Lili BOULANGER
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Les logistes du Prix de Rome 1913 : de gauche à droite : Claude Delvincourt, Lili Boulanger, Marc Delmas et Edouard Mignan. Manque sur cette photo Marcel Dupré. ( Musica, coll. D.H.M. )
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Lili Boulanger et Claude Delvincourt, lauréats du Prix de Rome 1913 ( cliché Ruck/Musica )
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Hameau de Hannencourt, commune de Gargenville (Yvelines), maison de campagne de la famille Boulanger, achetée en 1907, pour se rapprocher de leur ami, le pianiste et compositeur Raoul Pugno, alors Maire de la commune et propriétaire d'une maison située non loin des "Maisonnettes". ( Photos Marie-France Chatelet )
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Claude DELVINCOURT (1888-1954)
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Une partie des concurrents pour le Grand Prix de Rome en 1910 au château de Compiègne. De gauche à droite : Paul Paray, Noël Gallon, Édouard Mignan et Claude Delvincourt ( photo Ruck, Musica )
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Claude Delvincourt (1888-1954), Grand Prix de Rome 1913, obtint en 1911 le premier Second Grand Prix (derrière Paul Paray) et décrocha le Premier Grand Prix deux ans plus tard en même temps que Lili Boulanger. Directeur du Conservatoire de Paris en 1941, c'est à lui que l'on doit la création de l'Orchestre des Cadets du Conservatoire.
D.H.M.
Consultez aussi une biographie détaillée.
1914
Marcel DUPRÉ (1886-1971)
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Marcel Dupré aux claviers de l'orgue Wanamaker de Philadelphie, vers 1925 Photo W.H. Hoedt studios Inc., Philadelphie
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Consultez un article détaillé et diverses illustrations sur cette page spécifique.
Raymond de PEZZER (1886 - ? )
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Raymond de Pezzer en 1914 ( Musica, coll. DHM )
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Né en 1886, Raymond de Pezzer, tout en poursuivant des études musicales au Conservatoire de Paris, effectuait parallèlement des études de droit à l'Université de Paris. En 1911 il présentait sa thèse de doctorat L'Opéra devant la loi et la jurisprudence. Celle-ci a été imprimée la même année à Paris, chez A. Manier (148 pages). En 1914, à la veille de la première guerre mondiale, il se présentait au Concours du Prix de Rome et obtenait, derrière Marcel Dupré, un premier Second Grand Prix, avec sa cantate Psyché. Le jury, qui s'était réuni le 3 juillet, comprenait notamment Saint-Saëns parmi ses neuf membres. En 1912 et 1913 de Pezzer s'était déjà présenté à cette épreuve, mais il avait échoué. Le Concours de Rome ne put se dérouler entre 1915 et 1918. Dès sa reprise en 1919 il se présentait à nouveau, mais l'Académie des Beaux-Arts ne lui décerna cette fois aucune récompense !
Au cours des années 1920, Raymond de Pezzer fit paraître des mélodies chez Ricordi (23 rue de la Pépinière, Paris), notamment : L'Ombre sur les yeux (paroles de l'auteur), Le Cimetière ensoleillé (paroles de l'auteur), Aubade (paroles de Samain) et Chant pastoral (paroles de Pihonys).
D.H.M.
André LAPORTE (ca 1886 - 1918)
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André Laporte en 1914. ( photo Musica, 1914. )
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André Laporte en 1913 ( photo Musica, 1913. )
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Né probablement vers 1886, ce musicien est totalement oublié de nos jours. On possède d'ailleurs très peu d'informations le concernant : entré jeune au Conservatoire de Paris, il y fréquenta notamment les classes de Lavignac (harmonie), Caussade (contrepoint), Gigout (orgue) et Vidal (composition). Premier prix de contrepoint, deuxième prix d'accompagnement et premier accessit d'harmonie en 1911, premier accessit de fugue en 1912, premier accessit d'orgue l'année suivante, il se présentait au Concours de Rome dès 1912, mais échoua deux années de suite avant de remporter en 1914, avec la cantate Psyché, un deuxième Second Grand Prix, derrière Marcel Dupré. Sans doute eut-il l'intention de concourir à nouveau les années suivantes pour décrocher la plus haute récompense, mais la guerre arriva et le Concours de Rome ne put se dérouler entre 1915 et 1918! Ses œuvres sont mal connues ; on sait cependant qu'en 1913 le Prix Rossini d'un montant de 3000 francs lui était décerné par l'Académie des Beaux-Arts pour sa partition la Joie de vivre, conte lyrique en un acte sur un poème de Louis Tiercelin.
André Laporte est mort le 3 avril 1918 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce (Paris).
D.H.M.
1915-1918
Pas de concours
1919
Jacques IBERT ( page spécifique )
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Jacques Ibert, en 1957 ( coll. Alain Bernaud ) DR
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Marc DELMAS (1885-1931)
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Marc Delmas (1885-1931), Grand Prix de Rome 1919, compositeur dramatique, en grande conversation avec Nadia Boulanger (1887-1979), Grand Prix de Rome 1908, professeur à l'Ecole Normale de Musique, au CNSM et directeur du Conservatoire Américain de Fontainebleau. ( Photo Philippe Hutin, 1907 )
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Jean DÉRÉ (1886-1970)
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Jean Déré ( coll. Jeanne Carcone )
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Compositeur discret mais attachant, Jean Déré est né le 23 juin 1886 dans le Poitou méridional, à Niort, patrie également de madame de Maintenon. Georges Déré, son père, organiste de l’église Notre-Dame, dirigeait un chœur d’hommes, l’Orphéon, au sein de cette citée où la vie musicale était particulièrement riche à cette époque. Il bénéficia ainsi d’une formation musicale dès sa plus tendre enfance et, à l’âge de 6 ans, Jean Déré se produisait déjà en public. A 11 ans, il rejoignait le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, dont il fut sans doute l’un des plus jeunes lauréats avec les premiers prix de solfège et de fugue, ainsi qu’une médaille de piano. Elève de Diémer, Lavignac, Caussade, Lenepveu, Massenet, à peine entré dans la classe de composition de Widor, avant la Grande Guerre, Jean Déré avait déjà écrit une Sonate pour piano et violon, un Trio pour piano, violon et violoncelle, qui fut joué plusieurs fois à Paris et valut à son auteur une médaille au Salon des Musiciens français, un Poème de la mer, poème symphonique en 3 parties interprété à Niort et à la Rochelle, et un drame lyrique en 3 actes : Au seuil des arènes, écrit pour l’inauguration des arènes de Saintes nouvellement restaurées.
Ses nombreuses activités d’enseignant à Niort, de suppléant de Widor à la tribune de Saint-Sulpice, où il eut d'ailleurs l'occasion de croiser à plusieurs reprises Albert Schweitzer, et de compositeur, qui ne lui laissaient que très peu de temps pour étudier, et la première guerre mondiale l’empêchèrent de concourir pour le Prix de Rome. Celui-ci d'ailleurs ne put se dérouler entre 1915 et 1918. Aussi, par dérogation spéciale il fut autorisé à s’inscrire en 1919, bien qu’il avait largement dépassé les trente ans, âgé limite en temps normal. Mais hélas !, cette année-là le sujet imposé, Le Poète et la Fée, n’inspira guère notre musicien et c’est un deuxième Second Grand Prix qu’il décrocha.
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Fragment de la partition manuscrite Le Mont des Oliviers, poème symphonique de Jean Déré ( coll. Jeanne Carcone )
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Jean Déré a ensuite consacré sa vie à l’enseignement, tout d’abord comme professeur de contrepoint et de fugue par correspondance, puis, de 1937 à 1956, comme professeur de solfège et d’harmonie au CNSM. Après plusieurs années passées dans sa propriété de la Mayenne, à Sainte-Suzanne, où il s’était retiré quelque temps en raison d’une santé rendue fragile par les méfaits de la guerre, il se lançait dans la grande aventure de la radiodiffusion en compagnie de Daniel Ingelbrecht, Elisabeth Brasseur et Igor Strawinsky. C’est ainsi qu’il en fut l’un des pionniers et qu’il inventa le métier de metteur en ondes, en travaillant notamment avec Strawinsky au délicat problème que pose l’enregistrement des cuivres.
Mais il n’a jamais abandonné pour autant la composition. On lui doit notamment des Esquisses sketches, dix pièces pour orchestre : Danse grave, Andantino, Marche noble, Cantilène, Joyeuse ronde, Récitatif et air, Danse des fées, Arabesque, Sérénité (Jobert) ; un poème symphonique Krishna (Salabert), qui fit l'objet plus tard d'une réduction pour piano (Salabert) sous le titre de Krishna, quatre petites pièces : Premières joies, La neige tombe, Un drame à Guignol, Le cortège des rêves ; Trois Esquisses pour piano et orchestre (Leduc), de la musique de scène pour Faustus de Marlowe, ainsi que de nombreuses pages de musique de chambre, notamment un Andante et Scherzo en si bémol, pour clarinette et piano (Selmer), une Suite brève et disparate pour violoncelle et piano (Leduc), un Chant héroïque pour violoncelle et piano (Salabert), Deux sonates (Salabert) et Trois sonatines (Leduc) pour violon et piano ; des pièces pour piano : Trois sonatines (Leduc), A la campagne (Leduc), Trois marines (Leduc), Trois danses anciennes (Leduc) et des mélodies ou chansons : Chants arabes, poème de Franz Toussaint (Salabert), Les Saintes du Paradis, suite de mélodies sur des textes de Rémy de Gourmond (Salabert), Jeux et chansons à la mode de chez nous, chansons à danser, album de six chansons à troix voix, textes et mise en scène de Marianik Jousseaume (Jobert). Il avait aussi une certaine prédilection pour la musique religieuse, qu'il a d'ailleurs enseignée (chant grégorien) et pour laquelle il a composé un bon nombre de psaumes et autres cantiques parus aux éditions " Procure du clergé - Musique sacrée ". Parmi ceux-ci citons Cinq Repons pour les funérailles : Libera me, Domine, Subvenite, In paradisum, Credo quod Redemptor et Qui Lazarum. Ces pièces pour la nouvelle liturgie étaient à l’époque (1968) qualifiées de " admirablement écrites ", tant, entre autres qualités, " l’harmonie très claire ne déroute point ". Citons encore les psaumes 22 (Je suis entre les mains du Bon pasteur) pour 3 voix mixtes et unisson, 28 (Rendez-gloire) pour chœur à 4 voix mixtes et foule, 44 (Ecoute mon enfant) pour chœur à 3 voix et foule, 83 (Mon Dieu, en ta demeure est ma patrie) pour 1 voix ou 4 voix mixtes, 116 (Louez le Seigneur) pour 1 ou 4 voix mixtes, 122 (C’est vers Toi que je lève les yeux) pour solo et unisson, 127 (Heureux, toi qui crains le seigneur) à l’unisson, 130 (Le repos de mon cœur) pour 1 ou 2 voix, 132 (O seigneur, comme il est bon pour des frères) pour 1 voix ou 4 voix mixtes, 133 (Béni soit notre Dieu dans le calme du soir) pour 1 ou 3 voix... et les cantiques De mon cœur a jailli un chant d’amour (unisson), Souvenez-vous (2 voix), Entre toutes les femmes (1 voix), C’est près de vous (1 voix), Près de son Fils mourant, Les Cieux se sont ouverts, Prière à la Vierge...
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La "Chorale Jean Déré", chef de chœur : Jeanne Carcone, lors d'un concert du 24 juin 2001 en l'Eglise St-Pierre de Moëze (Charente-Maritime), au cours duquel furent interprétés le Sanctus de la Messe de Sainte-Cécile de Gounod, et un Laudate de Mozart. ( Photo aimablement communiquée par Mme J. Carcone )
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Jean Déré est mort sans enfant, le 6 décembre 1970 à Mayenne. Sa nièce madame Jeanne Carcone1 a hérité de ses papiers et partitions. Elle a eu l’excellente initiative de faire don de ces dernières à la Bibliothèque de Niort, où elles sont à présent précieusement conservées. Chef de chœur dans la petite ville de Port-des-Barques, non loin de Rochefort, où Jean Déré venait souvent se reposer dans sa maison de campagne, elle a en outre baptisé son ensemble vocal du nom de " Chorale Jean Déré "2 et perpétue ainsi son souvenir.
Denis HAVARD DE LA MONTAGNE