Noël d’enfant à plusieurs voix chez le même éditeur, et trois Messes : Les Voix du ciel (Enoch), Reine du ciel (Jobert) et Monseigneur Jésus (Hamelle)...

Enfin sa musique de scène comprend une trentaine d’opéras-comiques, opérettes, drames lyriques et autres opéras-bouffes. En dehors de ceux déjà cités, voici la liste de ses ouvrages : La Belle Sophie (opéra-bouffe en 3 actes, 1888, Bathlot et veuve Héraud), Le Chevalier timide (opéra comique en 1 acte représenté en 1887 aux Menus-Plaisirs, Leduc), La Chouanne (opéra en 1 acte, 1907, Grus), Cyprienne (pièce lyrique en 3 actes et 5 tableaux, 1910), Le dernier des Marigny ( féerie en 5 actes donnée en 1896 au Théâtre Marigny, Eschig), Dinah (comédie lyrique en 4 actes d'après Shakespeare représentée à la Comédie-parisienne en 1894, Choudens), La D’moiselle du Tabarin (opérette en 3 actes, paroles de Maurice Ordonneau et André Alexandre, représentée le 25 mars 1910 au Nouveau Théâtre du Château d’eau, Choudens), Hermann et Dorothée (opéra en 3 actes, 1911, Grus), L’Hôte (pièce lyrique en 3 actes, tirée de la pantomime de Michel Carré et Paul Hugounet, représentée en 1893 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, 1896, Heugel), Lydia ou les fiancés de Novgorod (opéra-comique en 1 acte, 1888, Leduc), Maguelone (drame lyrique en 1 acte créé par Emma Calvé le 21 juillet 1903 au Covent-Garden de Londres, sous la direction d’André Messager, 1904, Jobert), Mini-Fauvette (vaudeville, 1892, Quinzard), Les Trois Bossus (farce lyrique en 1 acte et 3 tableaux, 1896, Rouart), Doctoresse (pantomime en 1 acte représentée en 1890 aux Bouffes-Parisiens, Heugel), Le mariage galant (opérette représentée en 1892 aux Menus-Plaisirs), La Demoiselle aux Camélias (opérette représentée en 1899 aux Bouffes-Parisiens), Niou (Choudens), La Belle Sophie (en 3 actes, représenté aux Menus-Plaisirs en 1888), La Princesse Mangara (en 3 actes, représenté en 1891 au Grand-Théâtre de Reims), Les Bohémiens (drame lyrique en 5 actes), Babette (Londres, 1900), Lucas et Lucette (opéra comique en 1 acte, sur un poème de Paul Gravellot, Grus, 1905)... Il ne faut pas également oublier plusieurs ballets : Vision (Olympia), Les Grandes Courtisanes (Folies-Bergère), Les Deux baisers (Olympia), Lydia (créé à Dieppe en 1887, Leduc), La Peur (créé au Théâtre Belle-Alliance à Berlin, 1904)...

Terminons cette esquisse biographique en rapportant ces paroles de Philippe d’Ohsson3 que nous reprenons à notre compte : " Et voyez quel souci d’art délicat, quel éclectisme amoureux décèlent souvent les titres mêmes de ses œuvres, et combien ils évoquent cette musique subtile, lumineuse, rieuse, parfumée, émerillonnée comme son auteur, dont les yeux gris, eux aussi rieurs, dont la tête ronde et rose, presque poupine, révèlent un cœur émerveillé, une âme presque enfantine. " Quant au musicologue René Dumesnil3, il voyait dans les pièces d’Edmond Missa une musique rappelant son maître Jules Massenet, qui en avait souvent le charme.

Edmond Missa s’est éteint le 29 octobre 1910 à Paris. Il avait tellement écrit pour lui, mais également pour les autres, que le critique musical Pierre Lalo lança cette boutade : « Edmond Missa est mort, que de compositeurs n'écriront plus... »

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE 4

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1) Revue Gil Blas, 23 mars 1903. [ Retour ]

2) L'Echo Musical, n° 18, 15 mars 1905. [ Retour ]

3) La musique contemporaine en France, tome II, p. 111 (Paris, Librairie A. Collin, 1949). [ Retour ]

4) Nous remercions vivement M. Edmond Missa, petit-fils du compositeur, de nous avoir si aimablement renseigné en mettant gracieusement à notre disposition ses archives familiales. [ Retour ]

La Bibliothèque nationale du Québec propose en ligne cinq enregistrements anciens de pièces vocales d'Edmond Missa : http://www4.bnquebec.ca/musique_78trs/mc275.htm


1882

Georges MARTY (1860-1908)

Georges Marty (1860-1908),
Grand Prix de Rome 1882,
professeur de la classe d'Ensemble vocal
au Conservatoire de Paris,
successeur de Taffanel à la tête
de la Société des concerts
du Conservatoire en 1903
( photo Cautin et Berger )

Gabriel PIERNÉ (1863-1937)

Gabriel Pierné (1863-1937), Grand Prix de Rome 1882, organiste de l'église Sainte-Clotilde à Paris où il succède à César Franck, chef d'orchestre des Concerts Colonne, membre de l'Institut
( photo Henri Manuel )


1883

Paul VIDAL (1863-1931)

Paul Vidal (1863-1931),
Grand Prix de Rome 1883,
chef d'orchestre à l'Opéra,
directeur musical de l'Opéra-Comique,
professeur d'accompagnement
au Conservatoire de Paris
( photo Pierre Petit )

Fondateur, avec Georges Marty, des Concerts de l’Opéra, Paul Vidal a fait principalement sa carrière à l’Opéra et à l’Opéra-Comique de Paris. Son ballet La Maladetta, composé en 1893 sur un livret de Pedro Gailhard, a été joué près de deux cents fois à l’Opéra.

C’est à Toulouse qu’il est né, le 16 avril 1863 et c’est au Conservatoire de cette ville qu’il fit ses premières armes, à l’époque où Paul Mériel en assurait la direction. A l’âge de 15 ans il entrait au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, dans les classes de Marmontel, Durand et Massenet, et où il remportait les premiers prix d’harmonie (1879) et de contrepoint et fugue (1881). Deux ans plus tard, il obtenait une brillant Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Le Gladiateur (éditée chez Hartmann), devant Claude Debussy, qui lui valait le qualificatif de " remarquable musicien ". Le sujet de cette scène lyrique était d'Emile Moreau, auteur d'un autre ouvrage intitulé Corneille et Richelieu, qui avait obtenu quelque temps auparavant un certain succès au Théâtre-Français. En 1881 Paul Vidal s'était déjà essayé au Concours de Rome et avait été récompensé par un deuxième Second Grand Prix.. Le sujet imposé, Geneviève, de E. Guinand l'avait sans doute moins inspiré cette année là, même si les critiques musicaux soulignaient alors la qualité de son ouvrage plein de promesses. Il avait récidivé l'année suivante avec la cantate Edith, mais sans obtenir cette fois ci la moindre récompense. Massenet a beaucoup compté dans la formation artistique de Paul Vidal, d'ailleurs il lui en garda toute sa vie une profonde reconnaissance. C'est ainsi qu'en décembre 1911, il écrivait à Adolphe Brisson, rédacteur en chef des Annales politiques et littéraires : " Ce fut le plus merveilleux éveilleur d'âmes, le plus généreux stimulateur d'énergies et d'imaginations. Les âmes ont répondu ; les imaginations ont fleuri : il en peut revendiquer hautement comme sienne l'harmonieuse moisson. ""

Entré à l’Opéra en 1889 comme sous-chef des chœurs, il fut promu ensuite directeur du chant (1892) puis chef d’orchestre en 1906. En 1914, il fut appelé à diriger la musique à l’Opéra-Comique, poste qu'il occupera jusque 1919.

Egalement professeur au CNSM, il y enseigna le solfège puis l'accompagnement au piano à partir de 1894, avant de prendre une classe de composition et fugue en 1910. La qualité de son enseignement était connue de tous les musiciens, car, malgré ses succès dans la musique de théâtre, il ne cessa jamais de s’intéresser aux jeunes musiciens en herbe qu’il aidait même parfois à trouver une situation. Il a formé ainsi un grand nombre d'artistes de valeur. Paul Vidal fut en outre Inspecteur de l'enseignement musical en France, membre du conseil d'administration de la Société des auteurs et président honneur de plusieurs groupements professionnels.

Paul Vidal, 1863-1931.
( photo Pierre Petit. )
Compositeur fécond, c’est principalement dans la musique de scène que Paul Vidal s’est fait un nom. En dehors de La Maladetta déjà citée, on lui doit également des opéras de grande valeur : Guernica (Opéra-Comique, 1895), La Burgonde (Opéra, 1898), Ramsès (1908), Naïl ; une opérette : Eros en 3 actes (Bouffes Parisiens, 1892) ; d’autres ballets : Fête russe (1893), L’Impératrice (1901), Zino-Zina) avec Jean Richepin (Monte-Carlo, 1906) ; de la musique de scène : Le Baiser (Banville); des pantomimes, ainsi que bon nombre de pièces pour piano (Staccato, Scherzetto, Romance sans paroles, Marche, Pages d’album...), des mélodies (En moisson, Chansons de Shakespeare, Choeurs...); de la musique religieuse : Saint Georges, légende dramatique pour soli et chœur (Leduc), Cantique : Qu'ils sont aimés (Leduc) ; des motets, des cantates (La Filleule des fées...) et autres pages vocales diverses : Berceuse angélique pour 4 voix de femmes (Leduc) ; des mystères et un poème symphonique qui mériterait largement de sortir de l’oubli dans lequel il est tombé : La Vision de Jeanne d’Arc. Notons également un Andante et une Pastorale pour violoncelle, harpe et orgue, un Divertissement flamand pour grand orchestre, une ouverture M. de Pourceaugnac, une pièce pour piano et violon : Sérénade sur l’eau, une autre pour piano et trombone : Solo de concert n°2 et un Gloria Pater... Il a même mené des travaux musicologiques intéressant notamment le folklore. C’est également lui qui a terminé l’instrumentation de La Vivandière laissée inachevée par Benjamin Godard et dont on connaît le succès arrivé par la suite à l’Opéra-Comique.

Fac-similé partition manuscrite et signature autographe de Paul Vidal, extraites de sa pièce funambulesque Lélio. Collection des Morceaux manuscrits pour piano des auteurs les plus célèbres..., publiée à Paris chez Alphonse Leduc.
exemplaire dédicacé par Émile Leduc à Madame Hedwige Chrétien, coll. DHM. )

Paul Vidal est mort à Paris, le 9 avril 1931. Son frère, Joseph (1859-1924) fut également un chef d’orchestre et un compositeur réputé, principalement dans l’opérette.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE



1884

Claude DEBUSSY (1862-1918)

Claude Debussy, 1862-1918,
élève d'harmonie d'Émile Durand contre lequel il se rebella.
( photo Nadar, Musica, sept. 1910. )
Claude Debussy en 1884
d'après le portrait de Marcel Baschet.
( paru en 1932 dans L'Illustration, BNF Richelieu )

 

Claude Debussy en 1909
( A.Harlingue, d'après Nadar, BNF Richelieu )
Claude Debussy sur son lit de mort en 1918.
Dessin de Friesz.
( BNF Richelieu )

CHARLES-RENÉ ( 1863 - ca 1940? )

" Mon maître, Charles-René, me faisait faire des exercices de composition alors que je n’avais encore que seize à dix-sept ans... ", rappelait Maurice Ravel dans ses souvenirs d’enfant écrits quelque temps avant sa mort. C’est en effet ce lauréat du Prix de Rome qui lui enseigna en tout premier l’harmonie, le contrepoint et la composition à partir de 1887, avant qu’il n’intègre le Conservatoire de Paris deux ans plus tard. C’est d’ailleurs Charles-René, disciple de Léo Delibes et excellent pédagogue qui donna au futur compositeur de la Rhapsodie espagnole ses solides bases de l’écriture musicale avec ce raffinement harmonique qui caractérise l’œuvre de Ravel. Il avait pour habitude de demander à ses élèves des essais de composition libre ayant pour effet d’exciter leur imagination. Les premiers ouvrages de Ravel datent de cette époque, notamment un premier mouvement de Sonate dans lequel Charles-René remarquait les dons évidents de son auteur, élève studieux et assidu, et poussait alors son père à inscrire son jeune fils au Conservatoire. C’est certainement le seul titre de gloire dont peut s’enorgueillir notre professeur de musique qui a préféré mettre son talent au service de l’enseignement aux dépens d’une carrière de compositeur pour laquelle il avait pourtant d’évidentes dispositions !

Né le 10 mai 1863 à Paris, Charles-Olivier-René Bibard, dit Charles-René, a fait toutes ses études musicales au CNSM de Paris, notamment auprès de Léo Delibes pour la composition, qui s’évertuait à enseigner à ses élèves sa propre philosophie musicale : mettre la science au service de la sensibilité. Celui-ci avait remplacé Reber en 1881 et il comptait bien d’autres éminents disciples à la même époque : Maurice Emmanuel, Camille Erlanger, Richard Mandl et Spiro Samara pour ne citer que les plus connus. A deux reprises Charles-René sera classé juste derrière Debussy au Concours de Rome et lorsque l’on connaît l’influence que ce dernier aura sur l’œuvre de Ravel, il est piquant de voir que notre musicien, condisciple de Debussy au Conservatoire, a été l’un des tout premiers à enseigner le langage musical à Ravel, car s’il est vrai que le premier a révolutionné la musique, c’est le second qui a diffusé en les intégrant à son propre style les trouvailles essentielles de son aîné, même s’ils nous paraissent parfois diamétralement opposés ! Elève également de Marmontel pour le piano, Charles-René obtint un Premier prix à l'unanimité lors du concours du 23 juillet 1880 : 15 concurrents étaient en lisse avec le final de la Sonate en fa mineur op. 57 de Beethoven, devant un jury présidé par Ambroise Thomas et composé de Théodore Ritter, Stéphen Heller, Louis Lacombe, Auguste Wolff, Ernest Guiraud, Théodore Dubois, Emile Paladilhe et Jules Cohen.

En juin 1883, Charles-René, tout juste âgé de 20 ans, se présentait pour la première fois au Concours de composition musicale de l'Académie des Beaux-Arts. Quatre autres candidats étaient également retenus pour l'épreuve finale : Claude Debussy, Paul Vidal, Xavier Leroux et Edmond Missa. Le sujet de composition Le Gladiateur, était une scène lyrique d'Emile Moreau, auteur entre autres d'une remarquable pièce Corneille et Richelieu, qui avait obtenu récemment un réel succès au Théâtre-Français. Jouée en premier devant les membres de l'Institut réunis, la cantate de Charles-René « était supérieurement interprétée par Mme Caron, par MM. Talazac et Belhomme, qui tous trois ont rivalisé de talent. C'est de sa plus belle voix que Talazac à dit l'Invocation à Baal, qui nous a paru très réussie. C'est avec un charme infini que Mme Caron a fait valoir la délicieuse phrase : " Sous ton ciel brûlant, au pays des palmes... " C'est de son admirable basse-taille que M. Belhomme a enlevé " Honte sur toi ! ". L'impression produite par la cantate de M. René avait été telle qu'elle a nuit à celle de M. Vidal, qui venait immédiatement après... »1. Mais les Académiciens ne furent pas totalement convaincus et Charles-René n'obtenait cette année qu'un deuxième Second Grand Prix, derrière Claude Debussy (premier Second) et Paul Vidal (Grand Prix), même si l'on remarquait « en MM. Debussy et René l'espérance de lauréats dignes de faire honneur à l'Académie des Beaux-Arts et de l'art français. »

L'année suivante, Charles-René concourrait à nouveau, avec L'enfant prodigue, une scène lyrique d'Edouard Guinaud. Admis aux côtés d'Edmond Missa, Henry Kaiser, Claude Debussy et Xavier Leroux, sa cantate était chantée en premier par Mme Montalba, MM. Muratet et Belhomme devant l'aréopage académique réuni en ce 28 juin 1884. Celui-ci décernait alors les récompenses suivantes : au premier tour du scrutin, par 22 voix sur 28 votants, le premier Grand Prix à M. Debussy ; après deux tours de scrutin, par 19 voix sur 28, le premier Second Grand Prix à M. René et enfin, par 27 voix sur 28 le deuxième Second à M. Delibes...

Si comme nous l’avons dit Charles-René s’est consacré a l’enseignement du piano et de l’écriture musicale à Paris, il a néanmoins composé quelques ouvrages de bonne tenue, dans la lignée de son Maître où transparaissent à la fois clarté et élégance. Parmi eux notons plusieurs suites de pièces pour piano : Esquisses poétiques, Veillée de décembre, Le voyageur, Caprice romantique, Trois valses-caprices (à 4 mains) ; de la musique de chambre : Sonate pour piano et violon, Strophes pour cor et piano ; de la musique instrumentale : Fantaisie de concert pour violon et orchestre, Deux pièces pour violoncelle et orchestre, Reflets du Nord, suite d’orchestre, ainsi que de nombreuses mélodies, des scènes lyriques et de la musique religieuse, parmi laquelle on relève une Première Messe en sol pour deux chœurs et orchestre, une Seconde Messe en la pour deux voix, solo et orchestre, et deux motets : Panis Angelicus et Inviolata, tous édités chez Lemoine.

En tant que pédagogue, on lui doit également toute une série de pièces de concours pour piano, toutes éditées chez Lemoine :

* Solo de concours d’après le Largo de la Sonate en ut mineur et la Fugue en ut majeur de W. Friedmann Bach (1932)
* Solo de concours d’après L’Air varié en si bémol de J.B. Cramer (1932)
* Solo de concours d’après l’Allegretto de la 7ee Symphonie de Beethoven (1932)
* Solo de concours d’après l’Allegretto de la Suite en sol de G.F. Haendel, et le cinquième Nocturne de F. Chopin (1932)
* Solo de concours d’après le deuxième Concerto en fa mineur, op. 21, de Fr. Chopin (1932)
* Solo de concours d’après la Gavotte variée de G.F. Haendel (1932)
* Solo de concours d’après le 21e Prélude du Clavecin bien tempéré (cahier n° 1) de J.S. Bach, et l’Andante du 1er Concerto de F. Mendelssohn-Bartholdy (1932)
* Solo de concours d’après La Victoire de Duphly, et Un Sospiro de F. Liszt (1934)
* Solo de concours d’après la Fantaisie, op.16, n° 1, de F. Mendelssohn-Bartholdy (1934)
* Solo de concours d’après le Troisième Scherzo, op. 39, de Fr. Chopin (1934)
* Solo de concours d’après Fantaisie et Sonate en ut mineur de W.A. Mozart (1934)
* Solo de concours d’après le Quatrième Concerto en mi bémol de D. Steibelt (1934)
* Solo de concours d’après un Prélude de Purcell et La Joyeuse de J.-Ph. Rameau (1934)
* Solo de concours d’après Gavotte et Musette en sol de J.S. Bach (1935)
* Solo de concours d’après le Deuxième Scherzo, op. 31, de Fr. Chopin (1935)
* Solo de concours d’après le Final de la Sonatine en sol, op. 55, n° 2 de Fr. Kuhlau (1935)
* Solo de concours d’après le Premier mouvement de la Sonatine en si bémol, op. 41, n° 2, de D. Steibelt (1935)

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

____________

1) Edouard Noël et Edmond Stoullig, Les Annales du Théâtre et de la Musique, année 1883, Paris, G. Charpentier et Cie, éditeurs, 1884, p. 317. [ Retour ]


1885

Xavier LEROUX (1863-1919)

Signature de Xavier Leroux, 1902
Xavier Leroux (1863-1919),
Grand Prix de Rome 1885,
professeur d'harmonie
au Conservatoire de Paris
( photo Benque )

Concours du Prix de Rome en 1885
Château de Compiègne, 1885, les 6 candidats au Prix de Rome : de gauche à droite, assis : André Gedalge (Mention), Edmond Missa, Augustin Savard (Second Prix) ; au second plan, debout : le surveillant Lescaut, Xavier Leroux (1er Grand Prix), Frédéric Le Rey, Henri Kaiser
( photo Gerschell )


1886

Augustin Savard, Prix de Rome en 1886
( photo Femina, vers 1909 )
Augustin SAVARD (1861-1942)

Augustin Savard (1814-1881), père du Prix de Rome, vers 1860
( photo Pierre Petit, BNF )

Fils d'Augustin (1814-1881), professeur de solfège, puis d'harmonie et d'accompagnement pratique au CNSM et auteur d'ouvrages pédagogiques, Augustin Savard est né le 15 mai 1861 à Paris. Il fit ses études musicales au Conservatoire de Paris auprès de Massenet, Taudou et Durand et remporta le Premier Grand Prix de Rome en 1886 avec sa cantate La Vision de Saul, après avoir obtenu un Second Grand Prix l'année précédente. Chef d'orchestre à l'Opéra de Paris en 1892 et 1893 lors de son retour de Rome, il prit ensuite la direction du Conservatoire de Lyon à partir de 1902, dont il se retirait en 1921. Il est décédé à Lyon le 6 décembre 1942. On lui doit notamment un drame lyrique : La Forêt (Opéra de Paris, 1910), un Poème pour voix et orchestre, de la musique de chambre, une ouverture pour Le Roi Lear et deux symphonies.

D.H.M. (notes provisoires)


Henry KAISER (1861 - ? )

Henry Kaiser
( BNF Richelieu )

Répétiteur de solfège au Conservatoire national supérieur de musique de Paris jusqu'au début des années vingt., Henry-Charles Kaiser, né en 1861, a effectué ses études musicales dans cet établissement à l’époque où Ambroise Thomas en assurait la direction. Elève brillant de Emile Durand (harmonie), Jules Massenet (contrepoint et fugue, composition), Georges Mathias (piano) et César Franck (orgue), il obtenait toute une série de récompenses de haut niveau : 1er prix d’harmonie et contrepoint, partagé avec Debussy (1880), 2ème prix d’harmonie seule (1881), 2ème prix de piano avec l’interprétation du Rondo-capricioso de Mendelssohn (1883), 2ème prix de contrepoint et fugue (1884) et enfin 1er prix d’orgue (1884) dans la classe de Franck, où il était rentré en 1881.

En 1884 il se présentait pour la première fois au Concours de composition musicale de l’Institut. Le sujet, L’Enfant prodigue, une scène lyrique d’Edouard Guinand ne l’inspira guère, même si l’interprétation de son ouvrage devant l’Académie des Beaux-Arts par Mme Dauriac, MM. Mouliérat et Claverie remporta un certain succès ; d’ailleurs il ne fut pas récompensé. Il faut dire qu’il avait pour concurrent un certain Claude Debussy, alors âgé de 21 ans, qui se présentait d’ailleurs pour la deuxième fois. C’est lui d’ailleurs qui remportait le Grand Prix par 22 voix sur 28. Le concours de l’année suivante, avec la cantate Endymion fut également un échec pour lui. En 1886, il tentait à nouveau sa chance. Le sujet imposé était une scène biblique de Jules Adenis, La vision de Saül ; la presse de l’époque soulignait la médiocrité de cette œuvre littéraire que les candidats eurent grand mal à mettre en musique! Chantée par Melle Mézeray, MM. Vergnet et Manoury, la cantate de Kaiser fit bonne impression aux membres de l’Académie des Beaux-Arts qui lui décernèrent le 26 juin un 1er Second Prix. Désirant ardemment obtenir le Grand Prix, il se présenta pour la quatrième fois au Concours de Rome en 1887, mais échoua. La cantate imposée était Didon et parmi les autres concurrents se trouvait également un autre musicien de grand talent : Gustave Charpentier !

Les compositions de ce musicien ne sont pas connues et l’on ignore la date précise de sa mort, sans doute arrivée au cours des années vingt.

D.H.M.


André GEDALGE (1856-1926)

André Gedalge, cl. Bibliothèque Nationale
André GEDALGE (1856-1926),
Grand Prix de Rome 1886,
professeur de fugue et de contrepoint au Conservatoire de Paris
(Bibliothèque Nationale)

André GEDALGE [souvent improprement accentué en GÉDALGE] étudia tard la musique puisque ce n'est qu'en 1885, à l'âge de 28 ans, après avoir été libraire, qu'il entra au CNSM de Paris dans la classe de Guiraud. Il obtint une mention au Concours de Rome en 1885 et l'année suivante un Second Grand Prix de Rome. Tout d'abord répétiteur des classes de Guiraud et de Massenet il fut ensuite nommé professeur de contrepoint et de fugue en 1905. Il a formé des compositeurs illustres tels que Maurice Ravel, Florent Schmitt, Charles Kœchlin, Arthur Honegger, Georges Enesco, Jacques Ibert, Darius Milhaud, Roger-Ducasse, Raoul Laparra, André Bloch et Henri Rabaud. En dehors de son Traité de la fugue, publié en 1904, qui continue de faire autorité, il a également écrit d'autres ouvrages pédagogiques tel ce livre consacré à L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreille (1922). Dans le domaine de la composition on lui doit une pantomime, Le petit Savoyard (1891), un opéra Pris au piège (1894) interprété à Paris en 1895, 4 symphonies, des concertos, de la musique de chambre et des mélodies.

(Denis Havard de la Montagne)

Consultez également divers articles détaillés et illustrations sur une page spécifique.

En anglaisAndré Gedalge (often wrongly written with é ) studied music late since it was in 1885 at the age of 28, after having been a bookseller that he joined the CNSM of Paris in Giraud's grade. He obtained a distinction at the "Concours de Rome" in 1885 and the year after the "Second Prix de Rome". First a chorus master of Guiraud and Massenet's grade, he was promoted to the rank of teacher of counterpoint and fugue in 1905. He taught famous composers such as Maurice Ravel, Florent Schmitt, Charles Koechlin, Arthur Honneger, Georges Enesco, Jacques Ibert, Darius Milhaud, Roger Ducasse, Raoul Laparra, André Bloch and Henri Rabaud. Beside his Traité de la fugue, published in 1904, which is still well known, he also wrote other educational work such as the book dedicated to L'enseignement de la musique par l'éducation méthodique de l'oreille (1922). In this category of composition we owe him a pantomime Le Petit Savoyard (1891), an opera Pris au piège (1894) given in Paris in 1895, four symphonies, concertos, chamber music and melodies.

Traduction : Fabienne Baillot

Remarquez l'absence d'accent au nom GEDALGE
André GEDALGE
dans un moment de loisirs
( photo X..., 1902 )
Livret de solfège à l'usage des élèves, 2e Livret, Paris, Librairie Gedalge, 75 rue des Saints-Pères, 1922
( coll. D.H.M. )
vers 1911 - André GEDALGE dans son "cabinet-refuge" du jardin de sa maison de Chessy (Seine-et-Marne)
(coll. A. Gedalge)

La classe de contrepoint et fugue d'André Gedalge au conservatoire de Paris en 1924. Quatrième à partir de la droite, le Canadien Claude Champagne.
( Photo X... reproduite à partir du site Web de la Bibliothèque nationale du Canada www.nlc-bnc.ca )

Signature d'André Gedalge, 1902


André Gedalge, CD (Polymnie) paru en 2006 :

André Gedalge, pièces instrumentales et mélodies
Geneviève Laurenceau (violon), Lorène de Ratuld (piano)
Mario Hacquard (baryton), Claude Collet (piano)
Antoine Curé (trompette), Benny Sluchin (trombone)

Audio lecteur Windows Media 2e Sonate pour violon et piano, op. 19 (1900)
Écoutez un extrait : fin du 1er mouvement
Morceau de concours de trompette (1910)
Pièce pour trombone et piano (1895)
Mélodies pour baryton et piano (1898 à 1909) : Vaux de Vire et Chansons normandes, La Chanson du pêcheur, Dans la forêt, Dans les ruines d'une abbaye, Chansons sur des poèmes de Robert Burns, La Belle Fille.

1 CD POLYMNIE (POL210340), enregistré en 2006
49 bis route de Maisons Blanches, 10800 Buchères
tél : 03 25 41 84 90 – www.polymnie.net


1887

Gustave CHARPENTIER (1860-1956)

Gustave Charpentier (1860-1956),
Grand Prix de Rome 1887, compositeur,
fondateur de L'oeuvre de Mimi Pinson
( photo Cautin et Berger )


1888

Camille ERLANGER (1863-1919)

Signature de Camille Erlanger, 1902
Camille Erlanger (1863-1919),
Grand Prix de Rome 1888,
compositeur dramatique
( photo Reutlinger )

Paul Dukas
Paul Dukas (1865-1935)
( Détail d'une photo Ed. Joailler )
On pourra aussi consulter une photo de groupe dans sa classe de composition au conservatoire.
Paul DUKAS (1865-1935)

Article spécifique : Paul Dukas, le père de l'Apprenti-sorcier.


1889

Pas de premier prix


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