Jacques Castérède est né à Paris le 10 avril 1926. Il fait ses études secondaires au lycée Buffon, puis entre au Conservatoire de musique et de déclamation de Paris en 1944. Il y obtient successivement les premiers prix de piano (classe d'Armand Ferté), musique de chambre, harmonie (classe de Marcel Samuel-Rousseau), composition (classe de Tony Aubin), analyse et esthétique musicale (classe d’Olivier Messiaen). En 1953, le Premier Grand Prix de Rome lui est décerné pour sa cantate La Boîte de Pandore, sur des paroles de Randal Escalada. Il séjourne ensuite à la Villa Médicis de 1954 à 1958.
En 1960, il est nommé professeur de formation musicale pour chanteurs au C.N.S.M. de Paris, où il occupera ensuite les postes de professeur conseiller aux études en 1966, de professeur d’analyse musicale supérieure en 1971, puis de professeur de composition en 1988.
Jacques Castérède enseigne également la composition à l’Ecole Normale de Musique de Paris de 1983 à 1988, ainsi que l'analyse musicale au Conservatoire supérieur - C.N.R. de Paris jusqu'en 1995.
En 1988, dans le cadre d’une mission d’enseignement en Chine, il assure des cours de composition, analyse, orchestration au Conservatoire Central de Pékin et donne une série de conférences sur la musique française contemporaine. Cette mission sera renouvelée en 1998.
Egalement pianiste virtuose, au cours des années 1960 et 1970 il se produit en tournées (musique de chambre) en Egypte, au Pérou, en Uruguay et en Argentine.
La musique de Jacques Castérède, d’essence mélodique, est très élaborée, utilisant des échelles modales et parfois une polyrythmie savante, sans se départir d’une émotion retenue qui lui confère un climat poétique très particulier.
De nombreux prix ont couronné l’ensemble de son œuvre : Prix du Portique en 1963, Prix Dumesnil en 1983 et Prix Florence Gould en 1986 décernés par l’Institut de France, Grand Prix national du disque en 1968 pour sa Symphonie pour cordes n°1, Grand Prix Musical de la Ville de Paris et Prix de la Nouvelle Académie du disque en 1991, Grand Prix de l’Académie Charles Cros en 1995.
L’affrontement avec les réalités de la vie a eu rapidement raison des " grandes espérances " de ce compositeur, peu de temps après l’obtention de son Prix de Rome. L’indépendance, aussi bien matérielle que philosophique, dont il a toujours fait preuve, a obligé cet artiste à se reconvertir à la " vie civile ", celle qui permet d’assurer le bien être matériel, à défaut de la consécration. Et pourtant, les quelques œuvres qu’il a eu le temps d’écrire démontrent que ce musicien était en pleine possession de son art, n’appartenant à aucune chapelle, laissant s’exprimer une sensibilité profonde et une imagination naturelle. Son Concerto da Camera, écrit en 1953 et donné en première audition publique à l’Ecole Normale de Musique de Paris le 21 mai 1954 par Bernard Wahl, à la tête de l’Orchestre de chambre de Versailles, rencontra à l’époque un certain succès; l’auteur avait écrit ici une œuvre sincère, directe, destinée à un public presque populaire.
Né le 8 avril 1931 dans la banlieue parisienne, à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), René Maillard fait notamment ses études secondaires au collège Gay-Lussac de Limoges au cours de la seconde guerre mondiale. Il se souvient d'ailleurs parfaitement de son tout premier professeur de violon dans cette ville, Charles Paillier, envers lequel il conserve une profonde estime. Elève ensuite d'Arthur Hoérée1, qu'il qualifie lui-même de « personnage brillant », il fréquente également le Conservatoire de Versailles, où il bénéficie de l'enseignement d'Aimé Steck (lauréat du Prix de Rome en 1922), dans sa classe d'écriture, avant d’entrer au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Dans cet établissement supérieur, René Maillard suit les classes d’harmonie, de contrepoint et de fugue de Samuel-Rousseau et de Noël Gallon, puis intègre la classe de composition de Tony Aubin. En 1955 il concourt pour le Prix de Rome avec la scène lyrique d'après Rabelais, Le rire de Gargantua, sur un livret de Randal Lemoine. Interprétée par l'Orchestre de l'Opéra-Comique, sous la direction de Jean Fournet, avec René Bianco, Louis Rialland et Jacqueline Cauchard, elle est primée par un Second Grand Prix.
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Le groupe "Pentacorde" vers 1953. De gauche à droite : Jacques Boisgallais, Pierre Doury, Bernard Wahl, René Maillard, Clermont Pépin ( photo Louis Jacob, portraitiste à Saint-Cloud ; coll. René Maillard, avec son aimable autorisation )
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René Maillard n’avait pas attendu son Prix de Rome pour taquiner la muse. Il avait déjà composé auparavant un Essai chorégraphique, un Quatuor pour bois, des Pièces faciles pour le clavier et une fort belle Sonate pour piano, qui sera interprétée à la salle Cortot de l’ENM de Paris, le 16 avril 1953, par Hélène Pignari. C’était d’ailleurs à l’occasion de la première parution en public du " Groupe Pentacorde "2, qui se produisait parfois lors des concerts " Le Triptyque " de Pierre d’Arquennes. La critique musicale souligna à cette occasion le style incisif, le rythme étudié et la sensibilité très vive de cette œuvre. Le 31 mars 1955, c’est Jean Della Valle à son tour qui la jouait dans cette même salle de la rue Cardinet. Cette page pour piano, donnée également par la Radio les 21 mars et 13 mai 1953, était suivie peu de temps après d’une Sonate pour alto et piano, jouée le 15 février 1954 au Cercle Paul Valéry de la rue de Clichy par Colette Delagarde et Denise Chirat, puis d’une autre Sonate pour violon et piano,écrite durant la même période et donnée en première audition publique par R. Quattrocchi et A. Collard le 1er juin 1954, dans le cadre des concerts du " Groupe Pentacorde ". Maurice Fueri et Jean Hubeau l’interprétèrent plus tard eux aussi à la Radio, les 17 février et 15 mai 1957.
C’est de cette époque que date le Concerto da Camera de René Maillard, l’une de ses œuvres majeures. Ecrite en deux mois au cours de l’été 1953 et composée pour cordes seulement, cette pièce est conçue dans l’esprit du " concerto grosso ", réservant une part importante aux instruments solistes de l’orchestre. Elle comporte trois mouvements : un " Moderato ", écrit dans la forme sonate à deux thèmes; un " Andante non troppo ", utilisant un thème unique présenté par les solistes, puis repris par les différents groupes de l’orchestre; et enfin un " Allegro " avec un sujet principal et en arrière plan des allusions au folklore. Donné à la Radio le 4 mai 1954 par l’Orchestre de chambre Armand Belai, ce Concerto fut ensuite exécuté à l’Ecole Normale de Musique le 21 mai, puis par Louis de Froment, à la tête de l’Orchestre de chambre de l’ORTF, le 23 décembre 1956, et plus tard par l’Orchestre de Nice le 15 mai 1958.
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Compte-rendu concert du 21 février 2005 au Théâtre des Variétés de Monaco, création du Trio à cordes de René Maillard ( André Peyregne, Nice-Matin, février 2005 )
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En 1957, René Maillard entrait chez EMI, comme directeur artistique. Durant trois années il fut en quelque sorte, suivant sa propre expression, " le façonnier " de grands artistes, tels Samson François, Paul Tortelier ou encore Villa-Lobos. Mais ce genre de travail, " au service " de millionnaires du disque, ne correspondait guère à ses aspirations ! En outre, cette situation était peu rémunératrice et ne lui laissait aucun instant de répit pour composer! Dépité, et de plus se heurtant à un système institutionnel décourageant les jeunes compositeurs à se produire, René Maillard démissionna de chez EMI, renonça à toute carrière musicale et se résolut à faire profession dans un tout autre domaine. C’est ainsi qu’il fut recruté comme cadre supérieur par un important laboratoire pharmaceutique américain (absorbé plus tard par les Laboratoires Roche), où il dirigea notamment les secteurs des ventes et de la formation. Peu de temps avant d’abandonner à regret la musique, il composa néanmoins une page pour orchestre intitulée Tre partite attaccate, créée par Serge Baudo au Festival d’Aix-en-Provence le 23 juillet 1960, et surtout, pour des raisons évidentes, un Contre-Pas pour quintette à vent et orchestre à cordes. Cette dernière pièce, commandée en 1961 par l’Etat, ne fut jamais exécutée faute d’argent pour faire établir le matériel d’orchestre ! On lui doit également quelques autres œuvres orchestrales écrites dans les années cinquante ou soixante, notamment Le Nid à cousins et La Danse des Farfadets (commandes de l’ORTF, éditées à la Sofirad), Pour la fête du Printemps (ORTF, Paul Bonneau) et de la musique légère (éditions Salvet) enregistrée sur disques (Emi, Barclay).
Retraité sur la Côte d'Azur, où, dans la douceur du climat, il s'adonne à ses passions de toujours : le golf et le bridge, René Maillard, après une interruption de plus de quarante ans, au début des années 2000 est revenu à la composition sur les conseils de Nicolas Bacri. C'est ainsi qu'il a écrit une Sonate n°2 pour alto et piano pour le duo Arnaud Thorette et Johan Farjot et a procédé au remaniement de son Trio à cordes à la demande du "Trio des Solistes de Cannes" (Berthilde Dufour, Eszter Biro, Philippe Cauchefer) qui l'a créé le 21 février 2005 au Théâtre des Variétés de Monaco. Enfin, il a récemment révisé son Concerto Grosso pour quintette à vent et orchestre à cordes (appelé à l'origine Contre Pas) et y a ajouté un final (allegro-presto). Fin 2003, Nicolas Bacri lui a demandé de rejoindre l'association de compositeurs qu'il venait de fonder : "Cantus Formus". C'est au cours d'un des concerts de ce groupe donnés au Grand Auditorium du CNR de Paris qu'est créée, le 16 Avril 2004, sa Sonate n° 2 pour alto et piano.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
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Vient de paraître (2006) :
Bela Bartok, 44 Duos pour violons et 3 hommages
Eric Crambes, François Payet-Labonne, violons
44 Duos pour violons, Bela Bartok
Sonata in memoriam Bela Bartok pour deux violons, op. 96, Nicolas Bacri
Jeu de modes pour deux violons, Jacques Boisgallais
Sonate en duo pour deux violons, op. 22-a, René Maillard
1 CD Triton, TRI 331145, www.disques-triton.com
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1) Né le 16 avril 1897 à Gilles (près de Bruxelles), décédé le 3 juin 1986 à Paris, Arthur Hoérée, professeur de composition à l'E .N .M. à partir de 1950, est surtout connu comme musicologue. Il a notamment contribué au Dictionnaire de la musique de Marc Honegger (Bordas, 1970) et a longtemps été attaché à l'ORTF à des titres divers. Ami d'Albert Roussel, auquel il a consacré deux monographies, et surtout d'Arthur Honegger, il a collaboré avec ce dernier à l'élaboration et l'orchestration de plusieurs musiques de film. Comme compositeur, on lui doit de la musique de chambre et instrumentale, quelques pages pour orchestre et surtout de la musique pour la scène, notamment un conte lyrique, Crève-Cœur le magicien (1961), et 40 musiques de films longs et courts-métrages. [ Retour ]
2) Le " Groupe Pentacorde ", qui vit le jour au début des années cinquante, était composé de cinq jeunes compositeurs d'esthétiques diverses : René Maillard, Pierre Doury, Jacques Boisgallais, les deux premiers habitant Versailles, Bernard Wahl, domicilié à Sèvres et dirigeant l'Orchestre de chambre de Versailles, et le Canadien Clermont Pépin, alors résidant à Vincennes et venu en France pour achever ses études de composition. [ Retour ]
1956
Jean AUBAIN
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Jean Aubain en 1957 ( photo "Musica", in n° 38, mai 1957/coll. Max Méreaux )
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Assurément, la vie de Jean Aubain est étroitement liée avec l’histoire du Conservatoire national de région de Versailles, dont il assura la direction de 1963 à 1996. On lui doit la rénovation et le développement de cette école : c’est à lui, par exemple, que revient la création en 1974 d’une classe d’orgue, de laquelle sortira au fil des années toute une pléiade de musiciens de grand talent. Son intérêt pour cet instrument date d’ailleurs du début des années quarante, depuis le jour où il découvrait l’œuvre d’orgue de Bach qu’il interprétait à quatre mains sur l’harmonium d’un petit village des Charentes. Organiste lui-même, il a notamment tenu le grand orgue de l’église St-Louis de Fontainebleau en 1956, l’année même où il obtenait son Prix de Rome.
Né à Bordeaux le 1er février 1928, sa ville natale le mit souvent à l’honneur dès la fin des années cinquante. En 1957, Roger Lalande, directeur du " Grand Théâtre " montait Le mariage forcé de Molière, dont il avait écrit la musique l’année précédente, et en avril 1959 l’Orchestre philharmonique de Bordeaux, sous la direction du chef Antonio de Almeida, donnait en première audition sa Marche burlesque. A cette occasion Raoul Parisot, dans " Le Guide du Concert " du 1er mai 1959, soulignait que l’esprit de cette œuvre s’apparente à celui de Chabrier et l’écriture savante évoque la patte de Roger-Ducasse...
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Avril 1956, entrée en loge au château de Fontainebleau des six candidats admis à concourir. De gauche à droite : Noël Lancien, René Maillard, Marie-Brigitte Gauthier, Jean Aubain, Jean-Pierre Rivière, Pierre Gabaye. ( coll. René Maillard )
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Jean Aubain débute ses études musicales au Conservatoire municipal de sa ville natale auprès de Mlle Lebrout et Jean-François Marandet (solfège), de Mme Doussou, M. Donadou et Mme Paule Carrère Dencausse (piano), d'André Gendreu (contrepoint et fugue), de Julien Vaubourgoin (harmonie, composition) et de Henri Guiraud (musique de chambre). Dans cet établissement, il récolte plusieurs 1er Prix : piano, contrepoint, fugue, composition. Sur les conseils de Roger-Ducasse, rencontré à Bordeaux à la fin des années quarante, après le travail d’écriture qu’il lui fait faire et qui le marquera, Jean Aubain entre au Conservatoire de Paris, où il suit notamment les classes de fugue et de contrepoint de Suzanne Plé-Caussade, d'analyse esthétique d'Olivier Messiaen, et de composition de Tony Aubin. C'est ce dernier qui l’amène à se présenter au Concours de Rome. Second Prix en 1952 et en 1955, il décroche le premier Grand Prix l’année suivante avec la cantate Le mariage forcé de Charles Clerc ("scène lyrique d'après Molière"). Geneviève de La Salle, dans la revue Musica [n° 38, mai 1957] commente cette oeuvre en ces termes : «L'argument en est l'aventure de Sganarelle, désireux d'épouser Dorimène. Mais l'attitude de celle-ci, bien décidée à jouir dans le mariage d'une entière liberté, lui fait concevoir des doutes sur la certitude de son bonheur... II consulte inutilement des voisins, entre autres (et, dans le livret, le seul) un philosophée pyrrhonien, en la personne duquel Molière se proposait de ridiculiser les doctrines fanatiques de l'époque. Ce dernier, mettant en doute la réalité de tout, se fait rouer de coups par Sganarelle exaspéré. De plus en plus perplexe et hésitant celui-ci se voit imposer le mariage par Dorimène et sa famille, et, sous peine de se voir trancher la gorge par le frère de sa belle, doit enfin se résigner à convoler. [...] Et la truculence des thèmes a l'aide desquels [Jean Aubain] dépeint Sganarelle et le docteur Marphurius, ainsi que les fusées de la belle Dorimène sont dans la meilleure tradition française, depuis les parodies de l'ancienne foire Saint-Germain, jusqu'à Hervé, Bizet et Charles Lecoq, c'est-à-dire l'art "bouffe" par excellence, exactement ce que réclame la pièce de Molière, du genre "farce" le plus pur.» Entre temps, il a le privilège d’être choisi, avec neuf autres candidats, pour faire partie de la 25ème promotion artistique (1954-1955) de la Casa Velasquez de Madrid. Il part ensuite à la Villa Médicis à Rome au début de l’année 1957 et ne revient à Paris qu’en juin 1960. De cette époque date son Air de ballet pour hautbois et piano (Leduc, 1958).
En 1963 Jean Aubain succède à Raymond Gallois-Montbrun à la tête du Conservatoire de Versailles. Ce dernier avait lui-même remplacé en 1957 Jean Hubeau, parti au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. En septembre 1996 Jean Aubain prend sa retraite, laissant son poste de directeur à Paul Méfano.
Pédagogue, Jean Aubain n’a cependant jamais cessé de composer. Nous lui devons ainsi de nombreuses pages écrites dans la plus pure tradition de l’école française, avec une nette prédilection pour la musique de chambre : Deux études pour hautbois et piano (Rideau rouge, 1967), Trois études pour instruments à percussion et piano (Leduc, 1968), Aria, scherzo et final pour trombone et piano (Leduc, 1969), Sonatine pour cor et piano (Choudens, 1971), Sonatine pour cornet à pistons et piano (Choudens, 1971), Thème et variations pour saxhorn-basse si bémol ou tuba ou trombone basse et piano (Amphion, 1975), Suite pour percussion et piano (Amphion, 1978), Pastorale et scherzo pour clarinette et piano (Amphion, 1979), Concerto pour clarinette et orchestre, avec réduction pour clarinette et piano qui fut au programme du Concours international du Festival de musique de Toulon en 1985 (Billaudot, 1985), 1er Recueil d’œuvres pour trompette et piano : degré débutant (Billaudot, 1986), des Variations pour violoncelle seul (Versailles, Armiane, 1997)...
La maison de disques Quantum (éditeur : Dom disques) a sorti en 1992 un CD intitulé : " Œuvres françaises pour trompette et piano de Enesco, Aubain, Lantier, Hubeau et Schmitt ", interprétées par Dimitri Vassilakis et Pascal Vigneron.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
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CONCERT ANNIVERSAIRE A JEAN AUBAIN
Samedi 2 février 2008, 18h30
Auditorium du Conservatoire de Versailles
24 rue de la Chancellerie, 78000 Versailles (tél. 01 39 50 24 53)
conservatoire@mairie-versailles.fr - www.versailles.fr
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Pastorale et scherzo pour clarinette et piano (1979), Jean Aubain
Dalia Levi-Minzi et Christine Rouault
Invention sur B.A.C.H. pour violoncelle (1994), Jean Aubain
Laure de Longevialle
Variations pour violoncelle (1994), Jean Aubain
Barbara Marcinkowska
Homenaje pour guitare, hommage à Claude Debussy (1920), Manuel de Falla
Christian Chanel
Trois Notations pour guitare (1983), Jean Aubain
Christian Chanel
Hommage aux Pink Floyd pour guitare (1973), Jacques Castérède
Christian Chanel
Deux Esquisses pour piano (1917) Roger Ducasse
Christine Rouault
Adagio et Scherzo pour violon (2007-2008), Jean Aubain
Jezdimir Vujicic
Psaume II pour percussion, "Pourquoi ces nations en désordre", "Pourquoi ce vain grondement de peuples!" (2007-2008), Jean Aubain
MeiLi Chuang-Gualda
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Pierre GABAYE (1930)
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Pierre Gabaye ( avec l'aimable autorisation du compositeur )
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Compositeur d’un éventail d’œuvres en tout genre allant de la valse musette (Patinage) au poème symphonique (Noquimé), en passant par des œuvres lyriques, des pièces instrumentales et des pages éducatives, Pierre Gabaye, passionné de voyages et d’expéditions dans les pays polaires et les terres volcaniques, ne se veut rattaché à aucune école, ni courant, quoique fidèle au style classique et tonal. Né le 20 février 1930 dans le douzième arrondissement parisien, où son père Maurice était fondé de pouvoir du journal Le Figaro, il vécut longtemps au Vésinet (Yvelines). Il y fréquenta l’école communale avant de rejoindre le Conservatoire de national supérieur de musique de Paris, où il fut notamment l’élève de Simone Plé-Caussade et de Tony Aubin. Il remporta les Prix d’harmonie, contrepoint, fugue et composition, et en 1956 obtenait un premier Second Grand Prix de Rome avec la cantate Le Mariage forcé (Molière). Commençait alors une longue carrière de musicien, qui dès le départ était couronnée de succès : 1er Prix de composition au " Concours des moins de 20 ans " organisé par Le Guide du Concert, deux fois 1er Prix au " Concours de musique symphonique légère " organisé par la RTF en 1955 et 1956, 1er Prix au " Concert référendum Pasdeloup " (public et jury) en 1956, 1er Prix de piano au " Concours international de jazz " organisé par la revue Jazz-hot.
Longtemps cadre de production musicale à Radio-France où il était responsable du service de musique légère entre 1975 et 1990, et professeur attaché au Conservatoire du Vésinet, Pierre Gabaye a pris récemment une retraite bien méritée qu’il partage avec son épouse en Savoie, région qu’il affectionne plus particulièrement et dont la beauté des paysages est source d’inspiration musicale.
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Signature autographe de Pierre Gabaye ( Coll. D.H.M. )
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Son activité de compositeur se situe principalement dans les années cinquante et soixante, même si quelques ouvrages ont été composés un peu plus tard, son dernier numéro d’opus étant une Marche pommarde pour orchestre d’harmonie, écrite en 1988. Dès la fin des années cinquante ses œuvres étaient au programme des concerts parisiens. C’est ainsi que le 1er février 1959, Salle Gaveau, le public découvrait en première audition par les Concerts Oubradous (Jean-Pierre Rampal à la flûte et Huguette Fernandez au violon) sa Symphonie Concertante pour flûte, hautbois, cor, basson et quintette à cordes, écrite en automne 1958 sur commande du Ministère de l’Education nationale et composée de 3 mouvements : Vivace (construit sur deux thèmes joyeux), Andante (longue mélodie mélancolique), Presto (final plein de fougue qui rappelle le premier mouvement). Dans cette même salle de concerts, le 27 avril , on pouvait cette fois-ci découvrir, interprétée par les Concerts Chouteau, sa Musique pour un ballet supposé, qui, selon l’auteur lui-même, est une suite d’orchestre en 4 parties, dont le style de demi-caractère lui a inspiré le titre et les sous-titres. A l’origine écrite pour un orchestre de chambre de 23 musiciens, cette œuvre avait déjà été créée au printemps 1958 par Radio-Limoges. Réinstrumentée par la suite, principalement par l’adjonction de nouveaux instruments à vent, c’est cette version que pouvait entendre le public parisien avec ses 4 mouvements : Ouverture (présentation des personnages), Nocturne (scène au bord d’un lac), Marche des forains, Finale. Le 30 avril, à la Salle Berlioz de la rue de Madrid, c’était sa Boutade pour trompette (Otto Ketting) que les lauréats du Conservatoire de La Haye jouaient lors d’un " Concert d’échange "... On doit également à Pierre Gabaye de nombreuses autres partitions, dont notamment une Récréation pour trompette, cor, trombone et piano, une Suite Catovienne, une Suite SNCF (son 1er numéro d’opus en 1955), un Feu d’Artifice... et bien d’autres pages : Images Siciliennes, La Ruche magique, Noquimé... Le catalogue chronologique ci-après, donne un aperçu de l’œuvre variée de Pierre Gabaye, bien que n’ont été retenues ici que ses principales compositions. Il est en outre l’auteur d’autres ouvrages signés de ses différents pseudonymes, qui ne figurent pas sur ce relevé.
Discret, fuyant les honneurs et les distinctions, Pierre Gabaye est un digne représentant de cette musique française du XXe siècle, même si la notoriété ne l’a pas encore rejoint.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE 1
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1) Nous tenons à remercier ici le compositeur pour son aimable collaboration à la rédaction de cette notice. [ Retour ]
CATALOGUE CHRONOLOGIQUE
(ŒUVRES PRINCIPALES)
* Suite SNCF, orchestre à cordes (inédit), 1955
* Noquimé, grand orchestre (inédit), février 1955
* Images siciliennes, orchestre (Peermusic), 1956
* Le Mariage forcé, cantate sur une scène de Molière, soprano, baryton, basse et orchestre (Billaudot), avril 1956
* Suite Catovienne, orchestre (EFM), 1956
* Sonatine Piano Hautbois, piano et hautbois (Leduc), 23 mars 1956
* Scherzo Rhapsodie, orchestre (Billaudot), novembre 1956
* Rivages, orchestre (inédit), mai 1956
* Violons mistral, orchestre (EFM), janvier 1957
* La ruche magique, orchestre et récitant, texte de G. Arbeau Bonnefoy (inédit), novembre 1957
* Fjords, orchestre à cordes (Peermusic), 1958
* Boutade, piano et trompette (Leduc), 1957
* Complainte, piano et trombone (Leduc), 1957
* Etude pour rire, piano et flûte (Leduc), 1957
* Toccatina, piano et basson (Leduc), 1957
* Récréation, trompette, cor, trombone, piano (Leduc), mars 1958
* Galop, orchestre (EFM), novembre 1958
* Suite Gauloise, orchestre d’harmonie, cellos et contrebasse (EFM), février 1959
* Sérénade de Printemps, piano et cor (Leduc), 1959
* Printemps, piano et soprano (Leduc), 1959
* Sonatine Piano Clarinette, piano et clarinette (Leduc), 1959
* Tubabillage, piano, tuba, trombone basse, saxhorn, contrebasse (Leduc), 1959
* Quintette, flûte, hautbois, clarinette, cor, basson (Leduc), novembre 1959
* Maghreb, orchestre (inédit), décembre 1959
* Symphonie Concertante, flûte, hautbois, cor, basson et orchestre de chambre (Leduc), 1960
* Sonatine Piano Trompette, piano et trompette (Leduc), 1961
* Suite RTF, orchestre (inédit), mars 1962
* Sonate Flûte Basson, flûte et basson (Leduc), 1962
* Les Armes de la nuit, orchestre, texte de Vercors (inédit), 26 avril 1964
* Trois aubades, 4 clarinettes (inédit), septembre 1964
* Feu d’artifice, trompette, orchestre et piano (Leduc), 1964
* Mylou " Concerto Harpe ", harpe et orchestre de chambre (Leduc), 1965
* Joyeuses vacances, orchestre (Ahn et Simrock), 1965
* Légende de Marguerite Myvatn, orchestre (Crescendo Berlin), 1965
* Etude de concert, accordéon (Leduc), 1966
* Récital Express, deux pianos (Leduc), 1968
* Spécial pour trombone, piano et trombone (Leduc), 1969
* Quatre pièces tonales, 4 trombones (inédit), mars 1971
* Fleurs de Printemps, orchestre (Ahn et Simrock), 1971
* Pièces tonales (6), piano (Billaudot), 1971
* Les douze tons, piano, harpe et percussion (inédit), 15 janvier 1972
* Marche pommarde, orchestre d’harmonie (Leduc), 1988
1957
Alain BERNAUD (1932)
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Alain Bernaud, 1969 ( Photo X..., coll. A. Bernaud )
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Alain Bernaud est né le 8 mars 1932 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), d'un père polytechnicien, bon violoniste et altiste, et d'une mère jouant du piano. Celle-ci était la fille de Marcel Chadeigne qui fut autrefois chef des chœurs à l'Opéra de Paris, mais également bon pianiste et accompagnateur recherché. C'était aussi un excellent déchiffreur et réducteur de partitions d'orchestre. Il avait été l'un des fondateurs, au début des années 1900, du groupe "Les Apaches", dont le thème de ralliement était, sifflé, la première phrase de la 2ème Symphonie de Borodine. Parmi ses membres qui se réunissaient chaque semaine chez le peintre Paul Sordes, rue Dulong, puis chez Maurice Delage, rue de Civry, figuraient Maurice Ravel, Déodat de Séverac, Florent Schmitt Paul Ladmirault, Emile Vuillermoz, Désiré Inghelbrecht, Ricardo Vinès, Calvocoressi, Igor Stravinsky,Tristan Klingsor, Léon-Paul Fargue...
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En 1957, au clavier du piano Pleyel qui avait été offert en 1896 à son grand-père Marcel Chadeigne pour son 1er prix de piano au Conservatoire de Paris ( coll. Alain Bernaud ) DR
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Ceci explique que, à l'instar d'Obélix, le jeune Alain soit "tombé dedans" quand il était petit et que tout lui ait semblé facile par la suite. Un bon pianiste, Jacques Lamy, ami de la famille, auquel on doit quelques pages pour piano (Deux pièces dans un style ancien, Première Mazurka, Toccatina, 3 Silhouettes du grand siècle : L'indiscrète, La dolente, La gracieuse, éditées chez Philippo et Lemoine) avait entrepris très tôt d'enseigner la musique au jeune gamin, si bien qu'à l'âge de trois ans ce dernier connaissait l'accord "triton" (quarte à 3 tons complets), appelé parfois "quarte diabolique", et était même capable de le retrouver sur le clavier à la demande...
Durant les années 40, Georges Mouveau, peintre décorateur à l'Opéra de Paris, beau-frère de Marcel Chadeigne et bon violoncelliste, participait en famille et chaque semaine à des séances de quatuor à cordes au cours desquelles tout le repertoire classique et romantique était passé au crible ; bien entendu Alain n'en perdait pas une bouchée. Il avait même, devant l'impossibilité d'en trouver la partition écrite, transcrit d'après le materiel les quatre mouvements du quatuor de Jacques Ibert, tellement cette œuvre le fascinait.
Pendant cette même période, il suivait avec d'autres membres de sa propre famille, des cours de musique de chambre que donnait l'épouse, bonne violoniste, du dessinateur André Marty. Ces cours furent ensuite pousuivis par Amy Dommel-Diény, ce qui lui donna le bonheur de connaître en profondeur une bonne partie du répertoire trios, quatuors et quintettes avec piano, les trésors de la musique de chambre de Mozart à Ravel.
Le reste se passa sans anicroche, avec l'évidence d'une route toute tracée : arrivé à Paris en 1938, il débute le piano et le solfège avec Marie-Louise Boëllmann, écrit bientôt son 1er opus (un quatuor à cordes pour la famille), puis rentre au CNSM de Paris, alors dirigé par Claude Delvincourt. Il fréquente tout d'abord la classe de solfège spécialisé de Lucette Descaves, ou il retrouve Michel Legrand, Roger Boutry, Jean Michel Defay et Alain Weber, puis entre dans les classes de piano de Jules Gentil, où il obtient une 1re médaille, d'harmonie de Jacques de La Presle (1er prix), de contrepoint et fugue de Noël Gallon (1re médaille et 1er prix), et enfin de composition de Tony Aubin (1er prix en 1953 avec une Ouverture pour 2 pianos et des mélodies sur des poèmes d'Albert Samain et Charles Baudelaire). En 1957, Alain Bernaud décroche le premier Grand Prix de Rome avec la cantate La Fée Urgèle, écrite sur des paroles de Françoise des Varennes d'après Théodore de Banville. C'est ensuite un long séjour de 40 mois à la Villa Médicis, durant lequel il écrit un Quatuor pour saxophones (Durand), 6 mélodies : Les Chants de la jungle pour baryton et orchestre à cordes sur des poèmes de Rudyard Kipling, une Fantaisie en mi pour orgue, une Messe brève pour chœur mixte et orgue, une Symphonie, une Ouverture pour orchestre de chambre, un Nocturne pour orchestre à cordes et Sept Rubaiyat (mélodies) pour soprano et flûte sur des poèmes de Omar Khaiiam.
De retour en France en 1961, Alain Bernaud entame une carrière de compositeur qui l'amène à écrire des partitions pour des films de court ou long métrage et pour la télévision, notamment pour la série de films documentaires et historiques de Jean Chérasse "Présence du passé". Parmi ses nombreuses pages de musiques de films, citons Rien ne va plus de Jean Bacqué (1963), L'Homme de désir de Dominique Lelouche (1969), La Grande cabriole de Nina Campanez (1989), les séries des feuilletons télé Le Trésor des 13 maisons (1961, 13 épisodes), Francis au pays des grands fauves (avec Antoine Duhamel, 1967, 55 épisodes), L'Homme de l'ombre (1968, 6 épisodes), Valmy (1968, 3 épisodes), et les courts-métrages documentaires De la Perse à l'Iran (1962), Yalta ou le partage du monde (1965), Nadar (1968) ainsi que les courts-métrages de fiction : Suzanne et le cambrioleur (1963), Les Sœurs Barenton (1968) et Une petite histoire un peu triste (1978)... Mais ces musiques n'occupent en réalité qu'une partie de son important catalogue commencé voilà plus d'un demi-siècle et qui comporte principalement, en dehors de quelques pages pour la voix, des oeuvres instrumentales : piano, musique de chambre, orchestre.
Parallèlement à ses activités créatrices, Alain Bernaud s'adonne à l'enseignement, tout d'abord comme professeur de solfège pour les instrumentistes au CNSM de Paris, et un peu plus tard, en 1971, comme professeur d'harmonie dans ce même établissement. En 1999, il prend sa retraite et se retire en Bretagne nord, continuant à composer tout en mettant en ordre sa production existante. Il a actuellement en projet (2006) la composition d'un Requiem pour chœur et orchestre, et la rédaction d'un ouvrage pédagogique concernant un recueil de Basses données dans le style de J.S. Bach pour l'étude du contrepoint fugué.
A.B. et D.H.M.
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Au pupitre de chef d'orchestre, 1957 ( coll. Alain Bernaud ) DR
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OEUVRES PRINCIPALES IMPRIMÉES :
Sonate pour violon et piano (1951)
Ouverture à la française, 2 pianos (1953)
Concerto lyrique, clarinette et orchestre (Leduc, 1955)
Récitatif et air, clarinette et piano (Leduc, 1957)
Capriccio rustique, hautbois et piano (Leduc, 1958)
Messe brève pour chœur mixte et orgue (Kercoz, 1960)
Concertino da caméra, basson et orchestre à cordes (Ricordi 1962)
Pavane et Saltarelle, trompette et piano (Ricordi, 1963)
Humoresque, tuba (ou saxhorn si bémol ou violoncelle) et piano (Max Eschig, 1964)
D'une extrême gravité, 2 pièces pour contrebasse et piano (Leduc, 1956)
Trois pièces pour les percussions (Rideau Rouge, 1967)
Contrastes, alto et piano (Rideau Ronge, 1968)
Réversibilité, violon et piano (concours J. Thibaud 1969, Rideau Rouge)
Phantasmes, clarinette et piano (Rideau Rouge, 1970)
Obliques, violoncelle et piano (Rideau Rouge, 1972)
Incantation et danse, flûte et piano (Rideau Rouge, 1973)
Magyar, violon et piano (concours J. Thibaud 1973, Rideau Rouge)
Sonate pour les deux saxophones, soprano et baryton (Combre, 1974)
Scherzo, cor et piano (Max Eschig 1975)
Hommage au capitaine Fracasse, percussions et piano (Rideau Rouge,1976)
Final pour saxophone alto et piano (Choudens, 1977)
Hallucinations, basson et piano (Peermusic - E.M I., 1978)
Crescendo, pièces progressives pour les jeunes pianistes (Kercoz, 1979)
Exponentielles, trombone ténor et piano (E.M.I,. 1980)
Variations pour hautbois et piano (Billaudot, 1981)
Rhapsodie pour saxophone alto et piano (Choudens, 1984)
Dies irae Deus misericordiae (Kercoz, 1986)
Le Miroir d'Euterpe, 49 préludes pour quatuor à cordes (Kercoz, 1990)
Catalyses, rhapsodie pour piano (Kercoz, 1997)
Cinq pièces pour quatuor de violoncelles, en hommage à Howard Buten (Kercoz, 2000)
Variazioni Napoli, clavecin baroque (Kercoz, 2004)
Quatre mouvements pour trois archets et douze cordes, trio à cordes (Kercoz, 2005)
Partita pour violoncelle solo (Kercoz, 2005)
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Jacques Ibert serrant la main d'Alain Bernaud, en présence de son professeur de composition Tony Aubin, à l'issue du Concours de Rome en 1957 ( coll. Alain Bernaud ) DR
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Jean-Pierre Rivière ( collection Gérard Rousseau )
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Jean-Pierre RIVIÈRE (1929-1995)
Compositeur talentueux, lorsque son opéra en un acte intitulé Pour un Don Quichotte [Per un Don Chisciotte] (édit. Ricordi) fut créé en première mondiale à la Piccola Scala de Milan, le 12 mars 1961, les critiques italiens, unanimes dans leurs éloges, n’hésitèrent pas à comparer la musique de Jean-Pierre Rivière à celle de Ravel. Sans doute songeaient-ils à L’Heure espagnole, comédie en un acte dans laquelle Ravel a su si bien composer une musique qui souligne et accompagne admirablement le texte sans l’écraser, et dont la ligne mélodique suit naturellement le déroulement de l’action et le débit des paroles. Dix rappels d’ailleurs saluèrent cette création ce soir là et parvinrent à peine à satisfaire un public enthousiaste. Denise Duval (soprano), Gabriel Bacquier (baryton) et Gianni Oncina (ténor) figuraient à l’affiche, sous la direction du chef italien Nino Sanzogno, créateur notamment des opéras David de Milhaud (1954), L’Ange de feu de Prokofiev (1955) et du Dialogue des Carmélites de Poulenc (1957).
Né le 22 juillet 1929 à Mérignac (Gironde), il fit ses études secondaires au Lycée Montesquieu de Bordeaux, avant de rejoindre le Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Elève de Jean Gallon et Henri Challan (harmonie), Noël Gallon (contrepoint et fugue), Nadia Boulanger (accompagnement), Tony Aubin (composition), Olivier Messiaen (analyse), Roland Manuel (esthétique, pédagogie musicale), Norbert Dufourcq (histoire de la musique) et Louis Fourestier (direction d’orchestre), il remporta les premiers prix d’harmonie (1951), de fugue (1952) et de composition (1957). Dès 1954 Jean-Pierre Rivière concourait pour le Prix de Rome de composition musicale, pour lequel il fut récompensé en 1956 par un deuxième Second Grand Prix, puis l’année suivante par un premier Second Grand Prix. Cette année-là, au château de Fontainebleau, la mise en loge du concours d’essai dura du 28 au 30 avril, et celle du concours définitif du 6 mai au 8 juin.
Durant cette même période Jean-Pierre Rivière séjournait deux années (1956-1957) à la Casa Velasquez de Madrid. Cette 27ème promotion artistique accueillait également les peintres Françoise Boudet, Claude Dechézelle, Robert Leboucher, Jean Le Merdy et Pierre Olivier, et les graveurs Jean-Marie Estèbe et Edouard Righetti. La Casa de Velazquez, fondée en 1920, est une Ecole française à l’étranger, au même titre que l’Ecole française de Rome, l’Ecole française d’Athènes, l’Institut d’archéologie orientale du Caire, et l’Ecole française d’Extrême-Orient. De nos jours, elle accueille dans sa section scientifique 18 chercheurs, et dans sa section artistique, 13 artistes. Jean-Pierre Rivière pouvait ainsi bénéficier de ce cadre propice au développement d’échanges et à la création artistique relative au monde ibérique. Le pays de Cervantes lui a ainsi inspiré en 1957 une symphonie intitulée Les Sorcières du Pré au Bouc, sous-titrée " Hommage à Goya ". Henry Barraud, après avoir assisté à la création le 7 mars 1959, à la Salle Pleyel (Paris), du premier mouvement (El Aquelarre) par les Concerts Pasdeloup, écrivait dans " Le Guide du Concert " :
" La volonté de marquer son passage en Espagne, cette terre de sable et de soleil, si riche de passé, et l’impression produite par les toiles extraordinaires de Goya, ont tout de suite décidé Jean-Pierre Rivière à la composition d’un ouvrage sous forme d’un " Hommage à Goya ". Cette symphonie devait prendre prétexte de trois ou quatre tableaux de l’illustre peintre espagnol. Le premier mouvement porte le titre d’une des toiles qui décoraient la Casa del Campo, maison de campagne de l’artiste. Aujourd’hui, nous pouvons admirer cette série fantastique où les plus affreuses sorcières effectuent un Sabbat autour du " Grand Bouc ", au Musée du Prado. Un tragique accident a interrompu la suite de cette œuvre, et seul le premier mouvement est achevé. Malgré cet empêchement, l’auteur espère bien terminer son " Hommage à Goya " dans les mois qui viennent et le présenter dans sa forme définitive ".
Jean-Pierre Rivière à son retour d’Espagne se consacra ensuite à l’enseignement de l’écriture musicale dans plusieurs conservatoires. Il débuta par celui de Bordeaux (1959-1960), avant d’être appelé par François Bernier à celui de Québec où il séjourna durant une année scolaire (1967-1968), puis dirigea l’Ecole nationale de musique de Maçon en 1983-84, et plus tard l’Ecole départementale de musique de Haute-Saône en 1989-1990. Mais c’est principalement au C.N.R. de Nancy, où il fut appelé en 1980, qu’il put former de nombreux élèves à cet art si difficile et pourtant si nécessaire qu’est l’écriture, au cours des 12 années passées dans cet établissement. Parmi ceux-ci notons le jeune compositeur Pierre Thilloy.
N’abandonnant pas pour autant la composition, Jean-Pierre Rivière a composé de la musique de chambre et d’orchestre, parmi lesquelles certaines œuvres furent créées lors de festivals, et d’autres écrites sur commandes du Ministère de la culture et du CNSM. On trouve ainsi dans son catalogue une Rapsodie pour trombone et piano (Billaudot, 1984), une pièce pour tuba et piano tout simplement intitulée Ré mineur (Eschig, 1979), Tenroc pour cornet si bémol ou trompette ut (ou si bémol) et piano (Eschig, 1982), Burlesque (Leduc), Divertimento, Le Chevalier Kurt, Concertino-Sax, Variations... et également une fresque dramatique et musicale en trois tableaux, Géronimo, écrite sur commande Ministère de la culture pour le quintette à vent " Le Concert impromptu ". Dans un style proche de celui de Honegger, Jean-Pierre Rivière a voulu ici raconter la tragédie d’un apache, la vie et la mort d’un peuple, la vie et l’amour de la vie. Cette adaptation des " Mémoires de Géronimo " retrace admirablement le récit de l’œuvre, le compositeur ayant voulu écrire une histoire " aux sons faits de vents et de grands espaces, du bruit de percussions comme ceux des transes pures et sauvages ". L’originalité de cet opéra célébrant le 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique, consiste notamment en une participation active des musiciens au spectacle musical, qui sont amenés à parler, crier, chanter, le tout formant un " enchevêtrement de texte et de musique ". Interrogé par un journaliste lors de la création de sa partition le 2 août 1992 au Festival d’Avignon, Jean-Pierre Rivière précisait que " ...cette petite histoire simple a tellement de points communs avec les grandes tragédies grecques, parfois pleines de bruits et de fureur et qui retombent enfin apaisées, où le héros vaincu se révèle vainqueur et même à terre, n’est jamais véritablement battu ". Jouée dans la collégiale de Bollène par " Le Concert impromptu ", composé d’Yves Charpentier (flûte), Anne Chamussy (hautbois), Christophe Tessier (basson), Hervé Cligniez (clarinette) et Didier Velty (cor), la tragédie Géronimo reçut les honneurs de la presse qui n’hésita pas à la qualifier " d’œuvre de génie ".
En 1992, une alerte cardiaque obligea Jean-Pierre Rivière a ralentir ses activités et a abandonner l’enseignement. Mais ce qui coûta le plus à cet homme actif, qui était également un grand voyageur intéressé par toutes formes de l’art, fut d’être contraint d’abandonner également l’une des plus belles œuvres de sa vie : un centre culturel en plein essor. En 1987, aidé par l’architecte Gérard Rousseau, Jean-Pierre Rivière avait pu réaliser un vieux rêve, l’ouverture du " Centre International l’Ermitage-Luthézieu ", situé sur la commune de Belmont-Luthézieu, département de l’Ain. Ce centre organisait des concerts et proposait également des stages de musique. Sa notoriété ne faisait que croître au fil des sessions, mais, hélas, au bout de 5 ans il dut fermer ses portes pour raison de santé ! Remo Vescia, l’ancien directeur de communication chez I.B.M., chargé de mission pour le mécénat auprès du Ministère de la culture, qui pense que le mécénat trouve sa cohésion et son sens dans les valeurs humanistes et humanitaires, expose longuement l’action du Centre International l’Ermitage-Luthézieu dans son ouvrage " Le Mécénat ", publié en 1987 par l’éditeur Economica.
Le 17 novembre 1995 dans le T.G.V à Montpellier, Jean-Pierre Rivière s’éteignait d’une crise cardiaque, laissant le souvenir d’un artiste de qualité et d’un homme de cœur.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
1958
Noël LANCIEN (1934-1999)
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Noël Lancien ( Avec l'aimable autorisation de Mme Jeannine Lancien )
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Noël Lancien (1934-1999), tout d'abord élève à la Maîtrise de l'ORTF (1945), fit ensuite ses études au CNSM, à partir de 1948, auprès de Melle Dieudonné (solfège), Henri Challan (harmonie), Simone Plé-Caussade (contrepoint, fugue, pédagogie musicale), Olivier Messiaen (analyse musicale), Louis Fourestier (direction d'orchestre) et Tony Aubin ainsi que Darius Milhaud pour la composition. Il obtint en 1958 un Premier Grand Prix de Rome pour son opéra en un acte Une mort de Don Quichotte. Après avoir effectué son séjour à la Villa Médicis, il était nommé en 1964 directeur du CNR de Toulouse, où il créait notamment la classe d'orgue avec Xavier Darasse. En 1970, il prit la tête de celui de Nancy, où là encore il fondait de nouvelles classes tout en dirigeant parallèlement l'Orchestre Symphonique. Il prenait sa retraite en 1997. Noël Lancien laisse un catalogue d'œuvres que certains qualifient de "plaisantes et délicates". Notons parmi celles-ci des pièces de musique de chambre, des chœurs, des scènes lyriques et des pages pour piano, pour trompette ou encore pour guitare. Marié à la fille de la pianiste Germaine Thyssens-Valentin, il laisse quatre enfants qui tous ont fréquenté le CNR de Nancy, avant de faire une carrière dans la musique.
Denis Havard de la Montagne
Article plus détaillé et catalogue des principales oeuvres
Marie-Brigitte GAUTHIER-CHAUFOUR (1928-2001)
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Marie-Brigitte Gauthier ( collection Jacques Gauthier )
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Mère de quatre enfants et grand-mère de treize petits-enfants, Marie-Brigitte Gauthier a choisi la voie familiale, au fil des années, car la composition musicale réclame une si grande présence de temps et de pensées qu’elle est difficilement conciliable avec les tâches d’une mère de famille. Elle n’a cependant jamais abandonné complètement la musique qui représente une grande partie de sa vie.
Née Marie-Brigitte Chaufour le 31 août 1928 à Paris, elle s’adonne dès l’âge de 5 ans à la musique et apprend le violon auprès de Simone Filon, dédicataire en 1923, avec sa sœur Madeleine, de la Sonate en fa dièse mineur (éd. Sénart) de Mel Bonis. A l’âge de 14 ans, elle intègre la classe de solfège d’André Asselin au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et obtient une médaille de solfège en 1946. Cette même année, elle rentre dans la classe de violon de René Benedetti et est récompensée à la fin de l’année scolaire par un premier accessit. Puis c’est un Premier prix d’harmonie obtenu en 1953 chez Henri Challan et deux autres Premiers prix de contrepoint et de fugue l’année suivante chez Noël Gallon. Sous la houlette d’Henri Busser, elle prépare alors le concours de Rome et en 1958 décroche un deuxième Second Grand Prix, avec sa cantate Une mort de Don Quichotte, écrite sur un texte de Randal Lemoine.
Bien que très prise par sa vie familiale, Marie-Brigitte Gauthier n’arrêta pas pour autant les études musicales. Une fois ses études terminées au C.N.S.M., elle se mit alors à apprendre l’orgue et fréquenta la classe de Suzanne Chaisematin à l’Ecole normale de musique. En 1975 elle en sortait un diplôme d’exécution en poche.
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Signature autographe de Marie-Brigitte Gauthier ( Coll. D.H.M. )
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Même, si comme nous l’avons souligné cette musicienne n’a pas mené la carrière artistique à laquelle elle pouvait assurément prétendre, elle s’en est pas moins livrée quelque peu à la composition. On lui doit en effet un Concerto pour violoncelle et orchestre, qui fut donné le 3 mars 1956 à la Salle Pleyel, lors d'un " Concert referendum " des Concerts Pasdeloup, par Jacques Michon (direction) et Bernard Michelin (violoncelle)1, un Quatuor à vents, deux Messes : l’une écrite en 1964 et l’autre pour la célébration du mariage (1969), un morceau de concours pour l’épreuve de contrebasse du C.N.S.M., une musique pour illuster un film technique de la Société Dumez, et de nombreuses mélodies.
Violoniste, organiste, compositeur et présidente du jury du Concours Bellan, Marie-Brigitte Gauthier est décédée le 15 juillet 2001.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
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1) Furent également donnés ce jour là Noquimé de Pierre Gabaye, une Symphonie de Ginette Keller et le Requiem gallican de Jacques Canet. On doit à Bernard Michelin l'enregistrement, avec l'Orchestre Philharmonique de Londres, du Concerto pour violoncelle et orchestre de George Barati.
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1959
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Alain Margoni ( caricature de Mme D. Margoni )
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Alain MARGONI (1934)
Musicien polyvalent, ou musicien multicolore comme il aime se définir lui-même, Alain Margoni, qui pratique simultanément plusieurs disciplines, considère que la polyvalence est un signe de vitalité, d’ouverture d’esprit et de courage. Compositeur avant tout, mais aussi musicologue, pianiste, chef d’orchestre, comédien, conférencier, essayiste, il a fréquenté le C.N.S.M. de Paris, l’Ecole du Louvre, la Comédie-Française et enseigne actuellement l’analyse musicale. Homme courageux, il défend avec conviction ses idées, non sans un certain humour, regrettant que l’enseignement de la composition du Conservatoire, même s’il a " une réputation de sérieux, d’ambition et de haute technicité ", ne reflète en réalité " qu’un mince segment de l’activité compositionnelle mondiale. " Son analyse pertinente de l’état actuel de la musique en France se fait encore plus précise avec cette remarque : " Vous avez d’un côté les jeunes compositeurs institutionnels, c’est à dire ceux qui sont en classes de composition, et de l’autre tous ceux qui créent " hors les murs ", étudiants en écriture, en improvisation, instrumentistes, jazzmen, etc... " 1
Né le 13 octobre 1934 à Neuilly-Plaisance, près de Paris, Alain Margoni fait " de longues et austères " études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris : harmonie avec Henri Challan, contrepoint et fugue avec Noël Gallon, direction d’orchestre avec Louis Fourestier, composition avec Tony Aubin, ondes Martenot avec Maurice Martenot, et analyse avec Olivier Messiaen. Après un bref détour par l’Ecole du Louvre, il obtient en 1957 un deuxième Second Prix de Rome avec la cantate La Fée Urgèle, d’après la pièce de Théodore de Banville intitulée " Le baiser ", un premier Second Prix l’année suivante, avec la cantate Une mort de Don Quichotte de Randall Escalada, et enfin décroche le Premier Grand Prix en 1959 avec la cantate Dans les Jardins d’Armide, d’après " La Jérusalem Délivrée " du Tasse. C’est la toute-dernière cantate de l’histoire du Prix de Rome, puisque à partir de l’année suivante les candidats devront plancher sur un poème lyrique. S’en suivra un séjour de 4 années à la Villa Médicis dans la Ville Eternelle où il s’imprègne " de la beauté antique et italienne ". Si ce Prix de Rome est à la fois le plus méprisé du monde et le plus admiré, notre musicien se plaît à souligner avec malice que ses plus féroces contempteurs sont bien souvent des candidats malheureux à ce concours redoutable !
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Affiche concert le 13 décembre 1972 à la Salle Rossini (Paris) avec le Duo Vocal de Paris et Alain Margoni. Quelques semaines après ce concert, la soprano Marion Janson est morte assassinée au Cameroun où elle devait effectuer une série de concerts avec Alain Margoni. ( coll. DHM )
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De retour à Paris, Alain Margoni effectue un séjour de neuf années à la Comédie-Française comme " factotum musical ", puis comme directeur de la musique. Il est ensuite nommé au Conservatoire de Paris à une chaire d’analyse musicale. Parallèlement à ces emplois officiels, il exerce de nombreuses autres activités démontrant ainsi une extraordinaire faculté d’adaptation, une énergie débordante et surtout un refus d’appartenir à quelque chapelle que ce soit dans l’activité créatrice. Il effectue ainsi des prestations multiples et variées comme conférencier, comme chef d’orchestre, comme musicologue-pianiste-improvisateur sur les ondes (M6, France-musique...) ou encore comme pianiste-comédien, notamment avec Jérôme Deschamps et Alain Germain. Avec la Compagnie théâtrale de ce dernier il participe à la création du spectacle écrit et mis en scène par Alain Germain : Un piano pour deux pianistes (Espace Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, 15 mai 1987) pour lequel il a non seulement écrit la musique originale, mais tient également l’un des deux rôles principaux avec Pascal Le Corre. On lui doit même un essai sur l’auteur de Faust et de Mireille intitulé " En entendant Gounod " (1995, Les Belles-Lettres / Archimbaud). Sur un ton personnel, qui parfois peut surprendre, Alain Margoni propose dans ces pages une relecture de l’œuvre de Gounod, avec des coups de cœur et des coups de sang, le tout baigné dans un humour corrosif, qui nous fait découvrir la fraîcheur et la solidité de l’œuvre du musicien.
Mais tout cela, toutes ces activités, aux yeux d’Alain Margoni ne sont que plus ou moins de la " décoration ". Seul compte vraiment pour lui, et de loin, le domaine de la composition musicale, dans lequel il avoue lui-même s’être efforcé de cultiver une rigueur sans tristesse, mais sans compromis. L’œuvre est à l’image de l’homme qui ne s’embarrasse pas de préjugés inutiles, avance contre vents et marées et va droit au but. Il expose ses idées, sans chercher vraiment à convaincre, mais par honnêteté. Faisant sien ce mot de Jacques Castérède : " Se rallier à une doctrine, c’est se mettre en prison ", il sait néanmoins s’appuyer sur le passé, pour mieux comprendre le présent et surtout construire l’avenir. Savant, sans être prétentieux, original, sans être excentrique, combatif sans être injuste, Alain Margoni est avant tout un homme sincère et accessible qui écrit une musique à dimension humaine.
Les œuvres d’Alain Margoni, éditées principalement chez Billaudot, Chappell, Combre, Hotensia et Leduc sont fréquemment exécutées en France et à l’étranger, notamment par les orchestres de la R.A.I. de Rome et de Milan, par celui de la N.H.K. de Tokyo, ou encore lors de congrès instrumentaux à Londres, Pesaro, Ostende ou Nüremberg... et même à l’Université du Michigan (USA). A l’aise dans tous les genres, on lui doit ainsi plus de 150 partitions de musiques d’illustration (théâtre, télévision, radio), comme par exemple celle du téléfilm en trois parties d’Hervé Basle, Les maîtres du pain, diffusé sur TMC Monte Carlo en octobre 2001; un conte musical sur la découverte de l’Amérique : L’Ile des Guanahanis, écrit sur un livret de Rémi Laureillard, pour un comédien, un chœur divisé et un ensemble instrumental (Billaudot) ; un opéra sur la glace, Pierrot ou les secrets de la nuit, sur un texte de Michel Tournier ; un oratorio des montagnes, L’Enfant des alpages (1996), qui va être prochainement donné le 27 juillet 2002 à l’Espace de plein air à La Grave (Hautes-Alpes), dans le cadre du 5ème Festival " Messiaen au pays de la Meije ", par la Chorale des enfants de La Grave, et un ensemble instrumental et de cors des Alpes ; Quatre chants vénitiens pour soprano, saxophone ténor et piano (Combre, 2001); des pages pour instruments à cordes : Après une lecture d’Hoffmann, improvisation pour contrebasse et piano (Leduc, 1967), Quatre personnages de Calderon pour guitare (Chappell, 1972), Séquence pour un hymne à la nuit pour violoncelle et piano (Concours du C.N.S.M. 1979, Billaudot), Trois eaux-fortes pour alto et piano (Billaudot, 1982), Danse ancienne (chaconne) et danse moderne pour 2 harpes (Hortensia)... ; et de nombreuses pièces pour vents, dont certaines destinées à l’enseignement : Après une lecture de Dreiser pour basson et piano (Leduc, 1969), Après une lecture de Goldoni, fantaisie dans le style du XVIIIe siècle pour trombone basse ou tuba en ut ou saxhorn si b et piano (Leduc, 1964), Cadence et danses pour saxophone alto en mi b et piano (Editions françaises de musique, 1974), Dialogue, détente et stretto pour trompette ou cornet et piano (Rideau rouge, 1980), Le Petit livre de Gargantua pour trombone ténor et piano : vol. 1 (préparatoire), Apprend la saqueboute - vol. 2 (préparatoire), Fête à l’abbaye de Thélème - vol. 3 (moyen), La guerre picrocholine (Billaudot, 1982), Petit théâtre pour hautbois et piano (Concours du C.N.S.M. 1982, Billaudot), Elégie pour trombone ténor et piano (Billaudot, 1983), Sur un thème de John Bull pour cor et piano (Collection panorama, Cor 3, élémentaire, Billaudot), Les Caractères, variations pour hautbois et piano (3 volumes : débutant 1, débutant 2, moyen 2, Billaudot, 1984), Dix Etudes dans le style contemporain pour clarinette (Billaudot, 1983), Variation et hommage pour clarinette (Billaudot), Premier Quatuor de saxophones (Billaudot, 1991), Promenades romaines pour saxophone alto en mi b et piano : vol. 1 (débutant), A l’aube sur la voie Appienne - vol. 2 (élémentaire), Sur le Palatin - vol. 3 (moyen), Nuit de Noël au Trastevere (Billaudot, 1993-95), Dix Etudes dans le style contemporain : 9 pour saxophone alto et 1 pour soprano (Billaudot, 1999), Sonate pour saxophone baryton (Billaudot), etc...
Certaines pièces d’Alain Margoni ont été enregistrées, notamment Pierrot ou les secrets de la nuit par l’Orchestre régional Provence-Alpes-Cote-d’Azur et l’Ensemble orchestral de Briançon, sous la direction de l’auteur (BNL 112777, distribué par Auvidis), 10 Etudes dans le style contemporain par Maurice Gabai, clarinette (CO 1001), 1er Quatuor de saxophones, Promenades romaines, Cadence et danses, et Quatre chants vénitiens (Vérany 796111)...
Récemment, le 5 mars 2002 au Grand auditorium, Quai François Mauriac à Paris, Alain Margoni s'est produit en concert au piano, avec Anne Barbier (soprano) et Catherine Allegret (récitante), sur le thème " Autour... de Boris Vian ".
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE 2
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1) Journal du Conservatoire, n° 30, mai 1998. [ Retour ]
2) Nous remercions vivement le compositeur d'avoir accepté de nous livrer quelques souvenirs et pensées. [ Retour ]
Françoise COTRON-HENRY (1936-1975)
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Fanou Cotron, vers 1956 ( coll. Jean-Claude Henry )
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Pianiste prodige, Fanou Cotron n’a pas eu le temps de laisser un nom dans le monde musical puisque la mort l’a cueillie à l’âge de 39 ans. Elle était pourtant promise à un brillant avenir tant la nature l’avait dotée de dons artistiques exceptionnels.
Née le 7 juillet 1936 à Chamalières (Puy-de-Dome), Fanou Cotron débute ses études musicales très jeune auprès de Marguerite Chattenet, professeur de piano au Conservatoire de Clermont-Ferrand. A l’âge de 8 ans, le 13 mars 1945 à l’Opéra de cette ville, elle joue le Concertino pour piano et orchestre d’Arthur Honegger, sous la direction de l’auteur. Quelques mois plus tard, le 3 mars 1946, elle est invitée par l’Association des Concerts Pasdeloup à se produire en soliste au Palais de Chaillot, dans le Concerto en mi b KV 482 de Mozart. Bissée par le public elle interprète alors quelques unes de ses compositions; elle n’a pas encore atteint ses dix ans !
Admise par la suite au Conservatoire de Paris, Fanou Cotron obtient le 7 juillet 1949, jour anniversaire se ses treize ans!, un 1er Prix de piano, bientôt suivi d’un autre 1er Prix de musique de chambre. Elle se perfectionne ensuite auprès de de Magda Tagliaferro, pianiste recherchée pour ses cours d'interprétation qui avait joué avec Fauré en personne, mais se lasse peu à peu du métier de concertiste qu’elle va cependant encore connaître durant quelques années. La composition, qu’elle pratiquait depuis son plus jeune âge, l’attirait davantage et c’est ainsi qu’elle devint l’élève de la classe de composition de Darius Milhaud et de Jean Rivier. En 1959, ses études musicales étaient couronnées par un Second Grand Prix de Rome avec la cantate Dans les jardins d’Armide.
A cette époque les Concerts Pasdeloup organisaient chaque année un " concert référendum " au cours duquel étaient présentées quatre ou cinq œuvres de jeunes ou moins jeunes compositeurs, sélectionnées par un jury. Le 7 mars 1959 à la Salle Pleyel, les Lamentations de Jérémie, pour soli, chœurs et orchestre, de Fanou Cotron, écrites au lendemain de l'invasion de Budapest par les chars russes, et dédiées aux Hongrois martyrs, étaient ainsi créées par l’Orchestre Pasdeloup dirigé par André Girard, avec la participation de la Chorale Elisabeth Brasseur et de Jacques Herbillon, récitant. Mais, c’est le 20 février 1960, lors d’un autre " concert référendum ", qu’elle obtint, cette fois, le Prix du public appelé à voter après l’audition, avec sa Suite concertante sur un argument chorégraphique (écrite en décembre 1959). L’orchestre était à nouveau placé sous la direction d’André Girard; elle-même tenait le piano. Cet ouvrage fut redonné ensuite le 18 décembre 1960 au Théâtre National du Palais de Chaillot, avec l’Orchestre Pasdeloup, dirigé par Pol Mule, puis le 10 août 1961 au Théâtre de Vichy, sous la baguette de Louis de Froment avec à nouveau le compositeur en soliste. La même année, elle épousait le musicien Jean-Claude Henry avec lequel elle aura deux enfants.
Mais un état de santé de plus en plus déficient éloigna progressivement Fanou Cotron de ses activités d’interprète et de compositeur. Après plusieurs années de souffrance, elle s’éteignait le 16 septembre 1975, laissant une œuvre peu abondante, certes, mais de grande qualité. En plus des pièces déjà mentionnées, citons parmi son catalogue : une Sonate pour violon et piano, une Toccata pour piano, une Suite pour un quart d’heure de sommeil pour deux pianos, Pic et pic et Colegram pour récitant et six instruments, Nous sommes pour contralto et orchestre (sur un poème de Paul Eluard), des Trois Poèmes de Ronsard pour contralto et orchestre (mélodie) et L’Innocent, ballet pour orchestre (commande du Casino de Vichy)...
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE