Gilles BOIZARD - Jean-Claude HENRY - Christian MANEN - Pierre DURAND - Alain PETITGIRARD - Antoine TISNÉ - Yves CORNIÈRE - Michel DECOUST - Xavier DARASSE - Thérèse BRENET - Lucie ROBERT-DIESSEL - Monique CECCONI-BOTELLA - Michel MERLET - Michel RATEAU - Philippe DROGOZ - Alain LOUVIER - Édith LEJET - Alain ABBOTT
1960
Gilles BOIZARD (1933-1987)
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Page de garde des Cinq pièces pour piano, révision et annotation de Gilles Boizard, Premier Grand Prix de Rome en 1960, membre des jurys au Conservatoire de Paris et directeur des concours de l'U.F.A.M. - Paris, Éditions Musicales Transatlantiques, 1965 ( coll. DHM )
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Pianiste concertiste, professeur de solfège (chanteur) au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, membre des jurys dans cet établissement supérieur, directeur des Concours de l'Union Française des Artistes et Musiciens (U.F.A.M.), Gilles Boizard s'est principalement consacré à la pédagogie, ce qui transparaît également dans son corpus musical qu'il n'a pas eu le temps d'achever.
Né le 1er août 1933 à Juniville, un petit village des Ardennes, Gilles Boizard débute enfant l'étude du piano avant d'entrer au Conservatoire de Paris. Il y poursuit ses études de solfège, d'harmonie et surtout de piano avec Yves Nat, avant d'entamer l'apprentissage de la composition qui le mène au Concours du Prix de Rome. En 1959 il remporte un premier second Grand Prix et l'année suivante, le Grand Prix avec la Cantate du Printemps de Milosz. Après un séjour de trois années à la Villa Médicis (janvier 1961 à avril 1964), Gilles Boizard réintègre le Conservatoire de Paris, mais cette fois comme professeur de solfège (chanteur), et, quelques années plus tard est également nommé directeur des concours de l'U.F.A.M. Il poursuit parallèlement une carrière de pianiste et se produit lors de concerts et récitals en région parisienne.
Décédé à l'âge de 53 ans, le 5 mai 1987 à Paris XIVe, Gilles Boizard n'a pu terminer une oeuvre commencée dans les années soixante, qui consistait principalement dans ses débuts à des ouvrages pour un ou deux instruments et des pièces de concours. C'est ainsi qu'il a écrit pour piano : Berceuse en carillon (1965, Lemoine), Partita : Prélude, Aria, Interlude, Toccata (1965, Editions Musicales Transatlantiques), Offrande d'Automne (1966, Choudens), Par le sentier bleu (1968, Combre), Musette (1969, EMT) ; pour harpe : Deux Esquisses : A l'estompe, A la pointe sèche, annotées et doigtées par Gérard Devos (1969, Rideau rouge) ; pour accordéon de concert : Accordéondes (1973, EMT) ; et pour 2 instruments : pour contrebasse et piano : Ballade (Concours CNSMP 1977, Combre), pour basson et piano : Fantaisie (Concours CNSMP 1971, EMT), pour trombone basse et piano : Diptyque "Aux statues de Bomarzo" (Concours CNSMP 1967, EMT). Ses Deux Esquisses pour harpe ont été enregistrées en 1974 à Bruxelles (disque 33 tours, "La Harpe en France au 20e siècle", Alpha 218). Plus récemment, en 2000 et 2001 son Accordéondes faisait partie des oeuvres au choix imposées pour l'option musique, exécution instrumentale, par le Ministère de l'Education nationale au baccalauréat technologique techniques de la musique et de la danse.
On lui doit également des ouvrages pédagogiques : Onze Leçons de solfège, avec accompagnement de piano, pour les concours du Conservatoire national de musique : 1er volume : 7 Leçons sur 5 clés, 4 Leçons sur 7 clés - 2e volume : Mêmes Leçons sur 2 clés (1972, Lemoine), Onze Leçons de solfège, sans accompagnement de piano, 2 volumes (1972, Lemoine), et pour piano des révisions d'œuvres avec annotations (éditions de concours utilisées aux concours de l'UFAM) parues aux Editions Musicales Transatlantiques:
- Cinq Pièces (1965) : Lied (op. 6) de Schuman, Musette (BWV Anh. 126) de Bach, Gigue "La Boiteuse" et Menuet "Le Lardon" (1er Livre de pièces de clavecin) de Rameau, Valse (KV 606 n°1) de Mozart.
- Quatre pièces (1966) : Andante religioso de Le Couppey, Menuet (7e Suite, 3e Recueil) de Haendel, L'Indifférence (2e Livre de pièces de clavecin) de Rameau, Menuet (BWV 828 (6)) de Bach.
- Cinq morceaux (1967) : Menuet (Pièces pour clavecin, 3e volume, n°7) d'Haendel, Choral (Album fûr die Jugend, op. 68) Schumann, Menuet (2e Suite française BWV 813) de Bach, Le remerciement de Couperin, La joyeuse-Rondeau (Pièces de clavecin) Rameau.
- Six morceaux (1968) : Petite Pièce (Album für die Jugend, op. 68, n°5) de Schumann, Rigaudon (2e Livre des pièces de clavecin) de Rameau, Les Amours (1er Livre des pièces de clavecin) de Dandrieu, Bourrée (6e Suite française BWV 817) de Bach, Air de chasse (Album für die Jugend, op. 68, n°7) de Schumann, Prélude de Haendel.
- Six Pièces (1969) : Musette de Gilles Boizard, Marche (BWV Anh. 122) de Bach, La Coquetterie (8e couplet des Folies françaises, ou les Dominos, 13e Ordre, 3e Livre de clavecin) de Couperin, Ecossaise (op. 33) de Schubert, Menuet (2e Livre des Pièces de clavecin) de Rameau, Valse (Albumblätter op. 124, n°15) de Schumann.
- Cinq Pièces (1970) : Un poco adagio de Clementi, Sarabande (4e Suite du 2e Livre de clavecin) de Haendel, Le Timpanon de Dandrieu, La Belle Javotte (4ème Livre de pièces de clavecin, 24e ordre) Couperin, Menuet (Suite Française pour clavecin BWV 814) de Bach.
- Six Pièces (1971) : oeuvres de Bach, Couperin, Haendel, Le Couppey, Schubert, Schuman.
Denis HAVARD de la MONTAGNE
Jean-Claude HENRY (1934- )
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Jean-Claude Henry ( Coll. J.C. Henry )
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Né le 30 décembre 1934 à Paris, Jean-Claude Henry a effectué la plus grande partie de ses études musicales au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, auprès d’Henri Challan pour l’harmonie, de Noël Gallon pour le contrepoint et la fugue, de Rolande Falcinelli pour l’orgue et l'improvisation, d’Olivier Messiaen pour l’analyse et de Tony Aubin pour la composition. Après avoir remporté plusieurs premiers Prix : contrepoint en 1955, harmonie, fugue, orgue et improvisation l’année suivante, philosophie de la musique en 1959, il décroche un premier Second Grand Prix de Rome en 1960, avec un poème lyrique Cantate du Printemps, écrit sur un texte de Milosz. L'année suivante il épouse Fanou Cotron, pianiste et compositeur, second Grand Prix de Rome en 1959, qui lui donnera deux enfants.
Après un long service militaire qu’il termine comme sous-chef de musique, il décide de ne pas se représenter au Concours de Rome et devient le suppléant de Marcel Bitsch qui vient d’être nommé professeur de contrepoint et fugue au CNSM de Paris. En octobre 1963, il est nommé professeur de solfège dans ce même conservatoire, puis de contrepoint, cet art du mouvement, à partir d’octobre 1967. Il aura la chance, jusqu'à son départ en septembre 2000, d’enseigner l’écriture à un nombre important de remarquables musiciens qui par leurs dons, leur culture et la variété de leurs fortes personnalités, seront pour lui une source d’enrichissement musical et intellectuel incessant. Les analyses, chaque année plus nombreuses, qu’il réalise pour sa classe, un échange permanent entre enseignés et enseignant, le stimuleront dans sa carrière de professeur et le soutiendront dans un constant souci de renouvellement pédagogique.
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Signature autographe de Jean-Claude Henry, en 1965 ( collection D.H.M. )
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Parallèlement à ses activités pédagogiques, Jean-Claude Henry donne un certain nombre de concerts d’orgue et écrit plusieurs pages pour cet instrument. C’est ainsi qu’à la demande de Gaston Litaize, pour la revue L’Organiste liturgique, il compose en 1961 Quatre pièces brèves sans pédale obligée : Pour un office funèbre, Pour un temps de pénitence, Pour un temps d’allégresse et Pour tous les temps ; à celle de Norbert Dufourcq, pour la revue Orgue et Liturgie : Prélude à l’Introït, Offertoire, Elévation, Communion et Postlude pour l’Office du Dimanche de Séxagésime qui seront publiés successivement dans cinq recueils entre 1961 et 1967 ; et en 1966, sur commande du Conservatoire de Paris un " morceau de concours " pour le concours d’orgue de 1967 : Chacone (éd. Leduc). Après un Mouvement pour saxhorn et piano (1972, éd. Leduc), il écrit une nouvelle œuvre pour orgue : Thalle (1973, éd. Leduc). Celle-ci, d’une écriture plus avancée esthétiquement sera à la fois vivement rejetée par certains organistes et vaillamment défendue par d’autres, au premier rang desquels il faut citer Loïc Mallié qui ne craindra pas d’inscrire cette composition au programme de plusieurs de ses concerts.
En tant qu’organiste, lauréat du Concours International d'orgue de Münich en 1959, Jean-Claude Henry est depuis 1957 titulaire de St-Nicolas-St-Marc de Ville-d’Avray, non loin de Versailles, où il à plaisir à jouer sur un orgue de 20 jeux répartis sur 2 claviers et un pédalier, construit par Abbey et réharmonisé par Pérou peu de temps avant son arrivée. En 1970 il succédait également à Raffi Ourgandjian à l’orgue Mutin de l’église Saint-Pierre de Neuilly-sur-Seine et pouvait ainsi donner sa pleine mesure. Cet orgue important de 52 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier, construit dans une église qui est la plus importante paroisse de Neuilly, était alors utilisé pour de nombreux offices. En outre, fait assez exceptionnel pour être souligné ici, le clergé a toujours su s’entourer de musiciens de grande valeur : Henri Letocart, René Meugé, Xavier Darasse, Raffi Ourgandjian, Jean-Claude Henry, Loïc Mallié. A partir de 1975, à la suite du décès prématuré de son épouse Fanou Cotron, pris par des responsabilités familiales (ses deux enfants, ont alors 10 et 12 ans) il demandait à Loïc Mallié, organiste, compositeur et improvisateur de grand talent, de devenir cotitulaire de l’orgue1. Il continuait cependant de donner des concerts d'orgue et, après une période de silence de quelques années, reprenait le crayon. Parmi toutes ses œuvres citons celles récemment écrites : Benthos, pour orgue (Lemoine), Toccata pour orgue (Lemoine), Voies Intérieures pour violoncelle et piano (Billaudot), Prélude pour orgue (Billaudot, collection Panoramas), Stances pour cinq cuivres (inédit), Iorti pour violon, violoncelle et piano (Notissimo/Leduc) pour une commande du Conservatoire de Paris pour le bicentenaire, Reflet froid pour hautbois et piano (inédit), Etiouse pour percussion solo (inédit), Souffles pour violon, alto, violoncelle, flûte, clarinette/clarinette-basse et piano (commande de l’Ensemble " Les temps Modernes ", Notissimo/Leduc), Traces pour piano (Lemoine, collection Ibanez), Anche, archet, marteaux... conte pour un trio pour saxophone ténor/soprano, violon et piano (Notissimo/Leduc), Trois Préludes... et une petite canzone pour orgue (La flûte de Sylphe, Hiver, Marimborg, Canzone), éditions musicales Rubin, Fontaines obscures pour violon et piano (Musicare, Conservatoire de Nîmes, non distribué), Six courtes études pour orgue avec ou sans pédale : 1) Secondes, 2) Sixtes (ces deux sans pédale), 3) Tierces et quartes, 4) Scherzetto, 5) Chants mêlés, 6) Perpetuum mobile (Editions IMD, diffusion Arpèges), Sinfonietta pour orgue, commande de l'Association des Amis de l'orgue de Saint-Cloud pour l'inauguration du grand orgue de l'église St-Clodoald (décembre 2006) reconstruit par Pascal Quoirin (inédit), Pages d'automne pour flûte et harpe (inédit), Récit pour saxophone ténor solo (inédit) et une nouvelle oeuvre pour saxophone ténor et piano (sans titre pour l'instant).
En 1996, Jean-Claude Henry s’est remarié avec une de ses anciennes élèves, Rikako Watanabé, compositeur. Celle-ci, après avoir obtenu une Maîtrise ès arts de composition à l'Université de musique de Kunitachi à Tokyo, a suivi parallèlement l'enseignement des Conservatoires supérieurs de Lyon et de Paris et obtenu le « diplôme supérieur dans la discipline écriture » au CNSM de Lyon, ainsi que divers premiers prix à celui de Paris. Elle est l'auteur de plusieurs œuvres pour ensemble de percussions, pour orgue et pour différentes formations instrumentales, et en avril 2002 a été nommée sur concours professeur de formation musicale au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
Fin musicien, pédagogue avisé et organiste talentueux, Jean-Claude Henry est aussi un homme chaleureux à l’écoute des autres. Les circonstances de la vie, ainsi que sa modestie, l’ont sans doute empêché de conquérir la célébrité, même si son œuvre d’une haute tenue est pleine de charme et si caractéristique de cette génération de musiciens de la fin du XXe siècle.
Denis HAVARD de la MONTAGNE
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1) Jean-Claude Henry quittera St-Pierre à la fin de l'année 1990, suivant de peu Jean Couret, le maître de chapelle, et Loïc Mallié qui, professeur au CNSM de Lyon, était nommé en janvier 1989, titulaire de l'orgue de l'église St-Pothin de Lyon. [ Retour ]
1961
Christian MANEN (1934- )
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Christian Manen ( Coll. C. Manen )
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Christian Manen se veut en marge de tout système, utilisant les richesses que peuvent lui apporter les uns ou les autres suivant sa fantaisie. Tonale, modale, polytonale, atonale, la musique n'a pas de limites et doit refuser de se laisser enfermer dans un seul système qui limite forcément et qui confère, selon lui, uniformité et monotonie au discours musical. Il aime la couleur que seule peut apporter une modulation et c'est la raison pour laquelle il ne veut pas voir dans la tonalité le langage du seul passé. Il considère que tout est présent, que tous les systèmes peuvent coexister avec la couleur qui leur est propre et qu'il y a encore beaucoup à faire et à trouver en se servant des matériaux traditionnels. "Seule la pauvreté de l'imagination fait considérer que tout a été dit ! Une seule condition doit être remplie : sans les trois éléments que sont la Mélodie, l'Harmonie et le Rythme, la Musique ne mérite pas de porter ce nom noble et sacré, elle reste simplement un bruit..." Ce n'est pas un avant-gardiste, il n'est ni d'hier ni de demain, il vit avec son temps, c'est un musicien d'aujourd'hui.1
Né le 3 juillet 1934 à Boulogne-sur-Seine, d'un père ami d'enfance de Claude Delvincourt2, Christian Manen a commencé ses études musicales à Nice et les a poursuivies au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris entre 1948 et 1961. Durant cette longue période, il connut trois directeurs successifs : Claude Delvincourt, Marcel Dupré et Raymond Loucheur ! Elève de Berthe Duru (solfège), Jules Gentil (piano), Félix Passerone (percussion), Marcel Dupré et Rolande Falcinelli (orgue et improvisation), Louis Fourestier (direction d’orchestre), Noël Gallon (contrepoint et fugue), Henri Challan (harmonie), Norbert Dufourcq (histoire de la musique) et de Tony Aubin (composition), il a obtenu dans cet établissement huit Premiers Prix ! En outre, l'Académie des Beaux-Arts lui décernait3 en 1961 le Premier Grand Prix de Rome de composition musicale pour sa cantate La Loreley. Après quarante mois passés à la Villa Médicis dans la Ville éternelle, de janvier 1962 à avril 1965, il entama, à son retour en France une carrière aux multiples facettes : professeur, administrateur, concertiste, chef d'orchestre, organiste et compositeur.
Professeur, il l'a été de 1954 à 1999 au Conservatoire de Musique et de Danse d'Asnières, non loin de Paris, et de 1965 à 1999, au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Entre temps il a enseigné au Conservatoire Supérieur de Paris (C.N.R.) et dans diverses écoles et associations, dont l’Ecole supérieure de musique César-Franck, le solfège, l'harmonie, le contrepoint, la fugue, la composition, le piano, l'orgue ou la direction d'orchestre. Depuis 1985 il assure chaque été des cours dans le cadre de l'Académie Internationale d'Eté de Nice. Hors de nos frontières, il a été chargé de cours magistraux dans divers pays, notamment en Croatie et au Maroc. De très nombreux élèves ont bénéficié de l’enseignement de Christian Manen durant ses 45 ans d’activité dans ce domaine. Parmi ceux-ci on peut citer Thierry Escaich, Pascal Devoyon, Nicolas Bacri, Pascal Godart, Raphaël Sanchez, Rémi Guillard, Alexandre Tharaud et Cédric Tiberghien...
Administrateur, il a dirigé pendant 45 ans le Conservatoire d’Asnières-sur-Seine. Depuis 1966 il est également directeur du Concours International de Musique et d'Art Dramatique Léopold Bellan.
Concertiste, il l'est depuis longtemps avec les nombreux récitals qu'il a donnés tant en France qu'à l'étranger, en particulier en Italie.
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Fac-similé d'un programme de concert ( Coll. D.H.M. )
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Comme chef d'orchestre, Christian Manen a dirigé plusieurs orchestres en France et à l'étranger, notamment l'Orchestre National de Turquie à Istanbul. Il a aussi dirigé régulièrement jusqu'en 1999 l'Orchestre des Cadets d'Asnières qu'il avait fondé en 1970 et avec lequel il a donné 98 concerts à Paris, en province, ainsi qu’à travers toute l’Europe et les Etats-Unis d'Amérique.
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Signature autographe de Christian Manen ( Coll. D.H.M. )
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Organiste, après avoir obtenu un premier Prix d’orgue en 1961, dans la classe d’orgue du CNSM où il était entré en 1956, Christian Manen partagea longtemps les claviers des églises Sainte-Geneviève et Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours d’Asnières et eut maintes occasions de se produire dans d’autres tribunes parisiennes : Ste-Trinité, St-Germain-l’Auxerrois, St-Charles-de-Monceau, St-Pierre-du-Gros-Caillou, St-Pierre-de-Neuilly et Notre-Dame-d’Espérance notamment. Il avait d’ailleurs rejoint dès 1960 les rangs de l’Union des Maîtres de Chapelle et Organistes, alors dirigée par Henri Busser et au sein de laquelle il milita activement lorsque fut arrivée l’époque mal comprise de Vatican II, qui eut pour triste résultat de supprimer de nos églises tant de trésors musicaux liturgiques amassés depuis des siècles.
Compositeur enfin, Christian Manen a écrit jusqu'à ce jour près de 180 œuvres orchestrales, lyriques, de musique de chambre et pour presque tous les instruments (piano, violon, violoncelle, hautbois, clarinette, saxophone, basson, trompette, trombone, percussion, ondes Martenot et bien entendu orgue), ainsi que de nombreux ouvrages pédagogiques. Son dernier numéro d'opus est une Pavane et Saltarelle pour euphonium et piano. On ne peut que déplorer que seul le tiers environ de ses œuvres soit édité à ce jour.
Tous ces titres, toutes ces fonctions, toutes ces décorations (il est titulaire de nombreuses distinctions, dont la Médaille d'or de la Ville d'Asnières et la Médaille de Vermeil de la Ville de Paris) et tous ces honneurs sont cependant peu de choses au regard de la valeur de l’homme, car Christian Manen est un homme d’honneur, courtois, obligeant et dévoué qui a toujours su se faire apprécier de tous, aussi bien de ses élèves que de ses collègues. Il n’a que des amis autour de lui et c’est bien normal, puisque c’est un gentleman musicien ! Il est actuellement Président honoraire du "Tournoi International de Musique", dont il est également le Président du Jury pour la composition musicale.
Le 24 octobre 2010 à Paris s'est éteinte son épouse Svetlana qu'il avait rencontrée lors de son séjour à la Villa Médicis. Peintre réaliste, née en 1934 de parents d'origine russe, ancienne élève de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts et de l'Ecole des Arts appliqués, elle s'inspirait souvent des œuvres musicales de son mari, tout comme celui-ci s'inspirait parfois de ses peintures pour ses compositions.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
(janvier 2011)
Catalogue général et catalogue des œuvres imprimées de Christian Manen.
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1) Nous remercions vivement le compositeur d'avoir bien voulu nous faire part de sa philosophie musicale et de nous avoir communiqué la plupart des matériaux nécessaires à la rédaction de cette notice. [ Retour ]
2) Ils avaient tous deux effectué leur Communion Solennelle dans la chapelle du collège Saint-Ignace, 14 rue de Madrid, Paris VIIIe, fondé par les Jésuites en 1874. Fermé en 1904, lors du vote de la loi interdisant l’enseignement aux congrégations religieuses et la mise sous séquestre de leurs biens, le Conservatoire national supérieur de musique en provenance de la rue Bergère s’installera dans ces locaux en 1911, et le collège rouvrira ses portes rue Franklin.
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3) Les 12 membres du jury étaient cette année-là : Henri Busser, Marcel Dupré, Louis Aubert, Emmanuel Bondeville, Paul Paray, Georges Auric, Raymond Loucheur, Tony Aubin, Darius Milhaud, Olivier Messiaen, André Jolivet et Henri Dutilleux. [ Retour ]
Pierre DURAND (1935-1998)
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Pierre Durand, 1996 ( (coll. Bernadette Durand) )
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Auteur principalement de pièces pédagogiques, Pierre Durand n’a jamais recherché la notoriété, préférant consacrer sa vie à enseigner aux autres sa passion pour l’art musical, en prenant garde de ne pas nier l’avenir, ni renier le passé, et en refusant de ne proscrire aucun système, sans forcer quiconque à tout aimer.
Né le 6 avril 1935 à Paris Ve, Pierre-Michel Durand effectue toutes ses études musicales au Conservatoire national supérieur de musique auprès de Vlado Perlemuter (piano), Pierre Revel (harmonie), Noël Gallon (contrepoint, fugue) et Tony Aubin (composition). En 1961, il se présente au Concours de Rome et remporte un Premier Second Prix avec la cantate La Loreley, écrite sur un poème de Guillaume Apollinaire. L’année suivante, il est pensionnaire de la Casa Velazquez de Madrid (33ème promotion artistique) et en 1969 obtient le Certificat d’Aptitude d’écriture musicale.
Pendant plus de trente années, Pierre Durand professe le solfège, matière ô combien ingrate, mais cependant indispensable et incontournable dans le cursus d’une formation musicale sérieuse. Il conservait sans doute toujours présente à l’esprit cette définition de la musique de Jean-Jacques Rousseau : " l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille ", car cet art , non naturel, émane de l’homme, au même titre d’ailleurs que tous les autres arts et obéit donc à certaines règles dont on ne peut s’affranchir… Longtemps enseignant dans des écoles de la Ville de Paris ainsi que dans certains lycées de l’Académie de Paris, il est également, entre 1971 et 1993, assistant d’une classe de solfège, puis conseiller de la bibliothèque des orchestres au CNSM. Parallèlement, à partir de 1980 il est Inspecteur de solfège et de déchiffrage (solfège et instruments) à l’Ecole Normale de Musique du boulevard Malesherbes, où il enseigne également le solfège dans les classes supérieures, et professeur d’écriture musicale au Conservatoire municipal Maurice Ravel (21, rue Albert-Bayet, Paris XIII). Durant plusieurs années, au cours des années 1990, il est chargé par Pierre Asselin de la rédaction des épreuves des concours d’écriture des conservatoires de la Ville de Paris.
Comme compositeur, Pierre Durand, parfois connu sous le nom de Durand-Audard, en dehors d’une page orchestrale intitulée Passacaille pour piano et orchestre (Billaudot), a surtout écrit de la musique pour piano ou de chambre, principalement sur commandes du CNSM ou de l’ENM. Pour le piano seul, on note chez Combre une Étude de concert (1983) et un Tempo giusto (1990), et chez Durand une Petite histoire et un Murmure. La catalogue de sa musique de chambre pour 2 instruments, excepté quelques pièces pour cordes : Rêverie pour violon et piano (Durand), deux Pièces brèves pour contrebasse à cordes et piano (Combre, 2000) et Tambourin de Printemps pour violoncelle et piano (Combre, 1983), concerne plus particulièrement les vents. C’est ainsi que l’on découvre des pages pour basson et piano : Sarments (Combre, 1995), flûte et piano : Tendre histoire (Combre, 1983), cor en fa et piano : Vers la forêt (Combre, 1990), cornet (trompette ut et si b) et piano : Variations (Combre, 1981), cornet en si b et piano : Moment musical (Leduc, 1969), hautbois et piano : Rêverie (Combre, 1987), saxophone alto ou ténor et piano : Saxo véloce (Combre, 1989), saxhorn basse (ou tuba en ut ou trombone basse) et piano : Dialogue (Leduc, 1970), Parcours (Rideau Rouge/Durand, 1975) et Tournevalse (Billaudot, 1978) …
On doit également à Pierre Durand des ouvrages pédagogiques, notamment 22 Leçons de lecture de rythme et d’indépendance pour piano ou claviers (Rideau Rouge/Durand, 1974) et quelques pages de musique de film, dont celle du court-métrage documentaire La Terre se repose, tourné en 1965 par le cinéaste Henri Théron.
Marié en 1969 à Paris avec Bernadette Hénon et père de deux enfants : Sébastien et Benoît, Pierre Durand est décédé le 31 août 1998, dans sa soixante-quatrième année, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE1
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1) Nous remercions vivement Mme Bernadette Durand d'avoir obligeamment mis à notre disposition la documentation nécessaire à la rédaction de cette esquisse biographique. [ Retour ]
1962
Alain PETITGIRARD
Antoine TISNÉ (1932-1998)
( article dans la section des Obituaires )
1963
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Signature d'André Cornière,1959, père du Prix de Rome ( Coll. D.H.M. )
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Yves CORNIÈRE (1934-2011)
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Eglise Saint-Lambert-de-Vaugirard (Paris XVe) au début du XXe siècle. ( cliché LL )
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Il existe certains musiciens que la modestie et les circonstances de la vie ont fait qu’ils se sont éloignés des chemins de la notoriété, même s’ils ont consacré toute leur énergie à servir l’art pour lequel ils ont opté dès leur prime enfance. Yves Cornière fait partie de ceux-là ! On sait en effet très peu de choses sur cet artiste, qui obtint pourtant un premier Grand Prix de Rome en 1963, devant Michel Decoust et Thérèse Brenet.
Né le 29 octobre 1934, c’est son père, André Cornière, qui lui inculqua les premiers éléments de musique. Ancien élève de la maîtrise de la cathédrale de Rouen, celui-ci était à l’époque maître de chapelle et organiste de l’église Saint-Lambert de Vaugirard, dans le quinzième arrondissement parisien. Yves Cornière intégra ensuite le Conservatoire national supérieur de musique et après l’obtention de son Prix de Rome effectuait le traditionnel séjour à la Villa Médicis, du 28 janvier 1964 au 30 avril 1967. Il reprit ensuite son poste d’organiste dans la même église que son père, qu’il avait dû abandonner lors de son séjour à Rome. En effet, dès le début des années soixante, alors qu’il étudiait au CNSM, il suppléait déjà son père aux grandes orgues de cette église.
Yves Cornière fit toute sa carrière à St-Lambert qu’il ne quitta qu’au mois d’octobre 1999, afin de prendre une retraite bien méritée, après près de 40 ans de musique au service de l’Eglise. St-Lambert de Vaugirard, construit en 1854, ne reçut un grand orgue qu’en 1899, installé par Louis Debierre. Il possède actuellement 31 jeux réels répartis sur 3 claviers et un pédalier. Florent Schmitt a notamment touché cet instrument au début du XXe siècle, ainsi que Suzanne Chaisemartin un peu plus tard, avant d’être nommée à Saint-Augustin.
On sait peu de choses sur l'œuvre musicale d'Yves Cornière, en dehors de l'ouvrage Salomé pour chant et orchestre, écrit en 1965 sur un poème de Henri de Régnier, mais certainement contient-elle nombre de pages religieuses destinées au service liturgique.
Il est décédé le 29 novembre 2011 à Paris, à l'âge de 77 ans et ses obsèques ont été célébrées le 2 décembre en l'église Saint-Léon (Paris 15e), suivies de l'inhumation au cimetière de Triel-sur-Seine (Yvelines).
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
Michel DECOUST
1964
Pas de premier prix.
Xavier DARASSE (1934 - 1992)
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Xavier Darasse ( photo aimablement communiquée par Les Arts Renaissants, Toulouse )
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Le 24 novembre 1992, à Toulouse sa ville natale, est décédé le directeur du Conservatoire de Paris, Xavier DARASSE, des suites d'un cancer. Né le 3 septembre 1934, il fut tout d'abord l'élève de sa mère organiste de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, puis de Maurice Duruflé (orgue) et d’Olivier Messiaen (composition) au Conservatoire de Paris et remportait un second Grand Prix de Rome en 1964, après avoir obtenu le ler Prix d'orgue en 1959.
Professeur d'orgue au conservatoire de Toulouse (1964), producteur d'émissions musicales à France-Musique (1962-1975), il menait une brillante carrière d'organiste qui fut, hélas, interrompue en 1976 après un grave accident au cours duquel il perdit l'usage d'un bras. Il se jetait tout entier dans l'enseignement et professait l'orgue au Conservatoire de Lyon (1985) avant de prendre la direction de celui de Paris en septembre 1991, où il succédait ainsi à Alain Louvier. Il avait été un temps organiste de l'église Saint-Pierre de Neuilly dans les années 1960. Curieux de toutes les musiques, il avait créé des œuvres contemporaines et joua un rôle important au sein de la commission de restauration des orgues. Il a beaucoup écrit pour l’orgue et travaillait ces derniers mois à un opéra Le Portrait de Dorian Gray, d'après un roman de Wilde. Homme de cœur et d'esprit, il laisse un vide dans le monde musical.
La ville de Toulouse, afin d'honorer sa mémoire, a donné son nom à une fontaine qui coule pour l'éternité.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE (notes provisoires)
Xavier Darasse faisait partie du jury et proposait les thèmes pour l'improvisation lors du concours d'orgue 1978 au CNSM de Paris.
Xavier Darasse
________________________________________biographie
Xavier Darasse naît, à Toulouse, le 3 septembre 1934, dans une famille de musiciens. Sa mère, Renée Darasse-Laroyenne, élève de Marcel Dupré, est organiste de la Cathédrale Saint-Etienne. Son père, Joseph Darasse, est organiste amateur, et son oncle, Monseigneur Louis Ollier, est Maître de Chapelle de la Cathédrale.
Il commence à 5 ans l’étude du piano, qu’il poursuivra, sur les conseils de Marcel Dupré, ami de la famille, jusqu’à 18 ans. Marguerite Long, l’ayant entendu, lui conseille d’entrer au Conservatoire et de se consacrer à la musique. Il s’inscrit au Conservatoire de Toulouse où il obtient les premiers prix de solfège, d’harmonie et de piano en 1950.
Agé de 16 ans, il se rend à Paris afin de continuer ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique. Il y suit la classe d’harmonie de Maurice Duruflé où il obtient u premier prix en 1954, puis l’année suivante les premiers prix de contrepoint et de fugue dans la classe de Simone Plé-Caussade. Après avoir suivi les cours de Rolande Falcinelli, il décroche, en 1959, les premiers prix d’orgue et d’improvisation. S’ajoutent à ces diplômes, en 1965, les premiers prix de composition et d’analyse musicale, dans les classes respectives de Jean Rivier et d’Olivier Messiaen.
Nommé titulaire des grandes-orgues de Saint-Pierre de Neuilly, en 1962, il est également producteur d’émissions sur France Musique, activité qu’il poursuivra jusqu’en 1975.
En 1963, la société des " Amis de l’Orgue " lui décerne un premier prix de virtuosité. Il est nommé professeur à Angers, et commence une carrière de concertiste qui le mènera dans le monde entier. Dans un souci d’ouverture, il se tourne vers le passé et étudie avec ferveur les traités des Maîtres anciens, tout en jouant des œuvres contemporaines qu’il présente en création dans les festivals " d’avant-garde ".
Il obtient, l’année suivante, en 1964, le Premier-Second Grand Prix de Rome.
En 1965, il se voit attribué le Prix Rameau. Il s’établit à Toulouse où il crée la classe d’orgue du Conservatoire National de Région.
En 1966, il obtient le Premier Prix d’exécution et improvisation des " Amis de l’Orgue ".
Dès 1967, et jusqu’en 1973, Xavier Darasse est Directeur Musical du Centre Culturel de Toulouse.
Le 30 octobre 1968, il est nommé par André Malraux, Membre de la 5ème section, " orgues historiques " de la Commission Supérieure des Monuments Historiques.
En 1969, l’Académie Charles-Cros lui décerne un grand prix du disque pour son enregistrement de la Messe du 3ème ton d’André Raison et des 5 fugues de Jean-Henri d’Anglebert. Cette même année, il compose " Espace ", ballet commandé par le festival " Messidor " de Toulouse pour célébrer le lancement de l’avion " Concorde ".
En 1970 , il compose son premier Organum.
Il participe dès lors à d’innombrables académies d’été, master-classes, jurys, tout en donnant de nombreux concerts, laissant partout l’image d’un homme sympathique et plein d’humour. Académies d’été à Saint-Maximin du Var (1971 et 1972), Saint-Hubert (Belgique 1973 et 1974), Saintes (1974 et 1975), Saint-Dié (1976), aux U.S.A. (1978), Internationale Studienwoche Sinzing en Allemagne (1981 – 1983), à Haarlem (Pays-Bas, 1982, 1984 et 1985), master-classes au Japon (1984 et 1985), au Luxembourg (1985), à Toulouse… 50 concerts au U.S.A. (1974 à 1976), concerts en Allemagne, en Autriche, au Canada, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, etc… Membre de Jury à Bruges, Chartres, Paris, Nimègue, Haarlem, Nuremberg, Tokyo, Dublin... Il participe au Festival d’automne de Varsovie, festival des Flandres, Liège Anvers, Bruxelles, Nimègue, Haarlem, Loyola, Mahon (Espagne), Royan, Aix-en-provence, Avignon, Saint-Donnet, Bordeaux, Metz, Prades, Festival Estival de Paris, Festival de Musique Sacrée (Paris), Toulouse…).
Le mercredi 6 octobre 1976, après un concert à la Cathédrale de Condom, Xavier Darasse s’endort au volant de son véhicule : son bras est sectionné dans l’accident. Malgré une greffe réussie, il ne pourra plus jouer de l’orgue. Il se tourne alors vers la composition, sans délaisser pour autant l’enseignement ; ainsi ; le catalogue de ses œuvres s’allonge d’une ou de deux pièces par an.
En 1980, l’Institut de France lui décerne le Prix de Musique de l’Académie des Beaux-Arts.
En 1981, il est fait Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
Il est nommé, en 1985, Professeur de la classe d’orgue du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon.
En 1989, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur.
Il est nommé, en 1991, Directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
En 1992, il reçoit la Médaille d’Or de la Ville de Toulouse.
Il décède des suites d’un cancer, le 24 novembre 1992.
Les Arts Renaissants
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1965
Thérèse BRENET (1935- )
Pages spécifiques :
Biographie et extraits sonores
Extraits des Mémoires de Thérèse Brenet
Fugues du concours de Rome (partitions et MIDI)
Catalogue des œuvres
Photos de la Villa Médicis par Adolfo Tomeucci
Lucie ROBERT-DIESSEL
1966
Monique CECCONI-BOTELLA
Michel MERLET
1967
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Michel Rateau à son piano, chez lui en Normandie, août 2010 ( photo Philippe Rateau ) DR
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Michel RATEAU (1938 - )
Né le 4 septembre 1938 dans le quinzième arrondissement parisien, Michel Rateau a été initié très tôt à la musique. A l’age de 5 ans, à l’école Notre-Dame de France à Malakoff (Hauts-de-Seine) où il débute ses études scolaires, il commence l’étude du solfège et du piano avec la professeur de musique, Sœur Marie-Laurent Celle-ci remarque rapidement chez cet enfant des aptitudes et un goût pour la musique qu’elle va s'ingénier à développer. A cet âge il "compose" sa première œuvre dans la cuisine de ses parents, utilisant des objets et autres ustensiles à sa portée. Bien que devant changer d’établissements scolaires à plusieurs reprises, il continue de prendre des leçons de musique auprès de Sœur Marie-Laurent jusqu’à l’âge de 11 ans. Par la suite, jusqu’à sa quinzième année, il reçoit des cours particuliers de piano chez Jean Boguet dans son appartement du seizième arrondissement. Pianiste renommé et alors organiste à Dijon, on devra plus tard à ce dernier l'enregistrement de l'intégral de l'œuvre pour piano d'Albert Roussel. Puis, c'est avec Jacques Février et Melle Lejour, la répétitrice de Jean Doyen, qu'il poursuit ses études de piano.
Mais, très attiré par la composition, Michel Rateau entreprend d'apprendre sérieusement l'harmonie auprès de Maurice Duruflé, tout d'abord en cours particuliers, puis, à partir de 1959 dans sa classe d’harmonie préparatoire au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, à l’époque où Raymond Loucheur succède à Marcel Dupré à la tête de ce vénérable établissement. En novembre 1960, année au cours de laquelle il obtient également son CAPES d'Education musicale, il est admis dans celle d’harmonie supérieure de Jeanne Leleu, bientôt remplacée, durant sa maladie, par Roger Boutry. Son 1er prix d'harmonie obtenu en 1963, il rejoint alors la classe de composition de Jean Rivier, reprise en 1966, à sa retraite, par André Jolivet, et décroche un autre 1er prix en 1966. L'année suivante, il se présente au Concours de Rome et remporte le Grand Prix avec la scène lyrique Voyageur, où t’en vas-tu ?, écrite sur un poème du bengali Rabindranath Tagore (1861-1941, Prix Nobel de littérature en 1913). Cette cantate pour soprano, ténor, baryton et orchestre, d’une durée totale de 14’30, sera éditée par la suite par Billaudot.
Au cours de ses études au Conservatoire de Paris, Michel Rateau effectue son service militaire, de 1962 à 1964, dans la Musique du 93ème Régiment d’Infanterie, stationné à Paris, au Mont Valérien.
Pendant son séjour à Rome, à la Villa Médicis de janvier 1968 à avril 1971, il conçoit notamment un instrument de percussion constitué d’un portique de 2m. x 2m. sur lequel sont fixées des cloches (campana) de différentes tailles et matières (bois, métal), ainsi que des cymbales sur lesquelles on frappe avec des baguettes.
De retour à Paris en 1971, Michel Rateau s’intéresse plus particulièrement au son émis par les « choses » (une cage à oiseaux, des tubulures, des cuves ...) qu’il enregistre sur bande magnétique. C'est ainsi qu'il compose la musique du ballet La Course, monté au Théâtre National Populaire (TNP) de Paris et dansé par la compagnie de Joseph Russillo. A cette même époque, il donne un concert au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris dans le cadre de l’A.R.C. (Animation Recherche Confrontation) de Maurice Fleuret, un proche de Boulez, alors directeur dudit Musée.
En 1976, Michel Rateau s’installe à Rouen et reprend sa carrière d’enseignant à l’IUFM de Rouen, ainsi qu'à l’Institut de musicologie de Rouen (de 1980 à 1989) et à l’Ecole Normale de Musique de Paris, où il professe l'harmonie et l’analyse de 1983 à 1990.
Parallèlement à ses fonctions d'enseignant, Michel Rateau ne cesse de composer. En 1982, il commence les Chants du temps pour orchestre qu’il achèvera en 1988. Cette oeuvre donnera lieu à un entretien avec Pierre Boulez. En 1984, Salle Gaveau à Paris, son Offrande lyrique pour violon et orchestre est donnée par l’Ensemble Orchestral de Paris placé sous la direction de Jean-Pierre Wallez, avec pour soliste Gaëtane Prouvost, et parmi les auditeurs : Olivier Messiaen et Henri Dutilleux. Cette œuvre sera reprise cette même année par l’Orchestre de Chambre de Rouen, dirigé par Jean-Pierre Berlingen. En 1991, pour le 25ème anniversaire de l’Université de Rouen en 1991 il écrit, à l'intention du Nouvel Ensemble Contemporain, A quatre pour flûte, clarinette, violon et piano, créé la même année.
C’est en 1992 que Michel Rateau commence Les Chants du temps pour piano, son "Journal Musical", "une œuvre en cours d’inachèvement". Dans cette œuvre, "le compositeur opère un retour à une forme d’écriture assez épurée, très simple, fortement mélodique et contrapuntique, qui contraste radicalement avec les pièces plus avant-gardiste qu’il avait écrit dans les années 1960-1970." Il s’agit d’une composition modulable (15 volumes à ce jour), chaque volume comportant douze recueils et chaque recueil contenant douze ou treize pages de musique. Comme dans un recueil de poèmes, selon son humeur et ses préférences, le lecteur-interprète choisit les morceaux à lire ou jouer en liberté. Pour l'instant, seule une partie des Chants du temps (45 minutes environ) a été donnée en concert à l’Université de Strasbourg II en avril 2005, à l’occasion des Journées de l’Action Culturelle sur le thème de l’Oeuvre ultime. Mais, des fragments de cette œuvre sont couramment joués par le pianiste israélien Gilead Mishory, notamment en Allemagne et au Japon. De nos jours, Michel Rateau se consacre entièrement et presque uniquement à la poursuite de la composition de ses Chants du temps.
M.R. / D.H.M.
Catalogue des œuvres